Interview de Sabine Paturel

Propos recueillis par IdolesMag.com le 12/09/2014.
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Sabine Paturel, Atmospheres

Même si elle n’a jamais quitté la scène ni les planches, Sabine Paturel revient, vingt-cinq ans après ses fameuses « Bêtises » à la chanson. Elle a publié un nouvel album en début d’année, « Atmosphères » (son deuxième), elle figure actuellement sur le deuxième volume de la compilation « Vive les guinguettes » et prépare un nouveau titre plus dance pour cet automne. C’est avec un immense plaisir que nous avons été à sa rencontre afin d’en savoir plus sur ses nombreux projets et sa perception du métier. Elle se produira notamment le 21 septembre sur la scène de l’Artishow Cabaret à Paris (11ème). Alors, Sabine Paturel a-t-elle une gueule d’atmosphère ? Eléments de réponse…

On vous attend finalement assez peu sur un registre « guinguettes »…

Ça, vous pouvez le dire ! (rires)

Vive les Guinguettes vol 2Comment êtes-vous arrivée sur ce projet « Vive les guinguettes » ?

C’est complètement par hasard, en fait… Ce sont tout simplement des amis. J’ai travaillé sur mon album avec cette équipe-là. C’est une équipe que j’adore. C’est vraiment des gens hors normes dans ce métier, des gars comme Tempesti ! Ils travaillent en famille, ce qui est devenu très rare. Et donc, forcément, c’est une équipe ultra sympathique. Dès qu’ils m’ont demandé de participer à ce projet, même si ce n’est pas vraiment mon truc ni mon style de chanson, j’ai accepté tout de suite. Je les adore, et puis voilà !

Est-ce que ça vous évoque une anecdote ou un souvenir particulier les guinguettes ?

Oui… mais non ! Très sincèrement, ce sont des années qui ne sont pas mes préférées musicalement. Par contre, pour le cinéma, oui. Disons que je n’ai pas de passion musicale pour ces années-là, donc, ça ne m’évoque pas grand-chose. Et en même temps, la chanson que j’ai chantée, je la trouve très rigolote…

C’est donc « Tel qu’il est » de Fréhel. Et bizarrement, je trouve que le titre vous va plutôt pas mal…

Je suis d’accord avec vous. Le texte est plutôt rigolo.

Comment l’avez-vous choisie ? On vous l’a soumise ?

C’est eux qui me l’ont proposée, et j’ai accepté tout de suite.

Et Fréhel… que vous évoque-t-elle ? J’imagine que ce n’est trop votre tasse de thé…

Pas du tout ! (éclats de rires) Je la connais de nom, mais je ne connais pas du tout son répertoire. Ce n’est pas du tout une époque que j’écoute. Mais j’ai enregistré la chanson avec plaisir parce qu’elle me plaisait, et surtout que j’adorais les Tempesti ! Finalement, c’est pour le plaisir de travailler avec eux que j’ai l’ai fait, plus qu’autre chose.

L’air de rien, ce titre ne dénote pas dans votre bouche.

Vous savez, en tant que comédienne, j’interprète toujours les chansons avec ce point de vue. L’interprétation est importante. Donc, je me mets tout de suite dans la situation. Après, on a l’impression que ça me colle à la peau, mais c’est plutôt du fait que je me mets dans la situation complètement. C’était amusant en tant que comédienne de reprendre ce titre. Après, je m’identifie au personnage et c’est là que je fais mon travail de comédienne. Ça ne va pas plus loin…

On va passer de Fréhel à Arletty et parler de votre nouvel album « Atmosphères ». Quelles étaient vos motivations pour ressortir un album plus de 25 ans après le premier (« Cœur bébé » en 1988) ?

