Interview de Louis Ronan Choisy

Propos recueillis par IdolesMag.com le 14/11/2014.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.








Louis Ronan Choisy © Pierre Dugowson

Louis Ronan Choisy a publié le 10 novembre dernier « Crocodile », son sixième album studio (si l’on inclut la BOF du « Refuge »). Séduits par son croco, reptilien et glam à souhait, nous avons été à la rencontre de Louis Ronan afin d’en savoir plus sur la genèse de ce projet qui tient l’auditeur en haleine de la première à la dernière note et qui est construit comme la bande son d’un Voyage au bout de la nuit. L’occasion sera belle également pour évoquer sa collaboration avec François Ozon, son choix assumé d’avancer en totale indépendance et liberté et son court mais déjà riche parcours sur grand écran. Rencontre avec un artiste authentique et à fleur de peau qui n’a fait qu’un seul compromis dans sa carrière… Allez, on le lui pardonne bien volontiers !

Louis Ronan Choisy, CrocodileQuand « Crocodile » a-t-il commencé à prendre forme ? Quand en as-tu posé les premières pierres ?

Pendant deux ans après « Rivière de plumes » qui est sorti en 2010, je n’ai rien écrit. Il y a des périodes où ça ne vient pas. J’avais fait à l’époque le doublage d’un film qui s’appelle « Confession d’un enfant du siècle » de Sylvie Verheyde. C’est un film qui parle de Musset et où je doublais Octave, joué par Pete Doherty dans le film. Le doublage a duré cinq jours. J’y suis allé à fond. Pendant deux semaines après, je n’ai pas arrêté de dégueuler. Je me sentais hyper mal. J’y ai réfléchi plus tard et j’en suis arrivé à la conclusion que quand tu enchaînes cinq ou six grosses émotions en une journée… ton âme, tu la detroy complètement. Après ça, j’ai écrit l’album d’un coup ! (rires)

C’était quoi tes envies au départ ? Des sons ? Des mots ?

Au début, je voulais faire un truc Glam. Tu sais, j’adore la bande T Rex, Roxy Music, Iggy Pop… Toute la bande Glam des seventies. C’était le mot, je voulais faire un truc Glam. Après, j’ai fait des maquettes tout seul avec quelques boucles et un peu de guitare… même si je joue très mal de la guitare (sourire). Il y avait un truc assez intéressant dans ces maquettes. Un truc brut et une espèce d’énergie assez rock et assez interne l’air de rien avec les boucles électro. Ça me plaisait bien. Donc après, je suis allé en studio enregistrer de vraies batteries, guitares et basses. Et quand je suis revenu, je trouvais que tout ça avait aplati la chose. Ça l’avait rendue un peu normale... (sourire) Après, je me suis pris la tête pendant plusieurs mois à faire des boucles avec les batteries et les basses pour lui redonner un côté un peu plus brut.

Quelque chose de dark ressort des chansons.

Je ne suis pas tout à fait d’accord avec toi. C’est âpre, oui, mais pas dark. Il y a des choses violentes, ça on est d’accord, mais après, la vie est violente aussi, non ?... (sourire)

Oui… Mais par contre, ce côté dark n’est jamais pesant ni plombant.

Ça on est d’accord ! (rires) Des fois je me suis posé la question de savoir s’il fallait que je chante les paroles de manière un peu plus consensuelle, si je devais gommer certains mots. Mais après alors le truc perdait toute son âme et son énergie. Là, le disque vient tout juste de sortir, donc, je commence seulement à avoir des retours. Mais souvent ce qui touche les gens, c’est qu’il y a dedans un truc hyper franc.

Passes-tu beaucoup de temps sur tes textes ?

Non. Enfin, si, je peux mettre un mois sur un texte, mais en général, c’est immédiat. Les bons textes, je les écris en cinq ou dix minutes. Pas plus.

À quand remontent tes premiers textes ?

