Interview de Desireless & Operation Of The Sun

Propos recueillis par IdolesMag.com le 03/12/2014.
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Desireless & OOTS © Denis Tribhou

Desireless et Operation Of The Sun viennent de publier un nouvel EP, « Un seul peuple », composé de trois inédits, une reprise du « Duel au Soleil » d’Etienne Daho, de la version russe de « L’or du Rhin », de quelques versions alternatives de titres de « Noun » et des karmas 2014 de « Voyage, Voyage » et « John ». Nous avons contacté Claudie et Antoine afin de nous balader ensemble dans cet opus qui fait la part belle aux sonorités celtiques. L’occasion sera belle également pour évoquer leur nouveau projet… acoustique. Mais chuuut, c’est encore un secret !

Quand avez-vous posé les premières pierres de ce nouvel EP ? Était-il déjà dans les tuyaux quand « Noun » est sorti au printemps dernier ?

Desireless : Ce n’était pas du tout dans les tuyaux à cette époque… Ce sont plein de petits trucs qui nous sont arrivés qui ont fait qu’on a fait cet EP.

OOTS (Operation Of The Sun) : Chaque morceau a sa petite histoire. Nous les avons créés pour des projets extérieurs comme des compilations ou des propositions d’amis. Pendant l’été, on a reçu pas mal de propositions de collaborations et il en est sorti qu’on s’est retrouvés avec quelques inédits dont on ne savait pas trop quoi faire…

Desireless : Tout ça pour te dire que rien n’était prévu et qu’on n’avait pas du tout envisagé l’idée de sortir un petit EP avant la fin de l’année.

Racontez-moi un peu tout ce qui s’est passé…

OOTS : On voulait un morceau pour les galas qui soit connu des gens… et un titre qui soit tombé dans le domaine public pour ne pas être assommés par des droits ! (sourire) On a donc trouvé cette reprise de « Scarborough Fair » qu’on a mélangée avec « Morrison’s jig » qui est un thème traditionnel. Une fois qu’on a eu fait ça, notre tourneur nous a dit que c’était sympa notre truc électro-celtique… Du coup, on a fait un autre titre dans la même veine, « Un seul peuple ». Ensuite, on a été approchés pour une compilation hommage à Etienne Daho. Finalement, notre titre a été refusé, donc, on s’est retrouvés avec ce « Duel au Soleil » sur les bras, une reprise qu’on aimait plutôt pas mal ! On l’a soumise à Etienne Daho, qui lui l’a bien aimée et nous a autorisés à la publier sur notre disque. Et « Pas de Sexes », c’est un texte de Thierry Aymès.

Desireless & Operation of the sun, Un seul peuple

Justement, raconte-moi qui est Thierry Aymès et en quoi consiste son projet « Phil it ! ».

OOTS : Thierry est un philosophe qui a le projet de faire une compilation avec des chansons inédites chantées par des artistes des années 80. Le thème de cette compile, c’est que chaque chanson traite d’un grand thème de la philosophie ancienne ou moderne. Du coup, il nous a écrit ce texte, « Pas de Sexes », qui est inspiré par Montaigne, sur lequel on a composé ce morceau et on a tourné un clip. La compile est en cours de montage. Il fait d’ailleurs un appel à souscription auprès des internautes en ce moment. On y trouve pas mal d’artistes des années 80, dont Desireless.

Les bénéfices seront reversés aux enfants d’Haïti.

OOTS : C’est tout à fait ça. Les bénéfices seront reversés à une association humanitaire. Je trouve que c’est chouette cette initiative, et au-delà, moi, ce que je trouve encore plus chouette, c’est de voir tous ces artistes des années 80 réenregistrer des chansons inédites. Et en plus sur la thématique de la philosophie…

Thierry Aymès, tu le connais depuis longtemps, Claudie ?

Desireless : Je le connais depuis un petit moment. C’est un type qui fait pas mal de choses… il écrit des livres et donne pas mal de conférences. Nous nous étions rencontrés et nous avions déjà collaboré ensemble. Et quand il m’a recontactée pour ce projet « Phil it ! », j’ai dit OK, bien sûr !

