Interview de Patrice Desphelippon, Directeur du Cours Florent Musique

Propos recueillis par IdolesMag.com le 27/05/2014.
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Le Cours Florent

Le célèbre Cours Florent développe une section musique, aux côtés des départements déjà existants, à savoir le théâtre, le cinéma et la comédie musicale. Nous avons été à la rencontre de son directeur pédagogique, Patrice Desphelippon, afin d’en savoir plus sur cette formation, d’une durée de trois ans, qui accompagne bien évidemment les auteurs/compositeurs/interprètes en herbe, mais qui ouvre également aux différents métiers de la musique. Il nous expliquera notamment autour de quels grands axes cette formation s’articule et pourquoi travailler dans une école pluridisciplinaire trouve tout son sens aujourd’hui.

IdolesMag : Avant de parler de la section Musique du Cours Florent dont tu es le directeur, peux-tu nous rappeler quel est ton parcours dans les grandes lignes ?

Patrice Desphelippon : J’ai commencé réellement à travailler dans la musique à la fin des années quatre-vingt. J’étais manager d’un groupe rock reggae français. J’ai donc commencé dans la musique par la partie management. Ensuite, j’ai travaillé chez Bondage, le label indé des Béruriers Noirs au début des années 90. Ensuite, j’ai travaillé chez Garance Productions/Elysées Montmartre comme organisateur et producteur des soirées Dub électro à l’époque. Ensuite, au milieu des années 90, j’ai créé un label de Dub, qui existe toujours d’ailleurs, qui s’appelle « Hammerbass Records ». Ensuite, j’ai bossé pour une boîte d’édition. Et sur les dernières années, j’ai été responsable du département musique d’un centre de formation pour intermittents du spectacle qui s’appelle le Cifap où j’ai monté une formation pour les musiciens auteurs/compositeurs/interprètes autour des outils et des métiers de la musique. Et là, depuis dix-huit mois/ deux ans, j’ai monté le Cours Florent Musique. J’ai donc eu un parcours d’autodidacte et de touche à tout.

Tu as joué de la musique ?

Quand j’étais môme, j’ai joué de la basse et j’ai joué dans un groupe… mais rien de bien important !

Tu t’es donc formé tout seul et « sur le tas ». Aurais-tu aimé suivre une formation qui ouvre aux métiers de la musique ?

En tout cas, sur les métiers de la musique, oui très certainement. Il y a des choses que j’aurais pu apprendre plus vite qu’en les apprenant par moi-même. C’est clair que sous certains aspects, j’aurais aimé apprendre des choses plus rapidement. Des choses d’ordre technique, notamment. Et en même temps, je suis assez content d’être autodidacte parce que ça permet d’avoir une vision assez panoramique des métiers de la musique, un peu touche-à-tout. Sur le chant, par exemple, j’aurais aimé prendre des cours. Ça m’aurait plu… mais je suis assez content de mon parcours. L’école du Cours Florent, c’est tout sauf une mise au format des artistes auteurs/compositeurs. Et ça je tiens à le souligner.

Quand ce projet d’ouvrir un département Musique au Cours Florent est-il arrivé sur la table ?

On a démarré au mois de novembre 2013 et j’ai commencé à bosser dessus vers décembre 2012/janvier 2013. C’est là qu’on a vraiment créé le cours, la pédagogie, le corps professoral et la mise en place. Il y a eu à peu près neuf mois de travail en amont avant la première rentrée.

Il y a déjà une section Comédie Musicale au Cours Florent. Quelle sont les différentes entre les sections Comédie Musicale et Musique ?

Dans la section Comédie Musicale, ce sont vraiment des comédiens qui sont là pour apprendre à chanter et à danser. Tandis que le Cours Florent Musique se focalise autour de l’auteur/compositeur/interprète, sur le parcours pédagogique d’une chanson. Ça va de son écriture à sa composition en passant par ses arrangements, pour ensuite l’enregistrer en studio et la chanter sur scène. La pédagogie s’articule donc autour de ça. Et la particularité du Cours Florent, c’est qu’on peut travailler sur des disciplines connexes, comme la composition à l’image, puisqu’on peut travailler directement avec des élèves du Cours Florent Cinéma en faisant de la musique pour les courts-métrages qu’ils tournent dans le cadre de leurs études. On fait aussi de la composition pour le théâtre avec des élèves du Cours Florent Théâtre. Donc, cette formation permet d’avoir une approche de tous les métiers du compositeur, qui peut ne pas être simplement compositeur de chanson, mais également compositeur de musique à l’image ou pour le théâtre.

