Interview de Daran

Propos recueillis par IdolesMag.com le 04/12/2014.
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Daran © Beatrice Flynn

Daran revient avec « Le Monde perdu », un album guitare/voix avec un soupçon d’harmonica, dans la plus pure tradition du folk Nord-Américain. Nous avons profité de son passage en Europe pour aller une nouvelle fois à la rencontre de l’artiste afin d’en savoir plus sur la genèse et la création de cet opus magistral dans lequel l’artiste se met à nu. L’occasion sera belle pour évoquer ses collaborations avec Pierre-Yves Lebert, Miossec et Moran. Rencontre avec un artiste profondément humain qui livre aujourd’hui sans flagornerie aucune l’un de ses meilleurs albums.

Daran, Le Monde PerduQuand avez-vous posé les premières pierres de ce « Monde perdu » ?

C’est un album que j’ai fait sur la longueur… je l’ai fait tout seul dans mon studio comme une espèce d’introspection, je me suis dit que l’allié pour garder un regard presque extérieur, c’était le temps. Donc, je l’ai fait sur environ un an. J’ai dû commencer ça il y a un an et demi/deux ans.

Quand il a été question de repartir sur un nouveau projet, l’idée de faire un album acoustique était-elle déjà présente ou s’est-elle dessinée avec le temps ?

C’était l’idée de départ. C’est quelque chose que j’avais envie de faire depuis longtemps et donc je suis parti avec l’idée de faire un guitare/voix. D’ailleurs, toutes les chansons ont été écrites dans cet esprit et pour cette destination.

J’ai lu dans votre bio que vous souhaitiez publier un album comme celui-ci depuis une quinzaine d’années, mais que les maisons de disques étaient un peu frileuses à l’idée de sortir un album presque qu’exclusivement guitare/voix… Mais finalement, ne vous a-t-il a pas fallu attendre quelques années avant de vous mettre à nu comme vous le faites ici ?

Exactement. C’est d’ailleurs la rectification que j’apporte sur ce que j’avais dit sur les maisons de disques. C’est vrai qu’elles peuvent être un peu embêtées avec un album comme celui-ci. Elles savent qu’elles se coupent d’une partie de la promotion parce que c’est un format assez difficile à mettre en radio. Mais c’est vrai qu’il y a aussi probablement cette envie de se confronter au dépouillement ultime. Je l’avais depuis longtemps, mais ce n’est que récemment que j’ai senti que j’étais mûr pour le faire.

Quand on écoute cet album, on se dit que vous n’auriez peut-être pas pu le sortir il y a cinq ou dix ans. C’est en tout cas ce que je ressens.

Vous avez probablement raison. Et je vais même aller un peu plus loin, je pense que si je n’avais pas été m’installer de l’autre côté de l’Atlantique, j’aurais encore sorti un guitare/voix différent. Beaucoup de choses sont arrivées à mon insu sur cet album. Je suis rompu à l’exercice du guitare/voix depuis quelques années, mais de là à graver les titres, il y a une marge. C’est un très long travail. C’est finalement beaucoup plus compliqué à faire qu’un album studio électrique avec tous les amis qui rigolent à côté de vous.

Justement, comment avez-vous appréhendé le studio cette fois-ci, tout seul, sans aucun pote musicien à vos côtés ?

