Interview de Archimède

Propos recueillis par IdolesMag.com le 03/07/2014.
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Archimede © Valerie Archeno

Archimède, le tandem des frères Boisnard, Nico et Fred, nous livre son – excellent – troisième album, « Arcadie », un opus ambivalent où de douces chansons pop côtoient des titres clairement plus sociétaux. C’est finalement ce qui fait le succès d’Archimède depuis les débuts, sans revendiquer l’étiquette de groupe engagé, Archimède met le doigt sur certains travers de notre société. Au cours de cet entretien, nous évoquerons de nombreuses chansons de leur album, comme « Le Grand Jour » qui évoque un sujet rarement traité dans la chanson française, à savoir la mort et les enfants hospitalisés, « Dis-le nous » qui parle de la difficulté d’assumer son homosexualité, « Au marché des Amandiers », une chanson d’amour sublime ou, plus légèrement « Ça fly away », dans laquelle il tacle les groupes français qui chantent en anglais…

Archimede, ArcadieIdolesMag : Le nom de l’album, « Arcadie », et donc le concept de ce paradis perdu, s’est-il retrouvé rapidement sur le tapis pendant la création de l’album ?

Nico Boisnard d’Archimède : Oui, assez rapidement. Disons que nous n’avions pas le nom précis, mais qu’on avait la volonté d’aller vers un nom qui évoquait le côté ambivalent de l’album. On y trouve des chansons très joyeuses, ensoleillées et enjouées et à côté, d’autres plus sombres et plus tragiques. Donc, on voulait un mot qui résume cette ambivalence. On a pas mal cherché dans cette direction-là et en creusant un peu, le mot « Arcadie » s’est imposé à nous. On a trouvé que c’était finalement le mot qui résumait le mieux nos chansons. Comme tu viens de le dire, l’Arcadie, dans la mythologie, c’est le paradis terrestre en tant que paradis perdu. Dans la toile de Nicolas Poussin, ce sont les bergers d’Arcadie qui sont dans un décor idyllique, ce qui symbolise le côté joie, et en même temps, ils nettoient une tombe du bout des doigts sur laquelle est écrit que la mort se rappellera toujours à eux. L’Arcadie, c’est ça, c’est idyllique et c’est tragique en même temps. C’est aussi un peu l’idée de l’album…

Comment bossez-vous tous les deux ? Je pense que vous bossez d’abord chacun de votre côté ?

En fait, c’est assez variable. Souvent, Fred, mon frère, écrit de la musique chez lui, et moi, j’écris des textes de mon côté. Mais le plus souvent, c’est la musique qui existe en premier et moi, je cale mon texte dessus. Parfois, je viens avec un texte chanté et dans ce cas, on travaille à deux sur la musique. En fait, il n’y a pas vraiment de règle en la matière.

La création est-elle laborieuse pour vous deux ? Ou est-ce assez spontané finalement ?

Disons que c’est toujours laborieux… mais dans le plaisir ! (sourire) Ça ne vient pas tout seul une chanson, ça demande du temps. Mais c’est parfois, et même souvent, un plaisir de prendre son temps. L’écriture, la composition, trouver des mélodies, etc… ce n’est pas simple. Donc, oui, c’est laborieux au sens étymologique du terme, ça demande du labeur et du travail, mais on peut prendre du plaisir à la tâche.

C’est le troisième album qui sort, il y a donc une fanbase et forcément des gens qui attendent ce que vous avez à dire aujourd’hui. Est-ce que tu y penses quand tu écris ?

Non, pas du tout. Je me laisse vraiment aller. J’essaye d’être dans une démarche de sincérité totale. Je n’anticipe pas ce que les gens vont pouvoir penser. Je raconte des épisodes de ma vie, des témoignages de l’ordre de l’intimité… il y a aussi une volonté de pointer du doigt certaines façons de faire, comme sur « Ça fly away » ou « Toi qui peines au bureau ». Je ne présume jamais de l’avis à venir des auditeurs. J’écris le texte, je propose et ils disposent. Si on intègre le paramètre de ce que vont penser les gens, on n’est plus dans une démarche sincère. Ce n’est plus une démarche très artistique…

Tu ne te mets donc pas de barrière.

