Interview de Aurélie Cabrel

Propos recueillis par IdolesMag.com le 15/05/2014.
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Aurelie Cabrel - DR

Aurélie Cabrel publie le 26 mai son deuxième album, « À la même chaîne », un opus dans lequel la jeune artiste affirme ses choix et son identité artistique. Nous avons été une nouvelle fois avec grand plaisir à sa rencontre afin d’évoquer la création de ce nouvel opus, ses collaborations avec son père, Francis Cabrel, qui signe ici trois textes, Grand Corps Malade et Olivier Béranger, ainsi que sa belle complicité musicale avec Esthen. Nous parlerons également du clip de « Bref, s’aimer » et de l’incompréhension dans laquelle la jeune artiste s’est trouvée l’année dernière lors des débats sur le mariage pour tous. Aurélie Cabrel s’affirme. Elle assume ses choix. Et nous, nous sommes sous le charme. Rencontre avec une artiste authentique et sincère.

 

Aurelie Cabrel, a la meme chaine

IdolesMag : Vous êtes-vous rapidement remise à la création après la sortie de votre premier album, « Oserais-je ? »

Aurélie Cabrel : Oui… Après la sortie du premier, on a fait une série de concerts. Et une fois que ces concerts ont été terminés, à peu près un mois après, on s’est rapidement remis à l’écriture.

D’avoir fait une assez longue tournée vous a-t-il amenée à appréhender différemment l’écriture et la composition ?

Forcément. Faire beaucoup de live apporte beaucoup de choses. C’est très intéressant. Sur un premier album, on ne connait pas encore parfaitement sa personnalité musicale. Disons qu’elle n’est pas encore totalement intégrée. C’est la même chose pour la personnalité vocale. De faire des concerts, ça nous permet d’apprendre ce qu’on aime interpréter, ce qui nous fait le plus vibrer et ce  dans quoi on a le plus de retours positifs de la part du public. Et en fait, petit à petit, ça nous trace un peu notre propre univers. Donc, c’est vrai que par rapport à la maturité vocale et scénique, et par rapport à l’interprétation, ça nous permet de définir ce que seront les bases du prochain opus. Et moi, je suis très contente de ça. La scène m’a permis de me découvrir. C’est ça qui m’a vraiment apporté la trame de ce que je voulais proposer par la suite.

Le thème de l’amour au sens large est un peu le fil rouge de l’album… alors que je pense que c’était une direction que vous ne vouliez pas forcément prendre au départ…

Oui et non… (sourire) Disons que je ne me suis jamais dit « voilà, je vais prendre cette direction-là, et pas telle autre. Je vais parler de tel thème et pas tel autre ». Non. J’ai souvent dit que je ne voulais pas parler uniquement d’amour plutôt en rigolant… Vous savez… L’homme qui a écrit quelques-unes des plus jolies chansons d’amour de la chanson est française de ces trente dernières années est mon papa… Donc, forcément, ça me mettait un peu la pression ! (sourire) Et donc, j’ai souvent ri de ça en me disant que « Mon Dieu, jamais je ne pourrais écrire des chansons d’amour… » Et finalement, quand on est en pré-production avec Esthen, qui est le réalisateur de mes deux albums, on arrive avec une trentaine de morceaux en essayant de les pousser au maximum dans leur identité musicale, etc… Et après seulement, on fait une sélection de douze morceaux qui, pour nous, sont les meilleurs et ceux qui doivent figurer sur un album pour qu’il soit lui aussi le meilleur possible. Et donc, du coup, quand on a eu sélectionné ces douze morceaux-là, on est arrivés avec des morceaux qui parlaient essentiellement d’amour, de toute sorte d’amour. Et en même temps, vu que c’est un album qui parle de la vie… l’amour c’est quand même ce qui anime les rapports humains et la vie en général… c’est assez logique finalement.

Vous me disiez tout à l’heure que vous aviez une certaine pression… familiale, dirons-nous, par rapport aux chansons d’amour. J’aimerais un instant évoquer la chanson « Je ne suis pas jalouse » qui parle un peu de ça… mais dont vous ne signez pas le texte. Pourquoi ? Était-ce, d’une certaine façon, un peu douloureux ? N’arriviez-vous pas à trouver l’angle d’écriture ?

