Interview de Le Noiseur

Propos recueillis par IdolesMag.com le 29/05/2014.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.








Le Noiseur © Adeline Mai

Le Noiseur a publié le 26 mai dernier un excellent premier EP, « 24 x 36 ». Ses chansons évoluent dans la sphère de l’intime et dévoilent un univers artistique où tout n’est que luxe, calme et volupté, à la fois cinématographique, atmosphérique et sensuel. Le premier album du Noiseur, « Du bout des lèvres » est attendu pour début 2015. On l’attend avec – grande – impatience. En attendant, nous avons été à sa rencontre afin d’en savoir plus sur ce projet touchant finalement aussi pudique qu’impudique…

IdolesMag : Viens-tu d’une famille de musiciens ou en tout cas d’une famille dans laquelle la musique avait de l’importance ?

Le Noiseur : Non, je ne viens pas d’une famille de musiciens, mais d’une famille où on faisait de la musique quand même. J’avais deux grandes sœurs et on a tous fait de la musique quand on était jeunes. On a tous joué d’un instrument. Après, mes parents ne sont absolument pas musiciens.

Écoutaient-ils tout de même de la musique ?

Mes parents n’écoutaient pas énormément de musique… et finalement, je pense que je suis arrivé à la musique par le cinéma. Je jouais de la batterie quand j’étais petit, donc, forcément, j’écoutais des choses, mais c’est plutôt adolescent que la musique est venue dans ma vie. J’ai écouté beaucoup de rap étant adolescent. C’est à ce moment que j’ai mes souvenirs les plus importants en musique.

Le Noiseur © Adeline Mai

Je pense que tu as commencé par écrire des textes vers l’adolescence.

Oui. À cette époque, c’étaient des textes. Les compos sont venues un peu plus tard, tout simplement parce que j’avais des textes et que j’avais besoin de musique à poser dessus pour en faire des chansons. J’ai commencé comme ça.

Ces premiers textes, étaient-ils du domaine du journal intime, un moyen d’expression, ou bien y avait-il une dimension ludique dans ta démarche ?

À cette époque, c’était une échappatoire. C’était déjà du registre de l’intime… sans aucun doute…

Est-ce que ça a changé avec le temps ?

Non… C’est toujours un peu la même chose. En tout cas sur cet album, c’est de cet ordre-là. En revanche, je pense qu’avec le temps, ça va un peu évoluer… Je ne vais pas rester focalisé que sur moi. Mais en effet, ce disque, ça a été ça, un album très autobiographique, très intime et très proche de ce que j’ai vécu quand j’ai écrit ces chansons…

Que s’est-il passé dans ta vie entre ces premières chansons et la création de ce premier album ? Je pense que tu as bossé avec Frédéric Lo.

La collaboration avec Frédéric Lo est venue à la période où j’avais déjà quelques maquettes. J’étais en discussion avec un label qui m’avait proposé de travailler mes maquettes avec Frédéric Lo. Et donc, on a un peu travaillé ensemble sur ces maquettes, mais nos chemins se sont séparés, on n’a pas continué au-delà. Le travail que j’ai fait avec Frédéric Lo se limite à ça, je n’ai pas travaillé plus que ça avec lui.

Le Noiseur, 24x36Quelles étaient tes envies et tes idées quand tu as posé les premières pierres de ce projet ?