Ce qui s’est passé, c’est que je jouais une pièce de théâtre dans laquelle  il y avait dix chansons. Et ça m’a fait complètement replonger dans la musique. Chassez le naturel… (sourire) J’avais cette chanson qui n’était pas terminée. Et en fait, je l’ai écrite en une après-midi. D’abord parce que je suis passionnée de cinéma et que je trouvais marrant de mettre une référence dans chaque phrase, que ce soient des références au cinéma de Jacques Audiard ou aux chansons de Brel ou de Gainsbourg. Et donc, il y a aussi ce clin d’œil à Arletty que j’adore. C’est comme ça que ça s’est fait. J’avais dix chansons, et je leur ai ajouté celle-ci.

Vous n’avez pas eu envie de publier un deuxième disque plus tôt ?

Vous savez, j’ai tellement été passionnée par le théâtre que ça ne m’est pas vraiment venu en tête. Je n’ai pas sorti de disque, mais j’ai tout de même continué à faire des concerts à droite à gauche. Je n’avais pas complètement arrêté la chanson. Mais le théâtre m’a tellement passionnée que je n’ai pas été en manque. J’ai commencé à ressentir un manque quand j’ai écrit cette chanson. Le fait de rechanter tous les soirs a fait que… j’ai replongé ! Les gens me demandaient où on pouvait trouver l’album, ce qui était plutôt sympathique. C’est donc là que je me suis dit qu’il fallait le sortir. Mais non, pendant toutes ces années, le théâtre m’a tellement comblée que je n’ai pas pensé à revenir à la musique.

« Atmosphère » a donc bénéficié d’un clip, pour lequel vous avez travaillé en étroite collaboration avec Xavier Barboteu du cabaret l’Artishow. Racontez-moi un peu l’histoire de ce clip.

Xavier Barboteu est donc le directeur artistique de l’Artishow Cabaret. C’est un fou génial. Il faut voir ses spectacles à l’Artishow… c’est absolument fabuleux ! Je suis donc allée plusieurs fois à l’Artishow. J’ai vu le spectacle cinq fois. Nous avons rapidement sympathisé avec Xavier et nous sommes devenus les meilleurs amis du monde. Je lui ai dit que j’allais ressortir un album et que je voulais que ce soit lui qui s’occupe du clip. Comme il aimait bien ce que je faisais et qu’il a adoré l’album, il a tout fait lui-même. C’est lui qui a tout inventé. C’est une folie furieuse ce type ! (rires) C’est entièrement de son fait. Moi, je me suis laissée diriger.

Il a été plutôt inspiré…

(sourire) Il est toujours inspiré Xavier. Il fourmille d’idées. Je ne sais pas où il va les chercher, mais force est de constater qu’elles sont souvent excellentes !

Vous avez déjà chanté à l’Artishow et vous y redonnerez un concert le 21 septembre prochain.

Exactement. C’est lui qui a tout fait une nouvelle fois. Il m’a fait un concert vraiment très chouette avec cinq danseurs. Ce sont des artistes de l’Artishow mais qui là sont en garçon pour le coup. C’est à tomber par terre. Il a fait des chorégraphies et la mise en scène. Les lumières de Pascal sont magistrales. C’est fou comme ce type a du génie. Il est complètement fou, mais il a du génie !

Le spectacle que vous allez donner en matinée le 21 septembre sera-t-il le même que celui que vous avez donné avant l’été ?

Oui, oui. On a joué début avril. Et comme ça a très bien marché, on a décidé de le refaire. On devait le faire en juin, mais il y a eu un petit souci, donc, on le refait dimanche prochain. Je ne chante pas toutes mes chansons, mais une vingtaine tout de même, des « Bêtises » jusqu’à aujourd’hui. C’est-à-dire qu’on entend le nouvel album mais qu’il y a aussi plein d’anciennes chansons.

Abordez-vous la scène différemment en tant que chanteuse et en tant que comédienne ?

Je meurs de trouille pareil, ça, c’est sûr. Mais non, ça ne fait pas une grande différence, si ce n’est qu’au théâtre, on a des partenaires. Donc, ça soutient un petit peu. Par contre, dans le showbiz on est tout seul. Là, j’ai des danseurs, mais pas de musiciens. Quand on a des musiciens, c’est déjà plus facile parce que si vous vous foirez… ils vous suivent. Là, ce sont des danseurs, donc, si je foire… ils ne pourront pas me soutenir. (rires) Et donc, comme je suis une énorme traqueuse, je pense que j’ai encore plus la trouille de monter sur scène dans le showbiz qu’au théâtre.

