Interview de Arno Santamaria

Propos recueillis par IdolesMag.com le 04/12/2014.
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Arno Santamaria DR

Arno Santamaria s’apprête à publier le 8 décembre prochain un EP de quatre titres, suivi d’un nouvel album attendu pour le début de l’année prochaine. À cette occasion, nous avons été à nouveau à la rencontre du jeune artiste, afin de parler de ses nouvelles chansons mais également faire le point sur sa participation à l’émission « Rising Star » qui l’a mené jusqu’en finale avec ses propres chansons originales, Arno devenant ainsi le premier candidat d’un télé-crochet à avoir chanté des compos personnelles de bout en bout. Il faut dire que le gaillard a une réelle identité et que ses chansons ont du style. Rencontre avec un artiste sincère et passionné.

Qu’est-ce qui t’a poussé à t’inscrire au casting de « Rising Star », parce que finalement, quand on connait un peu ton parcours… on ne t’attendait pas vraiment sur un télé-crochet !

(sourire) Ce qui m’a poussé, c’est que j’ai fait le pari de venir au casting avec ma propre chanson, dès le départ. Je me suis dit que j’allais voir ce que ça allait impliquer et ce que ça allait pouvoir générer. En y allant, je me suis retrouvé dans une production qui avait de grandes ambitions pour l’émission. Je suis arrivé un peu comme si j’allais pouvoir transformer l’idée des télé-crochets, puisque j’avais quelques capacités à le faire. Et l’équipe de production avait vraiment l’idée de faire une émission nouvelle et moderne. Donc, avec ma première chanson, je correspondais à ça. Finalement, ça s’est plutôt pas mal goupillé parce qu’ils essayaient de renouveler le concept de toutes les manières possibles, et ils ont pris le risque d’accepter que je chante mes propres compos. Ils m’ont fait confiance. Le risque était très grand parce que personne ne l’avait jamais fait sur aucune émission de télé-crochet, et surtout pas dès le premier prime… Là, j’ai débarqué, j’ai dit que je m’appelais Arno et hop, j’ai chanté une de mes compos. On ne savait pas ce que ça allait donner. On ne savait pas comment les gens allaient réagir non plus. Mais la production a eu confiance en moi et m’a dit qu’on y allait comme ça.

Ça n’a pas été si difficile que ça finalement d’imposer tes propres chansons…

Disons qu’au départ, ils ont été touchés parce que je suis arrivé avec « Ma mère ». Cette chanson a créé une ambiance un peu particulière dans le casting. Tout le monde a été touché. Je me suis retrouvé devant une assemblée qui était touchée par ma chanson. Je n’avais pas forcément conscience de ce que ça pourrait avoir comme impact, surtout sur un casting. Et finalement, cette chanson a touché tout le monde. Donc, ils se sont retrouvés un peu piégés par la chanson elle-même. C’est comme si la chanson avait été plus forte que tout et que je me retrouvais avec quelque chose de valorisable pour l’émission et pour moi. Pour tout le monde finalement. Après une petite discussion « On y va ? On n’y va pas ? », ils ont dit qu’ils allaient prendre le risque de me présenter parce qu’ils avaient aimé mon univers et qu’ils y croyaient. Ça s’est passé exactement comme ça.

Au fil des primes, tu as toujours défendu une compo originale, et à la finale… tu fais une reprises de Cali, « C’est quand le bonheur ». Était-ce un réel choix de ta part ou un souhait de la prod ?