Non. Pas du tout. Et je pense que ça se voit un petit peu dans l’album. Il n’y a pas beaucoup de groupes pop rock qui sont capables de chanter des trucs du quotidien et en même temps faire une chanson sur les enfants malades. On dit souvent qu’il faut éviter de parler de la mort ou de l’hôpital. Mais pourquoi ? Il y a parfois des moments qui nous émeuvent, des émotions auxquelles on est sensibles et qui nous touchent, pourquoi ne pas en parler et écrire un texte là-dessus ? C’est aussi une catharsis quelque part l’écriture. On exprime des angoisses, des doutes… on exprime tout simplement ce qu’on est. Il ne faut surtout donc pas intégrer le paramètre de l’avis des gens. Quand j'écris, je suis derrière ma feuille ou mon ordi et je ne pense qu’à ce que je ressens et ce dont j’ai envie de parler. Prends l’exemple de « Ça fly away », si je prends trop de recul, je vais me dire que je suis méchant et que ça ne va pas plaire aux groupes français qui chantent en anglais… Non ! Après, chacun a de l’humour ou n’en a pas. Chacun a le commentaire qu’il veut sur le texte en question. Mais moi en tout cas, j’écris en étant très détaché de tout ça. Dans un premier temps en tout cas. Après, bien entendu, on est sensible aux critiques. Mais au moment strict de la création, non.

Archimede © Valerie Archeno

Une chanson comme « Dis-le nous », qui évoque la difficulté de révéler son homosexualité dans certains milieux, porte un message très clair, surtout dans une France divisée comme elle l’a été lors des débats sur le mariage pour tous l’année dernière. D’ailleurs, qu’est-ce qui t’a poussé à écrire sur ce thème.

On me demande souvent si cette chanson est une chanson d’actualité et si elle est venue suite aux débats sur le mariage gay, etc… En fait, ça n’a rien à voir ! C’est typiquement une chanson de l’ordre de l’intimité. On a réellement un proche, un très proche même, qui est homosexuel. Ça ne nous pose, à nous, vraiment aucun souci, mais on sent bien que ce n’est pas la même chose pour tout le monde… On vient d’un petit département en Mayenne, on habite toujours là-bas, et c’est une région un peu reculée où, hélas, c’est toujours tabou de révéler son homosexualité. Y compris auprès de ses proches, de ses parents ou de ses amis. C’est grotesque, ça paraît complètement aberrant quand on vit dans une grande ville, et a fortiori à Paris, mais quand on vient de petits villages, quand on habite loin des grandes villes, eh bien malheureusement, on a toujours comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête quand arrive le moment de révéler son homosexualité. C’est aberrant de nos jours de ne pas pouvoir dire aux autres, et même à sa propre famille, qui ont est intimement et qui on aime. C’est douloureux comme situation. Donc, j’ai voulu écrire là-dessus parce que c’est une situation qui paraît très simple quand on ne vit pas dans ces coins un peu paumés, mais quand on y vit, c’est une autre paire de manches. Ce n’est pas toujours simple. Donc, pour en revenir à ta question, cette chanson fait partie du cercle de l’intimité, elle s’adresse réellement à un proche de mon frère et moi.

Vous la jouez guitare/voix, très simplement.

Effectivement, notre envie était de donner l’impression qu’on lui susurrait cette chanson à l’oreille.

Si on va un peu plus loin, penses-tu qu’une chanson peut faire évoluer les mentalités ?

Vaste question ! (sourire) Les toucher, oui. Je pense qu’une chanson peut avoir cette puissance-là. Après, changer le monde, non… Mais je sais que cette chanson, « Dis-le nous », quand on l’a jouée pour la première fois en show-case acoustique dans notre ville à Laval, à la fin, plein de jeunes homosexuels sont venus nous voir en nous remerciant d’avoir écrit cette chanson… Ils nous ont expliqué combien c’était difficile d’assumer son homosexualité. J’ai pris leur carte et ça m’a vraiment touché de voir que cette chanson les avait concernés et les avaient aidés dans un moment un peu délicat de leur vie. Alors, encore une fois, dans les grandes villes comme à Paris, c’est plus banalisé… Et encore !... Mais dans les régions un peu paumées, ça reste très compliqué. Il faut évoluer. En tout cas, on est ravis parce que cette chanson est allée droit au cœur de beaucoup de personnes, de notre entourage ou non, qui ont peut-être été chagrinées à un moment ou un autre de leur existence par cette problématique de pouvoir dire qui on est.

Archimede © Valerie Archeno

Il y a une dimension sociale et sociétale dans de nombreuses chansons, on vient de parler de « Dis-le nous », il y a aussi des titres comme « Toi qui peines au bureau » au sous-texte social très clair, et à côté, on trouve pas mal de chansons d’amour aussi. N’est-ce pas finalement plus compliqué d’aborder ce thème universel sans tomber dans un truc gnangnan ou trop sucré ? Il faut trouver de nouveaux angles.