Il y a donc une véritable interaction entre les différentes sections du Cours Florent.

Oui. C’est d’ailleurs un peu un concept anglo-saxon. Eux, ça fait très longtemps qu’ils pensent (et qu’ils sont sûr) que le comédien doit pouvoir danser et chanter. Le Cours Florent Musique rentre un peu dans cette démarche de mélanger les arts. D’ailleurs dans la section cinéma, il y a de la musique depuis toujours. Dans la section Comédie Musicale aussi bien évidemment. Mais il n’y avait pas de département spécifique aux métiers de la musique. Donc, ce cours prend vraiment tout son sens au sein d’une école d’Art Dramatique. On n’a rien inventé, mais c’est assez rare en France d’enseigner trois disciplines différentes au sein d’une même école, à savoir la Musique, la Comédie Musicale et l’Art Dramatique. C’est ce que nous faisons.

Cours Florent Musique - DR

C’est une démarche assez nouvelle en France. Prenons l’exemple de l’Angleterre ou des États-Unis, les artistes sont pluridisciplinaires depuis des lustres… En France, ils sont plutôt bien rangés dans des cases.

Je suis d’accord avec toi. C’est un peu le problème français en fait. Tout est cloisonné. Tu as des écoles de musique de Jazz qui n’ont qu’une approche de la musique Jazz et aucune autre. Tout est extrêmement cloisonné. Il n’y a pas de transversalité. Nous n’avons pas cette culture de l’Entertainment en France. Je pense que c’est une question de mentalité. On est un pays beaucoup plus littéraire à la base. Donc, ça a pris du temps. Et comme ça a pris du temps… ça a pris un peu de retard. Il suffit de regarder comment se porte l’industrie musicale en France. Ce n’est plus une grosse industrie, comparativement à l’industrie musicale aux États-Unis et en Angleterre. Et justement, à cause, à mon avis, de ce manque de transversalité et de pluridisciplinarité.

Quels sont les principaux cours ? J’imagine qu’on a des cours d’écriture, de compo…

Oui, c’est ça, des cours d’écriture, de compo, des cours de ear training, des cours de piano pour non pianiste, des cours de MAO. Il y a évidemment des cours de coaching vocal et de coaching scénique. Il y a aussi des cours de composition pour le cinéma et le théâtre. On pourra donc s’initier à ces disciplines-là. Il y a aussi toute la mise en place d’une chanson sur scène qu’on apprend. On évalue nos élèves tout au long de l’année lors de Jam Sessions, on leur impose des titres à jouer, ce qui nous permet à nous de les évaluer et à eux de se frotter à la scène. Il y a aussi des cours d’interprétation et d’administration et de droit.

J’aimerais que tu me parles un peu de ces cours de droit et d’administration parce que c’est quelque chose de très important quand on veut exercer un métier artistique et qui est assez mal connu des artistes… qui ont souvent la tête dans les étoiles !

(sourire) Je pense qu’aujourd’hui un artiste doit connaître la cartographie des métiers avec lesquels il va être en relation. Que ce soient les maisons de disques ou les studios. Ce sont des métiers qui vont lui permettre de développer une carrière. Et donc, le droit prend tout son sens. Il faut que l’élève apprenne ce qu’est l’intermittence en France. Il faut savoir à quoi sert un éditeur, comment lire un contrat qui lie l’artiste à un éditeur. L’idée, c’est de leur donner les moyens de gérer leur carrière, leur expliquer ce qui va se passer quand ils vont commencer à gagner de l’argent. Ils doivent se concentrer sur leur art, mais savoir que c’est un métier, donc savoir comment ce métier fonctionne. Il faut que l’artiste sache ce qu’est un contrat d’artiste, un contrat de licence… Plus tôt on apprend ce genre de choses, plus tôt on est apte à amener les bonnes réponses aux problèmes.

