Interview de Nuno Resende

Propos recueillis par IdolesMag.com le 16/06/2014.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.








Nuno Resende © Kevin Lawson

Nuno Resende fait partie des « Latin Lovers ». Aux côtés de Damien Sargue et Julio Iglesias Junior, ils reprennent de grands standards de la musique latine, de Ricky Martin à Gloria Estefan, en passant par Eros Ramazzotti, Chico Buarque ou Julio Iglesias. Nous avons été à sa rencontre afin qu’il nous en dise un peu plus sur ce projet qui sent bon l’été, l’occasion évidemment d’évoquer ses racines portugaise, Nuno ayant vécu son enfance du côté de Porto. Nous ne manquerons pas non plus de parler des deux DVD live qu’il publie concomitamment, de son projet de concert avec des chorales et un orchestre symphonique et de son intégration à la troupe de « SLC - Salut les copains ! » à la rentrée. Enfin, cette entrevue sera également l’occasion de faire le point sur deux évènements télé qui ont marqué sa carrière : sa participation à « The Voice » et à l’Eurovision. Rencontre avec un artiste multifacettes qui multiplie les expériences depuis plus de vingt ans…

Latin Lovers, l'albumIdolesMag : Dans quelles circonstances ce projet « Latin Lovers » a-t-il été initié ?

Nuno Resende : C’est parti d’une envie commune avec Damien Sargue. Nous avions envie de faire des choses ensemble. Il avait un peu plus de contacts que moi et nous nous sommes rapprochés de M6. Le projet s’est finalement assez rapidement mis en place. Eux, de leur côté, avaient déjà quelques idées. Ensemble, on a décidé d’enchaîner avec ce concept-là : trois mecs qui chantent des chansons d’origine latine avec des consonances du soleil… un petit air d’Italie, du Brésil, d’Espagne… On a eu cette idée l’année passée. Grâce à M6 Interactions, on a eu le contact avec Julio Iglesias Junior. Il est donc venu compléter le trio et ça a tout de suite marché entre nous.

Toi qui es portugais, est-ce un répertoire que tu as beaucoup écouté ? Quelles chansons avais-tu envie de chanter ?

On avait chacun des chansons que nous avions envie de chanter. On retrouve ces chansons dans l’album. Personnellement, j’ai pas mal écouté certaines chansons qu’on a choisies, et notamment « Garota de Ipanema ». C’est un grand classique que j’ai écouté quand j’étais gamin au Portugal. Mes parents ont beaucoup écouté ce titre aussi. Cette chanson ne faisait pas partie de celles que j’avais proposées, et donc, ça a été un peu inattendu pour moi. Je me suis surpris à avoir beaucoup de plaisir à chanter ce titre. C’était très agréable. Finalement… ce n’est pas du tout mon registre à la base vu que je suis beaucoup plus rock, à la limite soul, mais justement, c’est ce que j’aime dans mon métier. On trouve toujours un moyen de s’adapter aux univers différents qu’on nous propose. C’est un peu le propre des comédies musicales… Quand je fais « Grease » ou que je fais « Aladin », « Roméo & Juliette » ou « Mozart » ou « Adam & Eve », ce ne sont pas du tout les mêmes personnages ni les mêmes univers musicaux. Donc, c’est un exercice qui me plait beaucoup.

Avec Damien, vous vous êtes rencontrés il y a quelques années…

(sourire) Sur « Roméo & Juliette »… Il avait à peine dix-huit ans. On s’est rencontrés là-bas. Les troupes de comédies musicales sont un peu comme de grandes familles… et il y a des gens avec lesquels on a plus d’affinités que d’autres. Avec Damien, ça a tout de suite collé. À l’époque, j’arrivais sur Paris et je voyais beaucoup l’envers du décor. Je n’étais pas sur le devant de la scène, j’étais remplaçant à l’époque. Lui avait été à ma place juste avant sur « Notre-Dame-de-Paris ». Il avait donc du recul… là, il était très exposé et je le trouvais extraordinaire. Voir un gamin de dix-huit ans comme lui, aussi exposé, aussi mis en avant et avec autant les pieds sur terre, c’est rare.  Il était profondément respectueux, gentil et agréable avec les gens qui l’entouraient. Cette simplicité n’est pas toujours aussi facile à garder quand on est mis au-devant de la scène… ça a été presque ma première grande leçon à mon arrivée sur Paris. Ce gamin si exposé qui était resté aussi simple et gentil.