C’est totalement ça. J’ai connu l’angoisse de la page blanche avec ce texte parce qu’en fait, c’est le premier texte dont j’ai eu l’idée, même avant de finir la tournée du premier album. Je me suis dit qu’il fallait absolument que j’écrive sur ça, pour désacraliser d’une certaine manière cette image de « fille de » qui me colle à la peau. Je voulais une bonne fois pour toutes expliquer ce qu’un fils ou une fille de pouvait ressentir. En l’occurrence, il s’agit de moi, mais cette chanson pourrait être déclinée pour plein d’autres artistes. Donc, c’est vrai que c’était un thème que je voulais absolument aborder et dont j’avais l’idée depuis un moment. J’ai retourné le problème dans tous les sens possibles et imaginables. J’ai pensé à tout ce que je pouvais mettre dans cette chanson… Mais je n’y arrivais pas. Et puis, un jour en parlant avec un ami qui s’appelle Olivier Béranger, tout m’est apparu plus limpide. Je lui ai dit que je n’arrivais pas à écrire ce texte, c’était une conversation tout ce qu’il y a de plus banale. Et puis, le lendemain matin, j’avais un petit mail dans lequel il me présentait ce texte, « Je ne suis pas jalouse ». « Avec tout ce que tu m’as dit que tu voulais mettre dans cette chanson, voilà ce que j’ai pu en faire… » Et effectivement, mis à part changer deux ou trois phrases de place pour les mettre ailleurs dans le texte, c’était parfaitement ce que j’avais envie d’écrire depuis quelques temps… Et Esthen a composé la musique dans la foulée. C’est une chanson qui me touche vraiment. C’est vraiment le reflet de ce que je pense et, surtout, il a posé parfaitement des mots sur ce que j’avais envie de dire.

Dedicace d'Aurelie Cabrel pour IdolesMag

Pensez-vous qu’« être la fille de » a été un frein à l’exploitation du premier album ? Pour les médias, comme pour le public.

Je ne sais pas… Je pense très sincèrement qu’à l’heure actuelle, il y a des freins un peu partout, quel que soit notre nom ou nos origines… Parfois c’est un avantage, parfois, c’est un frein, et en même temps ce n’est aucun des deux. C’est compliqué de répondre à cette question parce que je n’ai pas vraiment la réponse, dans le sens où je pense qu’il y a tellement de gens talentueux en ce moment… Avec Internet, notamment, on découvre plein plein d’artistes qui auraient totalement leur place sur les ondes radios… mais c’est compliqué pour tout le monde. Et je pense que ce soit Aurélie Cabrel ou n’importe quel autre artiste, on rencontre tous des difficultés à tout moment.

On va continuer à parler encore un instant de votre papa… parce qu’il signe tout de même trois chansons  (« Bref, s’aimer », « Lève les bras » et « Tout l’indiffère ») ! Comment ça s’est passé ? Lui avez-vous demandé un titre, est-ce lui qui est arrivé avec des textes ?

En fait, tout s’est passé tout naturellement lors de la dernière tournée. Je rentrais d’un concert qui avait, je pense, lieu au Luxembourg si je ne m’abuse. Et comme après tous les concerts, j’ai mon papa et ma maman au téléphone qui me demandent comment ça s’est passé. Mon père m’a dit alors qu’il pensait justement à moi parce qu’il avait quelques textes et qu’il avait envie de me les proposer. « Si tu as envie d’en prendre, ils sont à toi ! » J’ai évidemment été très touchée de cette démarche. Et très flattée aussi… C’est quand même un auteur hors pair ! (sourire) Quand on a raccroché, j’étais un peu abasourdie. J’étais juste heureuse d’avoir quelques textes écrits par lui ! Quelques jours après, par mail, il m’a envoyé six textes et j’en ai choisi trois dedans, les trois qui me parlaient le plus et qui me ressemblaient le plus. Les trois que j’avais tout simplement envie de travailler et d’interpréter.