Je pense qu’il était important de souligner ce point de la formation parce que l’artistique est sans aucun doute le plus important, mais il ne faut pas oublier que c’est un métier et qu’il a ses règles.

Tout à fait. Ils doivent absolument apprendre à lire un contrat, tout en sachant qu’ils sont artistes et qu’ils le resteront. On ne leur demande pas de devenir juristes, ça c’est un autre métier !! (rires) Mais ils faut qu’ils soient à même de comprendre ce qu’il est écrit dans les futurs contrats qu’ils seront amenés à signer. Il faut comprendre l’essence même du contrat, ce qui lie un artiste à un autre artiste et à partir de quel moment ils vont toucher de l’argent. Parce que dans la musique, sans contrat… il y a rarement de l’argent qui tombe ! Tout est assez structuré. Il faut qu’ils en soient conscients. Notre but est aussi de désacraliser d’une certaine manière ce monde de la musique en disant que c’est un métier, qu’il y a du travail, mais qu’il faut en connaître les tenants et les aboutissants. Je trouve que c’est important qu’ils connaissent ça très tôt. Au moins, ils savent de quoi ils parlent. Et quand ils vont à des rendez-vous avec des gens, ils ne passent pas pour des incultes ou pour l’artiste qui ne s’occupe que de chanter. Ça leur donne un peu de poids face à leurs interlocuteurs. Ils ne donnent pas l’image de l’artiste qui ne s’occupe de rien… je trouve que c’est important qu’ils connaissent tous les méandres du métier.

C’est donc un cursus de trois ans.

Oui, trois ans. Et 450 heures par an réparties en onze modules.

C’est une formation continue, en fait.

On peut dire que c’est une formation initiale. C’est vraiment une formation pour développer son talent dans les métiers des auteurs/compositeurs/interprètes. Et comme je le dis, moi, mon plus grand plaisir, c’est de voir des gens qui viennent pour la composition et qui en ressortent en tant qu’auteur parce qu’ils ont découvert qu’ils avaient plus de talent en tant qu’auteur. L’idée de la première année, c’est de mettre les élèves en confrontation avec différentes disciplines, les faire toucher un peu à tout, pour qu’ils puissent s’orienter et se spécialiser là où ils sont évidemment les meilleurs. Souvent, ce n’est pas là où eux croient qu’ils sont les meilleurs qu’ils auront le plus de succès et de travail derrière. Il faut aussi désacraliser le métier de la compo et celui de la scène pour en faire un vrai métier. Il ne faut pas qu’ils restent dans le côté abstrait de l’artiste paillettes et lumières.

En parlant de paillettes et de lumière… avec tous les concours de chant qui sont diffusés sur les différentes chaînes de télé aujourd’hui, j’imagine que ça a un impact sur les inscriptions au Cours Florent, et en l’occurrence au Cours Florent Musique.

Disons que nous ne sommes pas dans la même démarche. Sur un concours de chant, on voit cent personnes et il y a un seul gagnant. Nous dans l’idée… Si on a quarante élèves, mon objectif c’est d’avoir quarante gagnants qui exerceront un métier là où ils auront le plus de talent. On est vraiment dans un cursus d’apprentissage de métier et pas dans un one-shot. Justement, le fait de montrer tous les métiers qu’il y a autour de la composition et l’écriture d’une chanson, ça leur permet de voir qu’ils ne seront peut-être pas artiste lead sous les projecteurs, qu’ils seront dans l’ombre, mais qu’ils pourront vivre de la musique, qu’ils pourront toujours travailler dans le métier pour lequel ils sont passionnés. Donc, leur faire découvrir tous ces métiers parallèles est très important. Nous ne sommes pas dans l’élitisme, mais dans l’optique que chacun puisse trouver sa voix. Notre but, c’est de les orienter vers la discipline dans laquelle ils seront les meilleurs. Regarde le parcours de Santi, qui était musicien et qui est aujourd’hui à la tête de TF1 Musique. L’idée de la formation est de préparer un peu à tout ça.

