Interview de Benjamin Franklin

Propos recueillis par IdolesMag.com le 02/05/2014.
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Benjamin Franklin - DR

Le DJ Benjamin Franklin vient de publier son nouveau single « Better World ». L’occasion était belle d’aller à sa rencontre afin d’en savoir un peu plus sur son parcours (il a commencé en tant que résident au Barfly), les soirées « Who the Fuck is Benjamin Franklin » et sa vision sur l’évolution de son métier. Au fil des questions, nous évoquerons également ses récentes collaborations avec Amir de « The Voice », Rodrigo Ace et Doc Gyneco, ou encore sa rencontre avec Charles Aznavour.

IdolesMag : Viens-tu d’une famille dans laquelle la musique avait de l’importance?

Benjamin Franklin : Pas du tout… mais vraiment pas! (sourire) Mes parents ne sont pas du tout dans la musique et le reste de la famille non plus. Je suis vraiment autodidacte. J’ai appris la musique avec mon ancien meilleur ami qui m’a appris à jouer de la guitare en premier.

Est-ce qu’on écoutait tout de même de la musique ? Laquelle ?

Oui, tout le monde écoute de la musique… mais personne n’est musicien. On avait un jukebox à la maison quand j’étais jeune. On faisait des fêtes tout le temps. On ramenait des DJ à la maison et des orchestres. Mes parents adoraient la musique mais n’en faisaient pas leur métier.

Quel est ton parcours dans les grandes lignes ? Je pense que tu as commencé par organiser des soirées.

C’est ça. J’avais quinze ans quand j’ai commencé à organiser des soirées dans les plus beaux clubs de Paris, des clubs comme Les Bains, le Niels à l’époque, le Bash… Après, par la suite et par hasard, je suis tombé dans le deejaying.

Explique-moi ce hasard…

(sourire) Je dis par hasard parce que moi, à l’époque, je regardais les DJ. J’avais plein de potes DJ, mais c’est tout. Je ne pensais pas le devenir un jour. Je n’avais, à vrai dire, jamais essayé… Et un jour, un ami me demande de venir le chercher pour aller dans un endroit qu’il allait gérer. C’était un endroit et un restaurant un peu à la mode. Le patron qui était un ami à nous m’a demandé si je n’étais pas DJ… J’ai réfléchi cinq minutes. Je lui ai répondu que je ne l’étais pas, mais que s’il le voulait, je pouvais le faire. C’est parti de là. Donc, c’était du pur hasard. Après, ça ne l’a plus été…

Quand est-ce que ça devient sérieux dans ta tête ?

En fait, ça devient rapidement sérieux grâce à mon ami Carlos Campos, qui est le DJ du Barrio Latino. Il m’a appris à être vraiment DJ. Il m’a dit quoi acheter et comment mixer. Au bout de deux mois en tant que DJ dans ce fameux restaurant, j’ai arrêté et Carlos m’a dit qu’il ne fallait pas m’arrêter comme ça, sinon, j’allais m’arrêter définitivement. Il m’a proposé de partir avec lui en tournée Barrio Latino. Je suis donc parti en tournée avec lui. Et de là, j’ai vraiment démarré. Le Barrio Latino, le Buddha Bar, etc… c’était le groupe George V. Dedans, il y avait le Barfly. Et je suis rentré au Barfly grâce à eux. Je suis alors devenu résident du Barfly pendant trois ans. C’était l’endroit vraiment à la mode. Comme tout le monde et toutes les stars allaient là-bas, j’ai fait mon carnet d’adresses comme ça.

À ce moment-là, tu deviens « LE » DJ tendance.

Ouais… J’étais employé au Barfly comme DJ. C’est là que tout a démarré…

Quel est le concept des soirées « Who the Fuck is Benjamin Franklin » ?

Il y a six ans, j’ai monté ce concept parce que je trouvais qu’il n’y avait rien d’original à Paris comme soirée. À la base, c’est parti d’une idée un peu folle… J’ai fait faire des cartes de membre et chaque personne qui achetait cette carte de membre pouvait inviter une autre personne, mais qui payait aussi. Les seuls qui pouvaient venir aux soirées étaient ceux qui étaient accompagnés d’une personne ayant déjà sa carte de membre… (sourire) Les autres ne pouvaient pas rentrer. Tout est parti de là. Ça a cartonné assez rapidement. Après, je me suis rendu compte que tous les clubs ne pouvaient pas jouer le jeu, que ce n’était pas possible. Donc, j’ai continué mes soirées avec des performers, comme des Drag Queens ou des danseuses. C’était ça le concept à la base.

