Interview de Pungle Lions

Propos recueillis par IdolesMag.com le 15/09/2014.
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Pungle Lions © Isabelle Chassagne

Formé en 2013 autour de Damny et Rouzman (respectivement chanteur et batteur de La Phaze), et rejoints sur scène par des membres de La Ruda, Pungle Lions est un mélange savoureux de rocksteady, de reggae old school et de soul ! Séduits par ce projet plein de good vibes, nous avons été à la rencontre de Dammy afin d’en savoir plus sur la genèse du groupe, mais aussi son futur (un album est dans les tuyaux). C’est Dammy qui a répondu à nos questions.

Dans quelles circonstances « Pungle Lions » a-t-il vu le jour ?

Le groupe est né pour ainsi dire en juillet 2013, j’avais quelques chansons qui étaient sorties de ma tête depuis la fin de La Phaze et c’est mon pote Rouzman (batteur de Pungle Lions et de La Phaze) qui m’a motivé à jouer de la musique ensemble et par la suite enregistrer ces titres. L’idée d’un groupe, et encore moins celle de faire des concerts, n’était absolument pas à l’ordre du jour à ce moment précis car je ne voulais pas remonter un groupe et n’envisageais pas de continuer la musique d’ailleurs...

Peut-on dire que Pungle Lions renaît des cendres de La Phaze ? Peux-tu me présenter rapido les autres membres du groupe ?

En effet on peut dire que Pungle Lions renait des cendres de La Phaze! Le groupe en studio reste Rouzman et moi Damny, et sur scène nous sommes rejoints par Fred et Xav de La Ruda, respectivement guitariste et bassiste.

Quelles sont vos principales influences musicales aux uns et aux autres ? Avez-vous le même socle musical ?

Nous venons tous du Punk-rock à la base mais nos influences vont de la musique anglaise et jamaïcaine (rocksteady, ska, blue beat, reggae...) jusqu’à la musique latine, notamment celle des années 60-70 (Willy Rosario, Paquito Lopez, etc...). Sans oublier la culture hip-hop qui va aussi bien de Cypress-Hill à Yellawolf en passant par tous les classiques des années 90.

Nous ne sommes pas dans une chapelle ou il faut avoir la « panoplie » punk-rock  mais plutôt dans une tradition qui balaye toute la sono mondiale. The Clash avaient ouvert la voie en leur temps. Pour avoir tourné pas mal avec Manu Chao j’ai appris énormément à son contact et sa démarche musicale est empreinte de cette ouverture-là.

Ce qui nous intéresse dans la musique c’est l’authenticité d’une chanson avant tout, quel que soit le genre musical. Les années 2010 ont engendré toute une armée de chanteurs-artistes « fake » avec les possibilités qu’offre le monde digital.

Je trouve rassurant d’écouter les musiciens sur ces vinyles poussiéreux pour s’inspirer de la « vibe » et aller de l’avant, car nous ne sommes pas nostalgiques, le futur doit être passionnant!

Pungle Lions © Isabelle Chassagne

Pungle Lions s’est donc formé il y a un peu plus d’un an maintenant. Quelles étaient vos envies et vos idées de départ ? Le groupe a-t-il beaucoup évolué sur cette période ?

Comme je l’ai dit précédemment, l’envie de départ était égoïstement de se retrouver avec Rouzman et faire la musique qui nous faisait du bien à la tête! Il n’y a pas eu de calcul, ni de plan de carrière dès le départ. Lorsque l’inspiration était au rendez-vous, on se voyait et on enregistrait un beat, puis l’arrangement venait et le titre prenait forme. Les deux choses qui priment sont la mélodie, et le texte! Nous continuons à enregistrer de la même façon, on s’échange pas mal de musique sans aucune contrainte de style d’ailleurs, il faut puiser dans tout ce qui t’entoure.

Vous êtes beaucoup moins sur quelque chose d’électro comme pouvait l’être La Phaze, mais quelque chose de beaucoup plus organique. Une envie de revenir aux fondamentaux ?

Oui, complètement et de simplifier le contenu! Avec La Phaze l’écriture pouvait être souvent assez chargée avec beaucoup de couches de sons, parfois trop à mon avis. L’oreille humaine est sensible à deux/trois éléments dans une chanson. C’est comme en cuisine : un bon plat n’a pas besoin de quinze ingrédients!

