Interview de Kendji Girac

Propos recueillis par IdolesMag.com le 08/09/2014.
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Kendji Girac

Kendji Girac publie ce 8 septembre 2014 son premier album, un album éponyme qui sort quelques mois à peine après sa victoire lors de la troisième édition du télé crochet de TF1, « The Voice ». Nous avons été à la rencontre de Kendji afin d’en savoir plus sur ce premier album aux couleurs gitanes pop (sur lequel il a nettement travaillé avec Kerredine Soltani, François Welgryn, Mathieu Mendès ou encore Skalpovitch) et comment il vit cette notoriété soudaine. Rencontre avec un jeune artiste positif et plein d’énergie qui porte haut les valeurs gitanes.

Avant de parler de ton premier album qui sort aujourd’hui, j’aimerais, si tu le veux bien, faire un bond en arrière de quelques années et te demander quelle musique a bercé ton enfance et si on écoutait beaucoup de musique chez toi quand tu étais gamin ?

On va dire que c’est mon père qui m’a donné ce goût de la musique. Tout petit, il me prenait sur ses genoux quand il chantait… et fatalement, je chantais ave lui ! (sourire) On faisait souvent des petites fêtes, et inévitablement, on chantait. C’est donc toute cette musique que mon père chantait que j’ai commencé à chanter.

Quand as-tu commencé véritablement à chanter?

(rires) J’étais très jeune quand mon père me calait sur son genou et que je chantais avec lui. Je devais avoir sept/huit ans quand j’ai commencé véritablement à chanter. C’est à cet âge-là que j’ai les premiers souvenirs de chant.

Quand est-ce que la musique devient sérieuse dans ta tête ?

Disons que j’aimais vraiment bien chanter quand j’étais tout petit. Je me rappelle très bien que dès qu’une chanson me plaisait, je la chantais. Et je ne chantais pas que chez moi, je chantais chez plein de gens ! J’ai d’ailleurs retrouvé des vidéos sur Youtube dont je ne me souvenais pas du tout !! J’étais tout petit et je chantais tout le temps. Après, dès que j’ai eu onze/douze ans, j’ai commencé à jouer de la guitare. Et c’est là que j’ai commencé à chanter de partout. J’allais avec les copains sur la plage le soir. Mon kiff, c’était la guitare et chanter tous les jours.

Que s’est-il passé dans les grandes lignes avant « The Voice » ?

Avant The Voice, on va dire que je n’avais tout de même jamais envisagé de chanter sur scène derrière un micro et devant un public ! (sourire) J’avais fait une petite vidéo de « Bella », c’est elle qui m’a fait connaître. On l’a enregistrée tout simplement, j’étais en train de prendre le café devant chez moi avec mon oncle et mon cousin. Mon oncle m’a filmé et on a posté la vidéo sur Facebook, juste pour voir combien de « j’aime » j’allais avoir… On se demandait ce que ça allait donner, si les gens allaient aimer ou pas. Et puis, finalement, ça a fait je ne sais plus combien de vues… mais beaucoup ! (rires) Entre quatre et cinq millions certainement. Après, j’ai été appelé pour faire les castings de The Voice. Je me suis laissé tenter… Pourquoi ne pas tenter The Voice ? J’ai pris mon courage à deux mains, ma guitare et j’y suis allé. Mais jamais je n’ai pensé que j’allais être retenu pour passer dans l’émission… et encore moins gagner !

On ne va pas refaire ton parcours dans The Voice, il a été vu et revu, mais que retiens-tu de cette aventure ? Qu’est-ce que ça t’a apporté ?

« The Voice » m’a donné confiance en moi. J’ai compris que ma musique pouvait plaire à beaucoup de gens. J’ai pris conscience que j’avais un talent… et que ça aurait été dommage de ne pas m’en servir. Avant, je ne me rendais pas compte que j’avais du talent. Avoir fait cette émission m’a en tout cas ouvert les yeux sur le fait que la musique que je faisais pouvait plaire au public. Aujourd’hui, je ne dois plus me cacher, je peux le dire, je suis un artiste. Je suis un chanteur.