Est-ce important à l’heure actuelle en tant que DJ d’avoir ses propres soirées ? C’est une manière de se démarquer des autres.

En fait, tout ce que je fais est axé sur le marketing. Si tu ne fais pas de marketing, tu ne te démarques pas des autres. Donc, oui, c’était important de faire ces soirées pour pouvoir me démarquer des autres « marketingement » parlant. C’est-à-dire que je fais beaucoup de vidéos et que des stars interviennent dedans. Je fais des clips exprès pour mes soirées. Je fais des photos, des bâches de quatre mètres sur trois… Il y a vraiment une communication  sur ces soirées-là. C’est finalement hyper important. C’est là que tu fais la différence.

Who The Fuck is Benjamin Franklin

Le merch’ sur ton shop est assez important. Il y a des casquettes, des lunettes, des cigarettes électroniques, des débardeurs, etc… Tes casquettes ont d’ailleurs été portées par les candidats de « L’Île des Vérités » ou des « Anges de la Téléréalité ». Outre le fait que c’est une super exposition, quel regard jettes-tu sur ces émissions-là ? En es-tu client ?

Je ne suis pas client. Maintenant, quand je tombe dessus, je suis client au millième degré. Ça me fait rire. Et en même temps, je regarde quand je vois ma casquette, et ça me fait bien marrer ! (rires) Il ne faut pas se leurrer, c’est une très très bonne exposition pour mes casquettes, mon merchandising et donc pour moi au final. Ce sont des émissions très porteuses. Les gens sont suiveurs de ces émissions-là. Donc, ils s’identifient aux candidats et comme tout le monde, à part « les Marseillais », les porte, même les filles d’ailleurs, c’est bon pour moi. Du coup, ça marche bien grâce à ça. Et le merchandising, c’est une super promo.

Ça reste du marketing.

Exactement, c’est du marketing. Et d’ailleurs, aujourd’hui, plein de gens veulent porter mes casquettes !

Là, tu viens de publier ton dernier single, « Better World ». Depuis quand composes-tu et crées-tu des prods ?

Depuis dix ans, en fait. À la base, j’ai monté mon propre studio avec Carlos Campos du Barrio Latino qui m’a appris à mixer. Après, on s’est désassociés, mais nous sommes restés amis. J’ai donc continué tout seul. Du coup, j’ai fait beaucoup beaucoup de prods. Je compose pour les autres et pour moi aussi. D’ailleurs, beaucoup pour moi. J’ai aujourd’hui mon petit label, et j’en suis fier. Je suis également en coprod avec Madison.

Est-ce important pour un artiste d’avoir son propre label à l’heure actuelle ?

C’est très important parce que ça me donne plus de liberté. Par exemple, si on veut juste faire une petite prod très underground qui nous plait beaucoup à nous, on ne va pas forcément la sortir chez Universal, comme là on est en distrib’ avec eux. Non. On peut le sortir quand même. On peut faire un peu ce qu’on veut. On est libre.

C’est donc la jeune Inès qui chante sur « Better World ». Peux-tu me dire un petit mot sur elle ? Comment tu l’as rencontrée, ce qui t’a donné envie de bosser avec elle, etc…

Une amie de la femme d’un très bon ami à moi est partie en vacances. Jusque-là, rien d’exceptionnel. (sourire) Mais elle y a rencontré Inès au bord d’une piscine en train de chanter. Elle l’a filmée et elle a envoyé la vidéo à la femme de mon ami. Lui me l’a envoyée et c’est comme ça que j’ai découvert Inès.

C’est encore un joli concours de circonstances…

Complètement ! Ma vie est faite de choses comme ça de toute façon. Elle avait donc seize ans et demi quand je l’ai rencontrée. On a enregistré plusieurs titres ensemble. On a fait plusieurs prods et plusieurs singles sont sortis. À l’étranger notamment. Et là, nous venons de sortir « Better Word ».

Dans quelles circonstances est-elle née, cette chanson ?