Je devais avoir quatorze ans, quelque chose comme ça. J’écrivais en anglais parce que je trouvais ça plus facile. Les textes en français sont venus, eux, vers seize/dix-sept ans.

À l’adolescence, qu’est-ce qui t’intéressait dans l’écriture ?

Ce qui m’intéressait très clairement, c’était d’être dans mon cocon et de me créer mon univers. Et puis après, c’était pour draguer les filles aussi… (éclats de rire)

Ça a changé avec le temps ?

Aujourd’hui, c’est un peu différent. La vie a fait son œuvre. J’ai pris des coups. L’écriture est devenue un garde-fou. Ça me permet de garder les pieds sur terre. Finalement, écrire, c’est sain pour moi.

Pas mal de gens sont présents sur ce disque, je pense à Adrienne Pauly, Dunndottà, Clémentine Poidatz, Pom Klementieff… Comment sont-ils arrivés sur le projet ?

Ce sont des amis. Et puis, comme j’ai enregistré en août de l’année dernière les premières maquettes, j’ai invité les gens qui étaient à Paris à cette époque. Je m’emmerdais un peu… donc, j’ai invité des copains et des copines. Adrienne, elle, est arrivée un peu plus tard. Elle est arrivée en septembre. Ça s’est fait très rapidement. On a bu un coup, et on a écrit les paroles tac-tac ! En une demi-heure, c’était fait.

C’était plutôt improvisé cette séance.

Ah oui. Mais tu sais, j’adore Adrienne. Déjà en tant qu’artiste… elle a vachement de talent. Je la respecte énormément en tant qu’artiste. Et puis en tant que femme, je l’adore tout simplement. Je m’entends hyper bien avec elle. Elle est brillante et vachement drôle. J’adore travailler avec elle en tout cas.

Il y a donc eu pas mal d’intervenants sur ce disque comme nous venons d’en parler. Et quand on se penche sur les titres des chansons, il y en a d’autres « invités »… Il y a Lucie, Anthony, Emma et même Alain Delon ! As-tu finalement trouvé ta vérité sur cet album à travers le regard de l’autre ?

La vérité d’un moment tout du moins… c’est sûr. Après, chaque album a sa propre vérité. C’est la vérité d’un moment. La vérité absolue n’existe pas. Ce que je trouve important dans un album, c’est d’essayer de poser en musique l’état d’esprit et l’énergie d’un moment. C’est ça pour moi un album, au-delà des chansons. C’est l’énergie et la vérité d’un moment donné.

Dedicace de Louis Ronan Choisy pour IdolesMag

Je ne vais pas te demander s’il y a une chanson que tu préfères parce qu’à mon avis tu ne pourrais pas me répondre…

Ah si ! (rires) C’est « Mon bel assassin » qui figurait sur mon premier album « D’apparence en apparence ». Je sais que je ne ferai jamais mieux… (rires)

Pourquoi ?

À vrai dire, je ne sais pas. Mais je le sais. C’est comme ça ! Ce n’est pas grave… j’en ferai d’autres qui seront bien, mais pas autant que celle-là ! (rires)

Et ici, sur « Crocodile », y en a-t-il une pour laquelle tu as un peu plus de tendresse qu’une autre ? Quand je parle de tendresse, je ne pense pas à ce que la chanson raconte, mais plutôt à quelque chose qui se serait passé autour d’elle, pendant sa création ou son enregistrement ? Tu vois ce que je veux dire… une petite anecdote autour d’une chanson que l’auditeur ne peut pas deviner en l’écoutant…