Un autre clip est dans les tuyaux, je pense…

Oui. Il va se faire très prochainement. On espère avant Noël en tout cas. C’est un nouveau titre qui est vraiment génial avec plein d’humour noir. J’adore l’humour noir. C’est un titre qu’on a écrit Xavier et moi et c’est Tempesti qui en a fait la musique. La musique est formidable. Je suis très optimiste sur ce titre parce que je l’adore, mais tous ceux qui l’ont entendu l’adorent également. Il est très dance, il bouge beaucoup. C’est un tout autre registre qu’ « Atmosphère ».

C’est donc un tout nouveau titre qui n’est pas sur l’album.

Effectivement. Il est très différent de ce qu’on peut trouver sur l’album. C’est encore un autre univers. Là, je pars vers quelque chose de plus dance.

Est-ce que ça augure un troisième album ?

Pour l’instant, c’est un single. Mais selon les réactions, on continuera sur cette lancée. En fait, la difficulté dans ce métier, et c’est la même chose qu’au théâtre, c’est de trouver de bonnes chansons ou de bonnes pièces. Moi, j’en écris, mais ça ne fait pas tout. Après, il faut trouver la bonne chanson et tomber amoureuse d’elle. Et donc, si cette chanson plait, que ça fonctionne… et surtout si les médias me permettent de la passer… ce qui est encore un autre problème (sourire)… eh bien, oui, à ce moment-là, on envisagera un nouvel album.

Vous allez peut-être devenir la nouvelle reine des dancefloors !

(rires) J’aime bien la dance. Par contre, je n’aime pas la techno. La dance, ça bouge, c’est chouette…

Revenons un instant à « Atmosphères ». Vous y reprenez le titre emblématique d’Amélie Morin, « J’étais venue pour dire bonjour ». Qu’est-ce qui vous a plu dans cette chanson ? Parce que là aussi, pour le coup, ce titre vous va à merveille.

C’est pour ça ! (sourire) D’abord, j’ai toujours adoré ce titre. C’est un titre hyper pervers. Cette fille raconte qu’elle est innocente alors que tout le monde s’entretue pour elle… c’est un truc qui me fait rigoler. Et pour le coup, je ne la chante pas du tout comme Amélie Morin. Elle, elle la chantait très sérieusement, alors que moi, je la chante d’une façon très hypocrite. C’est assez rigolo.

Sabine Paturel © JM Forissier

Vous apportez une autre lecture à cette chanson.

Oui, Amélie Morin était très sérieuse, même un peu triste. Alors que moi, je n’ai pas vu cette chanson triste, je l’ai trouvée perfide et perverse.

Vous chantez deux titres d’Hervé Cristiani. « Insatiable et rebelle » qu’il vous avait écrit, et « Bamako » que vous lui avez empruntée… Quels souvenirs gardez-vous de lui ?

J’adorais Hervé. C’est un ami de vingt ans. On était même plus ou moins amoureux l’un de l’autre quand on s’est rencontrés. Mais comme lui couchaillait un peu avec tout le monde… je ne suis pas allée plus loin. Mais c’était un type extraordinaire. Je l’ai adoré. J’ai été très très triste quand il est parti. Et j’ai commis l’erreur d’aller à son enterrement. Ça a été la cerise sur le gâteau, ça… C’était insupportable.

Pourquoi avez-vous choisi « Bamako » en particulier ?

Parce que c’est une chanson que j’adore. Je trouve cette chanson sublime. Elle est magnifique. Et pour le coup, c’est moi qui joue de la guitare dessus. J’avais vraiment envie de la faire. Je la voulais absolument… Je lui ai dit que je la voulais et il a fini par me la donner. De toute façon, avec Hervé, ça n’était pas un souci.