Kendji Girac © Raphael Annee

As-tu gardé des contacts avec ton coach Mika ?

Avec Mika, pour le moment, c’est un peu difficile parce qu’il vient lui aussi de sortir son single et il travaille sur son album. Il est à fond dans son truc, comme je le suis de mon côté, donc, c’est un peu difficile pour le moment de  garder le contact. Mais je pense que dans très peu de temps, on va se recroiser.

Tu as donc gagné The Voice en mai, tu as enchaîné tout de suite avec la tournée, tout a été très vite. A-t-il été rapidement question de sortir un album dans la foulée de ta victoire ?

C’est vrai que tout a été très très vite. On a beaucoup réfléchi avec les amis du travail et on s’est dit qu’il fallait sortir mon album très très vite. Tu sais, quand je suis arrivé ici… je ne connaissais rien du tout. Alors, donc, j’ai essayé de prendre des conseils un peu de partout. Et les avis étaient unanimes : il fallait sortir l’album très vite. Entre les directs de l’émission et pendant la tournée, on a eu énormément de travail. J’en ai fait des aller-retour pour l’enregistrer cet album ! On s’est vraiment dit qu’il fallait faire vite pour ne pas laisser trainer les choses. Je venais de sortir de l’émission, donc, on s’est dit qu’il valait mieux sortir l’album rapidement.

Quand tu remportes le trophée de The Voice, as-tu déjà de la matière ? As-tu des chansons ?

On était déjà en train d’enregistrer. On va dire qu’on était déjà en train de préparer un peu tout ça. Mais je n’avais pas vraiment de chansons à moi. Je n’avais pas encore donné de thèmes, ni ce genre de choses.

Comment as-tu réuni l’équipe d’auteurs/compositeurs qui t’accompagne ? (Kerredine Soltani, François Welgryn, Mathieu Mendès, Skalpovitch…)

Ce sont des gens qu’on m’a présenté, et notamment mon directeur artistique chez Universal. Il m’a fait écouter plein de chansons différentes. Et moi, quand il y avait des titres qui me plaisaient, je disais aussi les mots que je n’aimais pas. Je lui ai bien expliqué ce que je ne voulais pas dire. Finalement, les titres que je chante sur cet album, on pourrait dire que c’est moi qui les ai écrits parce qu’ils me ressemblent énormément. J’ai dit ce dont je voulais parler dans l’album. Après, ce sont de très grands auteurs qui ont écrit les chansons, donc je les ai aussi laissé faire. Et je dois dire qu’ils ont fait un boulot impeccable ! Quand j’ai écouté ces musiques, de mon côté, j’ai posé ma guitare dessus. Et donc, on retrouve ma petite touche…

As-tu tout de même eu un peu le temps de discuter avec Kerredine Soltani ou François Welgryn, par exemple ?

Pour le moment… non. Ce sont plutôt eux qui sont venus avec ces enregistrements-là et leurs musiques. C’est là que je leur ai expliqué ce que je n’aimais pas trop, les mots que je ne voulais pas dire… Quand il y avait des petits bouts philosophiques qui ne collaient pas avec ma personnalité ou mon histoire, je le leur disais. Donc, ça a été une collaboration, mais on n’a pas vraiment eu le temps de discuter en détail de ce que je voulais. Mais franchement, ils sont doués ! Parce qu’ils ont tout de suite très bien vu ce que je voulais dire et où je voulais aller.

Quels thèmes abordes-tu dans les chansons qui composent cet album ?