Tu viens d’employer la bonne expression… il faut trouver de nouveaux angles. Et c’est là toute la problématique d’écrire sur ce thème.  Je dis toujours qu’il n’y a pas de sujet noble ou ignoble, il n’y a pas de sujet tarte ou inintéressant, il n’y a que des manières de sublimer et de transfigurer un sujet. Si dans une chanson d’amour, on se contente de dire « Oh que tu es belle ! Donne-moi ta main ! Je t’aime ! Partons ensemble à la mer ! »… Eh bien, on prend effectivement le risque de faire une chanson un peu sucrée, un peu proprette et un peu niaise au final. Il est possible de parler de moments de sa vie en trouvant un angle un peu rigolo comme j’ai pu le faire sur « L’amour à perpète » qui est une déclaration d’amour un peu carcérale. La difficulté, elle est là, il faut trouver des angles un peu inédits : parler d’amour en essayant d’avoir un truchement pas encore exploité. Sinon, ça donne une chanson d’amour effectivement un peu bateau et un peu gnangnan. Chacun a un regard un peu différent sur ces chansons. Certains nous disent qu’Archimède, c’est un peu poil-à-gratter. Après, je pense qu’il ne faut pas avoir peur d’écrire une chanson d’amour non plus. Je suis par exemple très fier d’une chanson comme « Au marché des Amandiers », c’est une vraie narration, c’est un réel petit court métrage. Elle raconte une histoire cette chanson, j’en suis assez fier.

On a évoqué brièvement « Le Grand jour » tout à l’heure, je ne peux pas ne pas revenir dessus. Cette chanson est sublime [elle évoque les enfants dans les hôpitaux et la mort]. L’as-tu écrite dans un contexte particulier ?

Ce n’est pas venu par hasard… Au moment où on créait la chanson avec mon frère, on avait un ami un peu plus âgé qui était en train de nous quitter d’un cancer. On était tous les deux un peu d’humeur chagrine, très portés sur des titres mélancoliques dans la création… Et la maladie de cet ami, qui depuis est décédé hélas, nous a replongés dans notre adolescence. On avait un ami avec qui on faisait des parties de jeux vidéo qui a été hospitalisé comme ça en long séjour alors qu’il était adolescent. Ça a été un peu une résurgence quand cet ami est mort récemment. Je me suis replongé dans mes souvenirs. Quelle horreur de disparaitre comme ça d’une maladie et de passer les derniers moments de sa vie dans un hôpital. C’est vraiment la merde… Mon frère avait une très jolie mélodie de guitare, un début de voix et de mon côté, j’avais un texte que j’avais envie de terminer. On s’est rencontrés pour travailler autour de ça. Et je crois que ça a donné une de nos plus belles chansons, en tout cas, l’une dont on est le plus fier tous les deux.

Il y a aussi une belle envolée de cordes, dont vous n’êtes pas vraiment coutumiers. Cette chanson met un point d’orgue à cet album de bien belle façon en tout cas.

On ne pouvait pas revenir après avec une autre chanson, ça aurait été un peu difficile de placer une petite chanson pop derrière… je te le concède ! (sourire) C’est une chanson très forte, avec un propos assez dur. Beaucoup de gens nous disent que cette chanson les fait chialer, d’autres qu’ils ne peuvent pas l’écouter parce qu’ils ont de jeunes enfants. C’est pour ça que sur cette chanson, on a voulu ne rien s’interdire. Après, les gens sont libres de l’écouter ou pas. En tout cas, elle vient d’une démarche encore une fois extrêmement sincère, elle raconte une expérience qu’on a vécue mon frère et moi par le biais d’un ami commun.

Archimede © Valerie Archeno

Je pense que l’album a été dans sa grande majorité enregistré en prise directe.

Pas tout ! La charpente des titres, au niveau basse/batterie, a été enregistrée en direct, en live. En revanche, sur certains titres, il y a de la prod et donc, on n’a pas pu les enregistrer d’une traite. Des morceaux comme « Dis-le nous » ou « Le Grand Jour » dont on a beaucoup parlé au cours de cette interview, sont des titres qu’on a chantés guitare-voix avec mon frère. C’est avant tout une guitare-voix, et après, on a brodé autour.

Dans quel but avez-vous fait ça ? Pour garder l’émotion intacte, plus brute ?