Oui, je vois ce que tu veux dire. Il y en a plein… chaque chanson a une histoire folle, finalement. Mais je pense que je vais te parler de « Dans les yeux d’Alain Delon ». Je venais d’emménager dans mon nouveau chez moi… et je n’avais vraiment aucun matériel sous la main. Et cette chanson est née parce qu’un ami à moi avait un projet autour de Delon. Il avait proposé à plusieurs chanteurs d’écrire une chanson sur Delon. Je lui ai dit que ce serait une bonne idée. On était à un concert et en dix minutes, j’ai écrit les paroles. Je trouvais que c’était pas mal. Et quand je suis rentré chez moi, comme je n’avais pas vraiment de chez moi, la première chose que j’ai faite, ça a été de brancher mon ordinateur, mon ampli et mon micro. La prise s’est donc faite à quatre heures de matin en revenant d’une fête. Le ton de la voix est dégueulasse… mon ingé son m’en a d’ailleurs voulu… (sourire) mais en même temps, c’était la bonne voix. J’ai essayé de la refaire plus tard, mais elle n’a jamais été aussi bonne que cette prise-là. Après, j’ai fait écouter ça à Clémentine Poidatz qui est une amie actrice. Elle a trouvé ça super. Donc, je l’ai faite chanter avec moi alors qu’elle n’est pas chanteuse du tout à la base. Et au final, ça donne quelque chose de super… Finalement, c’est ce qui ressort de cet album. Toutes les personnes qui sont venues participer sont des personnes qui me sont proches dans la vie. Il y a plein d’amour dans cet album… Et puis, pour en revenir à cette chanson « Delon », c’est la seule que je n’ai pas écrite après « Confession d’un enfant du siècle ». Quand je l’ai écrite, je l’ai faite écouter au mec qui avait ce projet autour de Delon… et finalement, j’ai préféré la garder pour moi ! (rires) Elle était trop bien.

Il y a une vraie urgence dans cet album. On sent qu’il peut se passer quelque chose d’un instant à l’autre. Si je dis que « Crocodile » est la bande son d’un Voyage au bout de la nuit, es-tu d’accord avec moi ?

Oui… C’est vraiment ça finalement parce que le disque se termine par « Qui es-tu Emma ? » et à la fin de cette chanson, je dis « La vie m’attend, ça brûle et j’ai hâte ». Ce qui est bien, c’est que ça s’ouvre vers le jour. C’est important. Ça se termine par le mec qui voit le jour et qui se tourne vers le jour. Ça se finit au petit matin… Donc, ça me va le Voyage au bout de la nuit ! (rires)

Depuis quelques années, tu évolues en totale indépendance avec ta boîte de production « Karamazov ». Qu’est-ce qui a motivé ce choix ? Sachant que tes deux premiers albums avaient été signés en major…

Tout à fait. Chez Sony, c’était super. Je n’ai rien à leur reprocher d’un point de vue promo, ni quoi que ce soit. En plus, j’adorais l’équipe avec laquelle je travaillais. J’ai d’ailleurs encore des amis avec qui je bossais à l’époque chez Sony. Mais le problème… c’est que la direction voulait aller vers quelque chose de plus commercial, et moi, ce n’était pas du tout mon ambition… enfin, tu vois ce que je veux dire… Si je vends des albums c’est cool ! (sourire) Mais je ne veux pas faire un truc consensuel. Ce n’est pas ma démarche. On s’est séparés en bons termes, il n’y a aucun problème.

C’était finalement un besoin de liberté et une envie d’aller dans la direction que tu souhaitais.

Tout à fait. C’était purement artistique. Et encore une fois, je m’entends encore très bien avec la plupart de l’équipe de Columbia de l’époque. Mais à un moment donné, il faut faire un choix. On s’est quittés en bons termes parce que nous n’allions plus dans la même direction…

Tu postes pas mal de petites vidéos sur ton Facebook, « Les dessous de LRC ». Est-ce une réelle envie de ta part de partager des moments intimes ou est-ce devenu un passage obligé ?