C’était un vrai choix personnel. C’est très particulier de traverser une émission comme celle-là avec ses propres chansons… parce que ça crée un peu de bizarrerie dans les équipes. J’étais comme un électron libre au sein du groupe… peut-être un peu trop libre ? (rires) Du coup, au sein de toutes les équipes, que ce soient celles de la production ou des candidats, tout le monde posait un regard un peu particulier sur moi ! Et pour en revenir à ta question sur la finale, nous savions que le jury ne votait pas sur la dernière chanson, puisqu’on en chantait deux. J’ai donc rappelé la production le lundi en le disant que je savais qu’ils souhaitaient que je termine avec une compo originale, mais que j’avais envie de changer un truc. La musique, c’est un échange et un partage. Et au fil des émissions, j’avais été touché par ce que Cali avait dit sur mes chansons. Dès le départ, il a mis l’accent sur le fait que j’étais un auteur/compositeur et qu’il fallait que je me batte avec mes armes. Ça m’a donné beaucoup de confiance en moi pendant le parcours. Je me sentais très épaulé de sa part. Après, Morgan Serrano et David Hallyday ont dit la même chose. Donc, je me suis senti assez soutenu finalement. Je ne savais pas si j’allais gagner ou pas, mais je voulais aussi jouer la carte du musicien qui sait aussi changer… donc, j’ai décidé de rendre hommage à Cali sur la dernière émission. J’ai donc appelé la production et ils m’ont dit « banco ». Ils trouvaient que c’était une très bonne idée. Il fallait surtout garder le secret pour que lui ne soit pas au courant. Et c’est comme ça que j’ai chanté « C’est quand le bonheur ». Le bonheur, ça a été d’être sur cette émission. Donc, je l’ai faite à ma façon, même si on ne la reconnaissait pas au départ. Ils m’ont dit « OK ! Pas de problème ! » J’ai gardé mon atout artistique dedans. Et au final, même si je n’ai pas gagné, cette chanson a touché beaucoup de monde. Donc, j’étais ravi et Cali était plus que touché.

Avec le recul, ne penses-tu pas que c’était une erreur cette reprise ? Parce qu’au fil des semaines, le public avait voté pour tes propres compos originales…

Je comprends ce que tu veux dire, j’y ai réfléchi, et franchement, je pense que ce n’était pas une erreur. Si on retourne un peu dans l’émission, je pense que la fanbase de Larry Lynch a dû voter largement contre moi pour que je ne le batte pas. On est en fin d’émission… donc, qu’est-ce qui se passe ? Je bats Larry Lynch et Corentin est là pour reprendre le flambeau. C’est le dernier à passer. Le score que j’ai imprimé face à Larry est quand même assez serré. Je ne l’ai pas battu à plate couture. Du coup, je ne pense pas que ça aurait changé énormément de choses de chanter une de mes propres compositions. J’y ai beaucoup réfléchi parce que je n’ai pas gagné… Mais au final, je ne trouve pas ça si grave de ne pas avoir gagné.

C’est peut-être même mieux…

Voilà. Et puis, ça me donne une liberté. Et je continue d’être le même personnage jusqu’au bout. Je suis venu pour proposer mes chansons, et c’est ce que je continue à faire, donc, c’est parfait. Gagner l’émission aurait été la cerise, mais au final, le gâteau est bien bon et tout me va très bien. Je suis très heureux, là. Mais franchement, quand tu analyses le déroulé de cette finale, je ne pense pas que j’aurais pu gagner. Je ne sais pas en tout cas si une composition m’aurait donné plus de points parce que le fait d’être face à un favori comme Larry… ce n’était pas évident. C’était compliqué face à lui.

Qu’est-ce que ça t’a fait de voir qu’au fil des primes, le public continuait à te soutenir avec tes propres chansons ? Ça doit galvaniser un artiste, ça !

J’étais super touché. En fait, je n’imaginais pas que ça pouvait être autant, pour être franc… parce que maintenant, ça fait quand même un moment que je navigue sur les routes et que je trace mon chemin ! Je ne pensais pas qu’il y aurait autant d’engouement. Je n’y croyais pas, à la limite. Je voyais les commentaires Facebook, je faisais partie des Top Tweets en permanence… Je me retrouvais un peu tout en haut… et je n’avais jamais mis les pieds tout en haut. Ça ne m’était jamais arrivé. Et là, je me retrouve avec des gens au taquet, prêts à me défendre et amoureux de ce que je propose musicalement. Enfin, ma musique rencontrait les gens. Et les gens me rendaient ce que je leur offrais sur le plateau ou dans leurs oreilles. Et ça, ça m’a complètement galvanisé. Je n’avais qu’une envie, c’était de monter sur scène.