Comment Julio Iglesias Junior est-il arrivé sur le projet ?

C’est une proposition de Marc Hernandez conjointement avec M6. Ils nous ont proposé Julio et quand on l’a rencontré, ça a été tout de suite vraiment très évident. C’est quelqu’un à l’opposé de ce à quoi on pourrait s’attendre. Il est extrêmement simple, tout va toujours très bien avec lui. C’est très agréable de travailler avec des gens aussi simples, arrangeants et drôles ! Parce que Julio est extrêmement drôle ! On s’est vraiment bien entendus, que ce soit en studio ou là, pour la promo.

Damien m’a dit que vous étiez une vraie bande de potes et que vous vous amusiez vraiment bien tous les trois.

C’est vrai ! Et toujours avec beaucoup de respect et de partage ! Et puis Julio, il a une façon très « Latin Lover » de vivre… (rires) Mais en même temps il a un côté typiquement américain… « Darlin’ », « Honey »… Il est déroutant! Parfois, on arrive dans des endroits où on ne connait personne, et lui, il est à l’aise avec tout le monde ! Il va saluer tout le monde… C’est très naturel chez lui, ce n’est pas un genre qu’il se donne. C’est un garçon très chaleureux.

Latin Lovers © Kevin Lawson

Les autres, comment sont-ils arrivés ? (Nyco Lilliu, Pablo Albóran et Debi Nova)

C’est une idée de M6. On n’est pas trop intervenus là-dedans. Mais au final, ce sont de très bonnes idées. On est vraiment ravis d’avoir Pablo sur cet album. C’est tout de même une grande star en Espagne. C’est quelqu’un qui a fait pas mal parler de lui. Il a tout de même trente-cinq millions de vues sur la version originale de la chanson qu’on a enregistrée sur l’album. Ce n’est pas rien ! Damien est allé enregistrer chez lui à Madrid. Il est une grosse référence en Espagne et dans le monde latin. Même au Portugal, il a chanté en duo avec une grande chanteuse portugaise (Carminho). C’est un grand honneur de l’avoir avec nous. On a aussi Nyco Lilliu, qui est devenu un copain. Il a lui aussi fait des comédies musicales. Je ne le connaissais pas avant en revanche. Là, on vient de faire notre premier vrai concert avec des musiciens pour France Bleu, et ça a été un réel plaisir de chanter avec lui. Et puis, il y a Debi Nova, qui nous a envoyé sa partie sur « Conga ». Elle chante vraiment bien. Elle a vraiment apporté quelque chose de nouveau à cette chanson. C’est d’ailleurs ce que nous avons voulu sur cet album, nous ne voulions pas dénaturer les chansons. Nous voulions juste leur donner un petit coup de frais. Et puis, on a fait des choix assez éclectiques qui permettent de voyager un peu partout dans le monde.

Tu chantes en plusieurs langues sur cet album…

Oui, cinq ! (rires) C’est pas mal… à chaque fois, on visite un continent différent.

L’émotion est-elle la même quand on chante dans des langues différentes ?

Pas du tout, justement. Que ce soit dans l’articulation, dans la musicalité ou dans l’émotion, ça change du tout au tout de chanter dans une langue ou dans l’autre. Ce sont des langues que je parle pour la plupart mais je ne les chantais pas spécialement. Le brésilien est tout de même assez différent du portugais. Le brésilien est nettement plus chantant. C’est différent. Quand on chante en portugais, c’est beaucoup plus droit, moins mélodieux. Ça change complètement tout…

J’imagine que pour toi, chanter en portugais, ça touche aussi d’autres émotions, ça te ramène à ta petite enfance, ce sont tes racines.

Carrément ! C’est le cas pour « Garota de Ipanema » et une qui, pour le coup, n’est pas sur l’album. [Nuno commence à chanter] « Essa moça tá diferente / Já não me conhece mais / Está pra lá de pra frente / Está me passando pra trás … » de Chico Buarque. Elle ne figure pas sur l’album mais elle sera peut-être sur une intégrale qu’on sortira un peu plus tard. Ce sont des souvenirs incroyables pour moi. Cette chanson, je ne l’avais pas écoutée depuis au moins vingt ans ! Même plus à mon avis… presque trente ans parce que j’étais encore au Portugal quand je l’ai écoutée la dernière fois…  Donc, ce sont de très beaux souvenirs qui me sont revenus à la mémoire.

