Interview de Ysa Ferrer

Propos recueillis par IdolesMag.com le 16/10/2014.
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Ysa Ferrer © Thomas Braut

Ysa Ferrer publie le 27 octobre prochain « Sanguine », son cinquième album. Nous avons une nouvelle fois été à la rencontre de l’artiste afin d’en savoir plus sur la genèse de cet opus, plus électrique et plus rock que les précédents. L’occasion sera belle pour évoquer son parcours, elle qui a débuté en major et qui évolue depuis de nombreuses années en totale indépendance, avec des hauts et des bas. Ysa étant une artiste de convictions, nous aborderons avec elle également au cours de cet entretien quelques sujets plus sociétaux, comme les réseaux sociaux, l’ABCD de l’égalité ou la loi qui interdit la propagande homosexuelle en Russie. Nous avons volontairement souhaité cette interview assez longue, afin de laisser à l’artiste la place de s’exprimer.

Au fil des années, on l’a connue Kamikaze, Kosmic, Paradoxale et Ultra. Aujourd’hui, elle se dévoile Pop et Sanguine. Rencontre avec une artiste sensible et authentique qui trace sa route depuis une vingtaine d’années avec détermination contre vents et marées.

Ysa Ferrer, SanguineNous nous sommes rencontrés il y a quatre ans pour la sortie d’« Ultra », que s’est-il passé pendant ces quatre années ? Vous vous êtes notamment illustrée en meneuse de revue pour le spectacle « Icônes »…

« Icônes », c’était vraiment une parenthèse dans ma vie d’artiste. Je connais bien Oscar Sisto depuis quelques années. C’est un ami. C’est donc lui qui assurait la mise en scène de ce spectacle et il cherchait une meneuse de revue. Il m’a demandé si ça me plairait de tenter cette aventure. Je me suis dit « pourquoi pas ? » C’était une très belle opportunité et une très belle façon pour chanter les chansons des autres, le tout dans un cadre qui s’y prêtait parfaitement. Chanter du Lady Gaga, du Marilyn Monroe en passant par Brigitte Bardot, Dalida, Vanessa Paradis ou Britney de temps en temps, c’était énorme pour moi. Ça a été une espèce de défouloir, mais un défouloir très professionnel parce que ça a été un très gros travail. Et je vais vous avouer que j’ai adoré me mélanger à toute cette troupe. Il y avait douze artistes sur scène. C’était une super expérience.

Évoluer au sein d’une troupe vous a-t-il plu ? Vous qui évoluez plutôt seule sur scène…

J’ai adoré. C’est un vrai travail d‘équipe, c’est une vraie effervescence derrière le rideau. Ce sont des répétitions, ce sont des histoires. C’est vivre avec les autres aussi. Ça m’a fait du bien en fait, de sortir de mon studio perso. Même si je partage beaucoup avec mes musiciens et mes danseurs, là, c’est encore autre chose. On arrive à puiser de l’énergie chez les autres aussi. C’était une aventure formidable. Des liens se sont tissés. On a vécu les émotions tous ensemble. Tout était en direct et en vrai live, donc quand il y avait un couac, il fallait meubler. C’était beaucoup de travail, mais j’ai beaucoup apprécié !

Finalement, c’est une jolie expérience.

Très jolie et très enrichissante. Et puis, Oscar m’avait donné un très joli rôle. Le spectacle était très beau, plein de paillettes et de tout ce que j’aime. Ça a été en tout cas une très belle parenthèse.

Cette expérience vous a-t-elle donné l’envie d’aller peut-être un jour vers un spectacle plus théâtralisé, voire endosser un rôle ?

J’adorerais… Vous le savez, à la base, c’est ce que j’aurais aimé faire dans mes spectacles. Maintenant, tout ceci demande beaucoup d’intervenants. Dès qu’on commence à parler mise en scène et création, ça demande beaucoup de moyens… Mais j’aimerais beaucoup jouer des personnages. J’aime tout ce qui est un peu fou ! (rires) Tout ça reste du spectacle… Mais si un jour j’en ai les moyens, je le ferai.

Quand avez-vous posé les premières pierres de « Sanguine » ?

Je serais complètement incapable de vous répondre parce que c’est un travail de tous les jours. Quand je jouais dans « Icônes », j’avais déjà quelques chansons prêtes. Comme vous le savez, je co-compose tous mes titres avec Daniel Castano, qui est mon partenaire de vie… Donc, c’est pratique ! (sourire) La création est donc un travail de tous les jours et de toutes les nuits. Je ne me suis pas dit une nuit « Allez, hop, on va faire un cinquième album ! » Non. On écrit des chansons, on les travaille, on reçoit des textes, parfois ces textes m’inspirent et je me mets au piano. Il n’y a pas de règle. Après, c’est sûr que si on veut sortir l’album autour d’une certaine date et qui manque quelques chansons, on va se mettre un peu plus la pression. Mais jamais on ne se dit qu’on va faire douze titres. De toute façon, on en fait toujours beaucoup plus en règle générale. Après, on en sélectionne une douzaine, nos préférés.