Parle-moi un peu de ce plateau et de ce mur…

Le plateau est super agréable. Mais très stressant. Le mur est très inquiétant. C’est un truc qui fait très peur. Et moi, j’avais une envie folle de venir sur le plateau en permanence… pour continuer à aller à la rencontre des gens, en fait. Quand je rentrais chez moi, je recevais des milliers de messages… J’en ai d’ailleurs encore plein en attente. Ce sont eux qui m’ont porté et qui m’ont donné confiance. Il a fallu qu’à chaque prime, je change d’univers pour proposer quelque chose de différent à chaque fois. C’était toujours le même mec, avec la même écriture, mais il fallait que je change quelque chose à chaque prime, justement pour offrir une autre facette. Il fallait que ça fasse le pont entre eux et moi de la meilleure façon possible. C’est grâce au public que j’ai fait cette émission avec autant d’ambition, ça c’est sûr.

C’est un exercice de style très particulier de chanter devant un mur et pas devant un public…

(sourire) C’est le moins qu’on puisse dire… Je ne sais pas t’expliquer comment c’est angoissant au départ quand tu arrives devant le mur ! D’abord, on est dans le noir. Et chanter dans le noir, ce n’est pas évident… Quand on chante dans le noir devant un public, on ressent l’énergie du public, on est avec eux. Quand on est face à un mur, il n’y a pas d’énergie. C’est un mur, c’est tout. Il n’y a rien d’autre. Donc, c’est assez angoissant. Il faut rentrer à fond dans sa chanson, c’est la seule solution. Après, on voit les premières photos qui arrivent sur le mur. Et là, on se dit qu’il y a du public. Les premières photos viennent rassurer. On comprend alors qu’on chante pour des gens et pas uniquement devant un mur… Là, ça devient possible de reprendre le contrôle d’un échange. Là, je vais chercher le mur et la caméra qui va avec en me disant que je chante pour ces gens-là. Quand le mur se lève, c’est une des émotions les plus intenses qu’il m’a été donné de vivre de toute ma vie d’artiste ! Pour la simple et bonne raison qu’on passe de l’ombre et du silence à la lumière totale, une salle de 900 personnes debouts avec une banane pas possible en train de taper dans leurs mains. Là, enfin, on est face au public. Tout ça se vit en une seconde. C’est un truc complètement fou et l’émotion te prend aux tripes. Tu as le bruit du mur qui se lève, le regard des gens que tu croises enfin… l’émotion est ingérable. L’émotion, on la reçoit en pleine face. Là, il y a une fraction de seconde où tu perds pieds. C’est inévitable. Et c’est là qu’il faut rapidement aller rechercher la salle et le public avec ma chanson de façon à ce que je reste le même mec qui ne triche pas.

Finalement, c’est une super expérience qui t’a appris plein de choses.

Exactement. En tant qu’artiste, je suis allé sur un plateau télé dans des conditions compliquées, mais il faut le reconnaître, les équipes étaient aux petits soins. Je suis très content de ce qui s’est passé avec toutes les équipes de travail. Je n’ai pas arrêté de leur dire parce qu’ils te mettent en confiance quand même. Donc, j’ai continué à apprendre sur ce plateau. J’ai appris à rester le plus possible moi-même devant une caméra, ce qui est assez difficile à faire parce qu’on a une envie de séduire inévitable. Moi, je n’avais pas cette ambition, j’avais juste envie de partager. Et le mur entre le public et nous, c’est le seul truc qui m’empêchait de partager. Donc, cette émission m’a ouvert un nouveau champ de possibles. Si je n’avais pas fait cette émission, je ne serais pas aujourd’hui autant reconnu pour mon travail. Donc, je suis plus qu’heureux.

Une dernière question sur « Rising Star ». On peut dire sans être méchant que l’émission n’a pas vraiment cartonné. Comment l’expliques-tu, toi qui l’as vécu de l’intérieur ?