Qui amène quoi dans le groupe ? Comment fonctionnez-vous ?

J’ai un peu répondu dans une autre question, mais en gros j’écris les chansons et on enregistre tous les deux avec Rouzman dans mon studio, puis je les mixe. J’ai la chance d’être assez équipé et surtout nous savons où nous voulons aller en termes de son, je suis très passionné par les techniques de sons et la production au sens large  On s’échange pas mal de musique car nous avons beaucoup de références en commun, il enregistre de son côté quelques rythmiques qui servent pour ébaucher les futurs titres.

Êtes-vous un groupe prolifique ?

Nous sommes assez prolifiques, je pense, car nous n’avons pas de contraintes mais beaucoup de plaisir à enregistrer de nouveaux morceaux. Il y a une vingtaine de chansons déjà mixées.

Vous publiez depuis quelques temps deux titres par mois, un titre inédit et une reprise. Est-ce une façon de vous « imposer » une certaine cadence ?

Oui en quelque sorte ! Je pense que c’est d’abord notre rendez-vous, le fait de se voir, passer ce moment en studio. Créer en étant dans l’action et pas la réflexion fait du bien au corps et à la tête ! Ce n’est pas de l’urgence mais plutôt de l’excitation de voir les choses prendre forme et pouvoir écouter notre musique. Il n’y pas de réelles difficultés à faire cette musique car c’est la musique qui nous a toujours fait vibrer depuis tout gamin. Et puis à mon avis plus tu fais, plus tu progresses !

Le paysage musical d’aujourd’hui n’est quasiment fait que de reprises. La reprise est-elle devenue de nos jours un passage obligé pour un groupe pour faire le buzz et ramener des gens ? Ou est-ce un exercice qui vous plait vraiment ?

J’imagine que c’est l’argument qui est tenu par plein de gens dans le métier et puis ça rassure les gens car il est plus facile d’amener l’auditeur vers un titre ultra connu que de pousser à la découverte. Peut-être le problème vient-il du fait qu’il n’y a plus assez de bons auteurs en France ? Les chansons aujourd’hui sont souvent bâclées et servent plus d’emballage au produit que de réel contenu…

En tous cas, de notre côté l’idée était de s’approprier certaines versions et à l’ancienne de sortir un titre original et une reprise.

Et pour être franc, je crois que beaucoup de gens ignorent que ce sont des reprises, j’ai pu m’en apercevoir en concert!

Evidemment dans un répertoire, ça aide à amener le public vers des titres nouveaux, comme un pont en quelque sorte entre l’ancien et le neuf, certaines reprises sont périlleuses par rapport à l’original; en tous cas nous avons beaucoup de plaisir à jouer ces titres et réfléchir à la façon de les faire sonner « Pungle Lions ».

Le clip de « That’s Funny » vient d’être diffusé. Comment s’est passé le tournage ?

Le tournage s’est déroulé dans une ambiance très bon enfant, à La Java à Paris. Les danseurs ont vraiment assuré et les acteurs aussi. Big up d’ailleurs à Mathis qui est un peu le « vélo-man » central du clip, tous les amis et bénévoles et à Note a Bene (notre label) qui a géré toute cette organisation de fou! La chaleur de cette journée correspond très bien à l’esprit de la chanson, sans prise de tête. Le message de ce titre c’est que la vie reste drôle lorsque certaines situations sont vraiment pesantes. C’est un remède anti-dépression!

Quel est, plus généralement, ton rapport à l’image ?

J’aime bien les vieux objets et les belles photos, mais je n’aime pas trop me revoir à l’écran. J’ai plus besoin d’être sur scène que devant une caméra maintenant c’est aussi un exercice important et quelles que soient les choses et circonstances il faut donner le maximum.

J’ai horreur des gens qui sur-jouent en général, j’aime la lenteur des acteurs qui n’ont pas besoin d’être hystériques pour faire passer une émotion forte. Ceci dit, ni moi ni Rouzman, ne sommes acteurs donc on reste au naturel, caméra ou pas.

L’image est devenue depuis quelques années aussi importante que la musique (voire plus dans certains cas). Quel regard jettes-tu sur ce phénomène ?

