Interview de Louis Delort

Propos recueillis par IdolesMag.com le 10/07/2014.
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Louis Delort © Bernard Benant

Après avoir campé le rôle de Ronan Mazurier dans la comédie musicale « 1789 : les amants de la Bastille », Louis Delort s’apprête à publier son album cet automne. Il sera accompagné par son groupe, « The Sheperds ». Alors que le single « Outre-manche » démarre plutôt pas mal, nous avons été à sa rencontre afin d’en savoir plus sur ce projet, dont la sortie sera accompagnée d’une tournée qui fera notamment escale au Trianon (Paris 18ème) le 9 octobre. Au cours de cet entretien, nous aurons l’occasion d’évoquer le parcours de Louis, et notamment avant « The Voice ». Rencontre avec un artiste fortement inspiré par la culture musicale anglaise, rock’n’roll dans l’âme et épris de liberté.

Louis Delort, Outre-MancheIdolesMag : Avant de parler du single « Outre-Manche », de l’album qui est attendu à la rentrée et de la tournée à l’automne, j’aimerais qu’on remonte quelques années en arrière… Quelle musique t’a nourri quand tu étais gamin ?

Louis Delort : On écoutait toutes sortes de choses, en fait… J’ai écouté très tôt les Beatles, Buckley, les Red Hot, Queen, Radiohead et tout ça. Il y avait beaucoup de CDs anglo-saxons et américains qui trainaient à la maison. Des albums de Ray Charles aussi. C’était beaucoup beaucoup de grands groupes et de grands chanteurs anglo-saxons.

As-tu écouté un peu de français aussi ?

Oui, oui. En fait, j’écoutais vraiment de tout, de la pop-rock au classique. En général, comme tu le vois, c’étaient plutôt de belles choses…

Ton papa est donc guitariste professionnel. Est-ce lui qui t’a donné le virus, comme on dit ?

(sourire) Sans aucun doute. Depuis que je suis tout petit, j’ai toujours aimé la musique. Lui étant guitariste, mais également auteur et compositeur, il y avait toujours beaucoup de chanteurs et chanteuses qui débarquaient à la maison pour travailler avec lui. Donc, très tôt, j’ai des souvenirs de gens qui chantaient devant moi et qui jouaient de la musique. C’était à chaque fois des chansons originales, donc, je voyais la chanson se créer sous mes yeux. C’est quelque chose qui m’a vraiment marqué. Ça m’a toujours plu et fasciné, en fait.  Comme j’aimais vraiment ça, j’ai chanté très tôt avec lui et des amis. Donc, oui, l’envie est venue de là. De le voir sur scène aussi.  En fait, la musique, c’est vraiment une grande grande passion. Je ne me voyais pas faire autre chose dans la vie… (sourire)

Quel est ton parcours dans les grandes lignes avant de monter ton groupe ? Est-ce que ça a toujours été un parcours en groupe ou bien as-tu chanté en solo ?

Il y a eu plusieurs choses… j’allais dire plusieurs époques ! (rires) J’ai d’abord commencé par écrire des chansons tout seul chez moi. Je m’étais acheté un ordi en revendant une moto. Avec cet ordi, je voulais faire de la musique. Ça a été mon premier petit home studio. J’ai écrit quelques petites chansons tout seul et je les ai enregistrées comme si j’étais dans un vrai studio. Je les ai mises sur internet et ça a été une aventure plutôt sympa. J’avais aussi mon groupe, « The Sheperds », avec qui je faisais des chansons et des concerts. J’ai fait le Conservatoire également. En fait, c’était après avoir arrêté l’école en seconde. À partir du moment où je suis rentré au Conservatoire, je n’ai plus fait que de la musique… ou presque ! (sourire) Je ne sais pas vraiment comment définir mon parcours… il a été fait essentiellement de musique et de partage. J’ai beaucoup joué avec des amis, on a beaucoup bœufé…  Finalement, j’ai eu une formation assez roots, avec en même temps le Conservatoire à côté qui m’a apporté une réelle discipline. Sinon, ma vie a été de faire de la musique, de trouver des dates et de faire des concerts ! Avec « The Sheperds », on avait sorti un premier disque. On le vendait à petite échelle… Comme tu vois, j’ai toujours baigné là-dedans.

Dans quelles circonstances vous êtes-vous rencontrés avec « The Sheperds » ? Étiez-vous dans la même école ?