Tu me disais que vous veniez de chanter avec des musiciens, allez-vous poussez l’aventure de la scène un peu plus loin ? J’imagine que ce ne doit pas être facile avec vos agendas respectifs…

C’est sûr ! (sourire) Disons que ça aurait été très bien de faire de la scène… On va voir comment le deuxième single et l’album vont être accueillis. Et puis, on va voir ce qui va arriver avec ce disque parce que l’album a un véritable potentiel  en dehors des frontières françaises, belges et suisses. Je pense sincèrement qu’il a vocation à être défendu ailleurs. On va voir en tout cas comment ça se passe ici pour éventuellement le décliner en concert. Ce serait très sympa en tout cas.

De toutes les chansons qui figurent sur cet album, y en a-t-il une pour laquelle tu as un peu plus de tendresse qu’une autre ? Quand je parle de tendresse, je ne pense pas à celle qui te plait le plus rythmiquement ou musicalement, mais plutôt une chanson qui t’évoquerait un souvenir particulier…

Justement, toutes les chansons en brésilien m’ont replongé dans mon enfance au Portugal. C’est sûr. Après, j’avais demandé spécialement « Linvin’ la vida loca » qui est une chanson qui a une très belle énergie. C’est un titre assez énorme. Celle-là, j’avais vraiment envie de la faire. J’ai pris en tout cas beaucoup de plaisir à la chanter. Je pense que l’énergie est ce qui me caractérise le plus et qui caractérise en tout cas bien ma façon de chanter… Et puis… je réfléchis un peu… En fait, chacune est un peu particulière. Elles racontent toutes des histoires tellement différentes et me rappellent toutes tellement d’histoires personnelles aussi…

Ce sont des chansons qui nous ont tous accompagnés à un moment ou un autre de notre parcours.

C’est vrai ce que tu dis… C’est ce que j’aime dans cet album. Et puis au-delà du voyage musical et temporel, il y a un réel côté didactique. Souvent les gens disent… [Nuno se reprend] enfin, les vieux cons comme nous disent (éclats de rire)… « Encore un album de reprises ! On a déjà tellement entendu ces chansons, ça devient lassant ». Ce n’est pas faux. Mais il ne faut pas oublier qu’il y a bon nombre de jeunes d’une quinzaine d’années qui ne connaissent pas ces chansons. Et je vois donc ce projet comme un point de ralliement entre les générations. Les jeunes vont redécouvrir ces titres qu’ils ne connaissent pas. Je pense que c’est bien que les jeunes apprennent à connaître ces chansons qui font finalement partie de notre inconscient collectif. On a critiqué pas mal les « Génération Goldman », mais je te jure que je connais pas mal de jeunes qui ont découvert Goldman par l’intermédiaire de ce projet. Nous, forcément, c’est dans notre inconscient, c’est notre culture… Mais pour certains d’entre eux, « Je te donne », c’est de…

Latin Lovers © Kevin Lawson

Worlds Apart ?

Mais non !! (rires) Ça c’est encore bien trop vieux pour eux !! C’est déjà une reprise, mais ça date du milieu des années 90… les jeunes de quinze ans ne connaissent pas ça pour la plupart d’entre eux. Ils n’étaient pas nés ! (éclats de rire) Pour eux, « Je te donne, », c’est une chanson de Leslie et Ben Falinski… Donc, à un moment donné, c’est intéressant de rappeler que des gens ont écrit des choses il y a quelques années. Je trouve ça sympa de ne pas oublier. C’est un peu comme un mémorial… Alors, c’est vrai que c’est un album de reprises, mais il ne faut pas oublier que ça fait plaisir à un certain nombre de personnes de redécouvrir ces titres, et à d’autres de les découvrir tout simplement. Ils auront ainsi un lien musical avec leurs parents et leurs grands-parents. « Garota de Ipanema » est un grand classique… pourtant, tout le monde ne sait pas qu’elle existe. Et Dieu sait combien cette chanson est grandiose !

