Interview de Jacques Air Volt

Propos recueillis par IdolesMag.com le 26/05/2014.
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Jacques Air Volt, Les aiguilleurs du ciel

Trois ans après la sortie de son EP « Attendre » qui nous avait donné la furieuse envie d’en entendre plus, Jacques Air Volt revient avec un deuxième album enthousiasmant à plus d’un titre, « Les Aiguilleurs du Ciel ». Dans ce disque, l’artiste fait une nouvelle fois preuve d’originalité, d’ingéniosité et d’une extrême sensibilité. La musique de Jacques Air Volt peut paraître élitiste et difficile d’accès de prime abord car elle est élaborée avec exigence et minutie, mais elle est surtout, et essentiellement, remplie d’émotions plurielles. L’expérience est globale et particulièrement troublante. Rencontre avec un artiste qui trace son chemin avec passion.

IdolesMag : Avant de parler de votre nouvel album, j’aimerais qu’on regarde un peu dans le passé… Quels sont les premières chansons et les premiers sons que vous avez entendus chez vous, quand vous étiez enfant ?

Jacques Air Volt : J’ai un parcours de chanson française. Chez moi, on en écoutait beaucoup… Donc, j’ai baigné avec frères et sœurs dans du Cabrel, du Jean-Jacques Goldman et après du Renaud. Et après, j’ai été initié à la culture anglo-saxonne avec les Beatles, Supertramp ou Pink Floyd.

Et vous, vers quelle musique vous êtes-vous dirigé à l’adolescence ?

À l’adolescence, comme la plupart des gens de ma génération qui sont nés au début des années 80, j’ai suivi le mouvement grunge avec des groupes comme Nirvana ou Pearl Jam. Ce sont des groupes qui disaient que le rock n’était pas mort… C’était l’époque de mes premiers accords !

Vous écrivez et composez déjà à cette époque ?

Un tout petit peu. En fait, j’ai toujours écrit depuis l’enfance sans pour autant forcément mettre ces mots en musique. J’ai toujours écrit des petits mots, des poèmes et des histoires de mon âge. C’est après qu’en fait je me suis mis à lier les deux, et faire de la musique et de la chanson. J’avais juste une guitare et un piano et je mettais des notes sur mes petites histoires tout seul (sourire). C’est comme ça que ça a démarré.

Qu’est-ce que ça représentait la création à l’époque ?

Je pense qu’au tout début, c’était la dimension ludique qui m’intéressait. C’était vraiment la  continuité de quand on fait des dessins sans se poser de question… je racontais mes petites histoires au travers de chansons. Ça n’allait pas plus loin. Et c’est après, à l’adolescence, que c’est devenu une échappatoire, une façon de me retrouver seul dans mon intimité. J’avais des choses plus personnelles à dire à cette époque.

Dedicace de Jacques Air Volt pour IdolesMag

Est-ce que ça a changé avec le temps ?

(rires) Ça n’a pas beaucoup changé, en fait. Ce qui a réellement changé, c’est la technique, le fait d’avoir plusieurs instruments à portée de main, de savoir maintenant écrire la musique. Le fait d’avoir écouté et découvert beaucoup de musique a aussi changé la donne finalement. Ça m’a beaucoup influencé. Du coup, je n’écris plus du tout de la même manière aujourd’hui. C’est moins simple. Je réfléchis beaucoup plus à ce que je crée, ça c’est sûr.

Quand est-il né Jacques Air Volt ?

Jacques Air Volt, il est né en 2005. C’est une histoire d’amis. Avec deux copains, Jocelyn Setruk et Éric Mazodier, on avait écrit un petit film qui s’appelait « Le Monstre de Papier ». J’en avais écrit la musique, et il fallait que je donne un nom à l’auteur de cette musique, il est devenu Jacques Air Volt.

Comment avez-vous choisi ce pseudo ?