Mon envie, au départ, c’était d’écrire des chansons. Je ne pensais pas en faire un disque. J’écrivais mes petites chansons au jour le jour quand j’avais envie d’écrire. Quand j’avais besoin d’écrire, je le faisais. Le disque n’était pas une finalité en soi. L’idée d’en faire un disque s’est dessinée au fil du temps, petit à petit. C’est quand j’ai commencé à avoir quelques chansons correctes, que je me suis dit que ce serait intéressant d’aller au-delà de ça et de faire un album. Mon envie était de faire quelque chose qui soit le plus intime possible. Je voulais que quelqu’un qui écoute mes chansons ait l’impression que je lui parlais à l’oreille, que je lui racontais des choses. J’avais envie, et même si je n’y suis pas forcément vraiment arrivé, qu’on sente l’influence du rap. J’avais envie qu’il y ait ça quelque part. J’avais envie que  ce disque ne soit pas qu’un simple recueil de chansons. J’avais envie qu’on soit un peu au cinéma, que l’auditeur soit aussi spectateur quelque part, et qu’on soit un peu dans plusieurs disciplines. J’avais envie de parler et pas que de chanter. Je voulais que ce ne soit pas qu’un disque finalement…

Il est indéniable que tes chansons revêtent une dimension intime très forte. Pourquoi avoir alors choisi de les présenter sous un pseudo, Le Noiseur, et pas ton propre nom ? Pour mettre une certaine distance ?

J’ai pris un pseudo parce que mon vrai nom, c’est Simon Campocasso… C’est un nom un peu compliqué d’origine corse et je chante en français… et puis, surtout, c’est un nom assez compliqué à retenir. Je trouvais que ce nom ne reflétait pas forcément le propos de mes chansons. D’où l’idée de prendre un pseudo… J’avais envie de choisir le nom qui me plaisait. Je trouvais ça plus intéressant. Mais je suis d’accord avec toi, dans ma démarche, j’aurais très bien pu garder mon nom. Je pense que si j’avais pu, je l’aurais gardé. Mais c’est bien comme ça… (sourire)

Pourquoi « Le Noiseur » ? Tu n’as rien de vraiment querelleur…

(sourire) Il y a plusieurs significations, mais initialement, ça vient de ma mère qui m’appelait comme ça quand j’étais enfant. J’étais un enfant très turbulent, j’aimais bien tout casser… Bref, ça m’allait plutôt bien ! (sourire) Et puis, aujourd’hui, j’ai une personnalité plutôt réservée et timide… Mais la démarche de sortir ce disque a quelque chose de très impudique. Aller sur scène pour défendre mes chansons, c’est une façon de me chercher des noises, à moi… Il y a quelque chose de cet ordre-là. Après, il y a cette dimension second degré un peu provoc’ qui est intéressante par rapport à la manière dont j’évolue sur scène et à ce que je propose sur scène. Ça veut dire un peu tout ça, Le Noiseur…

On en reparlera tout à l’heure, tes chansons revêtent une dimension très cinématographique. Mais dans cette idée, n’as-tu pas peur que « Le Noiseur » ne t’enferme dans un personnage, dans un rôle ?

Non, pas du tout. Justement, ça doit être pris au second degré. Je suis quelqu’un de plutôt doux, très calme et pas du tout noiseur… et par ailleurs, je peux l’être vraiment… Donc… je trouve que ça fonctionne bien.

Pourquoi avoir fait le choix de publier un EP alors qu’un album est prêt ? Le format album veut-il encore dire quelque chose pour toi ?

Ah oui, ça veut dire quelque chose… Et pas qu’un peu ! Surtout ce disque, il raconte vraiment une histoire. Je tiens encore beaucoup à ce format album, même s’il a tendance à disparaître un peu aujourd’hui. J’y reste vraiment attaché. Mais le EP était une manière de me présenter et de présenter mon univers. Ça nous permet de dégager un peu de temps aussi avant la sortie de l’album. Ça nous a permis de tourner un clip, par exemple. J’aimais bien l’idée de sortir un EP, c’est une forme de présentation. Je trouve ça pas mal quand on est un artiste en développement. Aujourd’hui, on ne me connait pas, donc, plutôt que d’arriver tout de suite avec cet album, je trouve bien de présenter les choses avec un EP…

« 24 x 36 » fait clairement référence au monde de la photographie. En quoi cet art te parle-t-il ? Es-tu photographe toi-même ?