Aurelie Cabrel, bref, s'aimer

Grand Corps Malade signe lui aussi un texte (« À quoi tu rêves ? »). Comment est-il arrivé sur le projet ? On vous imagine assez éloignée de la scène slam…

(sourire) Je comprends… Ce n’est pas que de l’imagination, j’en suis assez éloignée, effectivement ! Je suis assez inculte de cette scène musicale. Le rap et le slam, je suis assez éloignée. Enfin… le rap, je m’y suis tout de même déjà frottée. J’ai essayé d’écouter à plusieurs reprises différents artistes. J’ai beaucoup de respect pour cette branche musicale, par contre, je n’arrivais à trouver, pour moi, d’affinités particulières avec le rap, même si j’ai un total respect pour tous les styles musicaux. Et le slam, c’est un peu la même chose. Je ne connais pas bien. Je connais bien entendu Grand Corps Malade comme un peu tout le monde, mais disons que je ne connaissais pas l’entièreté de son œuvre. Et il s’avère qu’il a joué dans mon village dans le Sud de la France. Et là, je suis restée, pendant une heure et demie suspendue à ses lèvres. J’ai adoré ce qu’il a fait. J’ai trouvé sa démarche incroyablement courageuse. Je me suis, en fait, rendue compte que le slam était encore plus une mise à nu que la chanson. C’est assez gênant de parler ou de s’entendre parler. Je me suis dit en le voyant sur scène qu’il fallait vraiment un courage monumental pour faire ce qu’il faisait. Quand j’ai vu débarquer ce grand mec sur scène, j’ai été époustouflée… parce qu’il est grand tout de même ! En taille… et en talent aussi ! J’ai été vraiment bouleversée par sa prestation. Tous ses textes ont une fluidité impressionnante. Je suis donc totalement tombée sous le charme musical de cet artiste. Et chose que je n’avais jamais faite de ma vie… après son spectacle, j’ai pris mon courage à deux mains et je suis allée le voir. Je lui ai dit « Voilà, je m’appelle Aurélie… Vous avez travaillé avec mon père… » Ils venaient d’écrire « La Traversée » qu’ils ont chantée en duo sur son dernière album. Je lui ai dit très sincèrement que j’étais en train de préparer mon deuxième album et je lui ai demandé s’il aurait la gentillesse de m’écrire un texte. Il m’a dit que c’était ça la musique, que c’était un échange. Il m’a dit que nous allions travailler ensemble comme il avait travaillé avec mon père. Trois semaines après, je recevais le texte de « À quoi tu rêves ? » qui est un texte qui me plait énormément. Je trouve vraiment que Fabien a une écriture splendide. C’est une rencontre totalement hasardeuse et finalement très belle…

Aurelie Cabrel - DR

Vous avez dit dans une interview que vous écriviez « des chansons comme les enfants dessinent ». Est-ce quelque chose de très spontané et instinctif, l’écriture et la composition ?

Oui, c’est spontané et instinctif. Mais ce que je voulais dire plus précisément, c’est que je fonctionne vraiment par image. Et même dans ma vie personnelle. J’ai vraiment des images dans la tête, plus que des mots ou des noms. C’est un processus très visuel. Quand on me parle, que j’entends une voix, j’imagine tout de suite des couleurs. Et c’est vrai que du coup l’écriture vient assez naturellement. Il faut juste que je sois au bon moment au bon endroit… et que j’aie un stylo sous la main… (sourire) Et je pense à des images qui m’ont touchée quelques jours ou quelques mois auparavant. Et j’essaye de construire un texte autour de ça. Écrire comme les enfants dessinent, c’est vraiment le cas… parce que parfois, il y a un résultat… et parfois pas ! (rire)

On vient de parler de votre papa, de Grand Corps Malade et d’Olivier Béranger. On n’a pas encore évoqué Esthen qui travaillait déjà avec vous sur le premier album. Comment bossez-vous tous les deux ?