Les professeurs du Cours Florent Musique - DR

Tout le monde ne peut pas suivre une formation continue sur trois ans. Des stages sont-ils organisés ?

On a mis en place cette année des stages d’été pour le Cours Florent Musique.  Ce sont des stages de 39 heures. On a notamment un stage de coaching vocal et de coaching scénique, vraiment pour travailler à la fois la scène et la voix. Et on a un autre stage dédié à l’écriture. À terme, évidemment, on aimerait développer des stages courts autour des onze modules. Ce sont des stages qui s’adresseront plus à des professionnels déjà en activité ou des gens qui ont envie de suivre une formation précise sur une courte période. C’est en tout cas quelque chose que nous mettons en place. Je ne te cache pas que c’est déjà un énorme travail de mettre en place un cursus de trois ans, donc on pense d’abord aux cours à l’année, mais on n’en oublie pas pour autant les stages. En France, il y a pas mal de choses qui sont faites dans ce cadre de la formation professionnelle continue. Il y a des centres de formation comme le Cifap où je travaillais avant qui fait ça. Il y a des stages courts qui sont offerts aux intermittents. On va donc être amenés nous aussi à développer ces stages courts à destination de l’adulte qui a envie de chanter, d’écrire et de composer, des gens qui manquent de temps ou qui font d’autres études en parallèle. Mais cette année, le temps me manquant, j’avoue que je n’ai pas pu créer tous les stages que j’aurais aimé créer… (sourire)

Rome ne s’est pas faite en un jour non plus !…

(rires) Comme on se doit de faire bien les choses, on prend notre temps. Le Cours Florent, c’est quand même une institution. Et cette section musique est un moyen de valoriser la musique. À travers cette porosité entre les disciplines.

Les élèves sont-ils amenés à se produire sur scène durant l’année ?

Tout au long de l’année, on organise des concerts. On fait ça au Réservoir à Paris. Cette année, par exemple, ils ont donné trois concerts. Et entre temps, ils ont aussi pas mal de studio où ils enregistrent leurs compositions. Il faut encore une fois qu’ils voient le travail qui est fait en amont sur une chanson avant d’aller la chanter sur scène. Donc, il y a entre trois et quatre spectacles par années. Cette année, il y en a eu trois, je pense que l’année prochaine, il y en aura un petit peu plus puisqu’il y aura plus d’élèves. Donc, régulièrement, il y a des spectacles. Notre but est de faire vivre les chansons, et donc la scène est aujourd’hui l’endroit où les artistes peuvent le mieux faire écouter leurs chansons. Un concert tous les deux mois, l’air de rien, c’est déjà beaucoup de travail. On leur donne des morceaux du répertoire qu’ils apprennent à réarranger. Cette année, par exemple, on a pris un morceau de Lou Reed parce que le jour où nous avons ouvert, c’était le jour de la mort de Lou Reed. Ensuite, on a pris « J’ai la mémoire qui flanche » de Jeanne Moreau. Ensuite des morceaux plus rock et reggae. On essaye là aussi d’avoir une porosité entre tous les modules, les modules d’arrangement, de compo, de mise en place de la scène, de l’écriture… Les élèves écrivent d’ailleurs une chanson au cours de l’année pour l’enregistrer en fin d’année… si elle est enregistrable ! Ce sont des travaux un peu comme dans la vraie vie du métier. On enregistre aussi des compositions pour le théâtre et le ciné.

C’est un peu le parcours d’un auteur/compositeur/interprète qui est encadré par l’école. Il écrit et compose sa chanson, il rentre en studio et puis il va la présenter au public sur scène.

C’est vraiment ça. De par mon expérience, je le vois bien aussi, c’est quand on est confronté aux choses qu’on a la meilleur appréhension au niveau pédagogique. C’est en forgeant qu’on devient forgeron. Prends l’exemple des métiers du studio… Tant que tu n’y as pas mis les pieds, tu n’en as qu’une vague idée. Mais tu n’en connais pas les us et coutumes, ni les règles. Il y a plein de choses qu’on n’apprend qu’en les pratiquant. Les élèves de la section cinéma en deuxième année dans le cadre de leur rendu pédagogique réalisent un court métrage. C’est nous qui en faisons la musique. Il y a donc un vrai travail qui est fait avec le réalisateur. Finalement, ce sont les conditions du réel, mais dans le cadre de l’école, pour que demain, ils puissent répondre aux demandes qu’on pourra leur faire.