Non, je ne suis pas photographe. « 24 x 36 » fait bien entendu référence à la photographie, mais par extension, ça fait référence au cinéma également. Et c’est toute l’idée de cette chanson. Le disque en lui-même sera assez cinématographique et c’était intéressant de se présenter avec ce titre précisément pour le EP. Il présente bien les choses. Moi, c’est un univers qui me parle énormément. J’aime les climats des films… J’avais envie, en tout cas dans le texte, qu’on ressente ça. Cette chanson en est l’exemple.

Des films précis ont-ils nourri ton projet ?

Oui. Clairement. Notamment les films de Truffaut, certains films de Christophe Honoré et de Joachim Trier. Je suis cinéphile. Et visionner un film m’inspire énormément. J’aime l’idée de regarder un film et de prolonger par après les émotions que j’ai ressenties en écrivant de la musique…

Est-ce que ça te plairait de composer pour le cinéma plus tard ?

Ah oui, j’aimerais beaucoup. C’est quelque chose que j’ai un peu touché… Enfin, je n’ai pas composé pour le cinéma, mais pour des documentaires avant ce projet-ci. Et c’est quelque chose qui me plait beaucoup et que j’aimerais aborder plus en profondeur.

Tu as une gueule, comme on dit. Endosser un rôle, ça te tenterait ?

C’est quelque chose que j’aimerais essayer. Je dis bien essayer… parce que je ne sais pas si j’en suis capable (sourire). Mais je serais assez tenté par l’expérience…

En parlant d’image et de pellicule, un clip a été tourné pour « 24 x 36 ». Peux-tu m’en dire un peu plus ?

On a fait le choix de ne pas faire un clip narratif. On a voulu faire quelque chose qui soit graphique et esthétique. On a choisi le noir et blanc. On a soigné l’image. On avait envie de faire un truc qui allait bien avec la chanson, qui accompagnait bien la musique, sans pour autant raconter quelque chose en plus. On a donc pensé à ces danseuses…

Il a été réalisé par Adeline Mai, qui a fait également le shooting de l’album. Qu’est-ce qui t’a plu dans son travail ?

Adeline… C’est une jeune fille qui a beaucoup travaillé dans la mode. Elle a essentiellement fait des photos de mode. Moi, j’avais bien aimé son travail sur la photo. Elle n’avait jamais fait de clip. On s’est rencontrés, on s’est très bien entendus. Je me suis senti à l’aise elle. Et ça, ça compte beaucoup aussi pour faire des photos et tourner un clip ! Il faut toujours se sentir bien avec les gens avec lesquels on est amené à travailler. Comme elle n’avait jamais réalisé de clip et que c’était une première pour moi aussi, je trouvais intéressant de faire le grand saut ensemble. Et de par les photos que j’avais vues, de par l’univers qu’elle défendait, j’étais convaincu que ça le ferait. Je trouvais qu’il y avait dans son travail de très belles propositions. Et donc, ça s’est fait tout naturellement…

Dedicace du Noiseur pour IdolesMag

Le clip est très soigné. On voit une recherche esthétique dans les photos de presse également. J’ai l’impression que le visuel compte pour toi.

Très sincèrement, je ne le travaille pas beaucoup, mais ça compte énormément. Je laisse beaucoup faire l’équipe du label à ce propos. Bien qu’à la fin ce soit moi qui valide les choses. Mais là, je les ai laissés un peu faire et je n’ai pas beaucoup pensé les choses. Tout s’est fait finalement assez simplement, j’ai amené des vêtements, on a fait des photos… il n’y a pas vraiment eu de grande réflexion derrière tout ça. Quand on a fait le clip, je découvrais un peu tout ça. J’ai donc fait confiance aux gens avec lesquels je travaille. Mais le prochain clip, par exemple, j’aimerais le réaliser moi-même. J’ai envie de m’impliquer plus dans tout ça, ça m’intéresse. Et comme tu le soulignais, c’est très important.