Air, c’était d’abord pour le côté aérien de la musique. Musicalement, c’est une ambiance qui caractérisait bien ma musique. Je suis d’une génération qui a aussi été très influencée par le groupe Air. Volt, c’était pour le côté électrique, grunge et 1990, assez énergique. Et en même temps, Air Volt, c’est le verlan de Voltaire… Je trouvais ça intéressant, parce que Voltaire est un personnage important…

Un premier album est sorti en 2009, « Première Bande », suivi d’un EP il y a trois ans, « Attendre ». Quel bilan tirez-vous de leur exploitation ?

Le bilan… c’est surtout une satisfaction artistique et personnelle. Le premier album, il n’y a pas eu beaucoup de bruit autour, il est passé un peu inaperçu. Le EP a eu un peu plus de promo, plus de gens y ont eu accès. Les professionnels m’ont quand même dit que c’était pas mal… et ça m’a encouragé à continuer.

Jacques Air Volt - DR

Il portait bien son nom, cet EP, « Attendre », parce qu’entre sa sortie et celle de l’album, il s’est tout de même écoulé trois ans… C’est court au regard d’un parcours, mais à l’heure actuelle, c’est devenu une éternité !… Est-ce que ça a été difficile d’accoucher de ce nouvel album ?

(sourire) Ça n’a pas été difficile, ça a été tout simplement long parce que j’avais décidé d’aller assez loin dans ma recherche personnelle artistique. Dans mon parcours, j’avais envie de fouiller les choses encore plus, et j’avais envie de me laisser le temps de les digérer, ce qui est difficile quand on est auteur/compositeur/arrangeur et qu’on joue de la plupart des instruments, hormis la batterie, la basse et quelques pianos. Du coup, j’avais besoin de ce temps pour être sûr que j’avais fait les bons choix, que je n’allais pas les regretter. Je me suis dit que les gens allaient l’apprécier encore plus parce que j’avais eu cette démarche sur ce disque. Il y a eu beaucoup de réflexion sur ce disque et puis, sa production a été longue. Il a été très long à produire pour des choix, notamment, d’arrangements. Je suis aussi beaucoup revenu sur les textes. J’ai pris beaucoup de temps afin de choisir les bons mots et qu’ils soient cohérents. J’avais aussi une vision globale de l’album. Je voulais vraiment que chaque morceau reflète un peu « Les Aiguilleurs du Ciel » qui est le morceau le plus long de l’album. C’est une petite alchimie, une petite cuisine, que je voulais développer.

Quand « Attendre » est sorti, aviez-vous déjà de la matière pour cet album ?

Quand le EP est sorti, « La grève des aiguilleurs du ciel » était déjà presque sous sa forme actuelle. C’est le seul morceau que j’avais, le reste est venu après.

Parlons-en un instant de ce titre, « La grève des aiguilleurs du ciel »… Il dure tout de même douze minutes, ce qui est complètement hors format. Est-ce important pour un artiste comme vous aujourd’hui de prendre des libertés en dépassant les formats édictés par les radios qui sont de trois minutes, trois minutes trente ?

En fait, aujourd’hui, comme les disques ne se vendent plus très bien, les formats ne veulent plus tellement rien dire. Aujourd’hui, qu’on ait un format lambda ou un format classique, c’est très difficile pour un jeune artiste d’être diffusé en radio. Y arriver est presque impossible. Je me suis donc dit autant transgresser la règle… Il faut qu’on se fasse plaisir aujourd’hui ! Autant aller à fond dans une voie, fouiller, fouiller, fouiller… plutôt que d’essayer de passer à tout prix en radio, vu qu’aujourd’hui, de toute façon, un jeune artiste a très peu de chance d’y passer et qu’il est devenu très difficile de gagner sa vie avec ça.

Où vous situez-vous dans le paysage musical français ? Vous avez choisi une voie assez différente de ce qui se fait actuellement…

Je pense que je suis un indé. Je suis clairement dans une chanson alternative, très peu dans le paysage d’aujourd’hui. Je ne me considère d’ailleurs pas vraiment faire de la chanson française. Je le dis parce qu’il faut bien un peu coller à une case. Mais non, je ne me sens rien à voir avec la chanson française, je chante en français, je chante des textes et je défends une musique plutôt anglo-saxonne… Mais pour être très honnête avec vous, ça m’est un peu égal de savoir où j’en suis et où je me situe. Ça ne me parle pas trop. Ce qui est important, c’est la musique que je fais…

Je pense que c’est Bashung qui disait qu’on entrait dans une chanson par sa musique et qu’on y restait par le texte. Êtes-vous d’accord avec ça ?

