Interview de Damien Sargue

Propos recueillis par IdolesMag.com le 16/06/2014.
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Damien Sargue © Kevin Lawson

Damien Sargue, Nuno Resende et Julio Iglesias Junior sont les « Latin Lovers ». Ils publient leur premier album le 23 juin prochain. Au programme : une remise au goût du jour de grands standards de la musique latine, qu’elle soit italienne, espagnole ou brésilienne. Nous avons été à la rencontre de Damien afin d’en savoir plus sur ce projet. Nous aurons également l’occasion de revenir sur quelques faits marquants de sa carrière, et notamment sa participation aux « Numéros 1 de Demain » quand il était enfant, son rôle de Roméo dans la comédie musicale « Roméo & Juliette », son premier album qui n’a finalement vu le jour qu’en Asie et son passage dans « Danse avec les Stars ». Nous évoquerons bien évidemment également ses autres projets. En vrac : un album solo (un premier single devrait être diffusé avant la fin de l’année), sa contribution au deuxième volet de « Forever Gentlemen » pour le fêtes de fin d’année et sa participation cet été à la célèbre émission « Fort Boyard ».

Latin Lovers, l'albumIdolesMag : En quoi tout ce répertoire latin te parle-t-il ? Que t’évoque-t-il ?

Damien Sargue : Le répertoire latin m’évoque un peu mes racines… Tout le côté de ma mère vient d’Espagne, d’Andalousie pour être plus précis. C’est une famille que j’ai rencontrée sur la tard… les histoires de famille sont toujours un peu compliquées (sourire).  Je les ai seulement rencontrés à l’âge de vingt ans. Je les ai rencontrés à Pau. Ils avaient fui l’Espagne franquiste à l’époque. Donc, le répertoire latin m’évoque essentiellement mes racines, et puis aussi bien évidemment toute cette musique qu’on peut entendre en France, la musique italienne, espagnole ou portugaise. C’est une musique latine qui nous berce quand même depuis plusieurs années…

Comment le projet a-t-il pris forme ?

À l’origine du projet, il y a Nuno et moi. C’est quelque chose qu’on avait envie de faire. Moi, j’avais déjà eu cette expérience collective avec le projet « Gentlemen Forever ». Et puis, avec Nuno, ça fait tout de même quatorze ans qu’on se connait. Ça fait donc un petit moment… (sourire) On avait envie de partager un moment de scène ensemble… et on s’est dit « pourquoi ne pas faire un truc un peu latin pour l’été ? » Après, ça part dans les tuyaux, on en parle et on en reparle. Puis on rencontre M6 qui a voulu nous suivre. Ensuite, Villa Médéric nous a suivis. Et grâce à eux, on a pu rencontrer Julio Iglesias Jr. Ce bonhomme est vraiment super. Il a été très accueillant. Ça a été un plaisir chaque jour de bosser avec lui.

A-t-il été partant tout de suite ?

Oui, le projet lui a plu tout de suite. Il avait en plus envie de venir chanter en France.

A-t-il eu une hésitation à reprendre une chanson de son père, « Pauvres Diables » ?

Non, pas du tout. Au contraire, même, il trouvait ça un peu drôle et un peu marrant. Son père apparemment est assez content et assez fier de ce qui se passe. C’est plutôt pas mal, je trouve. Il a trouvé le clin d’œil amusant. Et puis, comme nous l’a dit Julio Junior, c’est une famille de garçons qui chantent, donc c’était assez normal…

Nyco Lilliu, Pablo Albóran et Debi Nova, comment sont-ils arrivés sur le projet ?

Pablo, ça a été grâce à l’intermédiaire de Villa Médéric. Eux, connaissaient Pablo. Et j’ai eu la chance de partir à Madrid pour enregistrer avec lui « Solamente Tu ». C’est une super belle chanson. Debi Nova, je ne suis plus certain, mais je pense que c’était Julio ou Nuno qui la connaissait. Et puis Nyco Lilliu, bien évidemment, nous le connaissions. La connexion s’est faite assez rapidement.

Comment avez-vous fait votre choix de chansons ?... parce que le répertoire latin est tentaculaire !