Pas du tout, ce n’est pas un passage obligé ! Tu sais, j’adore filmer. J’adore garder des souvenirs de ce que je vis. Quand quelqu’un vient chanter à la maison, je le filme. Et après, je trouve ça drôle de le partager sur Facebook. J’ai un public rigolo et il aime ça aussi. Finalement, je n’arrête pas de filmer avec mon iPhone… (rires) Je filme tout ce qui peut arriver. Je filme les gens qui viennent chez moi et je me filme aussi parce que je sais que c’est important de garder une trace de ces moments. Ce sont des moments rares. Une copine est venue récemment pour chanter sur une musique de film, eh bien, je l’ai filmée parce que tout simplement je trouve ça beau quelqu’un qui chante. Idem pour quelqu’un qui joue de la guitare, du piano ou de la batterie. C’est beau, donc je filme…

Une édition physique de « Crocodile » est-elle disponible ?

Oui, et c’est très important. C’est Pierre Dugowson qui est un ami très proche qui a fait les photos et le design du livret. C’est lui aussi qui a réalisé le clip. C’est lui qui s’est occupé de toute l’image qui entoure ce projet.

Quelle place accordes-tu à l’image dans ton projet ?

C’est super important. À un moment, je me suis complètement planté… et ça m’a coûté très cher ! C’était à l’époque de mon deuxième album, « La nuit m’attend ». La photo de la pochette était faite en gros plan. C’était une très belle photo, d’ailleurs le photographe est un pote ! Ce n’est pas ça que je remets en question… mais disons que nous étions en 2006, en plein dans les années Star Ac. Du coup, plein de radios et de programmateurs qui ont vu la pochette se sont dit « encore un beau gosse »… (sourire) Et je peux d’autant plus t’en parler que je l’ai vécu en direct. Il y a carrément des programmateurs qui ne voulaient pas écouter le disque simplement en ayant vu la pochette. C’est honteux, mais c’est comme ça… Et certains journalistes font pareil. Donc, le visuel est très important. Mais je ne rejette pas la faute sur les autres. J’ai validé la photo et puis voilà… Elle est tombée au mauvais moment. Ça a été un concours de circonstances… un peu triste. Donc, oui, le visuel, c’est super important. Et là, cette pochette de « Crocodile », elle ressemble vraiment à l’album. Il y a un côté Glam, un côté nocturne et un côté sexy. On retrouve aussi le côté cuir. Ça ressemble à l’album et c’était mon souhait. Mais c’est très dur à faire… Et Pierre a réussi à choper ça. Chapeau !

La pochette est la porte d’entrée d’un album.

Il faut tirer un coup de chapeau à Pierre Dugowson, c’est lui qui a fait tout ça… Et je vais te faire une confidence, je suis en train de travailler sur mon prochain album… et il est parti d’une photo ! J’étais au Baron, je fumais une clope et je discutais avec un mec… Ils étaient toute une bande. Après on est allés chez lui et le mec nous a tous pris en photo puisqu’il est photographe. Depuis, je travaille d’ailleurs avec lui. Et donc, le lendemain, il m’a envoyé une des photos qu’il avait prises la veille. Je me suis dit que c’était une pochette d’album et je me suis mis à écrire un nouvel album !

Le prochain album est donc bien concret.

Ah oui ! Les paroles sont écrites, les musiques aussi et d’ici un mois, je rentre en studio et on va enregistrer les instruments.

Tu n’as pas perdu de temps…

Quand il y a le feu, il y a le feu. Après « Rivière de plumes », j’ai eu tout un tas de galères et de coups durs. Enfin, bref, je ne vais pas me lamenter, mais pendant deux ans comme je te le disais, je n’ai rien écrit. Et donc, quand ça vient, il ne faut pas réfléchir, il faut y aller.

Depuis quelques années, on te voit pas mal sur grand écran. C’est avec François Ozon que tu as fait tes débuts au cinéma, aux côtés d’Isabelle Carré [« Le refuge »]. Que retiens-tu de ton expérience à ses côtés ?