Il y a beaucoup de choses… Je vais prendre l’exemple de mon premier single, « Color Gitano », qui a été écrit par Kerredine Soltani. Il y a beaucoup de gens qui ignorent les valeurs qu’on a chez nous, les gitans. On est beaucoup jugés et on prend facilement pour les autres ! (sourire) J’en avais marre d’entendre des choses sur le monde des gitans qui n’étaient pas vraies. Je voulais vraiment chanter une chanson sur ce thème. Chez nous, on a des valeurs. Certains, comme partout, n’en ont pas, donc je voulais remettre certaines choses en place. Je voulais donc dans cette chanson parler de certaines valeurs qu’on a, comme le respect des autres et la notion de famille. C’est quelque chose qui est très fort chez nous. Et puis, à côté de ça, il y a une musique qui apporte beaucoup de joie, qui est aussi une caractéristique de chez nous ! Je voulais que cette chanson soit comme une fête. C’était important d’aborder ce sujet dans le premier single…

Dans « Cool », tu évoques ton ascension dans le monde de la musique, entre l’ombre et la lumière…

Oui, c’est ce dont je parle dans « Je la joue cool »… J’entendais des rumeurs et choses qui se disaient qui ne me plaisaient pas trop… « C’est un gitan, il va s’envoler… »Donc, dans cette chanson, je parle un peu de mon histoire, du début, jusqu’à aujourd’hui. Malgré tout ce travail, malgré le fait que je me retrouve aujourd’hui à chanter devant Eva Longoria, je me la joue cool, je ne change pas, je reste le même.

Tu es très jeune encore, depuis quelques mois, il s’en est passé beaucoup dans ta vie ! Comment vis-tu cette notoriété soudaine ?

Je le gère vraiment bien… ça m’encourage déjà de mon côté de voir tous ces fans et tous ces gens qui croient en moi. C’est là que je vois que tout le travail qui a été fait n’est pas vain. Parce qu’il ne faut pas croire… on travaille beaucoup ! (rires) Et quand je vois les retours sur mon travail, que je vois les gens avec un énorme sourire, ça me renforce. C’est clair !

As-tu toi-même écrit ou composé des chansons sur cet album ?

Écrit, pour le moment, non. On va dire que je n’ai pas assez d’inspiration ni d’expérience encore. Je n’ai peut-être pas encore assez vécu… Je suis très jeune. Je n’ai pas encore fait beaucoup de choses. Alors, peut-être qu’au fil du temps, quand je connaitrai un peu plus de choses de la vie, que je me mettrai à écrire. C’est fort probable. J’y ai pensé déjà… Pour ce qui est de la composition, j’ai co-composé une chanson avec Skalpovitch, « Je m’abandonne ». C’était très chouette. Aujourd’hui, je pense déjà au deuxième album, et je suis certain qu’il y aura plus de compositions de ma part. Je vais me mettre un peu plus à composer, maintenant que je m’y connais un petit peu plus dans le monde de la musique.

Avec Skalpovitch, vous avez tout de même deux univers assez éloignés l’un de l’autre à la base, qu’as-tu appris à ses côtés ? Ça a dû être déroutant de travailler avec lui.

En fait, on s’est très bien entendus avec Skalpovitch sur les compositions. On s’est bien accordés ! C’était un chouette moment en tout cas, ça n’était pas trop difficile.

De toutes les chansons qui figurent sur cet album, y en a-t-il une pour laquelle tu as un peu plus de tendresse qu’une autre ? Et pourquoi ?

Sans aucun doute… c’est « Je la joue cool » parce que dans cette chanson, j’explique comment je me suis retrouvé de l’ombre à la lumière. J’adore cette musique parce qu’elle évoque le fait que j’étais dans un champ avec ma petite guitare en train de chanter « Bella » et qu’aujourd’hui, je me retrouve à faire la promo de mon premier album… Il y a un fossé entre les deux ! Et entre les deux, j’ai chanté devant Eva Longoria… (rires) Et tout ça, en restant le même. Je ne veux pas oublier d’où je viens. Mon truc à moi, c’est de rester simple. Et ce texte-là, je l’adore. Il explique très bien ce que j’ai vécu depuis un an.

Kendji Girac en concertL’année prochaine, tu pars sur les routes pour ta première tournée… Que va-t-il se passer sur scène ? As-tu déjà commencé à y penser ou est-ce encore un peu tôt ?

Très franchement, on n’a pas encore vraiment eu le temps de travailler là-dessus. Les répètes vont commencer tout de même bientôt. Je ne sais pas ce qui va m’attendre parce que c’est encore une première fois… mais j’ai hâte ! C’est encore une nouvelle chose que je vais découvrir… ma propre tournée… je ne sais pas comment ça va se passer, mais je m’en réjouis !