Exactement. Je pense que le fait de jouer ensemble crée une ambiance. Des fois, on a un petit feeling supplémentaire, des fois pas. Mais en tout cas, dans ces cas-là, notre démarche est une fois encore sincère, on essaye de toucher des émotions plus brutes, comme tu le dis. Poser sa voix sur une musique super bien agencée est moins casse-gueule. Là, en guitare-voix, on prend le risque de faire un truc avec des imperfections… D’ailleurs, je peux te dire que quand je réécoute l’album, je les entends, les imperfections ! (sourire) Il y a des moments où c’est plus fragile, mais c’est aussi ce qui fait le charme de la chanson. Ces chansons qu’on enregistre en guitare-voix, ce sont un peu des chansons chantées au coin du feu, sauf qu’il n’y a pas de cheminée. Et je pense que les gens ressentent  cette émotion et cette sincérité. Il y a en tout cas une volonté de faire les choses simplement, sans artifice.

Vous avez fait appel au groupe A.L.B.E.R.T. (Vincent Taurelle, Ludovic Bruni et Vincent  Taeger) et non plus Philippe Paradis. Pourquoi avez-vous souhaité travailler avec eux ? Et avec le recul, que vous ont-ils apporté ?

A.L.B.E.R.T. nous a apporté un petit côté fantaisiste et un univers un peu différent de celui dans lequel on évoluait jusqu’à présent. Disons qu’on a décidé d’aller vers un truc plus pop sur ce troisième album. Et puis, ils nous ont vachement apporté sur le niveau acoustique. Ils nous ont vachement écoutés sur les chansons épurées, avec parfois des montées épiques. Alors évidemment, Philippe Paradis avait fait un super boulot au niveau du rock. On était satisfaits à fond des deux albums qu’on avait faits avec lui. Mais les nouvelles chansons appelaient une nouvelle production. C’était le moment d’aller chercher et taquiner d’autres trucs. A.L.B.E.R.T. a changé différentes choses sur certains titres, et d’autres sont restés assez proches des maquettes que mon frère avait faites à la maison, comme « Le Grand Jour », par exemple. À la base, la maquette ressemble assez au rendu final. Il y a d’autres titres sur lesquels on a pris le contrepied. C’est important d’avoir une oreille tierce et là, les A.L.B.E.R.T. nous ont emmenés dans une autre direction, qu’on n’aurait pas forcément été explorer de nous-même. Et ça, quand deux univers se télescopent, c’est super intéressant, c’est super riche.

Archimede © Valerie Archeno

De toutes les chansons qui compensent cet album, y en a-t-il une pour laquelle tu as un peu plus de tendresse qu’une autre ? Quand je parle de tendresse, je ne pense pas forcément à ce que la chanson raconte ni à son rendu musical, mais plutôt à quelque chose qui s’est passé autour d’elle, pendant sa création ou son enregistrement.

Bien sûr… ce n’est pas forcément ma préférée, mais je vais te répondre « Le Grand jour » parce qu’on sentait, au moment où on l’a créée, qu’on avait les poils qui se hérissaient. C’est curieux, mais très honnêtement, j’avais la chair de poule sur les bras en écrivant certaines phrases. J’avais des images tellement fortes qui jaillissaient du passé quand j’écrivais… Mon frère, quand il a écrit les violons… je l’ai découvert le lendemain et je me suis dit « Putain ! Nom de Dieu ! On a un truc super fort, là ! » Il y avait un truc qui se passait. Sur cette chanson, on a vraiment eu une émotion sincère et très très forte.

C’est ce que j’ai ressenti à la première écoute. Il se passe vraiment un truc, ce n’est pas une chanson anodine.

Voilà… Et puis, on ne se situe pas dans le champ lexical de la maladie. C’est une chanson qui est finalement assez pudique. Elle raconte la vie d’un très jeune adolescent qui est le plus grand des enfants hospitalisés et qui voit cette fameuse journée où tout le monde leur rend visite. C’est encore une chanson très arcadienne. Elle évoque cette petite lueur de joie dans une semaine. Je pense qu’elle est, en tout cas je l’espère, pudique. J’aime tout particulièrement la dernière phrase de la chanson, « L’enfance est une prison dont je suis revenu ». Cette phrase tombe parfaitement avant la montée de violons, elle ressuscite la personne qu’on a perdue.  Une bonne chanson est une occasion aussi de ressusciter des proches…

Archimede, Julia« Julia » a bénéficié d’un 45 tours, « Arcadie » d’un 33 tours. Est-ce que ça reste important pour vous de matérialiser la musique ?

Oui, c’est important. Alors, bien évidemment, on marche avec notre temps, on n’a aucun problème avec le fait que les gens aillent sur Deezer ou Spotify. On n’ira pas contre ça et c’est comme ça qu’on consomme la musique aujourd’hui. On n’a aucun souci vis-à-vis de ça. Mais dans le format et le registre dans lequel on est, l’édition physique reste importante. Je suis content, par exemple, que les gens aient accès à mes textes. Ça me semble hyper important. Et puis, quand on achète un disque, on voit vraiment comment s’est déroulée la création de l’album, qui a fait quoi. Les crédits et les paroles, c’est extrêmement important. En plus, la lecture des textes avec la musique derrière permet de voir un peu l’environnement de la chanson. Un album, ce n’est pas que des chansons, il y un contexte, une ambiance et une atmosphère.