Oui. Je trouve ça très vrai. J’avais déjà entendu cette phrase auparavant. Et oui, je suis vraiment d’accord. La parole et le texte donnent une dimension de tendresse à la chanson, quelque chose qui nous lie irrémédiablement à elle, ce qui existe peu avec les chansons anglo-saxonnes finalement. Peu de gens les comprennent parfaitement. Moi, je sais bien que je ne comprends pas tout très bien. J’ai beaucoup de mal à traduire les paroles des groupes que j’aime bien. C’est vrai que la musique m’entraîne énormément, mais que le texte donne un esprit supplémentaire, hyper intéressant. Le texte donne de la profondeur à la musique.

Qu’est-ce qui vous inspire le début d’une chanson ?

C’est souvent une émotion, une couleur… qui n’est d’ailleurs pas forcément de la musique. Et je vais essayer de transformer cette émotion déjà en mots et puis après en quelques notes. Ça, ça vient après.

Vous avez soigné le visuel de l’album. Une vidéo et un clip ont été tournés également. Je pense que vous faites très attention à toute cette imagerie qui accompagne votre musique.

Oui, c’est très important. Sur ce coup-là, je voudrais vraiment remercier Domitille Roblot et Tanguy de Montesson qui ont travaillé sur tous les visuels. On a formé une belle petite équipe. Tout a été vraiment réfléchi bien avant que l’album ne sorte et en parallèle de finir les musiques. On a vraiment réfléchi à ce qu’on allait mettre sur cette pochette et comment on allait montrer Jacques Air Volt. On a fait un travail très minutieux sur le visuel. Ça a toujours été important, mais je pense que ça l’est encore plus aujourd’hui, d’avoir une belle image et surtout une image qui a du sens. Il faut que l’artiste véhicule une image qui lui corresponde. Je pense à Matthieu Chedid qui a parfaitement compris ça aujourd’hui. Il a réussi à faire évoluer l’image qu’il véhicule avec l’évolution de sa musique. C’est très important.

Dans la vidéo de présentation de l’album, vous avez fait s’envoler un disque avec des ballons dans le ciel parisien… Quelqu’un l’a-t-il reçu ?

(rire) J’aurais bien aimé vous répondre oui !… mais malheureusement, à part des blagues qu’on m’a faites, je suis au regret de vous dire que non, personne ne m’a encore contacté au sujet de ce lâché de ballons !

Lisa Portelli vous accompagne sur le titre « Bambino ». Comment est-elle arrivée sur le projet ?

Lisa, elle a une voix mutine, d’enfant, qui est très intéressante. Je la suis depuis le début de sa carrière. J’ai senti qu’on avait une forme de même sensibilité, elle au féminin et moi au masculin. Ça vient peut-être de notre génération, de la musique qu’on a écoutée et de celle qu’on a eu envie de faire… ça m’a toujours assez frappé. Du coup, c’était une évidence, quand il a été question d’enregistrer « Bambino », que ça ne pouvait être qu’avec elle. C’était un morceau pour elle, que ce soit le texte, la mélodie ou l’ambiance que je recherchais au niveau de la voix. Quand on a enregistré ensemble, ça a été un moment assez magique. J’ai été très ému par le morceau.

De toutes les chansons qui composent cet album, y en a-t-il une pour laquelle vous avez un peu plus de tendresse qu’une autre ? Quand je parle de tendresse, je ne pense pas forcément à ce que la chanson raconte, mais plutôt à une petite anecdote qui se serait passée autour d’elle, pendant sa création ou son enregistrement.