J’ai donc tout enregistré dans mon propre studio, chez moi. Déjà de ce point de vue-là, ça a été un travail très différent. Je m’y mettais quand je le voulais et quand je le pouvais. Dès que j’avais un petit moment, quand je rentrais de tournée, je regardais ce que j’avais fait jusque-là et je continuais le travail. Maintenant, c’est vrai que c’est un peu claustro comme album… (rires) Mais c’est intéressant. J’ai appris plein de choses en faisant cet album. J’ai poussé très loin le détail parce qu’on ne peut rien cacher sous le tapis dans un album comme celui-ci. C’était compliqué… Parfois, il m’est arrivé de refaire un morceau complètement pour un détail insignifiant mais je n’entendais que lui. Quand il n’y a qu’une guitare et une voix, le moindre petit détail prend une ampleur infernale ! (sourire) Donc, oui, ça a été beaucoup de travail. Je chante aussi très probablement différemment parce qu’être guitare/voix, ça veut dire qu’on peut se permettre de se rapprocher du fil de la fragilité et de la cassure de la voix. Il n’y a pas de bruit derrière, donc on peut aller chercher des choses qu’on ne peut pas aller chercher quand on a des musiciens qui jouent. C’est marrant parce qu’à l’arrivée je considère que cet album est sous-chanté. Et paradoxalement, plein de gens me disent que je n’ai jamais chanté aussi bien !… J’ai donc appris ça aussi : il y a peut-être d’autres vecteurs que la voix avec un grand V… (sourire)

Le fait de vivre au Canada, qui a une tradition musicale folk très ancrée, a-t-il peut-être aussi précipité les choses d’une certaine manière ?

Peut-être. Je n’en sais rien. Je ne me suis jamais posé la question, à vrai dire. Disons que ça fait un petit moment que je m’étais dit que le prochain album serait acoustique. Mais c’est vrai qu’il y a une belle place là-bas pour des choses comme ça. Ils ont quand même chez eux Neil Young et Leonard Cohen… donc ils ont la tradition de la chanson guitare/voix. Là-bas, un tel titre va en radio, tout simplement. Ce n’est pas rédhibitoire. Ici, en France, c’est plutôt rare ! Donc oui, c’est vrai que l’écrin était assez agréable pour sortir un guitare/voix. Maintenant, j’aurais été en France, j’aurais eu, je pense, aussi envie de l’enregistrer. Je ne m’arrête plus à ce genre de choses.

Le texte a toujours été capital dans vos chansons. Ce n’est pas nouveau. De quoi aviez-vous envie de parler cette fois-ci ?

J’avais quelques sujets sociaux qui me tenaient à cœur et que j’avais envie d’aborder. Des sujets sociaux et même sociétaux. Ça a donné des chansons comme « Tchernobyl » ou « Le bal des poulets ». Même « Valentine », c’était ça… Mais toujours en partant de petites choses de la vie et de gens réels, de petites situations. Je trouve qu’une petite situation bien décortiquée avec des mots simples aide à comprendre des choses beaucoup plus larges finalement.

Dites m’en un mot d’ailleurs de ce « bal des poulets » qui est unes des chansons emblématiques de cet album.

Sur « Le bal des poulets », je voulais justement parler de quelqu’un qui se retrouve dans cette spirale de fermeture d’entreprise et qui n’a pas été forcément formé pour rebondir. Je n’aime pas tellement les chansons donneuses de leçons. J’aime bien être à la place de celui qui écrit. J’aime les gens et les situations simples.

Daran © Beatrice Flynn

Beaucoup de chansons ont une nouvelle fois été écrites par Pierre-Yves Lebert. Vous travaillez ensemble depuis quelques albums, maintenant. Au jour d’aujourd’hui, vous connait-il assez bien pour savoir ce que vous avez envie de chanter ou bien discutez-vous ensemble des sujets que vous souhaitez aborder ? Comment travaillez-vous ensemble ?

On a plein de discussions préalables à l’album. Je lui donne les lignes directives. Et puis, il commence à m’envoyer des choses. Par exemple, pour en revenir au « bal des poulets », je l’ai attendu très longtemps, ce texte. « Et ma fermeture d’usine, quand est-ce que je l’ai ? » (rires) Et puis, un jour, ce texte est arrivé. Et ce qui est formidable, c’est qu’il a encore des fulgurances qui me surprennent. Même quand je lui passe une commande sur un sujet bien précis, il arrive à trouver un angle de vue qui est hallucinant. Quand j’ai reçu ce texte, je crois que le lendemain, la chanson était faite… Donc, il rend mon métier facile, finalement. Pierre-Yves, c’est l’homme qui m’a fait arrêter d’écrire. Je mettais tellement de temps avant d’arriver à un résultat moindre ! Et puis, c’est l’homme qui a rendu mon métier facile comme je viens de vous le dire. Quand je mets un de ses textes sur mes genoux, ça sort tout seul. C’est tellement motivant… Maintenant, chacun y verra ce qu’il veut y voir, mais je pense que nous sommes Pierre-Yves et moi, une sorte d’auteur/compositeur à deux têtes. On fonctionne bien ensemble. C’est une très belle collaboration…