On s’est rencontrés avec la basse et la batterie au lycée. La seule année que j’ai faite au lycée… eh bien mon batteur était dans la même classe que moi. On s’était bien entendus tout au long de l’année et à la toute fin, on s’est dit que ce serait bien de faire de la musique ensemble. Ça a matché tout de suite entre nous. Le bassiste était aussi dans le même lycée, mais pas dans la même classe. Et là aussi avec lui, ça a bien matché. L’aventure a commencé comme ça. On a formé un groupe. Ensuite, on a rencontré les cordes, violon et violoncelle, par le biais de mon père. Ils bossaient avec lui. Je me suis dit qu’il fallait absolument des cordes sur ce projet. Ils sont arrivés comme ça. Et puis, il y a aussi le guitariste Jean-Etienne qui a rejoint le groupe il y a deux ans. Il nous a amené quelque chose de vraiment super.

Avec les autres membres du groupe, avez-vous le même socle musical, les mêmes influences ?

Oui, à peu près. Basse, batterie, guitare et moi, on a vraiment le même groove. Tout le groupe a en fait le même groove. On apprécie tous la musique, le rock et les émotions. On aime tout ce qui dégage quelque chose. Violon et violoncelle, ils aiment aussi beaucoup le jazz et le classique. Et ça, c’est super parce qu’ils amènent au groupe quelque chose d’aussi rigoureux que complètement fou, de par leurs influences. Le violoniste, par exemple, il joue dans l’orchestre national de Jazz. Ils mènent plusieurs projets en parallèle qui fait qu’ils sont hyper bien formés et hyper bons ! En plus, ils sont hyper sympas et ils apportent une belle cohérence dans le groupe. On arrive à mettre toutes ces influences dans nos chansons, et ça, c’est hyper intéressant.

Le premier single mis en radio, « Je suis là », a été écrit par Alana Filippi et composé par Matéo. Comment en êtes-vous arrivés à travailler avec eux sur ce titre ?

Très franchement, on n’a pas vraiment travaillé avec eux. La chanson est arrivée présentée comme telle. Après, elle a été choisie comme premier single. Ça ne va pas plus loin que ça. Cette première chanson, elle était plutôt cool, mais elle est vraiment arrivée comme ça. Je n’ai d’ailleurs jamais rencontré Alana, c’est pour te dire.

Il n’y a donc pas de véritable collaboration avec Alana sur ce titre.

Malheureusement, non. Mais j’aurais bien aimé ! La chanson était prête et on l’a enregistrée.

Qu’en est-il d’« Outre-Manche » ? Là, vous êtes nettement plus impliqués…

Oui ! « Outre-Manche », c’est vraiment un titre de nous. C’est Jean-Etienne, notre guitariste, qui a composé le titre. Le texte est de mon père et moi.

Louis Delort & The Sheperds © Bernard Benant

Comment bossez-vous tous ensemble ?

Parfois, on fait des chansons tous ensemble. Parfois, l’un ou l’autre a des idées chez lui de son côté, il enregistre une petite maquette et il l’envoie à tout le monde… C’est variable. Les textes, on les écrit le plus souvent avec mon père. Ça n’était pas trop le cas au début, mais aujourd’hui, ça le devient de plus en plus. On a trouvé une bonne cohérence, qu’on n’avait pas forcément au début de la création de l’album. Aujourd’hui, on a un vrai plan de travail.

On va reparler de l’album, mais restons encore un instant sur « Outre-Manche ». Dans ce titre, tu rends véritablement hommage à la culture musicale anglo-saxonne. Qu’est-ce qui te plait en elle ? Elle est tout de même très différente de celle qu’on a chez nous…

C’est clair ! Ce qui me plaît le plus, c’est la liberté, la liberté d’expression musicale, le fait que chacun puisse explorer ses propres originalités. J’aime aussi la culture du groupe, le fait que la musique ne soit pas focalisée sur un chanteur. C’est une culture qu’on n’a pas vraiment chez nous. Ce qui est formidable dans un groupe, c’est que chacun peut amener sa personnalité dans la chanson. Ce que je trouve aussi très différent, c’est que dans un groupe, on a cinq ou six mecs ou nanas qui s’investissent à fond dans un projet et dans sa création. Ils donnent tout. Les cadences de travail sont différentes. Les gens ne font que ça, ils respirent musique, ils mangent musique, ils dorment musique… C’est ce qui me plait dans la culture anglo-saxonne. En France, on a aussi un peu de ça, mais c’est une toute autre façon de voir les choses. Je crois que ce qui me plaît le plus dans la culture anglo-saxonne, c’est le côté rock qu’on n’a pas en France malheureusement. J’aimerais qu’on l’ait en France, mais c’est très difficile à amener. Il y a bien sûr des groupes de rock qui ont percé en France, mais il n’y a malheureusement jamais eu de véritable vague rock. Je trouve ça un peu dommage… Ce que j’aime en tout cas chez les anglo-saxons, c’est leur originalité et leur prise de risques. Il y a une vraie prise de risque qui fait que quand on est fier d’une chanson, on la balance, sans se soucier de ce qui marche en ce moment…

Un petit mot sur le clip d’« Outre-manche »… Comment s’est passé le tournage ?