Le problème aujourd’hui, c’est que l’album de reprises est devenu un ressort économique. Les maisons de disques ne sortent plus que ça, au détriment de chansons originales…

C’est pas faux, mais c’est avant tout un discours de vieux comme nous ! (éclats de rire) Les jeunes, eux, sont ravis d’écouter ces albums. C’est finalement un moyen de rallier les jeunes et les moins jeunes autour d’un même album. Certains redécouvrent les titres quand les autres les découvrent tout simplement. Si on partait en vacances aujourd’hui en voiture avec les enfants, les parents et les grands-parents, et si on passait l’album… tout le monde s’y retrouverait. Tout le monde serait ravi d’écouter l’album en boucle tout au long du voyage, pour différentes raisons. C’est un point de ralliement pour moi. La musique est faite pour rapprocher les gens. C’est formidable de penser qu’une grand-mère peut écouter le même album que sa petite fille et prendre le même plaisir. Ce point commun est important. Le fossé entre les générations est de plus en plus énorme, alors qu’il faudrait qu’il se creuse de moins en moins… La musique peut aider à combler ce fossé…

Latin Lovers © Kevin Lawson

En parallèle de « Latin Lovers », tu viens de publier un DVD live, et un second est attendu pour les prochaines semaines, dis m’en un peu plus… Où a-t-il été filmé ? Que contient-il ?

Nuno Resende, DVD Live à l'Acte 3 Partie 1J’avais donné un concert à la fin de l’année passée à l’« Acte 3 » à Braine-L’Alleud en Belgique. La première partie était consacrée aux comédies musicales… ça fait tout de même partie de mon background !...

… c’est le moins qu’on puisse dire !

(sourire) C’est probablement ce que j’ai fait le plus souvent tout au long de mon parcours, même au-delà des groupes de rock et ce genre de choses. Comme la comédie musicale fait vraiment partie de moi, je voulais que la première partie de ce concert lui soit consacrée. C’est donc cette première partie qu’on vient de sortir en DVD. Il y avait une quinzaine de caméras. On a vraiment pu travailler le son et l’image comme on le voulait. On a pris le temps de bien faire les choses. Et donc, cette première partie vient de sortir en DVD. La deuxième partie devrait sortir très bientôt, dans le mois qui vient. C’est ce qui me permet à moi d’avoir mon propre groupe de musique. Ce DVD, entre autres, fait partie de ce qui me fait avancer. Ça me permet aussi d’être soutenu tout simplement. Pour moi, c’est un peu mon bébé.

Et la deuxième partie, que contient-elle ?

Ce seront des reprises qui me tiennent particulièrement à cœur. Ce sont des chansons que je chante parfois depuis plus de vingt ans maintenant. Il y a de grands classiques comme « Show must go on » que je reprends à ma façon. C’est un choix très éclectique, on retrouve aussi « Calling you » de « Bagdad café », « Take on me »… Comme tu le vois, ça passe par vraiment plein de styles différents. Ce sont des reprises à notre sauce. Ce sont des titres des vingt dernières années. Je suis d’ailleurs très impatient de voir le montage final de la deuxième partie de ce spectacle. On est en train de travailler dessus, là, actuellement. Encore une fois, ça prend du temps parce qu’on a envie de faire quelque chose de bien. Je suis en tout cas très curieux de revoir les images, ça fait un bon moment que je ne les ai pas revues… Sur ma page, on a mis un trailer de la première partie, on refera la même chose pour la seconde. Ça montrera un peu aux gens ce qu’on peut trouver sur ces DVD. J’espère que le DVD qu’on va tourner en fin d’année sera encore plus sympa que celui-ci…

Justement parle-moi un peu de ce concert en fin d’année… Ce sera avec une chorale, c’est bien ça ?

C’est ça. Dans ce concert en fin d’année, j’aimerais apporter des chorales. Le but est de partager ma passion avec des chorales en France. Et j’espère qu’on pourra éditer un DVD de ce spectacle pour marquer le coup. On va se déplacer un peu partout en France et on va donner un concert avec les chorales. C’est vraiment un projet qui me tient à cœur. Ce sera un grand moment, assez magique je pense. On cherche encore l’orchestre symphonique. On en avait un en vue, mais finalement, ils n’ont pas pu… donc, on est encore en train de chercher… (sourire) Je pense que le mélange orchestre symphonique et chorale peut faire un vrai bel évènement.