D’abord… c’est une émission très complexe à monter vu que tout est en direct. Il y a assez peu de télé-crochets qui sont en direct depuis le départ. Sur « The Voice », il y a quelques semaines d’auditions. Ce sont des émissions montées où on peut amener du suspense et couper les séquences sans intérêt télévisuel. Le public a donc la possibilité de s’installer dans l’émission dans les meilleures conditions possibles. Dans « Rising Star », on arrive en direct dès le premier prime. Et qui plus est, c’est une émission que personne ne connaissait auparavant. C’est donc une émission qui doit prendre ses marques en direct. Le problème qu’il y a eu sur cette émission 1, c’est qu’il fallait faire un talent show, montrer qu’on allait parler artistique et que ce n’était pas de la télé-réalité, qui est forcément impliquée dans les télé-crochets. Le problème, c’est que le format était expérimental de bout en bout. L’application était expérimentale, le mur était expérimental, tout le monde ne connaissait pas le jury ni les animateurs. Tout était nouveau… jusqu’à moi qui débarque avec mes propres chansons, ça aussi c’était nouveau. J’ai tendance à penser que les médias étaient tellement sur le qui-vive pour que cette émission se ramasse qu’ils n’ont malheureusement pas laissé la chance au programme de s’installer. J’ai vu l’émission évoluer de prime en prime. Et au final, c’est une émission que je trouve bonne et efficace. Elle a montré au fil du temps qu’elle s’améliorait mais la presse l’a tellement assassinée dès le départ que c’était ingérable, le public ayant quitté le programme assez vite. On n’a pas laissé la chance au programme de vraiment exister. Et c’est le problème des émissions en direct intégral. Il n’y a pas de pilote pour monter l’émission et le pilote permet d’installer le programme de la meilleure façon. Là, ce n’était pas possible, vu le concept. On s’est donc jetés un peu dans le vide en essayant de faire la meilleure émission possible. Malheureusement, la première émission était un peu fragile. La deuxième l’était un peu moins, la troisième était bien meilleure. De là, on a su où aller avec cette émission. Et c’est d’ailleurs à partir de ce moment que l’émission est devenue plus qualitative. Même certains médias sont revenus sur le sujet en disant que finalement il y a avait des choses positives dans « Rising Star », alors que dès le départ, ils l’avaient assassinée. C’est un peu comme quand on assassine un film avant sa sortie… il fait rarement beaucoup d’entrées par la suite même s’il a des qualités.

Mis à part la gratuité des votes, permettre à un candidat d’un télé-crochet de se défendre avec ses propres chansons originales, c’est plutôt courageux de la part de la production. Parce que finalement, faire des reprises, c’est un peu à la portée de tout un chacun qui a une voix intéressante avec un bon arrangeur derrière…

Tout à fait. Je suis entièrement d’accord avec toi. C’est vraiment nouveau de permettre à un candidat de chanter ses propres compos. Dans le monde, ça n’existe pas, aucun candidat n’a jamais traversé un télé-crochet de bout en bout avec ses propres chansons. Ce n’est jamais arrivé. Donc, il y a un truc positif là-dedans, parce que malgré moi, je deviens porte-drapeau de ça. C’est une façon de dire aux gens « Vous pouvez aller vous battre avec votre histoire, pas seulement en étant chanteur, mais en étant artiste ! N’ayez pas peur, ne restez plus dans vos caves à jouer devant quinze personnes. Vous pouvez, vous aussi, aller rencontrer le public dans des réseaux qui permettent une grande diffusion et une grande visibilité. » Le fait que l’émission permette ça, c’est extrêmement valorisant pour la production, mais également pour moi et pour tout le milieu artistique. Donc, je pense que c’était une erreur profonde de se focaliser sur le jury, les problèmes de l’application qui a un peu moins bien marché le premier jour, etc… Toutes ces conneries qui à un moment donné se rétablissent. Il faut laisser un peu de temps aux choses pour qu’elles existent de la meilleure façon possible… Là, malheureusement, on ne leur a pas laissé le temps.

Tu n’as donc pas gagné, mais il y a un lot de bonnes nouvelles qui arrivent. Tu viens de signer chez Capitol/Universal, tu publies un EP le 8 décembre et un nouvel album est attendu pour l’année prochaine. C’est plutôt pas mal ! Que va-t-on trouver sur le EP qui sort lundi ?