Ysa Ferrer © Thomas Braut

« Sanguine » marque un tournant dans votre discographie. On y trouve un son plus rock, plus électrique et j’ai envie de dire plus brut quelque part. Est-ce quelque chose dont vous aviez envie ou qui s’est dessiné naturellement au fil du temps ?

Ça s’est dessiné au fil du temps. Quand Gilles Lakoste, qui a réalisé plusieurs titres dans l’album, a écouté les chansons chez lui, il m’a dit « Mais tu as fait un album complétement schizo »… ça m’a fait rire… parce qu’il ne faut pas exagérer, l’album n’est pas complètement schizo !! (rires) Je dirais qu’il est plutôt enflammé. J’avais envie de quelque chose d’électrique, qui colle avec « Sanguine ». Je voulais de la tension. Et c’est vrai que les sons plus rock amènent cette tension. Je voulais qu’elle soit palpable. Je voulais d’une certaine manière un album un peu plus violent… Les textes sont plus intenses aussi. Ça va dans le même sens. L’intensité va avec l’électricité, et fatalement avec des sonorités plus rock.

C’est un tournant que vous aviez déjà négocié avec « Je vois » sur « Ultra ».

Complètement. Il y avait aussi la chanson pour Florence Cassez qui était aussi dans cette lignée. J’aime beaucoup les guitares. Je les ai toujours aimées, ce n’est pas nouveau… Déjà sur mon premier album, « D’essences naturelles », il y en avait. Mais c’est vrai que je voulais envoyer un son un peu plus violent, tout en restant dans un registre pop électro. On va dire que c’est de la pop électro survitaminée ! (rires) On a dopé la musique !

Votre voix est aussi plus assumée que de par le passé. Elle est plus pleine.

J’ai grandi. (sourire) Peut-être qu’avec le temps j’arrive à avoir un peu plus confiance en moi ? Et donc que j’arrive à m’assumer et à donner plus. Ça vient peut-être de ça. Maintenant, je me dis que j’ai la voix que j’ai, je ne me pose plus trop de questions. Avant, je m’en posais beaucoup trop. Est-ce que ça plait ? Est-ce que ça ne plait pas ? Maintenant, je sais qu’il y en a qui adorent et d’autres qui détestent. Et j’assume.

Laisser indifférent n’est jamais  très intéressant.

Voilà. C’est aussi ce que je me dis. Mais c’est sain également de se poser des questions. Si j’étais complètement sûre de moi, ce ne serait pas bien non plus. C’est en tout cas loin d’être le cas. (sourire)

Parlons un peu de l’équipe qui vous entoure. On a évoqué un instant Daniel Castano tout à l’heure, vous connait-il finalement assez bien pour vous écrire des textes que vous auriez pu écrire ? Comment travaillez-vous avec lui ?

Daniel est la personne qui me connait le mieux au monde. Il pourrait écrire ma vie. Il me connait par cœur. Et c’est pour cette raison que ses textes me collent parfaitement à la peau. Après, il y a des sujets qui m’inspirent. Je m’inspire beaucoup des histoires des autres, de leur vécu, des émotions que je ressens. On parle de tout ça ensemble. Mais souvent, on est touchés par les mêmes choses. Et donc, forcément, on a envie d’en parler dans une chanson. Cet album, c’est un peu le reflet de mes états d’âme, de mon vécu, de moments de vie… Tout ça, on le vit ensemble dans la vie de tous les jours. Ça se vit avec nos amis aussi. Quand on regarde tout ce qui se passe autour de nous, forcément on est touchés par plein de choses, et on a envie d’en parler dans nos chansons…

Quand nous nous étions rencontrés il y a quatre ans, vous me confiez que vous écriviez vous aussi des textes, mais que vous ne vous sentiez pas la force de les montrer aux autres, ni de les publier… Mais que peut-être dans le futur les choses changeraient. L’occasion s’est-elle présentée cette fois-ci ? Ou finalement est-ce une envie qui n’est pas la vôtre ?

Autant sur la musique, je me sens libre, autant au niveau des textes, je reste très pudique. Je m’autocensure beaucoup plus sur les mots. Par contre, je peux écrire des choses sur l’instant. Parfois, il y a des choses qui me révoltent, et j’ai donc envie d’en parler. Je dépose des billets sur ma page Facebook. J’avais d’ailleurs écrit un petit texte parce que j’étais révoltée qu’on n’ait pas le droit d’adopter quand on est homosexuel. J’assume plus ce genre de coup de gueule ou de prise de position qu’un texte de chanson… J’écris des choses, mais je ne les assume pas encore. Je ne les chante pas…

Ysa Ferrer © Thomas Braut

Comme vous me parlez des réseaux sociaux, on va faire une petite digression, si vous le voulez bien. Quel regard jetez-vous sur ces nouveaux médias et moyens de communication ?