C’est vrai ! Ça a été une décision collégiale. On a commencé par écouter des choses, et puis il y a certaines chansons qu’on voulait absolument chanter. Moi, par exemple, il y avait la version bilingue de « L’encre de tes yeux » que je souhaitais absolument chanter. Et puis, je savais que c’était un titre porteur pour notre projet. Après, il y a « Solamente Tu », qui était un peu comme une évidence. Je l’avais écoutée il y a quatre ans par l’intermédiaire d’un ingénieur du son et je l’avais trouvée extraordinaire. C’est une chanson que j’avais très envie de chanter. Après, M6 nous a proposé aussi un tracklisting. On a finalement tous proposé pas mal de titres et on a essayé plein de choses. Au fur et à mesure, on a fait un tri et on a affiné nos choix. Finalement, le choix a été assez évident et nous sommes passés assez rapidement à l’enregistrement.

Latin Lovers © Kevin Lawson

Dans la bio que nous avons reçue, tu dis que tu adores l’écriture de Cabrel, et que cette chanson précisément, « L’encre de tes yeux », a accompagné un tournant dans ta vie d’adulte… Peux-tu m’en dire un peu plus ?

(sourire) Ce n’est pas un secret. C’est juste un moment de ma vie. À un moment donné, on a tous dans nos vies personnelles un petit truc qui se passe et qui fait qu’une chanson devient un peu plus importante qu’une autre. Il n’y a vraiment rien de très intéressant là-dessus. C’est juste un moment de ma vie pendant lequel cette chanson m’a accompagné. Ça reste un très bon souvenir. C’est juste ça… rien de plus.

On retrouve sur le disque une version bilingue d’« Écris l’histoire » de Grégory Lemarchal. L’as-tu connu ?

Pas du tout. Je ne l’ai pas connu. À l’époque, j’étais parti en Asie pendant plusieurs années avec « Roméo & Juliette ». J’ai par contre trouvé, de loin, que ce garçon avait énormément de talent et énormément de courage. J’étais très content qu’on puisse reprendre cette chanson-là.  C’est une idée de Nuno. À la base, c’est une chanson italienne et on a trouvé vachement intéressant de la faire. C’était en tout cas une très bonne idée et c’est pour cette raison qu’on a enregistré le titre. Grégory Lemarchal a laissé une empreinte et un souvenir impérissable.

Finalement, de toutes les chansons qui composent cet album, y en a-t-il une pour laquelle tu as un peu plus de tendresse qu’une autre ? Avec cette question, je ne pense pas forcément à la chanson qui, musicalement, te plait le plus, mais plutôt celle autour de laquelle s’est passé quelque chose d’un peu spécial…

Disons que j’ai une tendresse particulière pour « Vous les femmes (Pobre Diablo) » parce qu’on cherchait et que c’est la première chanson qu’on a enregistrée avec Julio. Souvent, quand on se retrouve pour des répétitions, en studio ou tout simplement qu’on bosse ensemble, on se marre énormément. On se fend la gueule pour parler crûment ! (rires) Et donc, quand je pense à ce projet, c’est surtout cette bonne humeur collective qui me vient à l’esprit. J’aime beaucoup ce bon esprit de franche rigolade qu’on a à chaque fois qu’on se retrouve. Et donc, particulièrement sur ce premier titre. Ça a vraiment été la bonne occasion de se marrer et de bosser en même temps !

Latin Lovers © Kevin Lawson

Avez-vous dans l’idée de monter sur scène avec ce projet ? Quelque chose est-il prévu ?

Oui, bien sûr, on va monter sur scène. Là, il va y avoir quelques dates qui vont arriver prochainement. Et puis, nous allons, je pense à la rentrée, faire d’autres choses. Mais pour l’instant rien n’est noté dans l’agenda. Par contre, il y a beaucoup de choses en devenir.

Avec vos différents projets à tous, ce n’est pas toujours évident de caler quelques dates.

Voilà. C’est toujours un peu compliqué de faire un truc à plusieurs. Chacun a évidemment son actualité. On est tous un peu obligés de suivre notre carrière personnelle et nos propres projets. Donc là, on espère surtout que cet album va rencontrer le succès et que grâce à lui, on va pouvoir partir sur scène.

Avant de parler de tes nombreux autres projets, j’aimerais revenir un instant sur tes débuts, ton aventure aux « Numéro 1 de Demain » à Sacrée Soirée où tu chantais « Emmenez-moi ». Pensais-tu un instant à cette époque que tu allais avoir le parcours que tu as eu ou bien était-ce pour toi à l’époque un rêve de gosse qui se réalisait et qui allait s’arrêter là ?