Je trouve ça bien et dommage à la fois. 90% de la production musicale actuelle reste un support pour un clip, la plupart des clips ressemblent à des spots de pub ce qui fait passer les artistes pour des hommes sandwichs.

C’est aussi le cas dans le cinéma, l’absence de scénarios, et encore plus de dialogues marquants, est assez consternante!

La quantité primant sur la qualité, tout est assez jetable et immédiatement consommé pour éviter un effort d’imagination à l’auditeur qui passe plus son temps à zapper qu’à regarder du début à la fin!

D’un autre côté il y a des gens qui font de vrais petits chefs d’œuvre avec peu de moyens, si la chanson et l’image fonctionnent en duo alors je suis sous le charme! Globalement l’univers école des beaux-arts avec pleins de super effets ne me touche pas tellement, je suis plus sensible à voir des clips avec des vrais gens dans la vraie vie.

Après donc avoir publié quelques 45 tours, vous vous apprêtez à publier un album… Peux-tu m’en dire un peu plus ? Que va-t-on trouver dans cet album ?

Honnêtement, tout ce qu’on a sorti sur le web donne la couleur générale de l’album à venir: reggae, rocksteady, punk-rock and soul music! Il y aura une quinzaine de chansons je pense, peut-être les reprises inclues...

Où en êtes-vous concrètement dans la production de cet album ? Êtes-vous déjà bien avancés ? Pour quand est-il prévu ?

L’album est prêt et pourrait sortir ainsi mais vu qu’on a un peu plus de temps que prévu, on va enregistrer de nouvelles chansons jusqu’à sa sortie. Pourquoi s’arrêter si l’envie et l’inspiration sont au rendez-vous?

De quoi vont parler les chansons ?

Chaque chanson à sa propre histoire, certaines sont inspirées de moments vécus ou de personnages et d’événements. Je crois surtout que chacune correspond à une humeur du moment. Je reste assez fidèle à une tradition rock’n roll, de rébellion, d’amitié et de gang.

Musicalement, va-t-on rester dans le même esprit que « That’s Funny » ?

Il y a des titres latino-hip-hop, d’autres plus reggae-oldies, etc...Bref ce qui est déjà sorti en un an a tracé un peu la couleur du projet.

Si on va un peu plus loin, est-ce essentiel pour toi de passer à un format plus long et moins éphémère que le single ou le EP ?

En fait, je ne suis ni attaché à l’album ni à quelque format que ce soit. Ce qui me plait c’est un bon titre que je puisse emmener avec moi n’importe où, que je puisse mixer en Dj set, etc... J’achète des titres mais pas d’album. Je reste fidèle au vinyle par passion pour ce son-là et parce que j’aime l’objet vinyle.

Pungle Lions © Isabelle Chassagne

Finalement, le format album veut-il encore dire quelque chose aujourd’hui ?

Je pense qu’il est important de sortir un album a un moment car cela condense un peu toute l’énergie que tu peux mettre dans un groupe en studio et qu’on a toujours envie que cette énergie soit partagée par le plus grand nombre d’individus.

La musique de Pungle Lions est indéniablement une musique de scène. Pas mal de dates sont d’ailleurs prévues les prochaines semaines. Quel est votre rapport à la scène ?

La scène est un moment unique dans une vie, c’est le lieu d’expression pour tous les musiciens. J’ai travaillé aussi avec des gens qui n’aiment pas ça, je ne comprends pas ça en dehors de certaines musiques plus contemplatives, ambiantes, etc... Mais si tu fais un truc pêchu, les gens vont vouloir entendre ça sur scène avec des lumières, de l’énergie, c’est l’histoire la plus vieille du rock’n roll! Comme nous avons démarré les concerts il y a très peu de temps, nous sommes encore en rodage et on cherche à aménager de nouvelles choses régulièrement. C’est très excitant, car je ne veux pas rester dans la routine avec un truc figé.

Comment l’appréhendez-vous ? Est-ce quelque chose de très écrit ?

Oui il y a des choses bien écrites et répétées mais aussi pas mal de parties libres notamment en solo de guitares ou orgues, tout le monde chante et c’est très important pour moi car ça, plusieurs voix, donne beaucoup d’énergie au live!

Allez-vous rapidement sur scène avec vos nouvelles compos ? La scène fait-elle aussi partie d’une certaine manière d’une phase de création ?