C’était terrible ! On est partis avec tout le groupe et une petite équipe de tournage. On a loué un van… on l’a vraiment conduit nous-même, il n’y avait personne d’autre que le groupe dans ce van. On avait vraiment l’impression d’aller jusqu’en en Angleterre… Et on l’a fait finalement ! (rires) On a vraiment eu l’impression d’aller jouer là-bas, c’était un peu comme dans un rêve, c’était génial. En plus, avec le recul, on se rend compte que ça a donné un beau clip à la clé. C’est super. Quand on a écrit et composé une chanson, et qu’on voit le clip qui a été posé dessus, ça a une part de magie. C’est vraiment beau.

As-tu une petite anecdote à me raconter sur le tournage ? Un petit truc marrant qui se serait passé ?

Ah oui ! (éclats de rire) On avait donc ce petit combi Volkswagen des années 50 ou 60, je ne sais pas très bien… C’était quand même un truc bien… roots ! Il faisait beaucoup de bruit quand on roulait. Nous avons fait un jour un arrêt sur la route… et on a mis plus d’une heure et demie à repartir tout simplement parce que le combi ne démarrait plus. On l’a monté une dizaine de fois sur une butte pour le faire redescendre et espérer qu’il redémarre… mais rien n’y faisait ! Pourtant, on mettait le contact et tout et tout… Donc, on a appelé un garagiste pour qu’il vienne nous dépanner. Et juste avant qu’il n’arrive, on s’est rendu compte qu’on ne mettait pas la clé dans le bon trou… (rires) La clé n’était pas dans le démarreur, donc, le combi ne pouvait pas démarrer ! Logique quand on y repense après coup !! C’était impossible que le combi démarre… Résultat, on a pris pas mal de retard et on a loupé un Ferry… Tout ça parce que la clé n’était pas dans le bon trou. C’était bien drôle, ça nous a fait rire, mais ça a moins fait rire la prod vu qu’on avait pas mal perdu de temps avec ça. Mais ça reste un excellent souvenir, ça nous a bien fait marrer.

L’album arrive donc cet automne. Peux-tu déjà m’en dire un peu plus ? Où en êtes-vous concrètement au jour d’aujourd’hui ?

Concrètement, on a réenregistré pas mal de nouvelles chansons pour cet album, des compos à nous, dont on est très fiers. Ce sont des compos qui, en fait, sont arrivées après la première phase d’enregistrement. Ces chansons composées par la suite vont amener une réelle fraîcheur à l’album. Ce sont des chansons qui vont également l’épaissir, je pense.  On est actuellement en train de terminer le mix, donc l’album n’est pas loin d’être terminé.

Pourquoi avez-vous voulu retourner en studio une deuxième fois ? Vous n’étiez pas satisfaits du premier jet ?

C’est un peu ça. Ce n’est pas simple d’être satisfait sur une première expérience comme celle-là. Moi, à l’époque, j’étais entre les représentations de « 1789 », donc, j’avais un peu la tête ailleurs. Les conditions n’étaient pas forcément réunies pour qu’on travaille très très bien. On a eu peu de temps, finalement. C’était assez compliqué. Et tout simplement, on manquait un peu de répertoire. Tout bêtement. On est rentrés en studio avec un répertoire qui n’était pas forcément conséquent. Au final, on s’est retrouvés avec un album dans les mains qui ne suffisait pas. On savait très bien qu’on pouvait faire mieux. On voulait faire mieux en tout cas. Et on a eu beaucoup de chance parce que Mercury nous a donné la chance de faire mieux en nous permettant de rentrer à nouveau en studio. Du coup, on a vraiment pu améliorer cet album. On avait vraiment envie de pouvoir être fiers de ce premier album. C’était très important pour nous.

On va donc retrouver des chansons toutes fraîches.

Oui, il y en a quatre/cinq qui sont toutes neuves, qui ont été écrites il n’y a pas très longtemps. Ce sont vraiment des chansons qui viennent d’un nouvel élan d’inspiration. C’est important. Là, aujourd’hui, on tient vraiment un truc dont on est content, que ce soient les compos ou les textes, on peut en être fiers.