Ça fait peur. Ça peut être un très bon moyen de communication aussi. Mais ça peut être très mal utilisé. Les gens se lâchent sur les réseaux sociaux. Certains deviennent rapidement agressifs. Ils osent dire des choses qu’ils n’oseraient jamais vous dire en face. C’est une façon de mettre en avant certaines tares de certaines personnes. Et des troubles psychologiques. Je vais aller jusque-là. Les gens se lâchent comme jamais sur les réseaux sociaux. Je trouve ça dangereux, malsain et hypocrite. Ça me désole. Après, comme outil de communication, c’est parfait. Et heureusement qu’ils existent pour une artiste comme moi qui n’est pas franchement aidée vis-à-vis des médias. Maintenant, les gens s’en servent pour aller poster des horreurs sur les autres, des choses qui ne se disent pas. C’est tellement agressif ! Et là, je ne parle pas seulement pour moi. Dès qu’une de mes consœurs chanteuse sort quelque chose… quand je vois la ribambelle de commentaires, je me dis que les gens qui écrivent de telles choses n’ont finalement rien d’autre à faire dans leur vie ? Dire des méchancetés sur les gens parce qu’on est bien planqué derrière son écran, quelle lâcheté ! Donc, ça me fait peur. Mais il faut apprendre à jouer avec… et à s’en foutre ! Mais ce n’est pas facile.

Ce qui est écrit sur les réseaux sociaux peut paraître de prime abord futile et instantané, mais on oublie un peu rapidement que ce sont des mots qu’on écrit. Et les mots restent, quoi qu’on en dise…

Ce sont des mots, comme vous le dites. On les écrit et on les lit. Au début je me disais que ce n’était pas grave… mais les mots restent, les mots résonnent dans notre tête. On s’en rappelle. Donc, ce n’est pas anodin. Pour tout le monde, et surtout les personnes les plus fragiles, ça peut être très dangereux.

On ne va pas refaire le monde ni les réseaux sociaux…

(rires) Non, de toute façon, c’est comme ça et on n’y changera rien. Il faut vivre avec son temps et apprendre à les apprivoiser. Il faut garder le meilleur. Et là, nous venons d’évoquer l’aspect négatif des réseaux sociaux, mais il y a tout l’aspect positif également. Quand les gens écrivent des mots gentils et élogieux, ça me met une pêche d’enfer. Là, je suis très contente de les recevoir. Ces mots-là aussi restent gravés dans ma mémoire. Ne retenons que le meilleur ! (sourire)

Revenons-en à « Sanguine » et vos collaborations. Vous avez cette fois-ci travaillé avec Mickels Réa. Dans quelles circonstances vous êtes-vous rencontrés ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler avec lui ?

Nous nous sommes rencontrés complètement par hasard. Mickels a un studio et nous avons été là-bas pour travailler. Finalement, la rencontre a été très chouette. Il a beaucoup apprécié les maquettes que je lui avais amenées. Il a eu tout simplement envie de mettre sa petite touche personnelle et son petit grain de sel dedans. Je travaille beaucoup au felling et aux rencontres. Là, ça l’a fait. J’ai trouvé que son son était bon, et qu’il apportait quelque chose aux chansons. C’est un artiste qui a le sens de la composition.

Mickels sort de la Star Academy. Aujourd’hui, les télé-crochets se multiplient sur toutes les chaînes de télé. Êtes-vous consommatrice de ce genre d’émission ? Et plus généralement, quel regard jetez-vous sur cette télé qui juge plutôt que de véritablement construire ?

Au début, ça pouvait aller. Là, on est noyés par ce genre de programme. Ok, au début c’est rigolo. Tout ce qui est nouveau amuse et on regarde. Après, ça devient une machine à chercher des talents,  une machine à exposer des gens, et puis une machine à juger et à casser. C’est malsain finalement de voir les gens se planter en direct et de bien le souligner après. Qui peut se permettre de juger les autres ? Personne. Par contre, il ne faut pas mettre toute les émissions dans le même sac, certaines sont beaucoup plus respectueuses que d’autres. Et heureusement ! Ce qu’on a tendance à oublier, c’est que c’est hyper difficile d’aller chanter devant des millions de téléspectateurs en direct. C’est déjà difficile pour un professionnel. Alors, pour quelqu’un qui débarque comme ça, c’est tout simplement monstrueux ! Après la prestation, le jury donne des notes ou fait des commentaires. Il faut avoir un sacré cran pour prendre tout ça en pleine figure. À la limite, le concept est là et on n’y changera rien, mais là, le fait de multiplier les émissions devient épouvantable. On est à court de talents finalement ! On ne découvre pas des talents tous les jours au coin des rues. Ce n’est pas vrai. Il faut arrêter de rêver. Et puis, ce n’est pas ça le métier. Être chanteur n’est pas être sélectionné sur un télé-crochet. Pour moi, ce n’est pas ça.

Ça reste de la télé. Rien d’autre.