Je ne me souviens pas vraiment… Tu sais, il n’y a pas vraiment de circonstances quand je produis quelque chose. C’est-à-dire que je me réveille le matin et je vais en studio… Ah si ! En y repensant, là, je me souviens que ce matin-là, je m’étais dit qu’il fallait que je fasse quelque chose de happy. J’avais ça en tête. J’ai joué quatre accords de piano très happy. Et le titre « Better Word » est né assez rapidement. Je travaille avec un chanteur qui m’a fait la mélodie. Il s’agit de Rodrigo Ace, que tu as interviewé il n’y a pas longtemps ! (sourire)

Rodrigo Ace, tu travailles avec lui depuis longtemps ?

Ça fait deux ans qu’on travaille ensemble. Là, il vient de signer chez Capitol pour le single « J’te l’dis quand même (Te quiero) » et un album, mais avant, on bossait ensemble et il a chanté beaucoup de mes mélodies. Rodrigo, c’est vraiment mon pote. On a fait pas mal de choses ensemble.

Peux-tu m’en dire un peu plus sur le clip de « Better World » qui a été tourné à Saint-Domingue ?

On a tourné en République Dominicaine il y a un mois et demi. Là, on attend le montage. On a tourné plusieurs clips là-bas. En fait, on a décidé de partir là-bas parce que je voulais du soleil, de beaux paysages, une belle lumière et une belle nana (sourire). Du coup, on est partis en République Dominicaine. C’est vraiment un très bel endroit pour tourner des clips. On y a fait de belles images en tout cas.

Un album est-il en préparation ou plutôt encore d’autres singles ou EP ?

Pour l’instant, je préfère publier des singles. Il faut faire au moins deux ou trois gros tubes pour faire un album. Aujourd’hui, sortir un album ne servirait à rien. Faire un album pour ne pas le vendre ou en vendre très peu, où est l’intérêt ? Je ne te cache pas que j’ai fait beaucoup de prods et que j’ai de la matière pour au moins trois albums. Mais je pense que c’est mieux de sortir des singles, attendre de faire deux ou trois tubes pour passer au format album. Ce n’est que quand tu as fait des tubes, que les gens te connaissent que c’est intéressant de sortir un album. Avec deux ou trois succès dans la même lignée, on peut broder un album cohérent, pas autrement. Si tu fais plein plein de titres différents les uns des autres, tu peux manquer de cohérence.

Benjamin Franklin - DR

Tu as publié pas mal de photos avec Amir, le finaliste de « The Voice », sur facebook. Quelque chose avec lui est-il envisagé ?

Je ne regardais pas vraiment l’émission mais par contre je connaissais son manager. Je fais partie d’une association qui aide les enfants malades qui s’appelle « Les Rois du monde ». Nous avons fait un concert avec tous les derniers candidats de « The Voice » au profit des enfants malades. Il y avait donc Amir et d’autres candidats. Du coup, comme je connaissais son agent, on a sympathisé. Il s’est fait connaître avec une reprise de « Candle in the Wind » d’Elton John et donc, nous nous sommes dit que nous allions produire son single. Quand un candidat sort de « The Voice », il se passe parfois trop longtemps avant qu’il ne sorte un truc. Donc, nous sommes en train de travailler là-dessus.

Avec Doc Gyneco et Jenifer, y a-t-il là aussi des trucs dans les tuyaux ?

Il y a plein de trucs dans les tuyaux. Je ne vais pas en dire plus parce que tout n’est pas encore finalisé, mais il y a de belles choses qui arrivent. Au fil des années, j’ai connu beaucoup beaucoup de monde, donc j’arrive à collaborer avec quelques personnes sympas… (sourire)

En parlant de personnes sympas… Un invité pour le moins prestigieux est venu à ton anniversaire… Charles Aznavour.

Ah oui ! C’est le cas de le dire. Quel décalage entre son univers et le mien. Pour moi, c’est le plus grand chanteur français, même si, je l’avoue, je n’écoute pas beaucoup de chanson française. Monsieur Charles Aznavour a une carrière incroyable. La plus grosse que personne n’aura jamais en France. C’est finalement, je pense, la personne la plus respectée dans la chanson française. Il est intergénérationnel. Quand j’ai publié ma vidéo avec Charles Aznavour, j’ai reçu des centaines de messages de gens de tous âges. De quinze à soixante-dix ans. C’est là où on voit l’impact de la musique de ce Monsieur. Elle a réussi à traverser les générations. Et donc, c’est hyper important pour moi… Déjà tout simplement de l’avoir rencontré ! J’étais hyper impressionné parce que Charles Aznavour, c’est tout de même Charles Aznavour !! Et puis, pour le décalage qu’il y a entre son monde et le mien. Je m’inspire beaucoup de ce qu’il a fait, même si nous ne sommes pas dans le même créneau.