Tellement de choses !... ça va être difficile de résumer (sourire). Ce que François m’a appris le plus, c’est d’avoir du recul. Comme je jouais et que je composais la musique, j’ai vachement assisté au montage, au pré montage, à l’élaboration et la production du film dans son ensemble. J’étais là à chaque étape. Et je voyais le regard que lui posait sur son film. Ça m’a vachement appris à avoir du recul et à être efficace. Il faut penser au spectateur et à l’auditeur. Il faut essayer de ne pas mettre trop d’affect dans tout ce travail technique. Pendant les prises, c’est autre chose, là, il faut mettre toute son émotion au service de la scène. Mais tout ce qui est montage et prod, il m’a appris à prendre du recul. Il m’a appris à mettre un peu d’intelligence dans tout ce travail… (éclats de rire)

Ça s’est passé comment la composition de la BO ?

Sur ce coup-là, il a été très malin ! Au début, je ne devais faire qu’une chanson. Et puis, petit à petit il m’a dit d’improviser et on a commencé à enregistrer… il m’a pris en traître finalement ! (rires) Et tous ces petits passages que j’avais fait en impro dont il s’est servi m’ont permis par la suite de composer réellement des morceaux. Je m’en suis inspiré. Ozon, c’est un artiste qui fait un travail formidable. Et puis, c’est un homme que j’aime beaucoup. Il est hyper sain et humain. C’est un grand Monsieur. Il est une des plus belles rencontres artistiques que j’ai pu faire dans ma vie.

C’est lui qui t’a ouvert une porte sur une autre discipline artistique… parce que depuis « Le refuge », tu tournes pas mal.

C’est clair. Et je vais te dire… ça me fait vachement du bien ! Comme en musique, je produis, j’écris et je fais tout… c’est assez lourd à porter. En tant qu’acteur, tu te laisses complètement infantiliser. Tu es un peu comme une marionnette. C’est un mélange bizarre et conflictuel. Il faut être à la fois absent et hyper présent. Faire de la musique et être acteur, c’est hyper complémentaire finalement. Là, je n’ai pas arrêté de tourner cet été et je suis revenu fin août hyper chargé pour l’album. Ça m’a vraiment boosté.

Un petit mot sur la scène… Que représente-t-elle pour toi ? Est-ce purement jouissif ou un peu douloureux ?

C’est purement jouissif. Plus le temps passe et plus je prends de plaisir sur scène. Le seul truc important sur scène, c’est l’émotion. Après, tu brodes… (sourire)

Là, tu vas partir aux États-Unis.

Oui, ici, j’ai un groupe avec une batteuse et une guitare. Et à côté il y a des samples électros. Et pour les États-Unis, je vais être tout seul parce que ça coûte un peu cher de prendre tout le groupe… Donc, ce que je vais faire, c’est un premier set piano-voix, ensuite je projetterai un court métrage que j’ai réalisé, « El turrrf » et je finirai par un set électro-rock. Ça fait deux heures de spectacle. C’est vraiment cool.

Là, « Crocodile » vient de sortir, tu es actuellement en plein tournage, tu enchaines dans un mois avec l’enregistrement du prochain album… il se passe quoi dans la tête de Louis Ronan Choisy ?

(sourire) C’est juste cool de jouer. Dans le train, je vais terminer les boucles pour les envoyer à la batteuse… il faut que je compose la musique d’un film dans lequel je viens de jouer. Ce qui est bien, c’est que j’ai plein de trucs à faire… Je vais avoir un tournage de long métrage aussi… Je suis hyper speed en fait ! Ça fait deux mois que je ne dors plus et que je ne mange plus… mais c’est tellement excitant ! En plus, j’ai de bons retours sur l’album, et ça me fait super plaisir ! Je carbure au café fort… (sourire)

Propos recueillis par Luc Dehon le 14 novembre 2014.
Photos : Pierre Dugowson, DR

Liens utiles :
Site officiel :
http://www.louisronanchoisy.com
Facebook :
https://www.facebook.com/pages/Louis-Ronan-Choisy-page-officielle/254411371490










+ d'interviews
Vidéos




Retrouvez-nous sur Facebook
Retrouvez-nous sur Twitter
 
Retour en haut