Oui… Mais c’est aussi une formidable exposition pour les juges qui font leur auto-promo. C’est tout un concept ces émissions qui sont guidées par l’audimat. On n’y forme pas des artistes. On fait croire aux gens beaucoup de choses, mais être artiste demande du temps et de l’investissement personnel, pas seulement quelques primes… Si on va plus loin, toutes ces émissions de télé-réalité font miroiter aux candidats qu’ils vont devenir mannequin, chanteur ou comédien simplement parce qu’ils sont passé à la télé. Non, ça ne marche pas comme ça. Moi, je suis comédienne. J’ai pris des cours d’art dramatique. J’ai passé des tas de castings. J’ai galéré. J’en ai raté plein, j’en ai réussi heureusement quelques-uns. C’est ça le métier. Au final, je pense que c’est triste pour les jeunes qui se lancent là-dedans. On leur met de fausses idées dans la tête. « Travaille. Crée des choses. Accroche-toi. Un jour peut-être que ça sortira. Et là, tu seras préparé pour recevoir du positif ou du négatif. Mais apprends ton métier avant… » On ne devient pas chanteur d’un claquement de doigts. Aujourd’hui, on est propulsé, on vend un million de disques et l’année d’après… on chante sous sa douche. Ça peut être très déstabilisant et même dramatique.

Ysa Ferrer © Thomas Braut

Finalement, on en oublie qu’être chanteur ou comédien, c’est un métier avant tout. Une passion bien évidemment, mais en métier avant toute chose.

Oui, c’est un métier. Et quelque part, je trouve que certaines de ces émissions dénigrent ce métier. Il y a des auteurs/compositeurs/ interprètes qui font un travail formidable mais dont personne ne parle parce qu’ils n’ont pas un gros média derrière eux. Qu’est-ce qu’il faut leur dire ? Que ce ne sont pas des artistes ? Que les autres en sont ? Non… Les télé-crochets restent des émissions de divertissement. Il ne faut pas confondre les termes. Quand on parle de chanteur, de comédien… ou même de star !... ce n’est pas la même chose ! Heureusement, le public est loin d’être un imbécile et les gens se rendent très bien compte des choses. Le public est très conscient de ça… Après, c’est l’époque qui veut ça. Et c’est à nous à expliquer à nos enfants qu’on ne devient pas star en passant à la télé. Le parcours est différent…

Michal a arrangé un titre. C’est une belle histoire qui vous lie tous les deux depuis quelques années.

Ça a été un coup de cœur. Là, c’est pareil, je me fiche que les gens viennent de la Star Ac ou pas. Après, c’est ce qu’il y a derrière qui m’intéresse. Michal, c’est un vrai artiste. J’avais craqué sur son timbre de voix au départ. Après, nous nous sommes rencontrés et j’ai craqué pour la personne. Michal est devenu un ami aujourd’hui. Nous travaillons ensemble, mais Michal est un ami avant tout. On partage plein de choses. Et j’avais envie qu’il ait sa petite touche sur l’album. Lui aussi, d’ailleurs. Il a apporté sa patte sur « J’ai écrit ma vie ». Il a emmené le titre ailleurs. Et pour parler encore un instant de Michal, son projet sur Chopin me touche au plus profond. C’est, lui aussi, un artiste qui n’est pas assez reconnu. Vous savez, je me bats pour que les gens soient reconnus. Et je parle de moi aussi. On peut passer à côté de belles choses des fois… Donc, quand je le peux, j’essaye d’aider. Là, je produis des choses pour Michal avec ma boîte de prod « Lovarium Production ». J’aimerais qu’il arrive à sortir de l’ombre. Il le mérite. Mais ce n’est pas facile… (sourire) Ce n’est facile pour personne quand on évolue en indépendant… Il faut avoir de l’énergie… Beaucoup d’énergie !

En même temps, vous gardez toute votre liberté. Vous n’avez de comptes à rendre à personne sauf à vous-même. Comme vous m’en parlez, vous qui avez été signée chez Polydor et qui évoluez en indé depuis de nombreuses années, on vous propose de resigner aujourd’hui dans une major, que faites-vous ? Acceptez-vous ?

Non. Je veux garder le contrôle. En fait, pour être cash, j’ai besoin d’une major pour leur carnet de chèque. (éclats de rires) C’est très honnêtement ce que je pense. Les majors ont des contacts, ils ont une force de frappe inouïe. Il ne faut pas leur enlever. C’est vrai. Après, ça fait longtemps que je n’ai plus mis un pied en maison de disques, donc, peut-être que les choses ont changé. Il doit y avoir des personnes très intéressantes qui me donneraient, j’en suis certaine, des idées originales et très intéressantes. Je l’espère, en tout cas. Mais pour l’instant, je n’en connais pas. Par contre la force de frappe de la major, je la connais. Quand j’étais signée chez Universal, en quelques secondes, les portes s’ouvraient. Aujourd’hui, elles se ferment. Et elles restent fermées. Je ne suis pas dupe, je l’ai très bien compris. Par contre, qu’on m’enlève ma liberté, je ne pourrais plus le supporter.