Je pense que c’est « Minoka Pixel Irradie » qui est une chanson qui a été interminable. Elle est passée sous trente-huit formes différentes et soixante textes différents. Du coup, on ne voulait pas la mettre sur l’album… Et là, en vous parlant, je me rends compte que j’ai oublié de citer quelqu’un de très important sur l’album, Rémy Degorgue avec qui j’ai réalisé les deux précédents disques, et qui a pris encore plus de place sur cet enregistrement. Je pense que c’est grâce à lui qu’on a gardé le format actuel de « Minoka Pixel Irradie » parce qu’on a passé de nombreuses nuits sur les différents morceaux, et sur celui-là en particulier. On l’a travaillé à la toute fin, juste avant le mixage. Il a réouvert les pistes du Pro Tools, et on avait là un format qu’on avait complètement oublié et qui était hyper intéressant. Du coup, on l’a façonné et on a conclu le morceau alors qu’on aurait dû le mettre à la poubelle… Ça a été une belle surprise, un grand moment.

On vous imagine parfaitement à passer des nuits et des nuits sur un morceau pour le faire évoluer et le pousser à son maximum. Est-ce juste une impression ?

(sourire) J’ai toujours tendance à ne pas baisser les bras et à essayer de travailler et retourner dans tous les sens un morceau. J’essaye plein de choses et si je vois à un moment donné que ça ne passe pas et que ça n’est pas pour maintenant, je me dis que ce sera peut-être pour plus tard… (sourire) Mais oui, en général, je passe beaucoup de temps, mais quand ça ne veut pas, ça ne veut pas.

Jacques Air Volt - DR

Vous qui faites un travail très fouillé et très méticuleux sur les sons, comment abordez-vous la scène ?

En fait, sur cet album, il n’était pas prévu de faire de la scène… et à force d’encouragements de gens qui m’ont convaincu que ce serait peut-être intéressant, j’ai essayé de trouver une formule pour adapter les morceaux à la scène. Effectivement, il y a beaucoup de pistes et d’instruments sur les morceaux. Donc là, on est partis pour un premier concert aux Trois Baudets. Nous serons quatre sur scène, basse, batterie, clavier et guitare/voix. On a épuré au maximum les morceaux pour faire ressortir juste les choses les plus importantes. Il y a toujours une sorte d’équilibre dans les morceaux. Et là, je suis assez content du travail qu’on a fait. Je suis assez excité. Je pense que ça donnera plus de relief à la voix. Et rien qu’en ça, l’exercice était très intéressant.

Y aura-t-il d’autres dates ?

Avant l’été, il y aura peut-être encore une date ou deux, c’est à confirmer. Et il y aura une tournée à partir de septembre.

Boite a musique colelctor les aiguilleurs du ciel de jacques air volt« Les Aiguilleurs du Ciel » est bien évidemment disponible sur les plateformes de téléchargement légal, mais également sur votre site en CD, vinyle, K7 et boîte à musique collector. Est-ce que ça reste important pour vous de matérialiser la musique ?

Oui. C’est vraiment très important. Le parti pris pour cette sortie était aussi de prendre le contrepied du tout numérique et tout digital. Pour moi, la musique, est réelle et très concrète. Quand je travaille, que j’écris, je le fait toujours au crayon. J’ai besoin de ressentir la matière. C’est la même chose quand je travaille les sons, j’ai des claviers et des guitares. Je suis de la vieille école pour ça… C’est un peu comme si je bricolais avec un tournevis ! (sourire) La musique, je ne souhaite pas juste la retrouver sur un moteur de recherche en quelques clics. Le résultat est extrêmement frustrant. Ce qui m’intéresse, c’est de savoir comment les gens vont l’appréhender et l’écouter, ce disque. Vont-ils l’écouter au milieu de plein d’autres choses en cliquant et en zappant ou bien vont-ils avoir envie de le découvrir au travers d’un bel objet ? Le fait d’avoir un bel objet, ça raconte une histoire en plus. On s’y attache aussi d’avantage.

Pouvez-vous d’ailleurs me dire un petit mot sur la boîte à musique qui est, pour le coup, un superbe objet, un  vrai concept et un vrai collector.