Quelles sont les conditions d’admission ? Y a-t-il un âge minimum ? Y a-t-il une audition ?

Il faut avoir 18 ans. Une journée d’audition lambda commence dès le matin avec un questionnaire assez généraliste avec un peu de théâtre, un peu de musique, pour savoir ce qu’ils aiment, ce qu’ils ont envie de faire et ce qu’ils aimeraient écrire. C’est vraiment pour avoir une cartographie du postulant. Ensuite, ils ont un petit examen de ear training, d’harmonie et d’écriture… Ce qui nous permet à nous de voir où ils en sont. Et l’après-midi, on leur demande de nous interpréter soit une compo, soit une reprise piano/voix, guitare/voix, a cappella ou avec un ordi. Là, on voit clairement où ils en sont et s’ils sont admissibles à l’école. Comme nous ne sommes pas dans l’élitisme, il n’y a pas de prérequis spécifique. C’est surtout l’envie de travailler et leurs motivations qui sont importantes. Et puis… il faut aussi un peu de talent ! (sourire) Tous ces « examens » nous permettent de graduer le niveau des postulants pour pouvoir faire des groupes avec des niveaux différents pour que chacun puisse y trouver son compte et puisse progresser.

Y a-t-il plusieurs classes ?

L’année prochaine, ils seront à peu près quarante élèves, il y aura donc plusieurs groupes. C’est très difficile de travailler à plus de vingt par classe. On a donc beaucoup de travail collectif mais ce qui est difficile avec la musique, c’est que c’est une somme d’individualités qui se fondent dans un collectif. L’artiste est toujours assez seul dans son art, dans sa compo et dans son écriture. Et quelque part après, pour aller plus loin, il a besoin de la jouer collectif. Donc, une partie de la formation est collective et une autre est individuelle. Donc, on peut difficilement aller à plus de vingt par groupe. Pédagogiquement, ce serait trop compliqué. il y aurait aussi un manque d’espace.

Cours Florent Musique - DR

Y a-t-il un numerus clausus ?

Non. Disons, qu’on n’a que la limite des mètres carrés qui nous sont alloués et la limite de mon corps professoral. Ce qui est certain, c’est qu’on ne va pas dire qu’on prend quarante candidats et pas un de plus. On ne peut pas se couper de gens qui auraient leur place et qui auraient le talent pour s’imposer. Après, s’il y a trop d’élèves, c’est clair que ça posera quelques problèmes opérationnels mais ce n’est pas trop grave finalement… ça se gère.

Le Cours Florent a ouvert une antenne Théâtre à Bruxelles. Est-ce envisagé pour la section musique ?

Chaque chose en son temps ! On va déjà s’installer et se consolider sur place, ici à Paris. Mais le Cours Florent Musique, c’est le Cours Florent avant toute chose. Donc, s’il est amené à se développer à Bruxelles ou dans d’autres villes, la musique s’y développera aussi. Dès l’instant où c’est un réel besoin… parce qu’en France, c’est un réel besoin d’envisager la musique dans la transversalité des arts. Peut-être que c’est moins nécessaire en Belgique, où le cloisonnement des arts est moins important. En tout cas, là où ça prendra du sens, on sera amené à s’y développer.

Je te pose la question parce que finalement toutes les formations artistiques, à peu de choses près, se déroulent à Paris…

Je sais. Venir à Paris n’est pas évident pour tout le monde. Ça coûte assez cher. Se loger n’est pas très facile. Donc, ce sont des réflexions qu’on a et c’est du développement sur du long terme. C’est pour ça que le Cours Florent monte aussi une antenne à Montpellier. Si on a la possibilité de s’installer durablement dans le sud, ce sera plutôt pas mal… ça permettra aux jeunes de ne pas devoir monter à Paris tout de suite. Bien que pour les métiers de la musique, de théâtre et du cinéma, c’est quand même à Paris que la ressource se trouve ! Là, l’antenne à Montpellier est attendue pour 2015/2016. Ce sera au départ une section théâtre parce que c’est l’essence du Cours Florent. C’est logique.