Maintenant que vous y avez goûté à cette liberté, même si le chemin est semé d’embûche, il est tout de même plus jouissif.

On est d’accord. Là, je suis entièrement responsable. Si je me plante, je le prends en pleine face. Si ça marche aussi, d’ailleurs ! (rires) Aujourd’hui, je suis responsable. Je ne pourrais, d’ailleurs, jamais rejeter une de mes fautes sur quelqu’un d’autre. Même dans l’échec, je n’ai à me plaindre de personne d’autre. J’assume mes choix. Ce sont les miens, pas ceux d’une autre personne. Après, ce n’est pas facile, mais on est tellement libre, on est libre de sortir nos disques quand on veut, on est libre de choisir nos salles, on est libre de plein de choses. Mais il ne faut pas croire que je fais tout ça toute seule. Je suis très bien entourée. Comme vous le disiez, c’est jouissif.

Ysa Ferrer, Folle de vouloir continuerMichael Chalais cosigne à nouveau un titre, « Folle de vouloir continuer ».

Oui. C’est une collaboration qui n’est pas nouvelle. Il avait déjà écrit sur « Mourir pour elles ». À la base, il faut savoir que c’est un fan qui m’envoie un recueil de poésies. Je craque sur un poème, on le retravaille un peu, et la chanson « Mourir pour elles » voit le jour. C’est un coup de cœur. De temps en temps, il me renvoie des textes. Et là, j’ai eu un nouveau coup de cœur. On a réarrangé le titre et c’est d’ailleurs le deuxième single qu’on a choisi.

On va parler plus en détail de certaines chansons, mais quel est le thème principal de cet album ? Qu’est-ce qui, selon vous, se dégage de « Sanguine » ?

J’ai appelé cet album « Sanguine », ce n’est pas pour rien. C’est un trait de caractère qui me va particulièrement bien. Je peux être à la fois un peu explosive, et à la fois sensible et sincère. Ce sont des traits de caractère qui me vont bien. Mais dans « Sanguine », il y avait aussi ce rapport au sang et à la passion. Il y a aussi cette couleur, le rouge, qui est la couleur de la vie et de la mort, la couleur du sang finalement. J’avais envie de quelque chose d’un peu violent. Quand je vous disais tout à l’heure que les thèmes que j’abordais étaient un peu des instantanés de ma vie et des choses que j’ai vécues, je les aborde par le prisme du tempérament. J’aime décrire les émotions que je ressens à travers ce tempérament sanguin. C’est un peu une forme d’analyse, cet album… mais pas une analyse sur canapé ! (éclats de rires) C’est donc ce thème qui prédomine sur toutes les chansons.

Quelle est, selon vous, la chanson la plus représentative de l’album ?

Sans aucun doute, c’est « J’explose en couleur ». Là, c’est vraiment mon côté sanguin et méditerranéen. Je trouve que c’est la chanson qui donne le ton de l’album. C’est pour cette raison, d’ailleurs, que je l’ai mise en premier. C’est mon côté animal sauvage. C’est mon côté « se battre pour continuer à avancer, avec des hauts et des bas ». C’est mon côté qui aime profondément ce métier. C’est trouver de l’énergie tous les jours. Ne jamais baisser les bras. Et en allant plus loin, quand Daniel a écrit ce texte, je sais qu’il s’est pas mal inspiré de ces choses qui vous font mal parce qu’elles ne se passent pas bien. On a souvent tendance à se faire mal ailleurs pour oublier la première douleur. Et cette envie qu’on peut avoir de se faire mal ailleurs peut passer par la scarification. Encore un rapport au sang. Il y a des gens qui vont tellement mal dans leur tête qu’ils sont obligés de se faire mal au corps, à la chair. Je trouve cette image hyper forte. Il y a une double lecture dans « J’explose en couleur ». Je trouve finalement que ce titre est bien représentatif des autres. Il donne le ton.

« Pop » a été choisi en premier single. J’imagine aisément que cette chanson a été écrite récemment suite aux polémiques que nous avons vécues l’année dernière…