Va-t-on rester dans la direction musicale d’« Outre-Manche », quelque chose d’assez pop-rock ?

Il y aura un peu de tout. Il va y avoir des ambiances toutes particulières amenées par la mandoline et les cordes. On aime beaucoup les chœurs aussi. On a essayé de mettre pas mal de chœurs dans les chansons, histoire de faire chanter tout le groupe. Je trouve que c’est important aussi qu’on entende la voix de chacun. Chacun peut, avec sa voix, apporter quelque chose de différent à une chanson. Donc, on aura des ambiances très pop, d’autres plus rock. On aura des ballades un peu mélancoliques aussi, avec des textes un peu plus lourds. En tout cas, on va rester dans cet esprit pop rock. On veut être assez libres dans nos chansons, et notamment dans nos textes. On essaye tout simplement d’être assez libres dans ce qu’on fait… On essaye à tout point de vue, de ne pas se mettre de barrière.

Peux-tu me parler des thèmes que vous allez aborder dans les grandes lignes ?

Il y a un texte qui s’appelle « La rue meurt », en deux mots. On comprend rapidement de quoi on veut parler. On aborde la prise de conscience collective. On se dit qu’il faut se réunir pour ne pas pleurer en larmes solidaires les causes qu’on a oubliées… On évoque aussi le temps qui passe qui peut nous enlever des gens qu’on aime… Le temps qui nous rend sourds… Il y a une chanson qui parle de retrouvailles, et notamment les retrouvailles avec des gens qu’on peut laisser en chemin et à qui on promet d’être toujours là, de ne pas les oublier… Ce sont en général des chansons de proximités et des paroles assez directes qui peuvent parler aux gens.

D’autres auteurs / compositeurs, mis à part toi, le groupe et ton père, sont-ils venus se greffer à l’équipe ?

Ce sont beaucoup de compos de nous, de moi et de textes de mon père. Il y quelques autres auteurs/compositeurs qui se sont greffés, mais en fait aujourd’hui, je ne peux pas être plus précis sur ce sujet et te donner le nom des gens qui ont travaillé sur l’album, parce qu’on n’a pas redéfini clairement le track-listing de l’album. On a beaucoup de chansons enregistrées et mixées, et là, on va vraiment faire le tri pour livrer le best-of de ce qu’on a pu travailler pendant deux ans.

Le réalisateur ?

Pour les derniers morceaux, c’est Dimitri Tikovoï, le mec qui a travaillé avec Placebo et The Servant. Le gars est vraiment super. C’est un français qui bosse beaucoup en Angleterre. Au mix, on a Antoine Gaillet, qui a mixé M83 et des trucs vraiment sympas.

Il y a une équipe costaude derrière cet album.

Oui. Et c’est super. Parce qu’il n’y a rien de pire que quand un mix est mal fait ou quand il y a une mauvaise ambiance avec les gens avec lesquels tu bosses. Là, ce n’est pas le cas. On a vraiment un équilibre dans l’équipe qui est vraiment bon. On est face à de grands pros. Ils nous ont vraiment apporté quelque chose qu’on n’aurait peut-être pas forcément découvert de nous-mêmes.

Louis Delort & The Sheperds © Bernard Benant

Tu viens de remplir une Cigale complète. À l’automne, il y a une tournée qui débute et qui fera notamment escale au Trianon le 9 octobre prochain (Paris 18ème). Que représente la scène pour toi ?

La scène, c’est le plus important, dans le sens où c’est clairement là que les émotions sont les plus fortes. C’est là qu’on prend vraiment conscience des chansons. La puissance d’un groupe sur scène, c’est inégalable. Chacun apporte quelque chose. Et puis, il y a un autre paramètre, hyper important aussi, c’est le public. C’est une relation très forte qui se noue l’espace d’un concert. C’est dans ces moments-là qu’on comprend pourquoi on fait de la musique. C’est sans aucun doute une des étapes le plus importantes pour un groupe, mis à part, évidemment, la création des chansons et le temps du studio. Arriver sur scène et présenter à un public des chansons qu’on a écrites et composées, c’est une des plus belles choses qu’il y ait dans ce métier.

Quand vous bossez sur un morceau, pensez-vous rapidement à ce qu’il va pouvoir donner sur scène ? À la réaction que le public pourrait avoir ?