La scène permet de voir ce qui fonctionne ou pas et en effet certains titres enregistrés ont déjà été retirés de la setlist. Il faut être assez critique et ne pas se regarder le nombril. Certains tempos ont rapidement changé aussi car sur album une version peut fonctionner à fond et paraitre moins excitante en live. La scène te permet de voir les gens dans les yeux, ce qui n’est pas le cas en studio. Pour ma part c’est très inspirant!

Je ne peux pas ne pas te poser une ou deux questions sur La Phaze. Pensez-vous, toi et Rouzman avoir fait le tour de la question avec La Phaze ?

Oui, j’ai décidé de stopper le groupe car nous avions fait le tour de la question et que je sentais la routine bien installée depuis quelques temps. Je n’aime pas l’idée de me répéter, faire le même album éternellement et prêcher des convaincus. Les groupes de rock sont comme un cri : tu finis par t’enrouer la gorge si tu restes sur tes acquis. Que les choses soient claires : ça n’a pas été une décision facile à prendre et ça m’a mis en danger.

Encore un petit mot sur La Phaze, quel regard jettes-tu et quel bilan tires-tu de toutes ces années ?

Je suis heureux de notre parcours, surtout scénique, des rencontres et des milliers de bornes parcourues. Je croise des gens qui me disent que telle ou telle chanson a changé leur vision de la vie, quel meilleur témoignage puis-je espérer ? Je pense aussi que j’ai commis certaines erreurs à des moments mais un groupe c’est parfois compliqué et ça m’a permis d’évoluer aussi. Honnêtement, je ne me vois pas remonter sur scène avec La Phaze.

J’avais réalisé une interview de Barbara il y a un peu plus d’un an à propos d’un autre de tes projets, Mac Guffin. Où en est le projet ?

Barbara bosse de nouvelles choses de son côté, je suis toujours prêt pour lui filer un coup de main sur la production. Elle va publier un titre ou deux prochainement! Je vous invite à faire un tour sur sa page facebook!

La Phaze a eu une durée de vie assez raisonnable pour un groupe. Plus de dix ans ! Aujourd’hui, peu de groupes, à quelques exceptions près, peuvent se targuer d’exister aussi longtemps. Est-ce une chose à laquelle vous pensez avec Pungle Lions ?

Il ne faut pas penser à « dans dix ans », il faut vivre le moment présent et s’investir à 300%. C’était mon état d’esprit il y a 15 ans avec La Phaze donc ça n’a pas changé depuis. C’est vrai que les longues carrières appartiennent un peu à un autre temps aujourd’hui. À force de vouloir toujours plus de nouveauté, on ne laisse pas le temps aux artistes d’exister.

Vous projetez-vous dans un futur plus ou moins proche avec le groupe ou bien vivez-vous plutôt au jour le jour ? Comment envisagez-vous le futur ?

On avance étape par étape, les choses changent quasiment de semaine en semaine. Nous sommes très heureux de bosser main dans la main avec Note a Bene (notre label) et Los Productions (notre tourneur), il y a une fraicheur et une énergie commune qui permet de bien amorcer le développement de Pungle Lions. Notre futur c’est d’enregistrer 5 ou 6 nouveaux titres d’ici la sortie d’album et de monter un show de puta madre pour début 2015! 

Y a-t-il d’autres projets qui vont voir le jour dans les prochaines semaines et les prochains mois dont nous n’aurions pas parlé ?

Il y a pas mal de productions auxquelles je participe en tant que mixeur ou compositeur, ou les deux.

Quelques sorties en parallèle de Pungle Lions vont arriver, on vous tiendra au jus! Je compte également mettre un mini-mix en free download sur la page Pungle Lions prochainement et Rouzman doit sortir une collection de loops de batteries pour nos amis musiciens et producteurs!

Stay connect Rude Lions!!

Propos recueillis par Luc Dehon le 15 septembre 2014.
Photos : Isabelle Chassagne, DR

Liens utiles :

Facebook : https://www.facebook.com/punglelions

Pungle Lions en concert :

20 septembre @ Vern d'Anjou (49) Festival Trois Gram de Son

31 octobre @ Girona (Espagne)

1er novembre @ Gandia (Espagne)









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