En fait, cette chanson a été écrite suite à la lecture d’un article sur un petit enfant qui s’appelle Pop. C’est son vrai prénom, c’est un petit suédois. Son histoire nous a interpellés. Pop a été élevé sans genre imposé jusqu’à l’âge de six ans. Plusieurs personnes veulent éduquer leurs enfants sans genre imposé. Bien sûr que Ysa Ferrer, Popl’enfant sait qu’il est un garçon ou une fille, mais on ne l’éduque pas en lui disant « tu es une fille, donc tu vas porter du rose et tu vas jouer à la poupée » ou « tu es un garçon, donc, tu vas jouer au pompier ». Je trouve que pour la tolérance et l’ouverture d’esprit, ça ne peut être que bon. Ce n’est pas dire aux enfants qu’ils ne sont ni un garçon ni une fille, ça de toute façon, ils le savent. Mais il faut les laisser libres de choisir. Et je trouve ça vraiment bien. Cette chanson dénonce l’attitude réac de certaines personnes qui ont du mal avec la différence aujourd’hui. Cette chanson parle aussi de racisme. Et c’est en plein dans l’actualité. « Pop », c’est exactement l’ABCD de l’égalité de Najat Vallaud-Belkacem qui n’est pas passé. C’est lamentable. Les filles ne sont pas égales des garçons. C’est dramatique d’en être encore là aujourd’hui. Ça touche les enfants. Un enfant reste un enfant. Autant le laisser libre et l’éduquer dans un principe d’égalité. Ils comprendront très rapidement qu’il va falloir se battre pour avancer dans la vie, mais tant qu’ils sont petits, autant les épargner. Je suis sûr que ça ferait des personnes plus ouvertes, plus sensées et finalement plus tolérantes. Il y a des crèches LGBT où on amène nos enfants qui prônent cette même liberté. Elles donnent la possibilité de prolonger cette éducation dans un établissement. Je trouve ça chouette. Du coup, les enfants vont à l’école comme tout le monde, ils apprennent la vie en société. On dit souvent que tout se décide avant l’âge de six ans pour un enfant, donc l’éduquer de cette manière, je trouve ça bien. Et à la limite, si un enfant doit devenir homosexuel, qu’il ait été éduqué de cette manière ou pas, il devra faire front et ce sera la même chose. Mais par contre, il sera peut-être un petit peu moins malheureux. Il aura peut-être un peu plus de facilité à vivre ce moment. S’il a été éduqué dans cette liberté-là à la base, peut-être sera-t-il un peu moins malheureux ? Je le pense en tout cas. J’ai l’impression qu’en France, on a peur de dire que les enfants sont égaux. J’ai entendu quelqu’un l’autre jour dire qu’on « allait faire des homosexuels » ! Mais c’est n’importe quoi ! Ça n’a rien à voir. Les gens mélangent tout. C’est un peu comme si un garçon n’allait plus être un garçon… C’est n’importe quoi ! Il faut protéger l’enfant et ne pas tout ramener au sexe.

On en entend beaucoup de vertes et de pas mûres depuis quelques mois…

Ça fait peur ! Je ne suis tellement pas là-dedans. Vous savez, je suis maman moi aussi, mais je n’ai jamais eu ce problème avec mes enfants. Depuis qu’ils sont tous petits, ils sont entourés d’homosexuels parce que leur maman est entourée de beaucoup d’homosexuels. Mais ce n’est pas un choix. C’est naturel, tout simplement. Du coup, ils ne m’ont jamais posé aucune question. Tout est simple, finalement. Il ne faut pas croire que les enfants sont idiots et ont besoin qu’on leur explique les choses… ils comprennent tout, et ce, depuis le plus jeune âge. Toutes ces polémiques qui sont alimentées aujourd’hui prennent des proportions épouvantables. On est en train d’en faire des montagnes. Je pense que certains devraient regarder où sont les véritables problèmes, et ne pas en chercher là où il n’y en a pas…

Dans la lyrics vidéo de « Pop », vous avez incrusté une image de Conchita Wurst. Sa participation et sa victoire à l’Eurovision ont fait grincer des dents en Russie, qui a promulgué une loi contre la propagande homosexuelle il y a peu, sans que ça n’ait pourtant aucun lien de cause à effet. On le sait, vous avez beaucoup de succès en Russie et continuez à vous y produire. On le sait aussi, vous êtes une artiste de conviction, vous ne mâchez pas vos mots. Gardez-vous toute votre liberté quand vous allez chanter là-bas ?

Je chante toujours les mêmes chansons, devant un public un peu différent d’ici. Là-bas, c’est le grand public qui aime mes chansons ! (rires) Après, je vais chanter aussi dans des boîtes gay. Les boîtes gays sont sous surveillance constante. Mais pas pour moi, pour tout le monde. C’est hallucinant. Les Gays en Russie sont véritablement en danger. Il y des vigiles devant les portes, ça fait peur.   On m’a souvent critiquée, du fait que je continuais à aller chanter là-bas, comme si je cautionnais le régime. Pas du tout ! Mais est-ce mieux de les oublier ? Je ne le pense pas. Donc, j’y vais. Et j’y chante. Et non, je ne cautionne rien du tout. Je prends des risques, mais j’y vais quand même. Je suis la même là-bas.

Arrivez-vous à garder votre liberté de parole quand vous vous adressez aux médias ?