N’as-tu pas peur que dans la tête des gens, le Cours Florent ne s’apparente justement qu’au Théâtre et à l’Art Dramatique ?

C’est pour cette raison qu’on fait tout un travail de communication. On veut montrer que la musique est une discipline à part entière mais qui intervient dans le théâtre et le cinéma. Et donc, elle a besoin d’un enseignement spécifique. C’est un beau challenge en tout cas pour la France où tout est assez cloisonné. Un comédien qui chante… on émet toujours des doutes sur sa démarche ! Mais en même temps, ça change et quand on y regarde de plus près, il y a tout de même tout un tas de correspondances entre le comédien et l’auteur/compositeur/interprète, en dehors du fait qu’ils montent tous les deux sur les planches. Je suis en tout cas très heureux de rompre avec ce cloisonnement très franco-français dans le cadre de l’excellence. Nous avons des devoirs d’excellence, que ce soit en musique, en théâtre, en cinéma ou en comédie musicale.  Je pense en tout cas que le Cours Florent Musique apporte un nouveau souffle à l’enseignement de la musique en France, tel qu’il est aujourd’hui. C’est un projet qu’on aurait du mal à monter dans d’autres écoles qui n’ont pas des sections théâtre et cinéma. C’est une formation qu’on ne peut pas avoir dans une simple école de musique. Là, on essaye de tirer tous les fils et toutes les transversalités possibles et imaginables. Dans la musique à l’image, il y a énormément de métiers qui sont assez méconnus mais qui existent…

Donc, le centre de la formation, c’est la polyvalence.

L’artiste est polyvalent de nature, de toute façon… Un jeune acteur peut jouer le jeune premier à vingt ans… mais à cinquante, il faudra qu’il rajoute des cordes à son arc. Tout au long de sa vie et de son parcours, un artiste évolue. Dans la musique, c’est la même chose… et c’est même encore plus évident ! Regarde toute la nouvelle technologie qu’on a depuis quelques années… Il y a de nouveaux outils, de nouveaux médias… Il y a de plus en plus de chaînes de télé, donc il y a de plus en plus de jingles et d’habillages à faire. Il y a donc de la ressource et tout un tas de métiers dont on peut vivre.

Quel est le planning pour les prochaines auditions et la rentrée ?

La prochaine audition aura lieu le vendredi 13 juin. Il y en aura une début juillet et une autre la première semaine de septembre. La rentrée quant à elle aura lieu soit le 29 septembre, soit le 6 octobre. C’est encore en discussion.

Enfin, combien coûte une année de formation ?

5900 Euros TTC. Mais il faut savoir que les élèves du Cours Florent Musique sont avant tout des élèves du Cours Florent, ils ont donc accès à toutes les options disponibles comme l’improvisation ou le masque. Ça leur permet aussi de découvrir d'autres univers et pas simplement l’univers du musicien. Ils ont accès à l’univers du comédien et de l’acteur. C’est une formation qui ouvre l’esprit et les horizons.

C’est aussi très important que les artistes se rencontrent entre eux.

Bien sûr. Il faut que les musiciens rencontrent les comédiens, etc… De là, il y a certainement plein de choses qui vont naître. Des pièces de théâtre, des films, des spectacles… que sais-je ? Tout ce melting-pot va déboucher sur de belles choses, j’en suis certain ! Mais je ne veux pas qu’on prenne non plus trop l’exemple anglo-saxon, parce que nous sommes français et nous avons notre spécificité française. Donc, on s’inspire de l’exemple anglo-saxon, mais on reste français. Ce qu’on veut surtout, c’est donner un bon coup de pied dans ce cloisonnement qui entretient finalement un certain immobilisme…

Propos recueillis par Luc Dehon le 27 mai 2014.
Photos : DR
Site web : http://www.coursflorent.fr/formation/ecole-musique
Facebook : https://www.facebook.com/CoursFlorentParis?fref=ts









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