Je ne pensais absolument pas à l’époque aller plus loin. Ça s’est fait un peu « comme ça » finalement… Je suis un peu tombé dans la chanson par hasard à vrai dire. C’est ma mère qui s’est dit que j’avais un don pour chanter et que ce serait peut-être intéressant de me faire chanter. Mais ce n’était pas du tout dans une optique de carrière future et de choses comme ça. C’est ça qui est assez marrant dans l’histoire… (sourire) Maintenant, je pense que l’envie de carrière s’est faite beaucoup plus tard quand j’ai commencé dans « Notre-Dame de Paris ». Là, c’est véritablement moi qui suis parti pour chanter. J’ai quitté l’école et j’avais envie de faire de la scène. Là, je l’ai décidé. Mais non, à dix ans, je faisais ça pour rigoler… C’était plus dans cette optique que je l’ai fait à l’époque.

Tu as donc été doublure dans « Notre Dame de Paris », mais le grand public t’a véritablement connu dans « Roméo & Juliette ». Aujourd’hui, restes-tu ouvert aux propositions de comédies musicales ou bien est-ce une aventure finie pour toi ?

Non, ce n’est pas fini. Ce sont toujours des aventures qui me plaisent. Maintenant, je ne te cache pas que j’ai très envie de sortir mon propre album, je suis d’ailleurs en train de bosser dessus en ce moment. Donc, j’ai vraiment très envie de ça. Mais les spectacles musicaux comme on peut les faire en France m’ont toujours plu. J’aime beaucoup le travail de groupe. J’aime la collaboration avec d’autres artistes. C’est vrai que dans ces spectacles-là, on rencontre des gens avec des talents complètement différents. Donc, c’est avec grand plaisir que je repartirais sur les routes. C’est ça aussi qui est bien dans la comédie musicale, c’est qu’on est sur scène. On a le bonheur de faire ce métier sur scène tous les soirs. Et puis, il y a aussi le bonheur de pouvoir interpréter un rôle, d’être aussi comédien, acrobate, danseur… On a plus de casquettes que notre casquette habituelle de chanteur. C’est ça aussi qui est intéressant. Donc, si on me propose un rôle qui me plaît, ce serait avec plaisir. Disons que pour le moment, je suis plus dans la sortie de « Latin Lovers » et dans ce projet perso. Un single devrait être publié avant la fin de l’année. Je l’espère en tout cas. Après, pourquoi ne pas enchaîner avec d’autres projets ?

Ton premier album n’est sorti qu’à Taïwan et quelques autres pays asiatique. Pourquoi n’a-t-il jamais vu le jour en France, alors qu’il était enregistré, mixé et tout et tout… ? C’est un peu dommage…

Il y a plusieurs raisons… En plus, ce qui est dommage, c’est que c’était un bel album, avec de belles signatures, des gens assez connus. Je pense que le souci de cet album a été au niveau des chansons. Certaines étaient peut-être trop matures et d’autres pas assez. Peut-être que les gens attendaient quelque chose d’autre de moi ? En tout cas quelque chose de plus romantique, en sortant de « Roméo & Juliette »… Il y a plein de petites choses comme ça qui ont fait que… Et puis, à l’époque, le marché du disque se portait plutôt bien, en tout cas par rapport à aujourd’hui. J’avais réussi à sortir un single, « Merci ». J’en ai vendu cinquante mille exemplaires. Aujourd’hui, ce serait un disque d’or, mais à l’époque, ce n’était pas suffisant pour pouvoir sortir un album derrière. C’est en tout cas le discours que m’ont tenu les maisons de disques. Je trouvais ça dommage déjà à l’époque que les maisons de disques ne soient pas plus présentes que ça sur les plateformes numériques. Tout ça à l’époque n’était pas trop développé. C’est donc pour cette raison que j’ai voulu le sortir un peu plus tard, quand je suis parti en Asie avec les potos. C’est là que j’ai pu enfin sortir cet album. J’étais content de pouvoir le tenir en mains, je ne voulais pas avoir ce petit goût d’inachevé… j’avais vraiment envie que ça se fasse et que cet album sorte. Après, ce sont les mésaventures de ce métier… ça arrive à plein d’artistes !

Latin Lovers © Kevin Lawson

C’est dommage parce que dans le fond, il était pas mal cet album. Et puis, il était complètement finalisé donc le plus gros avait été fait…

On est d’accord… (sourire)

C’est de l’histoire ancienne… Parlons du prochain. Peux-tu m’en dire un peu plus ou est-ce encore un peu tôt ?