Quel répertoire vas-tu chanter avec cet orchestre symphonique et les chorales ?

Si on en a l’occasion, j’aimerais intégrer l’une ou l’autre chanson originale. C’est en tout cas envisageable. J’aimerais beaucoup en tout cas. Mais au départ, l’idée est vraiment de revisiter des chansons, essayer de leur apporter quelque chose de différent. Je ne voudrais pas reprendre les chansons telles qu’elles ont déjà été chantées, j’ai envie de leur apporter ma propre personnalité. J’ai vraiment envie de les traiter d’une façon originale et toute particulière.

Tu vas avoir une actualité bien chargée en fin d’année puisque tu rejoindras aussi la troupe de « SLC – Salut les copains ! » du 2 au 12 octobre aux Folies Bergères et puis en tournée dans toute la France jusqu’en janvier…

Et oui !

Est-ce un répertoire qui te parle, toute cette époque ?

C’est marrant parce que j’étais au Portugal quand j’étais petit, et notamment dans les années 70. Mes parents écoutaient tout de même pas mal de musique française. Le français était beaucoup plus populaire au Portugal que la culture musicale anglaise. Du moins chez nous. Ma mère était une grande fan de Cabrel. Donc, oui, j’ai un peu écouté les chansons de cette époque, mais finalement, je pense que je vais en découvrir pas mal lors des répétitions. Je n’ai même pas eu l’occasion de voir le spectacle précédemment. Donc, ça me permettra d’être « vierge » quand je vais commencer les répétitions. Ce qui me plait pas mal, c’est que ça va un peu me replonger dans l’univers de « Grease », c’est un peu la même période, avec les bananes et tout ça. J’aime beaucoup tout ce côté joyeux et festif. Les comédies musicales me manquaient vraiment, donc, je suis heureux de rejoindre « SLC ». Je sens que je vais beaucoup m’amuser avec cette belle troupe et ce beau spectacle. On va faire au total une centaine de dates à Paris et en province. J’ai hâte !

Latin Lovers © Kevin Lawson

Je ne peux pas ne pas te poser une petite question sur l’Eurovision… Tu as donc représenté la Belgique en 2005 avec « Le Grand Soir ». Que retiens-tu de cette expérience ? La retenterais-tu ?

J’ai toujours pour habitude de dire que chaque expérience est bonne à prendre. On en apprend tous les jours. Et j’espère que le dernier jour où j’apprendrai des choses, ce sera le jour de ma mort. Je pense que le jour où on arrête d’apprendre, c’est qu’on est mort. Pour moi, l’Eurovision a été une expérience assez incroyable. J’avais la conscience d’avoir cent millions de personnes devant leur écran et douze mille devant moi qui étaient quand même suspendues à nos lèvres. C’était tout de même un moment assez incroyable. Il est sûr qu’il y a un côté politique à l’Eurovision… Et il est de plus en plus incontournable. Forcément, en tant qu’artiste, défendre une chanson pour un pays qui n’a pas le soutien de l’ensemble des pays qui votent, c’est un peu délicat… Mais encore une fois, c’est un concours de chansons avant toute chose. Ce n’est pas un pays qu’on juge, mais une chanson. Le chanteur est là pour présenter une chanson. Je vois en tout cas l’Eurovision comme telle. Alors, vais-je m’y représenter un jour ? Je t’avoue que je ne me suis pas posé la question ! (sourire) Mais pourquoi pas ? L’occasion ne s’est en tout cas plus représentée. Mais il ne faut jamais dire jamais !

Enfin, je ne peux pas ne pas te poser une question sur « The Voice ». Que retiens-tu de cette aventure ? La conseillerais-tu à un jeune qui débarque sans arme ? Parce que toi, avec ton background professionnel, j’imagine que tu étais conscient des tenants et des aboutissants…