Lui soumettez-vous des compos ou attendez-vous ses textes pour poser une musique dessus ?

J’ai passé la moitié de ma vie à faire des maquettes extrêmement sophistiquées en yaourt pour après y faire rentrer le texte au chausse-pied. Maintenant je ne travaille plus jamais comme ça. Je pars du texte. Toujours. Et puis, j’aime bien cette méthode parce que je mets un point d’honneur à ne rien retoucher sur un texte, à en garder le rythme. Pierre-Yves est assez libre dans sa prose, c’est ce qui nous donne même un travail d’orfèvrerie sur les rythmiques des mots parce que pour une phrase donnée, j’ai parfois plus de mots et parfois moins. C’est avec le rythme que j’essaye de faire rentrer tout ça. Et je trouve que c’est tellement plus intéressant que d’aller tailler dans le texte. Je mets vraiment un point d’honneur à ne jamais retoucher un texte qu’il m’envoie.

Miossec signe un titre, « Le monde perdu ». Votre collaboration est-elle identique à celle que vous avez avec Pierre-Yves Lebert ?

Non… Christophe, c’est différent. J’étais chez lui et il m’a dit « tiens, j’ai ça pour toi ! » Alors j’ai pris ! (rires) C’est aussi simple et bête que ça. On se connait depuis longtemps avec Christophe. On se connaissait déjà quand on habitait à Paris tous les deux. Après, il a habité à Bruxelles longtemps. Et on s’y voyait souvent parce que j’ai enregistré pas mal de choses à ICP. Et puis, le hasard a fait que j’ai habité en Bretagne et que quand il est rentré en France, il s’est installé dans le Finistère à quinze kilomètres de chez moi. Là, on s’est vus pas mal. Ça a soudé vraiment notre amitié. Il me donne un texte presque comme s’il m’invitait à l’apéritif… (rires)

Daran © Beatrice Flynn

Un troisième parolier signe « L’exil », c’est Moran, un artiste canadien un peu moins connu chez nous mais très apprécié au Québec. Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler avec lui ?

Jean-François, il est arrivé au dernier moment sur cet album. On se connait bien. C’est un de mes amis là-bas. Au cours d’une soirée, je lui ai appris que j’étais en train de terminer un album guitare/voix.  Et il a émis le souhait d’en être. Il m’a dit qu’il souhaitait boucler une boucle extraordinaire… Quand il était plus jeune, il était fan de moi. Il était en admiration devant Lebert et pour lui, s’asseoir à la droite de Lebert et signer un texte dans cet album, c’était comme un aboutissement. Il m’a donc demandé s’il restait encore une place. Je lui ai dit qu’évidemment, il restait toujours une place pour un chouette texte. Il m’a demandé de quoi je voulais parler… Et il se trouve que quelques jours plus tôt, j’avais discuté avec un chauffeur de taxi à Montréal qui devait être pakistanais. Et là, j’ai pensé que mon immigration à moi était vraiment tranquille à côté de ces gens-là qui traversent le monde et qui n’avaient peut-être jamais vu un feu rouge de leur vie, qui ne parlaient pas un mot de français avant d’arriver au Canada… Ils se retrouvent catapultés avec toute leur famille dans un monde qu’ils ignorent complètement. Donc, voilà, j’avais cette idée d’un texte sur l’immigration et sur l’exil. Et après quelques jours, il a écrit cette petite merveille.