On est vraiment complémentaires. Déjà, à la base, on n’écoute pas spécialement les mêmes choses, musicalement parlant. Et donc, c’est vrai qu’on s’amène une espèce de ping-pong musical quand on bosse ensemble. Il me fait écouter des choses, je lui en fait écouter d’autres. Et du coup, on en arrive à essayer d’emboîter nos influences respectives petit à petit. Ce qui donne des styles de chansons très particuliers. On mélange beaucoup de choses différentes avant d’arriver à un résultat. Tout se passe super naturellement avec Esthen. On est très complémentaires. On a la même vision du métier et la même vision de la vie. Du coup, notre travail, ou plutôt notre collaboration devrais-je dire, est super saine et super facile d’accès. Et surtout… on travaille en rigolant ! Et ça, ce n’est quand même pas donné à tout le monde. Les Belges ont quand même un humour d’enfer… Il faut le reconnaître ! (rire) Du coup, on travaille à la cool. On écoute des choses, puis on boit un bon vin et on discute de ce qu’on va faire de ça… Après, on en arrive à un morceau. Deux jours après, on le réécoute et on le peaufine pour qu’il puisse exister à sa juste valeur.

On trouve de très jolies cordes sur l’album, et notamment sur la chanson « Les guillemets ». Je pense que leur enregistrement a été un grand moment pour vous ! Qu’avez-vous ressenti quand vous avez été les enregistrer avec l’Opéra de Paris ?

Ouf… ça a été un moment complètement fou ! Il faut savoir qu’on n’était pas du tout partis dans l’idée d’avoir le privilège de pouvoir enregistrer de vraies cordes. Et au vu de la tournure que prenait l’album, on nous a permis de le faire et on nous a donné les moyens de le faire. Je suis tout à fait consciente que ces moyens-là ne sont pas donnés à tout le monde. C’est là qu’on a débarqué dans ce studio à Paris avec quinze cordes qui ne connaissaient pas du tout notre partition. Aucun n’avait vu notre partition auparavant. Et en trois minutes dix, tout était bouclé ! Ils ont ouvert la partition, le chef d’orchestre a tapé trois fois sur son petit bâtonnet et tout le monde était parti. Au même moment. Ça a été parfait et impeccable tout de suite. Pour moi, ce sont des choses qui sont bouleversantes. Déjà arriver à un tel niveau de professionnalisme dans la musique… ça fait rêver ! Faire sonner les instruments, c’est quelque chose qui m’a toujours bluffée. Et c’est vrai qu’au-delà de ça, j’étais à côté d’Esthen qui, lui, avait écrit cette partition et en avait écrit les arrangements. Et là, tout d’un coup, j’ai été fière de voir que ce qui sortait de notre petite pré-production et de nos petites têtes soit joué par des musiciens de talent comme ceux-là. Du coup, je me suis effondrée et j’ai pleuré… (sourire) J’ai vraiment senti les larmes monter et je me disais « tu ne vas pas pleurer ! Tu ne vas pas pleurer ! »… Deux secondes après, j’étais en larmes, des frissons partout et la chair de poule. Je me suis dit que ce n’était pas possible. Je me suis sentie bouleversée. J’ai compris ce qu’était le fait d’être bouleversée par la musique…

Parlons un instant du clip de « Bref, s’aimer ». Avez-vous rapidement pensé à montrer trois couples moins conventionnels ?

Oui, directement. C’était vraiment mon envie. J’ai été très choquée avec tout ce qui s’est passé l’année dernière en France. La société dans laquelle nous vivons est une société très compliquée. Et notamment, en France, à l’heure où j’écrivais cet album, il y a eu cette polémique stérile sur le mariage pour tous. J’ai été vraiment très triste de ça… Un jour, j’ai allumé les informations à la télé et j’ai vu un couple gay qui s’était fait tabasser dans la rue… Ils étaient tuméfiés de partout. Et là, je me suis effondrée, j’ai fondu en larmes. Des injustices comme celle-là, c’est quelque chose que je ne supporte pas, mais pas du tout. On est dans un pays où les droits de l’Homme sont prônés par tous… et regardez ce que ça a donné. Ça a un sens tout de même le mot « égalité »… Ce n’était pas possible ce que je voyais. Et finalement, rien n’est impossible… et on l’a vécu ! Et donc, dès qu’on a émis l’idée de tourner un clip sur ce morceau-là en particulier, qui en plus de ça est un morceau qui parle de l’Amour avec un grand A, il était totalement logique pour moi qu’on montre trois couples qui pouvaient représenter l’Amour. Tout simplement. Ça coulait de source pour moi. Je ne me voyais pas tourner un clip avec un homme et une femme tout simplement. Non. C’était tout le contraire que je voulais.