On retrouve une chanson de Balavoine, « Dieu que l’amour est triste ». L’avez-vous connu ? Que représentait-il pour vous ?

Balavoine a été connu avant que je ne le sois. Et j’étais très jeune à cette époque-là. Donc, non, je n’ai jamais eu l’occasion de le rencontrer. Ce que je regrette, par ailleurs, parce que c’était vraiment un type formidable. Et pour le coup, j’adore son répertoire.

Nous venons de nous balader au travers de votre album, mais vous, y a-t-il une chanson pour laquelle vous avez un peu plus de tendresse qu’une autre ? Et pourquoi ?

Elle est difficile cette question… parce que cet album je l’ai fait toute seule et il n’y a pas une chanson que je n’aime pas dedans. J’aime toutes les chansons de cet album. Nous parlions il y a quelques instants de « Bamako », et je vous avoue que j’ai véritablement un faible pour cette chanson. J’aime bien aussi « Dis qu’on est dingue » parce que c’est une chanson complètement folle. J’aime bien aussi « À ceux de là-bas » que je trouve pour le coup un peu dure. Mais en même temps, elle est très réaliste et très d’actualité.

Je suis content que vous citiez cette chanson parce que je vous avouerai que c’est ma préférée…

(sourire) C’est une chanson que j’ai écrite avec Christopher Laird qui est malheureusement vraiment d’actualité. Nous en avons fait une version très sobre, piano/voix. C’est une chanson très émouvante. Je vais vous avouer que j’ai un petit faible pour cette chanson aussi…

En bonus track, on retrouve vos fameuses « Bêtises ». Était-ce une réelle envie de votre part ou un passage obligé ?

Honnêtement, sur le disque, c’était un peu un passage obligé. Après, sur scène, ça me fait toujours autant plaisir de la chanter. C’est une chanson que je continue d’aimer. Il n’y a pas de problème avec. Je ne la rejette pas du tout. Par contre, le souci que j’ai c’est que quand je propose une nouvelle chanson en radio ou en télé… on me dit immanquablement la même chose : « Tu chantes les Bêtises et on parlera de la nouvelle chanson après ». Et ça… ça m’emm*** ! C’est vraiment gonflant. Ça fait vingt ans… plus de vingt ans, même… ça devient casse-pied d’être toujours cantonnée à la même chanson, alors que vous en avez une autre que vous avez envie de présenter. C’est insupportable, même. Maintenant, sur scène, je m’amuse beaucoup à la chanter, ça n’empêche rien.

C’est malheureusement le lot de beaucoup d’artistes qui, comme vous, ont eu un succès énorme…

Oui, c’est le lot de ceux qui ont fait un tube. Je vais prendre un exemple très récent. J’ai vu une bonne partie de la promo du nouvel album de Jeanne Mas… Eh bien, elle n’a jamais réussi à chanter une nouvelle chanson de son nouvel album. Jamais. Jamais. Jamais. On lui a toujours imposé de chanter ses anciennes chansons. Et ça, c’est insupportable. Comme beaucoup de gens, j’en suis persuadée, j’avais envie de découvrir ses nouvelles chansons. On en a marre d’entendre toujours les mêmes trucs. Ce serait bien que les médias aient envie qu’on se renouvelle… « Les  Bêtises », vous vous rendez compte… ça fait un quart de siècle qu’on l’entend. Tout le monde l’a entendue un milliard de fois. Tout le monde la connait par cœur. C’est pénible…

Vous proposez tout de même là un remix des « Bêtises ».

Ce n’est pas un remix « moderne », dance, pour les boîtes. Pas du tout. C’est juste un remix tout simple. La chanson est remise au goût du jour, mais elle ressemble beaucoup à l’original. Je ne voulais pas qu’on fasse la promo là-dessus, justement. Mais évidemment… de toute façon… c’est très difficile de faire autrement. Mais ce que je voulais faire comprendre, c’est que ce n’étaient pas les Bêtises que je vendais. C’était un passage obligé comme vous le dites si bien…

« Les Bêtises », on le sait, ont été un passage difficile à vivre pour vous. Vous avez eu quelques soucis avec le producteur….