Que va-t-on retrouver dans l’album qui est attendu en début d’année prochaine ? Va-t-il être dans la même veine que les deux titres qui figurent sur le EP ?

Dans l’album, on va clairement retrouver cet univers-là. Il y aura quelques chansons un peu plus électroniques au niveau de leur production. On sentira sur certaines autres un peu plus l’influence du rap. Mais sinon, on va rester dans une thématique amoureuse et des tempos assez lents…

La thématique amoureuse est finalement assez casse-gueule. On peut vite basculer dans le côté gnangnan. Est-ce quelque chose que tu redoutes quand tu écris ?

Non, pas vraiment. Parce que je pense qu’il faut savoir choisir son vocabulaire. Et puis, ça se joue aussi dans l’interprétation. C’est ça aussi qui fait qu’une chanson ne basculera pas dans un truc un peu ringard ou sirupeux d’amour. On peut écrire des chansons d’amour modernes en choisissant bien les mots et en installant un climat.

Les mots sont pesés et choisis, ça s’entend. As-tu beaucoup lu ? Quels sont tes auteurs de prédilection ?

Je n’ai très sincèrement pas beaucoup lu… Après, il y a quand même quelques auteurs que j’aime bien comme Bret Easton Ellis ou Houellebecq. J’aime bien ces gens-là. Mais je n’ai pas vraiment lu de littérature classique. Je n’ai pas trop cette culture-là. Mais j’y viens… Je sais que l’inspiration, on la trouve là. Mais pour répondre à  ta réponse, je n’ai pas vraiment de bagage littéraire à proprement parler.

Qu’est-ce qui t’inspire justement ? Plutôt la vie, ce que tu vis ou que les autres vivent, ou des œuvres ?

Sur le disque, il y a des deux… il y a des chansons qui relatent plein de choses que j’ai vécues. J’ai écrit certaines chansons vraiment dans l’instant. Là, c’était vraiment ma vie qui m’inspirait directement. Ensuite, ce sont des envies qui peuvent effectivement venir du cinéma, d’une photo, d’une musique que j’écoute… ce sont des envies de climats, des envies musicales d’un genre bien précis aussi. Mais il y a toujours cette idée de climat, je veux que les mots installent très rapidement un climat dans la chanson.

Le Noiseur © Adeline Mai

En général, tu commences plutôt par quelques mots, quelques notes ?

Jusqu’ici, ça a beaucoup commencé par la musique. Mais maintenant, j’essaye aussi de commencer un peu par le texte. Je pense que ça marche mieux dans ce sens-là. Et comme je te le disais, ça peut venir de la lecture d’une phrase dans un livre qui va m’évoquer des choses et je vais partir là-dessus. Ça peut être des choses que j’entends et que je note sur un petit carnet… ça peut être un morceau que j’écoute ou une musique qui me donne envie d’aller plus loin. Après, tout simplement, il y a du travail. Chez moi, j’ai un petit studio. J’y passe beaucoup de temps. C ‘est en cherchant, en écoutant des sons, en jouant du piano que les musiques naissent…

La création est-elle laborieuse chez toi ?

Ça l’est de moins en moins. Je suis complètement autodidacte en musique. Je compose au piano et curieusement… je ne sais pas vraiment jouer de piano (sourire)… Donc, c’est assez laborieux et assez douloureux par moment. Mais à force de le pratiquer, ça commence à aller mieux… Je vais d’ailleurs prendre des cours de piano. Je pense que ça va un peu débloquer les choses. Finalement, j’ai plus de facilité avec le texte puisque j’écris en français qui est ma langue maternelle. J’ai des armes pour l’écriture que je n’ai pas en musique. Donc, la création peut parfois être un peu longue. Et j’imagine que pour quelqu’un qui connait la musique, ça doit aller plus vite pour obtenir un résultat similaire… Mais ça fait partie de ma manière de faire, et c’est comme ça.