À vrai dire… ils ne me posent pas les mêmes questions que vous ! (rires) Parce que les médias sont déjà sous contrôle. Ce n’est pas la même chose. Après, bien évidemment, le but n’est pas de me retrouver en prison non plus… (rires). Ma liberté me dicte de continuer à aller chanter là-bas. Pour l’instant, je continue toujours à y être bien accueillie. J’ai toujours mon Visa pour y aller. Le jour où on ne me le délivrera plus, c’est qu’ils auront compris… (sourire) Mais tant que j’aurai mon Visa, j’irai chanter pour eux là-bas, parce que je n’ai pas envie qu’on les oublie. Je veux défendre ce peuple. C’est un peuple qui souffre, ne l’oublions pas, donc on ne peut pas les laisser tomber. Tant que je pourrai y aller, j’irai.

Tant que nous sommes sur le volet « Russie », un petit mot sur « Made in Japan » qui y retrouve une nouvelle vie avec ce duo avec la chanteuse Belka.

C’est son manager qui m’a contactée parce qu’ils aimaient beaucoup cette chanson et qu’ils voulaient qu’on la reprenne en duo. Pareil, ça s’est fait super naturellement. J’ai trouvé que c’était une très bonne idée. En plus, c’est une version russe. Et je chante en russe… C’est tout de même énorme ! On a tourné un clip qui devrait être diffusé là-bas dans pas longtemps. Partager ce moment avec une artiste russe, ça a été drôle et fun. Et m’écouter chanter en russe… ça a été génial ! Ça a été en tout cas une très chouette expérience à vivre.

Revenons à « Sanguine »… Un petit mot sur « Vivre comme si », une chanson lourde de sens qui est finalement un véritable hymne à la vie et à la liberté.

Vous avez résumé la chanson avec ces quelques mots. C’est exactement ça ! (sourire) Il faut vivre au jour le jour et profiter du moment présent. On me reproche souvent de ne pas être douée pour le bonheur parce que, c’est vrai, j’ai du mal à me contenter d’un peu… Je n’aime pas le peu, je veux tout ! Du coup, je n’arrive pas toujours à être satisfaite. Souvent, on me le dit « profite de ce que tu as »… « Vivre comme si » part de ce constat-là. Il faut profiter de ce qui nous arrive, comme si on allait mourir demain. Cette chanson évoque aussi la perte de certaines personnes, qui nous fait mal. Donc, oui, il faut profiter de la vie parce que tout peut arriver du jour au lendemain… les évènements dramatiques ponctuent notre vie, et notamment la perte de certaine personnes.

On va terminer ce tour d’album avec « J’ai écrit ma vie », qui clôt l’album en beauté.

C’est mon titre posthume. (sourire) C’est ma vie. C’est chargé de références à ma vie et à mes chansons. Il y a quelques petits clins d’œil dans le texte. C’est ce que j’aurais envie de dire et ce que j’aimerais qu’on dise de moi. C’est vraiment mon titre posthume… Et pour l’anecdote, je n’arrivais pas à la chanter tellement elle me faisait pleurer, cette chanson. Quand j’ai fait cette mélodie au piano, c’était terrible. Après, j’ai posé dessus les mots de Daniel… c’était impossible. Je n’arrivais pas au premier refrain. Je suis très sensible et très fragile, en fin de compte… ce n’est pas facile de chanter une chanson qui parle autant de soi…

Tout à l’heure, je vous demandais si vous aviez signé quelques textes. En écoutant l’album la première fois, sans avoir jeté un œil aux crédits, j’ai cru que vous l’aviez signée, celle-ci…

C’est là qu’on se rend compte que Daniel me connait vraiment très très bien… Je pense d’ailleurs que j’aurais été incapable d’écrire cette chanson. Elle est tellement autobiographique et sensible. C’est une écorchure. Et je suis contente qu’elle vous plaise en tout cas…

C’est à mon sens la chanson la plus touchante de l’album.

Comme je le dis souvent, il faut soigner le début et la fin. C’est très important.

Un petit mot sur le coffret « Ultra Collector » de « Sanguine » édité à 300 exemplaires. On le sait, votre public est friand de ce genre d’objets et vous soignez toujours d’ailleurs beaucoup le visuel. Mais vous, y attachez-vous de l’importance ? Est-ce que ça reste important de matérialiser la musique, et qui plus est, avec de beaux objets ?

Oui. Le côté iTunes… ça ne me parle pas trop. Ok, c’est pratique. Mais moi, j’aime les beaux objets. J’aime toucher les pochettes. Je suis un peu nostalgique des grands formats. Les vinyles, c’est super beau. Donc, là, en l’occurrence, je fais plaisir à ceux qui aiment ces objets… et par la même occasion, je me fais plaisir à moi aussi. J’aime le concret. Penser que mon disque ne serait distribué que sur iTunes, très sincèrement, ça m’embêterait… j’ai besoin du support physique. J’aime les photos, j’aime les livrets, j’aime les vinyles…

On retrouve quelques démos sur le collector.

Oui, j’aime bien proposer des démos. Je trouve ça très impudique, et en même temps, j’aurais adoré avoir des démos d’autres artistes. Voir comment ils travaillaient, comment leurs chansons évoluaient. On trouve des démos où je me retrouve seule au piano à jouer avec deux doigts… ce sont des choses hyper intimes. Mais j’aurais aimé partager ça avec d’autres artistes.