… Oui, c’était un petit peu difficile, on peut le dire…

… votre métier a beaucoup changé depuis les années 80, mais finalement vous y sentez-vous plus à l’aise aujourd’hui qu’à l’époque ?

Oui, je me sens plus à l’aise. Mais c’est dans la mesure où je travaille aujourd’hui avec des gens que j’aime. Et ça, ça change tout. Je n’ai plus une production lourde sur le dos. Par contre, au niveau des ventes, c’est une catastrophe. Donc, d’un côté, je suis plus à l’aise pour travailler, c’est beaucoup plus agréable. Par contre, de l’autre, au niveau du résultat, c’est une véritable catastrophe. Le piratage sur internet, c’est terrible. Tout est devenu gratuit partout. Ce qu’on vend encore, ce sont les concerts ou les spectacles vivants. Mais les disques-même, on ne les vend plus. Ça, c’est très difficile.

Sabine Paturel DR

Et vous, comment consommez-vous la musique aujourd’hui ? Allez-vous sur iTunes ou continuez-vous à acheter des CD ou des vinyles ?

Ou la la… Je vais me faire haïr évidemment ! (rires) Mais j’ai beaucoup de mal à écouter les musiques actuelles. Pour moi, la télé-réalité genre « The Voice », ça m’ennuie profondément dans la mesure où tout le monde chante pareil. Ce ne sont que des reprises. Et moi, les reprises, ça m’emm***. J’ai envie de nouveautés. Et en plus, tout est formaté. Vous ne pouvez pas voir aujourd’hui une Françoise Hardy dans The Voice. Alors que cette fille a un talent fou… Mais tout est basé aujourd’hui sur, soi-disant, la voix. Mais ce sont toujours des voix qui gueulent. Ce n’est pas ça le talent. Le talent, c’est un timbre et une personnalité. Après, si tout le monde chante de la même manière, ça devient très vite ennuyeux. En plus, ils ont tous la même voix et ils ne font que des reprises… C’est un peu pauvre…

Comme je dis souvent, que va-t-on laisser aux générations futures musicalement, artistiquement et culturellement parlant au sens large ?

Nous sommes d’accord. Regardez, personnellement, j’adore un garçon comme Vincent Delerm. Jamais de la vie on ne l’aurait vu dans The Voice. Par contre, lui a la chance que ça marche très bien. Et pourtant, il n’est pas dans tous les médias non plus. Il faut tout de même le connaitre. Pareil pour Lynda Lemay, que j’adore. Elle ne rentre pas non plus dans la norme actuelle. Pourtant, elle a des textes à mourir. Il y en a quatre ou cinq qui arrivent à s’en sortir sans être omniprésents dans les médias. Nous vivons dans une société hyper formatée. Tout le monde doit chanter comme tout le monde pour rentrer dans une certaine norme. On nous bassine qu’une voix c’est un talent. Mais ce n’est pas ça le talent. Avoir du talent, c’est avoir un charisme, une présence, un timbre et une interprétation. Une belle voix, tout le monde peut l’avoir. Il faut la travailler.

On n’a plus le droit à l’originalité.

C’est exactement ça. Alors que ce métier, à moins que je ne me trompe, mais je ne le pense pas, n’est basé que sur l’originalité. Si on ne sort pas de la norme, on ne sort pas, c’est tout. Et c’est pour ça qu’il ne se passe rien en ce moment. On prend les gens, on les sort du lot pendant un an et ensuite on les jette. On n’a rien à se raccrocher. Et tout ceci entretient le phénomène de revenir en arrière. Et effectivement, avant, il y avait des personnalités inouïes. Regardez Desireless, c’est de la follitude totale cette fille ! (rires) Jeanne Mas, c’est pareil. Moi, j’ai débarqué là-dedans en étant complètement hors mode et hors norme. Bon, OK, je me suis fait jeter de partout dans un premier temps. Mais j’ai quand même réussi à traverser le truc… alors que j’étais juste l’inverse de la mode. C’était en tout cas une période qui le permettait.