C’est une approche un peu vintage de la musique…

Oui ! On a cette approche un peu vintage de la musique, on l’assume ! (sourire) Mais on respecte évidemment la marche du monde et les nouvelles technologies. Mon frère a Spotify, moi je suis sur Deezer. On passe aussi par le streaming… Mais on achète du disque quand un artiste nous bouleverse.

Une tournée se met en place pour l’automne. Vous serez notamment le 6 novembre au Divan du Monde (Paris 18ème). Peux-tu déjà m’en dire un peu plus ? La formation que vous allez avoir et ce genre de choses.

On va être un peu comme avant, c’est-à-dire guitare/basse/batterie et chant. On sera cinq sur scène avec des arrangements qui seront certainement beaucoup plus rock’n’roll. On a toujours aimé avoir des disques un peu pop, pour pouvoir trancher scéniquement et aller sur des terrains plus abrasifs. Sur scène, ça va être rock’n’roll, c’est certain !

Pensez-vous rapidement à ce qu’une chanson va devenir sur scène quand vous la composez ou bien ce travail vient-il dans un deuxième temps ?

On ne pense pas à la mise en scène, par contre, on pense  beaucoup au moment où on la crée, à la tessiture de la voix. C’est important que la chanson puisse passer bien sur scène. Donc, on pense à la tonalité dans laquelle on va la chanter. Du coup, on le prend en compte au moment de la création, mais que sur la question de la tonalité, pas sur la question de la mise en scène.

Je ne peux pas te quitter sans te demander comment ça s’est passé avec Johnny, pour qui vous avez composé une chanson.

En fait, notre directeur artistique chez Jive nous a proposé d’envoyer une chanson à Johnny. On a donc composé cette chanson avec mon frère et on leur a soumis. On l’a fait un peu comme on aurait jeté une bouteille à la mer. Miossec, qui écrivait beaucoup pour Johnny à cette époque-là, a remis un peu les pieds dedans. Et au final, c’est une chanson co-composée par mon frère et moi et coécrite par Miossec et moi. C’est une chanson créée à trois qui a finalement bien plu à Johnny. On était évidemment ravis de pouvoir placer un titre à Johnny Hallyday qui en plus, nous a fait l’honneur et la gentillesse de nous inviter sur quatre dates de sa tournée.

C’est un exercice qui vous a plus d’écrire pour une autre personne ?

C’est toujours intéressant d’envisager ce genre de travail. Il faut sortir de soi. C’est moins évident au niveau de l’écriture parce qu’il n’y a rien de plus évident que de parler de soi dans les textes… écrire pour d’autres, c’est compliqué. Composer pour d’autres, c’est plus simple.

Archimede © Valerie Archeno

Archimède a dix ans maintenant… Vous projetez-vous dix ans en avant ?

On ne se projette pas trop dans le futur. On vit plutôt les choses quand elles se passent. Je ne peux pas dire que c’est « Carpe Diem » parce qu’évidemment on a une tournée et plein de choses qui arrivent, on travaille sur l’avenir aussi. Mais c’est un métier dans lequel on se remet tellement en question à chaque album, dans lequel il faut à chaque fois repartir de zéro dans le sens où il faut remobiliser les gens à chaque fois… qu’on ne peut pas vraiment se projeter dans l’avenir. On n’a pas de plan de carrière. On n’est pas carriéristes, on n’a pas les dents longues qui rayent le parquet… On essaye juste de faire des albums les plus sincères possible. On veut avant tout soigner nos mélodies et nos textes. On veut avant toute chose être fiers de nos disques. C’est le principal. Après, que ça aille directement à la rencontre des gens ou que ça mette un peu de temps, peu importe. Ce qu’on veut avant tout, c’est soigner notre disque et advienne que pourra !

Une dernière petite question de circonstance pour tous ceux qui peinent au bureau, pour te paraphraser… Allez-vous prendre quelques jours de vacances cet été ?

Ah oui !!! (rires) Mon frère part trois semaines en Corse en août. Et moi, je vais partir une semaine à la montagne, dans un petit village où nos parents nous emmenaient quand nous étions petits… Je vais renouer avec les randonnées joyeuses de mon enfance.

Propos recueillis par Luc Dehon le 3 juillet 2014.
Photos: Valérie Archeno, DR

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