Ysa Ferrer a la Cigale le 10 janvier

Finalement, la création et le cheminement d’une chanson sont parfois plus intéressant que le résultat final.

Effectivement. On est artiste, mais on est avant tout humain. Donc, on montre aux gens comment ça se passe. Je propose en fait ce que j’aurais aimé qu’on me propose en tant qu’auditeur…

Il va y avoir quatre release party (à Marseille, au Mans, à Béthune et à Paris), et vous monterez sur la scène de la Cigale le 10 janvier prochain. Dites m’en un peu plus ?

Les release party seront des shows en club, donc, j’aurai des danseurs. C’est vraiment pour faire la fête. Après, à la Cigale, ce sera un vrai spectacle, comme j’ai pu en faire à Bobino, notamment. Là, il y aura des musiciens et des danseurs.

J’imagine que vous travaillez déjà sur ce spectacle… ça avance bien ?

Oui, je suis en plein dedans. J’avoue que c’est le début, mais il y a déjà pas mal d’idées sur le tapis. J’ai envie de tableaux, de live, de musiciens qui jouent à fond, de danseurs qui transpirent… comme d’habitude, en fait ! (sourire) Je veux en tout cas que ça raconte une histoire.

Pourquoi avez-vous choisi cette fois-ci la Cigale ? Y a-t-il une raison particulière ?

J’aime les salles un peu mythiques avec une vraie histoire… Dans la lignée de la Nouvelle Eve, du Bataclan, de Bobino, de l’Alhambra.

Vous avez une petite histoire avec la Cigale…

(sourire) C’est à la Cigale que je suis montée pour la première fois sur scène. J’étais alors signée chez Polydor. C’était une soirée qui s’appelait les Polis d’Or. C’est mon tout premier live d’artiste que j’ai fait sur cette scène. Je chantais « Les yeux dans les yeux » avec Daniel à la guitare. Ça va me faire quelque chose de remonter sur cette scène. C’est chouette de faire ce concert là-bas pour le cinquième album… Ce n’est en tout cas pas un hasard.

Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui à quelques jours de la sortie de votre cinquième album ?

Beaucoup d’énergie. J’ai envie que ça aille vite. Et en même temps, je suis pleine de questions. Comment ça va prendre au niveau des médias ? Comment ça va se passer pour la Cigale ? J’ai été ravie des premiers commentaires sur « Folle de vouloir continuer » qui ont été hyper positifs. Quand on lance un titre, c’est comme si on se lançait dans l’arène. Ce n’est pas facile le choix d’un single. J’ai eu un coup de cœur pour celui-là. Après, est-ce que je me suis trompée ou pas ? L’avenir nous le dira. Mais je ne crois pas. Donc, là, je suis dans l’envie de créer ce spectacle. Je ne pense qu’à la Cigale. Je suis programmée pour ne penser qu’à la Cigale. Je suis dans une envie de construire.

Vous avez commencé dans « Seconde B » en 1992, votre premier album est sorti en 1995, vous affichez donc plus de vingt ans de carrière. Quel regard jetez-vous sur votre parcours ?

J’ai envie d’être positive sur ce coup-là. J’ai quand même fait des choses extraordinaires par rapport à mon parcours et d’où je viens. Tout ce que j’ai fait ces dernières années, je l’ai fait seule. Bien entendu entourée, mais seule tout de même. Il n’y a pas eu de gros coup de projecteur sur moi à un moment donné. Donc, oui, je suis fière de ce parcours, qui n’est pas fini, d’ailleurs…

Vingt ans, ce n’est pas rien…

C’est ce que je me dis quand je vais bien ! (rires) Je suis fière d’être toujours là. C’est ça qui me rend fière. Malgré le fait que ça a été difficile, que je n’ai pas été au sommet tout de suite d’un coup. Mais je suis toujours là, donc ça veut dire qu’il y a un public qui apprécie ce que je fais. Et ça veut dire aussi que j’ai fourni un vrai travail d’artiste, que ce soit au niveau composition, au niveau des textes, au niveau du visuel, de l’image… ça veut dire qu’il y a quelque chose qui tient la route. Je pense que je n’ai plus à faire mes preuves. Et c’est pour cette raison que je suis fière de ce parcours. Ça peut paraître prétentieux, mais ça ne l’est pas.

Au fil des années, on vous connue Kamikaze, Kosmic, Paradoxale et Ultra. Aujourd’hui vous revendiquez être Pop et Sanguine. Lequel de ces noms vous qualifie finalement le mieux ?

C’est un tout ! C’est un cocktail de tout ça. Et je pense qu’il y en aura d’autres. (sourire) C’est drôle d’entendre tous ces termes que vous venez de me citer. C’est tellement moi tout mis bout à bout…

Propos recueillis par Luc Dehon le 16 octobre 2014.
Photos : Thomas Braut, DR

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