Sur cet EP, j’ai choisi de jouer « Debout (Je me sens bien) » qui est un premier single qui est déjà parti vers les radios tout doucement. On va trouver également une version acoustique de « Debout », une autre version acoustique d’un titre qui se retrouvera dans l’album et une chanson originale de l’album lui-même. Je ne voulais pas que dans ce quatre titres, on ne trouve que des déclinaisons de « Debout » ou que des titres acoustiques. Donc, il y aura quand même un titre de l’album qui arrive. Mais je réserve bien évidemment beaucoup de surprises pour l’album… (sourire) Là, on y retrouvera « Ma mère » et tous les titres qui ont marqué l’émission et que je suis en train de travailler avec beaucoup de finesse… (sourire)

Quels thèmes abordes-tu dans les trois titres qui figurent sur le EP ?

Eh bien sur « Debout (Je me sens bien) »… il n’y a pas photo, je me sens bien ! (rires) C’est clair, le titre parle de lui-même. Il y a un titre qui s’appelle « Mademoiselle Claire » qui parle d’une femme qui a sans doute plus intérêt à se montrer à nu que déguisée. C’est la petite métaphore entre montrer qui on est avec tout l’apparat que ça implique ou montrer qui on est avec nos sentiments mis à nu. Il y a un peu ce côté « on va chercher l’humain ». Il y a aussi un titre qui s’appelle « Fin de non-recevoir » qui parle de la chance qu’on peut donner aux autres dans une rupture. Le Ep vient chercher les sentiments, mais l’ensemble de l’album ira dans cette direction. C’est toujours un regard positif. J’ai d’ailleurs essayé de faire un album assez positif même s’il y a tout de même une certaine introversion, un questionnement sur soi, un jugement sur soi, et par forcément sur les autres. C’est le premier album que j’écris qui a diversifié les sentiments de bout en bout, mais toujours avec quelque chose de positif. J’ai toujours essayé d’amener du positif. Même s’il y a de la nostalgie dans certains trucs, j’ai toujours essayé d’amener un sentiment autre, un sourire ou quelque chose de serein. Même dans « Ma mère » il y a ce sourire. La chanson touche de manière très concrète, mais elle a ce petit sourire agréable qui fait qu’on est content quand même. L’album est comme ça, le EP forcément aussi.

Quand on écoute tes précédents albums, beaucoup plus sombres au demeurant, tu laissais tout de même toujours une porte ouverte.

C’est vrai. Finalement, j’enfonce le clou. J’écris toujours comme je le faisais avant, sauf que j’ai parfois simplifié la chose. J’y ai mis moins de noirceur. La porte ouverte existait et elle se retrouve toujours aujourd’hui. Mais là, j’ai réduit ma noirceur. Ce qui fait que ça amène quelque chose de plus léger dans l’ensemble. Alors, bien entendu, il y a un ou deux titres qui sont plus durs, mais il y a quelque chose de plus léger qui se dégage de l’album. Simplement parce que pour de vrai aujourd’hui, je me sens bien. C’est aussi ça un album finalement, la photographie d’un moment, d’un instant T. Peut-être que dans deux ans, je sortirai l’album le plus noir possible et qu’il n’y aura pas cette possibilité d’ouvrir une porte pour se sortir d’un truc ou de se positionner autrement. Mais là, c’était clair dans ma tête, comme tout va bien et que je suis heureux, j’ai juste envie que les gens le soient aussi. Alors, je continue bien évidemment à mettre le doigt sur la société et sur ce qui ne va pas. Mais je le fais avec, je pense, plus de finesse. C’est parfois plus dur d’utiliser des mots légers pour parler de choses sérieuses…

La dernière fois que nous nous étions rencontrés, tu m’avais confié que tu pensais que l’homme était profondément bon, même s’il avait fait des choses épouvantables et très graves.

J’ai toujours cette croyance-là… je n’ai pas changé d’état d’esprit. L’homme est bon, malgré tout ce qu’on peut voir dans le monde aujourd’hui. Il y a des choses affligeantes, mais je crois encore en l’homme. Il n’y a pas photo. Je suis convaincu qu’il a en lui ce pouvoir d’être bon et d’être ce qu’il est de la meilleure façon possible.