On retrouve sur ce « Monde perdu », une nouvelle version d’ « Une sorte d’église » qui a une dizaine d’années maintenant… Qu’est-ce qui vous a donné envie de lui donner un nouveau souffle ?

On s’est retrouvés avec Louis-Jean Cormier sur une télévision où nous devions chanter « Une sorte d’église » en acoustique. C’est lui qui a trouvé ce petit arrangement guitare folky tel qu’il est là. On l’a donc jouée pour cette télévision… et j’ai trouvé cette version tellement jolie que je l’ai amenée sur scène. Je l’ai chantée au moins à 150 reprises. J’avais un regret avec cette chanson, c’est qu’elle n’ait jamais été gravée sous cette forme. Et comme je sortais un guitare/voix, je me suis dit que j’allais la mettre sur cet album. C’est aussi bête que ça… (sourire)

Avez-vous une petite anecdote à me raconter autour d’une chanson ? Quelque chose qu’on ne retrouve pas dans le texte ni dans la musique, et dont la personne qui écoute l’album ne peut absolument pas se douter si vous ne lui racontez pas. Ce genre de détail apporte souvent une nouvelle écoute du titre…

Elle est un peu compliquée cette question pour la bonne et simple raison que comme j’étais seul… ce n’était pas une grande fabrique à anecdote cet album… (sourire) J’étais seul avec moi-même… Il y a quand même quelque chose que j’ai envie de vous raconter. Je vais encore revenir au « bal des poulets », c’est marrant… mais cette chanson a pesé lourd sur cet album. La voix qu’on entend sur le disque, c’est ma lecture. C’est la première fois où je l’ai chantée le texte à la main. Je ne la connaissais pas. J’avais fait tourner quelques accords derrière comme ça, je me repassais ça en boucle et à un moment, j’ai démarré. La voix qu’on entend, c’est celle-ci. Je n’ai jamais fait mieux. Je n’ai jamais retrouvé cette émotion primaire de la lecture. Maintenant, avec le travail, je peux retrouver cette émotion en live, mais au moment de l’enregistrement, quand j’ai eu fini ça, je me suis rendu compte qu’il n’y avait rien à toucher. Je me suis dit que c’était ça. Et donc cette voix, c’est la première. Je ne connaissais même pas le texte, c’est une voix de lecture. Il y a d’ailleurs beaucoup de voix qui sont très proches de celle de la lecture parce que je sais que quand c’est ça, je ne suis plus qu’un vecteur. Je me trouve avant l’interprétation. Il sort des choses qui n’ont pas encore eu le temps d’être digérées par moi. Donc, ma possibilité d’intervenir est réduite à peau de chagrin. Une chanson mérite qu’on s’efface à son bénéfice. Et je sais que quand je lis un texte, il sort des choses qui ne sortiraient peut-être pas si je la connaissais par cœur ou si j’avais commencé  à l’interpréter.

Daran © Beatrice Flynn

Il y a quelque chose du domaine de la surprise.

Voilà, je me fais surprendre. Je me laisse surprendre par les mots. Et j’aime me faire surprendre parce que ça crée peut-être finalement une distance avec le texte qui renforce son impact. Je ne sais pas comment l’expliquer plus clairement, mais je me suis rendu compte de ça en tout cas.

Mis à part les auteurs avec lesquels vous avez travaillé, vous vous êtes retrouvé tout seul aux commandes de cet album. Ce n’est qu’au mix que vous avez fait appel à une oreille extérieure, celle de Sheldon Gomberg. Pourquoi n’avez-vous pas fait le mix vous-même finalement ?