Que représente la scène pour toi ? En as-tu l’expérience ?

Pas en solo. Pas trop… voire pas du tout ! Enfin, j’exagère un peu parce que là je commence à faire plein de promo et de plateaux, donc, je m’habitue. Mais auparavant, je n’avais jamais chanté sur scène, donc, c’est tout nouveau. C’est quelque chose de très fort, la scène. J’y ai un peu gouté pendant la tournée de « The Voice ». J’ai appris plein de choses. Et ce que j’aime sur scène, c’est le partage qu’on peut avoir avec le public. Quand on les voit chanter nos chansons avec un gros sourire… que demander de plus ? C’est formidable.

Tout à l’heure, tu m’as touché un mot d’un deuxième album… Est-ce quelque chose qui est déjà présent dans ton esprit ?

D’un côté, oui, de l’autre non. Là, je suis lancé, je fonce tête baissée dans le travail. Et malgré que je viens à peine de sortir mon album, il est sorti ce matin, je ne peux pas ne pas penser au suivant. J’essaye de me ressourcer de conseils pour mieux travailler. Là, on a vraiment travaillé très vite sur ce premier album. Disons qu’on n’a pas trainé ! (rires) Donc, pour le deuxième album, j’aimerais bien prendre plus mon temps. En plus, je connaitrai mieux ce métier, donc, je pourrai m’investir plus.

C’est vrai que tout a été très très vite sur ce premier album… Mais correspond-il tout de même au premier album dont tu rêvais ?

Oui. J’en suis très fier. Ce sont mes premières musiques, mes premières chansons, mes premiers enregistrements. Je n’avais jamais vu comment fonctionnait un studio auparavant ! Donc, oui, même si tout a été très vite, je me retrouve totalement dans ce premier album. Il me ressemble.

Est-ce que ça t’a plu, cet univers de recherche et très confiné qu’est le studio ?

Oui. C’est vachement bien le studio. Bon… je vais être honnête, je n’en menais pas large quand je suis rentré dedans la première fois… (sourire) j’étais un peu… très… stressé ! Je ne savais pas comment faire. J’étais un peu perdu. Mais au fil du temps j’ai appris à prendre du plaisir en studio. C’est un endroit finalement très chouette. On y vit sa passion pour la musique. C’est un endroit qu’aujourd’hui j’aime bien !

L’album est sorti aujourd’hui, tu es en pleine promo, tu fais le tour des radios… Dans quel état d’esprit es-tu ? Je te sens heureux et fier !

On va dire que c’est un très grand jour pour moi… Si ça marche, j’en serai le plus heureux. Mais on ignore comment ça peut se passer. On a juste à croiser les doigts et espérer le mieux…

Enfin, je ne peux pas te laisser filer sans te demander si elle est sympa Eva Longoria…

(rires) Elle est très très très gentille. Elle est adorable et très belle aussi !

Propos recueillis par Luc Dehon le 8 septembre 2014.
Photos : Raphael Annee, DR

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Tournée de Kendji Girac :

14/01/15 – Longjumeau (91)

20/01/15 – La Ferté-Saint-Aubin (45)

23/01/15 – Plougastel Daoulas (29)

24/01/15 – Andard (49)

30/01/15 – La Cigale (Paris 18ème)

12/02/15 – Marseille (13)

25/02/15 – Ramonville-Saint-Agne (31)

28/02/15 – Louvain-la-Neuve (BE)

05/03/15 – Béziers (34)

06/03/15 – Saint-Etienne (42)

07/03/15 – Villeurbanne (69)

10/03/15 – Lille (59)

12/03/15 – Biarritz (64)

13/03/15 – Talence (33)

14/03/15 – Saint-Herblain (44)

21/03/15 – Nancy (54)

22/03/15 – Porcieu Amblagnieu (38)

29/03/15 – Amiens (80)

31/03/15 – Châlons-sur-Saône (71)

28/05/15 – Rennes (35)









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