Sur le précédent album, tu avais été présent à toutes les étapes, bien évidemment l’écriture et la compo, mais également sur les prises de son, les arrangements ou encore le mix. Va-t-il en être de même sur celui-ci ?

Ah ton avis ? Bien sûr ! (éclats de rires) Le fait de m’être valorisé en tant qu’auteur/compositeur implique que je suis le même qu’hier. Mon évolution m’a donné un peu de pouvoir sur les disques. Je sais les arranger, je sais les enregistrer, je sais les mixer… tout ça fait partie de moi. Je vais prendre un exemple très précis, je ne vais pas mettre une caisse claire dans un enregistrement sans qu’elle ne souligne le morceau de la meilleure façon. Le fait de choisir une caisse clair est important parce qu’elle va donner une couleur particulière au titre. Je suis là de bout en bout, comme je l’ai toujours été auparavant. J’ai la chance d’avoir un label qui me suit dans mes choix. Ils ont écouté ce que j’avais fait, ils ont analysé mon parcours, et ils me font aujourd’hui clairement confiance sur mon point de vue artistique. C’est génial.

Où en es-tu concrètement dans la production de cet album ?

J’ai presque fini ! (rires) Pour être très précis, je pense que j’aurai terminé autour du 20 décembre. En fait, j’ai corrigé quelques trucs que j’avais déjà enregistrés et qui étaient donc déjà prêts. Avec un peu de recul, j’ai trouvé des choses à ajouter, ou à supprimer d’ailleurs, des morceaux qui étaient déjà enregistrés. Capitol m’autorise à le faire, donc, je le fais. Donc, là, je suis en train d’affiner de la meilleure façon les titres. Il ne me reste pas énormément de travail. Mais j’ai encore quelques dates que je case au milieu de tout ça. Dans dix/quinze jours, ce sera terminé.

Donc, on peut espérer l’album pour le début 2015.

Oui, c’est ça. Dans le trimestre. Après, on verra le contexte. C’est toujours un peu compliqué de sortir un disque. J’ai en tout cas envie de le sortir de la meilleure façon possible.

Pour terminer cet entretien, on va revenir aux trois chansons qui figureront sur le EP qui sort le 8 décembre. As-tu une petite anecdote à me raconter sur l’une d’entre elles ? Un petit truc dont personne ne pourrait se douter si tu ne le lui racontes pas, mais qui, quand on le saura, apportera peut-être une nouvelle écoute du titre.

Je vais te parler de « Debout » parce qu’il y a un truc qui m’a obsédé dans ce titre-là !… (rire) Quand j’ai fait « Debout », je cherchais un thème musical fort dedans. La grille en entier et le refrain marchaient très bien tout seuls, mais je me battais pour trouver un thème pour qu’on vienne juste souligner ça gentiment… Et je ne le trouvais pas ce thème. J’appelais tout le monde, je cherchais un clavier, un gars qui pourrait m’aider à le trouver, ce thème. Mais rien à faire, je ne le trouvais pas. Il s’avère qu’à l’époque, j’étais en studio et que j’y ai croisé Marie-Pierre Arthur, une artiste québécoise, qui y était avec toute son équipe de musiciens. Je n’avais jamais vu des gens jouer autant ! Ils se posaient quelque part, ils jouaient de la musique. C’est quand même très très rare. Même en festival, on ne voit pas autant de gens jouer. Eux ne s’arrêtaient jamais ! Ils étaient tout le temps en train de travailler. C’est un peu l’école américaine… Un de ces mecs a commencé à jouer de la guitare devant moi et là, paf, j’ai fredonné et j’ai trouvé mon thème. Eux m’ont permis de trouver mon thème alors que je le cherchais depuis un mois et demi ! Donc, dans la chanson sous les « Je me sens bien », il y a un clavier, et ce thème m’a été suggéré par ces gens-là… alors que je le cherchais depuis des semaines. Du coup, je l’ai fait jouer par le clavier du groupe de Marie-Pierre Arthur, François Lafontaine.

Propos recueillis par Luc Dehon le 4 décembre 2014.
Photos : DR

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