Oui, bien sûr. C’est quelque chose qui se fait naturellement finalement. On sait à peu près ce qui va pouvoir plaire et ce qui ne plaira pas à coup sûr. On fait de la musique pour nous, parce qu’on aime ça profondément et qu’on a envie de se faire plaisir, mais il ne faut pas oublier que derrière il y a un public qui va venir écouter ce qu’on propose. Et il faut être à la hauteur de leurs attentes. On pense donc forcément à ce qu’une chanson va pouvoir donner sur scène, ce qu’elle va pouvoir faire ressentir, ou pas, par quel moyen on va pouvoir faire exploser certaines chansons aussi. Donc, oui, il y a toutes ces petites réflexions quand on bosse sur un morceau.

Le grand public t’a connu sur « The Voice ». Avec le recul, que retiens-tu de cette aventure ? As-tu eu ce que tu étais venu chercher ?

C’est compliqué de te répondre parce que je n’étais pas vraiment venu chercher quelque chose, en fait. J’y suis allé sur un coup de tête. J’ai envoyé ce que je faisais et ils m’ont pris. Ce n’était pas attendu que je sois retenu sur « The Voice » parce que je n’avais pas forcément une voix spéciale qui me permettait de participer à ce genre d’émission. Ça a été une espèce de grande traversée pleine d’adrénaline et sans grande réflexion. Après, je suis arrivé au bout et Mercury a voulu travailler par la suite avec moi, et donc avec mon groupe. Donc, tout ce qui m’arrive aujourd’hui est la suite de « The Voice ». Mais très franchement, en arrivant dans l’émission, je n’attendais pas grand-chose. Je ne savais pas trop où je mettais les pieds… (sourire) Mais au final, je suis très content de tout ce qui m’arrive depuis que j’ai participé à cette émission.

Tu as rapidement enchaîné avec « 1789 : Les amants de la Bastille ». Quelle est la chose la plus importante que travailler sur une comédie musicale t’ait apprise ?

C’est une discipline d’enfer de jouer tous les soirs. La chose principale que j’ai apprise avec « 1789 », c’est qu’il ne faut surtout jamais rien lâcher, qu’il ne faut pas se laisser aller. Il faut prendre à cœur ce qu’on fait et garder en tête qu’on se doit de donner un spectacle égal en qualité tous les soirs. Le spectacle n’est pas le même tous les soirs, mais il faut en tout cas avoir la même énergie et la même envie à chaque fois. C’est une discipline de travail. C’est difficile d’aller trouver en soi les ressources pour donner à chaque fois le meilleur de soi-même. Mais on y arrive ! Ça force à aller puiser dans ses forces. Et ce que j’ai beaucoup appris aussi, c’est tout ce qui est théâtre et expression corporelle. Le travail du regard aussi. Ce sont des détails qui paraissent anodins, mais qui, quand on les maitrise, apporte beaucoup de confiance en soi. Ça nous amène à dégager encore plus d’émotions quand on se retrouve tout seul sur scène, sans décor, sans grosse machinerie.

Beaucoup de jeunes artistes qui sortent d’une comédie musicale à succès enchainent rapidement avec une autre. Retenterais-tu l’expérience, toi ?

Je ne sais pas… On me pose souvent la question. À part jouer dans « West Side Story », dont je suis complètement fan, je ne pense pas que je referais une comédie musicale. J’aime trop écrire ma propre musique et la jouer sur scène avec mon groupe. « West Side Story », je le mets à part, parce que c’est un tel chef d’œuvre musical !… Le chanter serait un tel honneur, que oui, pour le coup, j’accepterais. Sinon, non, je ne crois pas que je retenterais l’expérience.

Jouer un rôle met également d’office une barrière avec le public.

Effectivement. Et puis, on ne chante pas forcément ses chansons… et c’est tout de même quelque chose d’assez jouissif de jouer ses propres chansons devant un public, avec ses amis et son groupe avec lequel on les a créées. C’est une émotion qui est difficile à avoir sur une comédie musicale. Après, c’est sûr que j’ai vécu des moments merveilleux sur « 1789 », mais je suis trop amoureux de la musique et du rock pour faire de la comédie musicale toute ma vie. Il faut que je fasse du rock et que je sois libre.

Avant de te quitter, vas-tu prendre quelques jours de vacances cet été ?

Oui ! Je vais prendre une petite semaine. Ça fait deux ans que je n’ai pas pris de vacances… et ça ne va pas me faire de mal de prendre un peu de recul sur tout ça !!

Propos recueillis par Luc Dehon le 10 juillet 2014.
Photos : Bernard Benant, DR

Louis Delort sur le web:
Site web :
http://www.louisdelort.com/
Facebook officiel :
https://www.facebook.com/LouisDelortOfficiel?fref=ts









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