Desireless & OOTS © Denis Tribhou

Ces sonorités celtiques qu’on retrouve sur cet EP, c’est quelque chose qui vous parle…

Desireless : Moi, personnellement, je les adore ! Je vais laisser parler Antoine sur cette question parce que c’est lui qui s’occupe principalement des musiques, mais ce sont des sons qui sont dans l’air et qui me sont peut-être proches… On ne sait pas d’où ils arrivent, mais on les choppe ! Moi, j’adore tous les thèmes celtiques parce que c’est à la fois très mélodique et très joyeux. C’est très festif aussi. Alors évidemment, j’ai un côté nordique… Mon âme est plutôt celtique que sudiste ! (sourire) Antoine va peut-être rajouter quelque chose…

OOTS : C’est un peu la même chose que Claudie, j’ai l’impression que c’est dans l’air. Je n’ai aucune origine nordique, mais ça m’inspire et j’ai toujours aimé, et joué, cette musique. Et en définitive, je trouve qu’elle n’est pas si exploitée que ça dans la musique électro. Le visage électronique de la musique celtique est encore sous-exploité. Donc, je trouve assez chouette d’aller dans cette direction. La musique électronique est très dansante, la musique celtique aussi et elles vont bien ensemble. C’est en tout cas très agréable à jouer sur scène.

Dans quelles circonstances est née « Un seul peuple » ?

OOTS : Comme je te le disais tout à l’heure, « Un seul peuple », notre tourneur, et copain, avait bien aimé « Jig ». Et donc, nous avons décidé d’en faire un autre dans ce style. L’objectif était clairement de faire un titre beaucoup plus formaté et beaucoup plus accessible immédiatement. « Noun » était plutôt un album concept, avec pas mal de choses expérimentales. Et là, l’idée était de prendre le contrepied, c’est-à-dire rester dans cet imaginaire celtique, mais d’en faire un morceau plus pop et plus accessible. C’est assez rigolo. Et puis, il est un peu particulier parce que je chante beaucoup dessus et Claudie apparait dans la deuxième partie du morceau. C’est en tout cas un morceau qui marche très bien sur scène. Le public réagit vraiment bien.

Desireless & OOTS © Denis Tribhou

C’est la réflexion que je me suis faite en écoutant ces trois inédits : ils sont plus accessibles que ce qu’on pouvait trouver sur « Noun » qui était d’une certaine manière beaucoup plus expérimental.

OOTS : Rien n’a été prémédité puisqu’on n’avait pas du tout prévu de sortir ce CD, mais c’est vrai que ces derniers temps, on a essayé de faire des trucs un peu plus accessibles, comme un exercice de style plutôt qu’une nécessité. On a toujours fait ce qu’on avait envie de faire. Et Claudie sait parfaitement ce qu’elle veut et ce qu’elle ne veut pas. Mais en tout cas pour moi, en tant qu’arrangeur et producteur électro, c’était un chouette exercice de style. J’ai fait dans le passé beaucoup de musique expérimentale, et beaucoup plus inécoutable que « Noun » ! (rires) Comme je n’avais pas encore vraiment fait un truc pop et accessible… C’était l’occasion de le faire !

« Un seul peuple » et « Pas de Sexes » bénéficient les deux d’un clip. Pouvez-vous m’en dire un peu plus ?

Desireless : Sur « Un seul peuple », on est partis en brainstorming avec des copains. Ils nous ont emmenés dans des trucs pas possibles… et avec un peu de réflexion, on s’est dit que ça ne pourrait pas coller. Finalement, on a demandé à des amis de venir participer, ça a changé jusqu’au dernier moment. Et vraiment au dernier moment, quelques-uns ont dit Ok, et donc on a gardé l’idée de ce bordel dans lequel la pauvre Desireless avec sa vieille perruque était enchaînée… (éclats de rire) ça s’est donc fait un peu au pied levé avec les gens et les idées qui étaient là. On s’est bien amusés en tout cas ! On était une très bonne équipe. Ça a été un très grand moment de rigolade et de travail vraiment super.

Et celui de « Pas de Sexes » ?

Desireless : Là, très volontairement avec Antoine, on avait décidé de ne pas avoir vraiment d’histoire. On avait plutôt envie qu’on nous voit tous les deux en train de chanter et de danser. On a demandé à Sam de venir le réaliser. Et là, en l’occurrence, ça a été plutôt un exercice de style pour Samuel Maurin, qui fait tous nos visuels et nos clips. Il a une très grande qualité, c’est qu’il sait très bien écrire et scénariser les clips musicaux. Là, c’était un peu un défi qu’on lui a lancé : faire un clip sans histoire, juste esthétique. C’était un peu son défi. Et on est vraiment contents du résultat. « Un seul peuple », c’est plutôt le clip avec les copains qu’on a monté à la maison et qui est plus une super histoire d’amitié. Et « Pas de Sexes », c’est plus un clip officiel avec vraiment tout l’attirail de Sam qui l’a monté magnifiquement. On en est super contents.