Précisément pour ce que vous venez de dire parce que mixer un guitare/voix, ce n’est pas très compliqué. Mais en fait, j’ai pensé que le son était presque plus important sur un guitare/voix que sur toute autre sorte d’album, précisément parce qu’il n’y a qu’une guitare. Mais je ne suis pas allé mixer à los Angeles pour me dire que j’allais mixer en Amérique, c’est tout simplement parce qu’on avait déjà travaillé ensemble avec Sheldon. Et lui, entre autres, il travaille avec des gens comme Ben Harper, Joseph Arthur ou Rickie Lee Jones. C’est un roi de l’acoustique. Et tout d’un coup, aller mixer avec quelqu’un, il y a un côté partage du bébé. C’est la première personne qui a entendu cet album, et donc ça m’intéressait qu’il soit confronté à un tel professionnel. On a passé un vraiment super moment. C’est un très bon souvenir. Et parce que c’était aussi un moment très reclus, on était tous les deux dans ce studio pendant quelques jours…

Au printemps, vous revenez en Europe et vous vous produirez notamment sur la scène du Café de la Danse le 11 mars prochain. Je pense qu’il va y avoir une scénographie un peu particulière. Pouvez-vous m’en dire un peu plus ?

Je reprends le principe du concert dessiné que j’avais déjà fait, mais en poussant le bouchon un peu plus loin. Là, ce sera du dessin sur un film projeté. C’est une dessinatrice qui va dessiner en live sur un film projeté, mais avec une totale imbrication des deux. Si je peux donner un exemple, elle peut dessiner une lampe, le comédien l’allume et ça éclaire la pièce.

Daran © Beatrice Flynn

C’est une approche très novatrice de la scène.

Ce sont des mois de travail. Le logiciel n’existait même pas pour dessiner sur de la vidéo. Il existait un logiciel pour dessiner sur une image en photo, mais pas sur une image en mouvement. Donc, on a dû commencer par deux mois de travail avec un programmeur qui a créé un logiciel pour dessiner sur de la vidéo. C’est une grande aventure. Je me suis mis des mois de travail sur le dos, mais le résultat est à la hauteur de l’énergie que j’ai mise là-dedans.

Vous me disiez l’année derrière que vous étiez, entre autres, parti au Canada parce qu’ils avaient une vraie culture du live qui se perd un peu chez nous. La scène est-elle la finalité de votre projet ?

Oui. C’est presque le moment où le travail s’arrête, où on récolte les fruits et où on s’amuse. C’est un peu comme ça que je vois la scène. À partir du moment où on monte sur scène, c’est que tout le travail est fini, qu’on peut délivrer la chose aux gens, si je puis m’exprimer ainsi… (sourire) Et pour en revenir à ce dont on discutait l’année dernière, c’est très impressionnant comme cette société canadienne est axée sur le live. J’ai déjà entre quatre-vingt et cent concerts signés sur cet album-ci là-bas. Donc, il va vraiment se promener énormément. Mais j’espère aussi venir faire de belles tournées en Europe.

Finalement, aujourd’hui quand vous venez à Paris, vous vous retrouvez à l’hôtel, et c’est quand vous repartez au Canada que vous rentrez à la maison… ça change les points de vue !

(éclats de rire) Exactement ! C’est assez amusant. Là, je suis à Paris, à l’hôtel. C’est assez drôle quand j’y pense… (rires) La vraie raison finalement de cet exil, c’est que j’ai toujours été content d’aller là-bas et que j’étais toujours triste d’en repartir. Donc, à un moment je me suis dit que ce serait pas mal de rester de l’autre côté. C’est aussi bête que ça finalement…

Les artistes ont toujours presque un album d’avance… êtes-vous déjà reparti concrètement sur un nouvel album ?

C’est un petit peu tôt. Mais je commence à dessiner des options. Après, je ne sais pas laquelle je vais choisir. Je suis encore un peu loin. Des matins, je me lève en me disant que je vais faire ça sur le prochain et le lendemain, je pense l’inverse. C’est un peu tôt. Je suis vraiment au tout début de l’histoire de ce « Monde Perdu », donc, je n’ai pas encore des courbes précises pour la suite…

Propos recueillis par Luc Dehon le 4 décembre 2014.
Photos : Beatrice Flynn

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