(sourire) C’est délicat de répondre à ta question… Ce que je peux te dire, c’est que « The Voice », c’était à double tranchant pour moi. Je le savais. Je me suis lancé là-dedans sans trop réfléchir à vrai dire. On était censés partir en tournée avec « Adam & Eve » et la tournée a été annulée très très tardivement. À dix jours du début des répétitions, on venait de tourner le clip du quatrième single, le couperet est tombé. Pas de tournée ! À ce moment-là, je me suis dit qu’il fallait que je travaille, que je trouve quelque chose à faire. C’est ce que j’ai fait. J’ai beaucoup cherché parce que quand tu te retrouves du jour au lendemain sans engagement pour cinq mois… c’est dur ! Moi, je ne cherchais pas de boulot puisque j’avais été engagé dans cette belle comédie musicale. Et donc, « The Voice » est arrivé un peu par hasard… C’est un gros risque que je prenais tout de même… Après vingt ans d’expérience à vivre de cette passion, je remettais un peu les compteurs à zéro. Surtout que j’étais le 141ème candidat sur 150. Donc, à un moment donné, il n’y avait plus de place… Même si ça n’a pas été diffusé comme ça. Je suis passé lors de la troisième soirée, alors qu’il y en avait six au total et qu’en réalité, j’ai enregistré le dernier jour. Seul Pagny avait encore de la place pour prendre quelqu’un… Mais c’est une expérience spéciale. On n’a aucun contrôle sur ce qui va se passer. C’est ça le gros danger de « The Voice ». À côté, c’est une magnifique vitrine et une extraordinaire chance, surtout pour les gens qui n’ont jamais rien fait. C’est une chance énorme de pouvoir être vu par autant de personnes. Après, il ne faut pas se leurrer, les gens nous voient à la télé, ils retiennent un peu notre nom, mais pas très longtemps… Même si on arrive en finale, ça ne veut rien dire pour l’avenir. Rien n’est assuré. Ce qu’il faut retenir, c’est que c’est une magnifique vitrine. Ça on ne peut pas le nier. Pour un jeune qui débarque, se faire voir par des milliers de téléspectateurs le samedi soir sur TF1, c’est extrêmement intéressant. Ça ne se refuse pas ! Après, il faut bien garder à l’esprit que ce n’est pas « The Voice » qui va tout faire. Il faut que nous, on bosse derrière. Il faut avoir des choses prêtes, en tout cas des choses à dire ou des contacts pour pouvoir rebondir juste derrière, sinon, on se fait oublier très très très vite. C’est normal. Tout va très très vite. Les gens découvrent plein de nouvelles têtes, de nouveaux talents, ils ne retiennent pas tout le monde. Parfois, des gens me croisent dans la rue et me disent qu’ils m’ont déjà vu quelque part. Ils pensent que c’est sur leur lieu de travail ou ce genre d’endroits. Mais c’est normal, dès que tu quittes « The Voice », tu ne passes plus tous les samedis soirs à la télé. Après, ça revient, ils se souviennent de toi.

Pour toi qui travaillais depuis presque vingt ans dans ce métier, c’était tout de même à double tranchant de t’y présenter…

Effectivement. Il y a quand même des gens extrêmement talentueux qui sont sortis très très vite. Ce n’est pas parce que tu sais bien chanter et que tu as un style que tu vas aller loin dans l’aventure. Ça ne veut absolument rien dire. Tu sais… aux auditions à l’aveugle, j’étais tout de même à deux doigts de ne pas passer. Il n’y avait plus de place. Tout le monde était très frileux. Garou et Jenifer ne pouvaient plus du tout prendre quelqu’un. Je pense que je n’intéressais pas trop Bertignac, qui est chanteur comme je suis guitariste… (sourire) Je joue de la guitare mais je ne prétendrais jamais être guitariste. Bertignac, les chanteurs, ce n’est pas vraiment son truc. Je ne sais pas pourquoi il était sur « The Voice », mais les chanteurs, ce n’était pas son truc, ça c’est sûr ! (rires) Il restait juste une place chez Pagny. Je prenais donc juste un risque énorme. Finalement, j’ai été très très loin…

Propos recueillis par Luc Dehon le 16 juin 2014.
Photos : Kevin Lawson, DR

Damien Sargue a également répondu à nos questions.
-> Retrouvez notre interview de Damien Sargue ici.

Liens utiles:
Site web « Latin Lovers » :
http://latinlovers.fr/
Site web Nuno Resende :
http://nuno-resende.com/index.php
Facebook Nuno Resende :
https://www.facebook.com/nunoresendeoff?fref=ts









+ d'interviews
Vidéos




Retrouvez-nous sur Facebook
Retrouvez-nous sur Twitter
Concours
 
Retour en haut