Un petit mot sur la reprise de Daho. Pourquoi « Duel au Soleil » en particulier ? Le titre vous avait-il été soumis ou l’avez-vous choisi ?

Desireless : On a donc reçu cet appel pour la compilation hommage à Daho. On y a réfléchi ensemble. Et je trouve cette chanson très très jolie.

OOTS : C’est notre coup de cœur Daho. Claudie est encore très sollicitée pour venir jouer sur des plateaux 80, donc c’est aussi une chanson qu’on voyait bien dans ce format-là de concert. C’est une chanson que les gens apprécient et connaissent bien. Mais le fin mot de l’histoire, c’est qu’on apprécie bien cette chanson, donc on ne s’est pas trop posé de questions.

Desireless : Je trouvais que la chanson avait un potentiel dansant. L’original est plus mélancolique et un peu moins catchy. Donc, l’objectif était aussi d’en faire un morceau dansant.

Elle est pas mal cette reprise, parce qu’elle emmène ce « Duel au Soleil » sous d’autres cieux. Tiens, Claudie, l’as-tu côtoyé Etienne ?

Desireless : Non. Et je vais te dire, je pense même que je ne l’ai jamais croisé vraiment. J’ai toujours bien aimé ses chansons. J’aimais bien l’artiste, et j’aime ce qu’il devient aujourd’hui. Ça me parle bien. C’est un artiste qui continue à faire des choses, qui est sur scène et qui a l’air bien dans sa peau.

Toi, Antoine, les années Daho ne sont pas vraiment les tiennes… Est-ce un artiste qui compte tout de même pour toi ?

OOTS : Bah… je suis tout même né en 1981 ! J’étais gamin, mais j’ai des souvenirs de toute cette période. C’est sûr que j’étais jeune, mais bon… je m’en souviens quand même ! Mon père aimait bien Etienne Daho. Ma mère aussi d’ailleurs. Donc, c’est un artiste que j’ai écouté quand j’étais gamin. Et comme Claudie, je suis assez admiratif de la façon dont il vieillit et de la manière dont il continue à créer et à être sur scène. Franchement, il dégage de super vibrations, et c’est un plaisir de reprendre un titre aussi chouette.

Desireless & OOTS © Denis Tribhou

Un petit mot sur la version russe d’Elena Thefrog de « L’or du rhin » qui est magnifique.

Desireless : Elena, ça fait longtemps qu’elle me suit. Je ne sais même plus comment est arrivée cette chanson. Je pense que c’est elle qui a eu envie de la traduire. Elle avait enregistré une première version chez elle. Ce n’était pas au top au niveau technique, donc, on lui a dit que ce serait bien de l’enregistrer un peu mieux dans un studio. Ce qu’elle a fait. Nous, on est très contents de cette version parce qu’on la trouve très touchante. C’est chouette d’entendre cette chanson en russe !

Vous revenez de Russie d’ailleurs !

Desireless : Effectivement. On est partis dix jours en tournée en Russie. On a chanté des bouts de la chanson, mais pas toute parce que… c’est un peu compliqué le russe !! (rires) Je ne le parle pas du tout. Donc, j’ai appris les refrains en phonétique et je les ai chantés là-bas. C’était vraiment sympa !

Tu as beaucoup été chanter en Russie et dans tous les Pays de l’Est, et pourtant, tu n’as jamais véritablement chanté en Russe…

Desireless : Je n’ai jamais chanté en Russe… Mais je ne vais rien t’apprendre, je suis une chanteuse française ! (rires) Et comme ça marche en français, je ne vois pas pourquoi j’irais chanter en russe. Là, je l’ai fait ponctuellement sur quelques dates parce que je trouvais ça sympa pour les gens qui étaient venus nous voir, et pour qu’ils découvrent cette nouvelle chanson qu’ils ne connaissaient pas. Je pourrais chanter dans n’importe quelle langue, mais ma langue, c’est le français. Mes émotions profondes passent vraiment mieux quand je chante en français.