C’est une boîte que je fais moi-même, qui est en carreaux de faïence, en mosaïque. Elle reprend l’univers de Space Invider qui est un grapheur qui fait de l’art urbain. Il met ses mosaïques un peu partout dans toutes les capitales du monde. Il y en a beaucoup à Paris en tout cas. J’ai voulu retranscrire un peu cet univers avec la boîte avec des petits carreaux. Ça représente un visage avec des yeux, un nez et une bouche. On peut donc lire les musiques, monter le son et ce genre de choses, mais on ne voit pas le titre des chansons. Je trouvais ça marrant et important de ne pas avoir d’écran entre l’auditeur et la musique. Avoir juste le son.

Jacques Air Volt - DR

Le disque voit enfin le jour… dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Très sincèrement ? Je suis débordé ! (rires) J’ai énormément de choses à faire. C’est aussi une accumulation de toutes les petites choses à faire quand un disque sort. Mais je suis aussi hyper heureux parce que c’est l’aboutissement de toute une période. Ça fait un peu peur. C’est un peu comme si on revenait d’un grand voyage et qu’on ne savait pas trop quand on allait repartir…

Comment le vivez-vous le fait d’assumer tout vous-même, l’artistique et le marketing ?

Cette fois-ci, je l’ai très bien vécu, contrairement aux autres fois. J’avais une réelle équipe autour de moi, je n’étais pas tout seul. Il y avait une belle énergie. Ce sont des amis, des gens très proches qui m’ont entouré. Ils ont été exceptionnels. Ça m’a vraiment touché. C’est une très grande histoire d’amour qui a d’ailleurs permis d’aller jusqu’au bout du projet. Sans ça, ça aurait été juste un cauchemar. La partie musicale n’est qu’un petit pourcentage sur tout ce qu’il y a à faire. Et aujourd’hui, un artiste un peu indépendant est obligé de le faire, sinon, il n’existe pas. Donc, quand on voit qu’il y a un peu de résultat, on se dit qu’on récolte un peu ce qu’on a semé. On est content.

Êtes-vous aujourd’hui déjà reparti sur de nouvelles chansons ?

Alors… (rires)… Pour être très franc, je n’avais pas du tout envie de faire un prochain album. Et en fait, je vous ai parlé tout à l’heure de Rémy Degorgue avec qui j’ai travaillé sur cet album et les deux précédents, et on a déjà enregistré, j’ai envie de dire presque par accident, dix-huit morceaux. Ce sont juste des brouillons… mais il me harcèle pour que j’écrive des textes pour un prochain album ! Donc, je pense que oui, il y aura une suite aux « Aiguilleurs du Ciel ». Il y a en tout cas, je pense, quatre ou cinq morceaux qui sont vraiment exploitables. Ils figureront probablement sur un prochain album, sous le nom de Jacques Air Volt ou un autre nom, d’ailleurs, je ne sais pas encore… On n’en a pas encore discuté.

Ça pourrait donc être un projet parallèle.

Oui. Jacques Air Volt, je trouve ça sympa mais c’est un projet très personnel. C’est mon nom, c’est moi et j’aimerais sortir quelque chose de peut-être un peu plus ouvert avec des musiciens. Du coup aussi, pour être franc, un projet plus facile. J’aimerais être moins tout seul, avoir plus de gens autour de moi. Mais rien n’est fait.

Vous aviez dit quand le EP « Attendre » était sorti que vous aviez choisi ce format plus court parce qu’il était beaucoup plus dans l’air du temps. Le format album veut-il encore dire quelque chose pour vous ?

Non… C’est une histoire de logique. Le format album n’a pas vraiment de sens. Sortir un album qui n’est pas visible, quel intérêt ? On n’est pas diffusé à la radio ni quoi que ce soit. Aujourd’hui, en plus, les gens n’ont plus les moyens de se payer tout un album. Alors, publier quelques titres tous les cinq ou six mois, je trouve que c’est plus dans l’air du temps. J’ai eu la chance avec « Attendre » de passer dans quelques grands médias, mais c’est tout de même très difficile. Je pense qu’il faudrait revenir à l’époque des Beatles et sortir quelques titres tous les trois mois… et compiler ça sous forme d’album après…

Propos recueillis par Luc Dehon le 26 mai 2014.
Photos : Domitille Roblot, Tanguy de Montesson, DR
Site web : http://www.jacquesairvolt.com/
Facebook : https://www.facebook.com/jacquesairvolt?fref=ts









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