Vous proposiez quelque chose de complètement à contrecourant de ce qui se faisait à l’époque.

Nous sommes d’accord. Je proposais quelque chose de très original par rapport à ce qui était à la mode. Et c’est ça qui a fonctionné. Mais encore une fois, ce qu’on ne sait pas forcément, c’est que les médias m’ont, dans un premier temps, jetée de partout. Toutes les radios, toutes les maisons de disques, etc… « Les Bêtises » n’ont failli jamais sortir. Dès qu’on est hors norme, les médias font barrage. Déjà à cette époque.

Et maintenant, les radios sont bien contentes d’avoir les « Bêtises »…

Un peu trop même !! (éclats de rire) Maintenant, ils font barrage avec les nouvelles chansons. Les médias sont parfois un barrage entre le public et les artistes. C’est dommage. Au lieu d’être une aide, c’est un barrage… Et ça va être de pire en pire. En plus, là, avec la télé-réalité, ça tue complètement le métier. Certains ne sont même pas des artistes... On n’ira pas très loin avec ça.

Nous avons évidemment beaucoup parlé de musique au cours de cette interview, alors que vous affichez une énorme carrière de comédienne… Y a-t-il un rôle qui vous a plus marquée qu’un autre ?

Oui. C’est la « Mégère Apprivoisée ». D’abord, c’était un rôle extraordinaire à jouer. Et à cette époque, il y avait un mec, Marcabru, un critique redouté de tous les artistes. Il disait ce qu’il pensait… et quand il pensait du mal, il le disait carrément ! Pour moi, il avait écrit une critique dithyrambique et avait dit « maintenant, il va falloir compter avec Sabine Paturel parmi les comédienne du répertoire ». Et ça, ça m’a fait tellement plaisir. C’est fabuleux de lire un truc comme ça, surtout d’un mec qu’on redoute. Quand j’ai lu ça, j’ai fait encadrer le papier !! Cette pièce, nous la jouions avec Francis Perrin et je garde un très bon souvenir de la relation que nous avons eue. Il y avait quatorze comédiens, ce qui est énorme. Je garde un énorme souvenir de l’ambiance qu’il y avait sur cette pièce. En plus, on l’a jouée au Grand Trianon de Versailles. Il y avait deux mille personnes. Nous étions dans un décor de rêve. Tout était extraordinaire dans cette aventure. Tout était magique. Ce n’est pas, loin de là, le meilleur souvenir que j’ai, mais c’est probablement un des meilleurs.

Nous avons évoqué ce spectacle à l’Artishow le 21 septembre et ce nouveau titre plus dance accompagné d’un clip qui arrive. Y a-t-il d’autres choses dans les tuyaux ?

Pour l’instant, je n’en sais rien… Ce qui est en train de se programmer plus ou moins, c’est ce concert-là. J’ai d’ailleurs une demande en Belgique. Moi, je suis très branchée sur ce concert-là, la musique et ce disque-là. Après, on verra bien ce qu’il se passe. Pour l’instant, en tout cas, je suis plongée dedans à mort. Il n’y a que ça qui compte. J’ai toujours été comme ça. Je suis plongée dans le moment présent. Je ne me demande jamais ce qui va se passer derrière. C’est une erreur d’ailleurs parce que je ne suis absolument pas prévoyante. Mais j’ai toujours fonctionné comme ça. Je me passionne pour ce que je fais sur le moment. Après, on verra bien. De toute façon, même si on fait des projets, il ne se passe jamais ce qu’on a prévu. Alors, à quoi bon en faire ? (sourire) Et puis, je suis contente de marquer un petite pause au théâtre… Les pièces qu’on me propose, je ne les aime pas. Pour moi, elles ne sont pas bonnes. Et donc, je n’ai pas envie de les jouer. Maintenant, si on me propose une très bonne pièce, je vais certainement craquer, mais en ce moment, ce n’est pas le cas…

Propos recueillis par Luc Dehon le 12 septembre 2014.
Photos : JM Forissier, DR

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