On retrouve encore sur cet EP quelques extraits de « Nexus », le side-project de « Noun ». Comment avez-vous fait vos choix parmi tous les titres ? Et qu’est-ce que ces versions alternatives apportent aux titres originaux, selon vous ?

Desireless : Si on les a mises sur le disque, c’est qu’on les a véritablement appréciées. Le choix a été difficile quand on a décidé d’en mettre trois sur le disque et pas plus… L’idée était de mettre à l’honneur de nouveaux remixeurs qu’on n’avait pas encore publiés sur « L’œuf du Dragon ». C’était la première idée. La version de « La Grive » qui est faite par Melanoboy, c’est carrément quelqu’un qu’on ne connaissait pas qui nous a proposé ce titre. Ça a été un super coup de cœur. Il a une cousine américaine qui chante… il a fait un vrai réarrangement. On reconnait la chanson, mais ils sont allés vachement loin dans leur adaptation. On a trouvé cette version super touchante.

OOTS : La version de Solar Fake de « Abhaya »… c’est encore autre chose. Solar fake, on l’a rencontré quand on a joué au « Wave Gotik Heaven » à Leipzig en 2013. J’avais vraiment adoré sa façon de produire la musique. Il a un son new-wave synth’pop super efficace. Il a une magnifique voix et en plus il est super gentil. Il a fait une version d’ « Abhaya » qui est plus électronique que l’originale qui est plus tribale et ethnique. Et pour ce qui est de la version de « Pirat » par The Eternal Afflict… ils en ont fait une version très dancefloor. Ce sont un peu nos compagnons depuis quelques temps. On fait plein plein de trucs ensemble, ils sont super sympas. Le titre « Pirat » est en général bien apprécié des gens sur scène. Ils aiment bien ce thème de la Sarabande de Haendel. On pensait que ça plairait bien aux gens de retrouver ce morceau qu’ils avaient particulièrement bien aimé sur « Noun ».

On retrouve aussi les karmas 2014 de « Voyage » et de « John »… « Voyage » depuis 28 ans, elle a été cousue et décousue plus qu’à son tour ! Est-ce qu’aujourd’hui, Claudie, mettre cette chanson sur disque reste un plaisir ou un passage obligé ?

Desireless : Ecoute, on l’a mise sur le disque parce que les gens ont envie de la réécouter. Et moi, j’ai envie de la faire écouter autrement, de la façon dont je la chante sur scène au présent. Et c’était aussi parce qu’on n’a plus de CD où figure la nouvelle version. « L’œuf du Dragon » est vidé… Donc, on s’est dit que c’était bien de remettre les nouvelles versions de « Voyage » et de « John », parce qu’autrement les gens ne peuvent les écouter nulle part.

OOTS : Nos disques, on les vend essentiellement sur les concerts. Et quand les gens ont entendu les nouvelles versions de « Voyage » et de « John » en concert, ils sont très heureux de pouvoir les ramener chez eux et les écouter dans leurs versions studio. Donc, pour les gens qui nous suivent, ce n’est certes pas nouveau, mais pour les gens qui nous découvrent, c’est pas mal…

Quand tu es rentrée en studio pour enregistrer « Voyage » il y a 28 ans et des brouettes… as-tu pensé un seul instant à la destinée que ce titre aurait ?

Desireless : C’est incroyable. Mais en vérité… je ne pense pas trop ! (rires) Je fais les choses et après il arrive ce qui doit arriver. Quand j’enregistre une chanson, je suis dans la chanson et pas dans sa projection.

Mis à part cet EP qui est un peu un petit impromptu, quels sont vos projets actuellement ?

Desireless : Depuis le mois de juin, on travaille sur un nouveau projet. On ne va pas trop en dire… mais c’est un album… acoustique !

OOTS : Toutes les chansons sont déjà écrites, mais c’est le projet qui sera certainement le plus ambitieux qu’on aura tenté avec Claudie. Donc, c’est un projet qui prend beaucoup plus de temps que le reste. Cet album aura un format très différent, et notamment dans sa déclinaison sur scène, la mise en scène sera vraiment très particulière. On attend encore avant d’en parler parce que c’est un tel chantier… qu’on va certainement encore travailler dessus tout cet hiver. On l’a mis de côté le temps de publier cet EP et on se remet au boulot dès la semaine prochaine…

Propos recueillis par Luc Dehon le 3 décembre 2014.
Photos : Denis Tribhou

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