L’album devrait s’appeler « Du bout des lèvres ». On pense directement à Barbara quand on entend ce titre. Est-ce quelqu’un que tu as beaucoup écouté ? Qui a compté pour toi ?

Pas plus que ça. D’ailleurs, quand j’ai écrit cette chanson, « Du bout des lèvres », je ne savais pas qu’elle avait écrit une chanson qui s’appelait pareil. Je ne l’ai su qu’après. Les deux chansons ne racontent pas la même chose, donc tout va bien… (sourire)

Comme tu me le disais tout à l’heure, il y a une dimension parfaitement autobiographique dans cet album. Peux-tu me dire un petit mot sur « La maison d’Etretat », qui est dédiée à ta grand-mère ?

C’est une chanson dans laquelle je parle de ma grand-mère qui perdait la mémoire… Elle vivait dans une maison à Etretat. Cette chanson ne va pas plus loin. Elle évoque la perte de mémoire…  Cette grand-mère a perdu la mémoire petit à petit. Ça a duré des années. Et moi, ça m’avait beaucoup ému de la voir dans des dîners où, par moment, elle avait dans son regard des petits éclairs de lucidité. Elle se rendait compte qu’elle perdait la mémoire. Et quelques instants après, elle oubliait. C’était quelqu’un de très orgueilleux en plus. Ça m’avait beaucoup touché. Je me suis retrouvé dans sa maison avec elle… et cette chanson est venue comme ça. Ça m’a fait beaucoup de bien de l’écrire. Ce n’était pas difficile d’écrire sur ça… c’était juste un besoin…

Pas mal de scènes qui sont prévues dans les prochaines semaines et les prochains mois. Je pense que tu as commencé à en faire assez récemment… Comment la considères-tu ? Fait-elle aujourd’hui pour toi partie intégrante du processus créatif ou est-elle une forme d’aboutissement de ce processus ?

Comme tu viens de le dire, la scène, je la découvre. J’ai juste fait une dizaine de dates. Je n’avais pas vraiment idée de ce que ça pouvait être quand j’ai écrit ce disque… Mon disque, je l’ai vraiment fait chez moi tout seul. Ce qui m’intéressait, c’était le travail de studio, la production du disque. C’était ça mon but à l’époque. Et aujourd’hui, je suis en train de découvrir la scène. Je ne te cache pas que j’avais beaucoup d’appréhension au départ.  Mais j’en ai de moins en moins.  Ça devient vraiment du plaisir. Je suis en train de prendre conscience de ça. C’est quelque chose qui va prendre de l’importance pour moi, j’en suis certain. Je la découvre avec grand plaisir. Ce disque n’a en tout cas pas du tout été pensé pour la scène. Donc, cette nouvelle  expérience va nourrir sans aucun doute mes prochaines créations. Ça va probablement modifier mon approche de l’écriture d’une chanson. La scène, c’est un truc… c’est dément ! J’ai en tout cas hâte de faire des dates et d’avancer.

La promo, c’est aussi quelque chose de tout nouveau pour toi… Dans quel état d’esprit es-tu aujourd’hui, quelques jours après la sortie du EP, entre les radios, les interviews, les scènes… ?

(sourire) Je suis très très content pour l’instant de tout ce qui se passe. On a des retours très positifs. Je sens que l’équipe qui m’accompagne chez [PIAS] est vraiment avec moi et a envie de défendre le projet. Je suis vraiment très bien entouré et je me sens soutenu dans tout ce que je fais. Et puis, j’ai effectivement plein de dates qui arrivent cet été. Je vis en ce moment une période particulièrement exaltante et je suis très heureux de vivre tout ça.

Propos recueillis par Luc Dehon le 29 mai 2014.
Photos : Adeline Mai
Facebook : https://www.facebook.com/lenoiseur?fref=ts

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