Dans quelles circonstances l’as-tu rencontré ?

En fait, mon éditeur est celui de Charles Aznavour. Chaque année pour mon anniversaire, je fais des vidéos avec des artistes connus. J’ai donc appelé mon éditeur, Gérard Davoust, qui est un monsieur qui a à peu près l’âge de Charles Aznavour et qui a notamment été patron de la Sacem, et je lui ai dit « Gérard, il faut que tu me donnes un coup de main. J’ai besoin d’un artiste ou deux pour tourner ma vidéo d’anniversaire. » Il m’a dit « OK, je vais voir ». Quelques jours plus tard, il me rappelle en me disant qu’il avait demandé à Charles, qu’il était OK et qu’il fallait juste attendre quelques mois qu’il revienne à Paris. J’ai attendu deux mois… et la rencontre s’est passée trois jours avant mon anniversaire. C’était un beau cadeau. Un très beau cadeau.

Que se passe-t-il dans ta tête quand Gérard Davoust te dit que Charles Aznavour a donné son accord de principe ?

Eh bien, je n’y crois pas ! Tout simplement. Il ne l’a jamais fait pour personne, donc, pourquoi le ferait-il pour moi ? C’était totalement improbable. Je me suis dit qu’il était OK, mais qu’il ne s’en souviendrait pas… tant que je n’étais pas en face de lui, je n’y croyais pas. J’ai donc attendu. Et trois jours avant mon anniversaire, Gérard m’appelle en me disant « Prends ta caméra et ton matériel et on va voir Charles au bureau ». Ça s’est passé tout simplement comme ça…

Benjamin Franklin - DR

Les DJ sont devenus depuis quelques années les véritables stars de la musique. À quoi l’attribues-tu ?

Aux prods. Je pense que c’est la prod qui a fait évoluer le DJ. Sans elle, on n’aurait jamais été aussi loin.  Le DJ est aujourd’hui devenu un compositeur. Quand il fait un tube, c’est comme s’il était un chanteur. On s’en fout finalement que ce ne soit pas lui qui chante. On dit simplement que c’est lui qui a fait le titre. C’est ça qui a fait évoluer le DJ en superstar. On a eu la preuve avec Daft Punk qui est pour moins, la plus grosse star au monde dans tout ce qui est deejaying et musique électronique. Donc, je pense que c’est tout ce qui est production qui a fait évoluer le statut de DJ. Sans les prods, jamais les DJ ne seraient devenus des stars.

Que va-t-il se passer pour toi dans les prochaines semaines et les prochains mois ?

Le clip va bientôt sortir. Là, le titre est rentré en promo club et ça commence à bien fonctionner puisqu’on est la meilleure progression Yacast. On a gagné 106 places, on est premier.

C’est plutôt pas mal ça !

Ouais ! C’est cool ! (sourire) Maintenant, on espère que ça va évoluer encore et que ça va augmenter. Là, on espère rentrer dans les radios.

D’autres prods sont-elles bien avancées ?

Ah oui, j’en ai même certaines qui sont terminées. Il y a plein de collaborations qui arrivent. Des singles sont déjà pratiquement prêts. Je prends toujours de l’avance. Je ne vais pas attendre que le train passe…

Avant de te quitter, je ne peux pas ne pas te demander quels sont tes points communs avec ton célèbre homonyme ?…

(rires) Il est sur les billets de 100$ et j’aime beaucoup les billets de 100$... comme beaucoup de gens d’ailleurs ! C’est un grand inventeur, et moi, j’espère inventer des choses par la suite dans la musique… C’est en tout cas un grand grand monsieur !

Propos recueillis par Luc Dehon le 2 mai 2014.
Photos : DR
Site web : http://www.djbenjaminfranklin.com/
Facebook : https://www.facebook.com/BENJAMINFRANKLINPAGEFAN?fref=ts









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