C’est un peu tôt… Je ne veux pas pratiquer la langue de bois, mais pour l’instant, je ne veux rien dire. Je travaille avec plusieurs personnes, ça c’est sûr. Des amis essentiellement. Il y a notamment dedans Corson. Je suis vraiment content de bosser avec lui parce que c’est un bon pote à moi depuis quelques années. Sinon, il y aura d’autres collaborations. Ça se met en place gentiment, tranquillement. Je suis très content d’ailleurs que tout ça se fasse le plus naturellement possible. J’ai hâte de faire découvrir ça…

Écris-tu et composes-tu également ?

J’écris des textes depuis quelques années maintenant. Mais je suis toujours dans une optique de collaboration… Si j’écris un texte mais qu’il est moins bien que ce qu’on m’a proposé, je ne suis pas du genre à l’imposer. Pas du tout. Je suis assez cool là-dessus. Je ne me prends pas trop la tête. Et puis, j’apprends la coécriture aussi. C’est quelque chose qui m’intéresse beaucoup. Je suis pour le partage !

Tu me dis que tu écris depuis quelques années. C’est venu quand ?

C’est venu vers l’âge de 25/26 ans. C’était assez tard. Avant, ça ne me serait pas venu à l’idée. Je trouvais que d’autres le faisaient très bien et je ne voyais pas trop l’intérêt d’écrire des choses. Et puis, c’est venu assez naturellement, comme ça… sans forcément d’ailleurs vouloir écrire des chansons, j’écrivais des petites histoires sans prétention, des petites choses qui m’intéressaient. C’est finalement une envie que j’ai eue assez tard.

Tu es devenu papa il y a quelques mois. J’imagine que ça t’a changé en tant qu’homme. Mais en tant qu’artiste, est-ce que ça a changé des choses, est-ce que ça t’a influencé sur certains choix ?

Forcément. Je le remarque déjà dans l’interprétation des chansons et ce genre de choses. Je suis sans aucun doute plus motivé que jamais. J’ai plus envie de me battre. Je sais qu’il faut que j’y aille. Je n’ai plus le temps. J’ai un petit bébé qui compte sur moi. J’ai envie qu’elle vive bien, qu’elle soit bien. J’ai envie de lui offrir le meilleur avenir possible. Donc, je me dois d’être un petit peu plus sérieux… même si je pense l’avoir toujours été ! (sourire) Disons que le fait de devenir père pousse à être meilleur.

Latin Lovers © Kevin Lawson

Je ne peux pas te laisser partir sans évoquer un instant ta participation à « Danse avec les Stars ». Que retiens-tu de cette aventure ? Qu’as-tu appris ? Quelles leçons en tires-tu ?

Franchement, c’était un très bon moment. J’ai trouvé ça très sympa. Avec le recul, je trouve que ça a été une belle expérience. Ça m’a appris à bosser dans l’urgence notamment. J’étais très content de cette expérience, très heureux d’y avoir participé. Si c’était à refaire, je le referais avec grand plaisir.

Feras-tu partie du deuxième volet de « Forever Gentlemen » qui est attendu pour la fin de l’année ?

Oui ! Bien entendu. C’est un  de mes prochains projets. Je le ferai avec grand plaisir d’ailleurs. Je vais retrouver mes potes Dany et Roch et j’en suis très heureux. « Forever Gentlemen » a été aussi une très belle aventure. C’est un répertoire que j’aime beaucoup. C’est très rare aujourd’hui de chanter cette musique, donc, c’était une occasion à ne pas rater et à ne pas manquer. Là, on m'offre une deuxième chance de pouvoir y participer, donc, c'est avec grand plaisir que vais rempiler sur ce projet !

Avant de te quitter, une dernière question plus estivale… Comment s’est passé ton escapade au « Fort Boyard » ?

(éclats de rire) C’était drôle ! Très très drôle, même ! J’ai d’ailleurs hâte de le voir, ça passe le 28 ou un truc comme ça. Je ne vais rien te dire… mais c’est tendu quand même !! (rires) Mais franchement, c’était très sympa à faire. Je me suis vraiment bien marré. J’étais avec deux potes à moi, Gérard Vivès et Brahim Zaibat. On était vraiment bien accompagné par les filles. Mais il y a des épreuves où on ne fait pas le malin quand même… même pas du tout ! (rires)

Propos recueillis par IdolesMag le 16 juin 2014.
Photos : Kevin Lawson, DR

Nuno Resende a également répondu à nos questions.
-> Retrouvez notre interview de Nuno Resende ici.

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