Vous n’avez pas choisi la facilité en montrant un couple gay qui se marie, un couple plus âgé dont on devine que le mari pourrait être atteint de la maladie d’Alzheimer et un couple mixte. On sent que vous voulez faire passer un message…

C’était clairement le but ! À titre personnel, je préfère ne pas parler de politique. Mais je respecte ceux qui le font. Pour moi, la politique et la façon de penser appartient à chacun. Mais d’un autre côté, on fait tout de même de la musique pour adoucir les mœurs. Notre but, en tout cas le mien quand je fais de la musique, c’est de dire aux gens « voilà, vous n’êtes pas seuls. Ça peut vous faire du bien d’écouter des choses et de vous retrouver dans un univers musical »… Et donc, dans le clip, ça ne m’intéressait absolument pas d’avoir une bimbo en maillot de bain au volant d’une décapotable… On n’en est plus là ! Et malheureusement, on ne voit que ça à la télé…

C’est ce que j’allais vous dire… certains en sont encore là !

(éclats de rires)

C’est intéressant, justement de véhiculer un message supplémentaire avec des images.

Après, moi je sais que je le dis souvent, je fais partie de l’artisanat de la musique. Je ne dis pas ça pour me vanter ou quoi que ce soit, je le ressens comme ça. Je n’ai pas envie de faire partie du système qui impose de faire un trente-six parce que c’est mieux de faire un trente-six, qui impose aussi de cacher ses rondeurs parce ce n’est pas vendeur… Non. Moi, je fais de la musique. Point barre. Déjà, j’essaye de la faire le mieux possible. Ensuite, quand je tourne un clip, j’ai envie de faire passer des choses, une identité. C’est ma façon de penser, on y adhère ou on n’y adhère pas. Peu importe. Mais par contre, je pense que les gens sont contents de voir cette différence dans cette vidéo-là. Beaucoup me le disent. Donc…

Aurelie Cabrel - DR

Finalement, de toutes les chansons qui composent cet album, y en a-t-il une pour laquelle vous avez un peu plus de tendresse qu’une autre ? Quand je parle de tendresse, je pense à quelque chose qui se serait passé autour de la chanson, pas forcément la chanson en elle-même.

Des anecdotes, il y en a sur toutes les chansons… par contre, celle qui, je pense, me ressemble le plus, celle dont je peux dire « c’est moi », c’est « C’est pourtant pas le Paradis ». Dans cette chanson, on trouve un peu tout ce que j’avais enfouis en moi depuis des années. Et peut-être que c’est ce qui m’empêchait d’être ce que j’avais envie d’être. Quand j’ai pu écrire ce morceau-là, je me suis affirmée. Je ne suis pas en train de dire que je lève le poing et que je pars revendiquer quoi que ce soit dans la rue. Non. Ce que je veux dire en disant que je me suis affirmée, c’est que je me suis affirmée à l’intérieur de moi et dans ma musique.

Avec le recul, ce deuxième album a-t-il été plus facile ou plus difficile à mettre en œuvre que le premier ?

Plus facile… parce que tout simplement, il s’est moins fait dans le douleur. Un premier album, c’est toujours délicat. On ne sait jamais à quelle sauce on va être mangée. On a toujours aussi un peu d’appréhension de partir dans le même métier qu’un membre de sa famille. C’est compliqué, tout ça. Disons qu’ici, je n’avais plus cette appréhension ni ce stress. Sur le premier album, je me suis finalement beaucoup cherchée, je ne savais pas quelle était ma personnalité musicale. Le deuxième s’est fait hyper naturellement. Et même dans le choix des morceaux. Et dans leur couleur aussi. On est assez tombés d’accord d’un coup, sur ce qu’on voulait faire de tout ça… Et voilà. Les équipes avec lesquelles je travaille aujourd’hui, ça a été comme une évidence. Donc, j’aurais tendance à dire que tout a été plus simple…

Propos recueillis par Luc Dehon le 15 mai 2014.
Photos : DR
Site web : http://aureliecabrel.sonymusic.fr/
Facebook : https://www.facebook.com/AurelieCabrel?ref=ts&fref=ts









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