Interview de Mountain Men

Propos recueillis par IdolesMag.com le 02/05/2014.
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Mountain Men © Damien Luaon

Le duo atypique franco-australien « Mountain Men », emmené par Mr Mat et Mr Iano, publie le 5 mai son nouvel album, un album live hommage à Georges Brassens. Nous avons été à la rencontre de Mr Mat afin d’en savoir un peu plus sur ces « hommes des montagnes », pourquoi ils ont voulu rendre hommage au répertoire de Georges Brassens et quels sont leurs projets. Sachez notamment qu’un quatrième album, studio cette fois-ci, et avec quelques titres en français, est attendu pour le début de l’année prochaine.

Mountain Men chante Georges BrassensIdolesMag : Dans quelles circonstances le projet « Mountain men » a-t-il vu le jour?

Mr Mat : On s’est rencontrés en 2005 avec Ian, dans un caf’conc à côté de chez moi, au-dessus de Grenoble. À Saint-Pierre de Chartreuse, exactement. C’est une petite station de ski dans laquelle j’habite, dans la Chartreuse… C’est là qu’on fait la fameuse chartreuse… la potion magique verte ! (rires) Et donc, c’était en 2005 et Ian donnait un concert en solo, avec son harmonica. À la fin de son spectacle il a demandé si quelqu’un voulait prendre la guitare et jouer. Je me suis proposé. On a joué une heure et demie ensemble. Il s’est vraiment passé un truc, une espèce de coup de foudre musical. Voilà le tout début de l’aventure.

Avez-vous rapidement eu envie de monter un projet sérieux à deux ?

Oui, très rapidement. On a commencé par écumer les caf’conc de la région. Et de fil en aiguille, on a vu l’impact que ça avait sur les gens. Et nous, nous prenions beaucoup de plaisir à jouer ensemble. Donc, ça s’est fait assez naturellement.

Avez-vous le même socle musical l’un et l’autre ?

On a des influences plutôt différentes. Déjà… on nous catalogue un peu dans le blues, même si notre musique, ce n’est pas que ça. Enfin, je crois (sourire). Ian étant australien, n’a pas à proprement parler la culture blues comme pourrait l’avoir un américain. Il vient plutôt du folk et du reggae. Il a beaucoup bouffé du bob Dylan, du Neil Young, du Status Quo… plein de choses comme ça. Et moi, de par ma culture, j’ai beaucoup écouté de chanson française. Les grands classiques : Brassens, Brel, Ferré, Fréhel, Piaf. Et puis, je viens aussi d’un univers plutôt rock. Le blues, j’y suis venu assez tôt, mais à la base, je suis un gros bouffeur de gros rock… et même de métal. Ça fait en tout cas partie de ma culture musicale.

Le métal ?

Ah oui, carrément ! Je suis un grand inconditionnel de Metallica.

Viens-tu d’une famille de musiciens ou d’artistes ?

Pas vraiment. Je me souviens tout de même qu’il y avait une guitare avec trois cordes à la maison. Je ne l’ai jamais trop touchée, mais elle a toujours été là. Ma mère en a joué quand elle avait quinze ou seize ans. Mon père, lui, jouait un peu de l’harmonica. Mais je n’ai pas vraiment de souvenirs musicaux avec ça. Le premier vrai souvenir musical que j’ai, c’est mon grand-père qui sifflait. Il sifflait tout le temps. Quand j’étais gamin, il m’emmenait balader sur le marché, et il sifflait sans arrêt. Mon autre grand-père, lui, chantait.

Penses-tu que ce sont eux qui t’ont donné le goût de la musique ?

Peut-être inconsciemment. Je me suis mis à la guitare vers mes seize ou dix-sept ans. J’éprouvais sérieusement le besoin de faire de la musique. C’est venu un peu comme ça, en fait. Peut-être que sans le savoir, ils ont eu un impact sur moi ? Je pense que oui. Je pense que le fait d’entendre des gens chanter autour de toi, ça doit ouvrir des choses. Mais je n’ai pas vraiment fait un rapprochement avec ça quand je me suis mis à la musique. J’avais envie de faire de la musique. Et j’avais besoin de faire de la musique, tout simplement.

À seize/dix-sept ans, la musique c’est sérieux pour toi ?

Je pense que j’avais vraiment ça dans la tête. Il n’y a pas si longtemps, ma mère m’a rappelé que quand j’avais six ou sept ans, je disais qu’un jour je monterais sur scène pour faire de la musique. Donc, je pense que c’est un truc que j’avais en moi. À seize/dix-sept ans, j’ai commencé à faire de la musique un peu comme tout le monde pour plaire aux filles… (sourire) Mais j’en ressentais vraiment le besoin. C’est en tout cas rapidement devenu ma manière de m’exprimer. Ce n’était pas le fait de devenir connu ou quoi que ce soit, il fallait simplement que je fasse de la musique, c’était vital. J’en avais vraiment besoin.

Quel est ton parcours dans les grandes lignes à partir de ce moment ? En groupe ? En solo ?

J’ai monté un petit groupe de rock pour une fête de la musique. On a dû faire deux concerts. J’avais dix-huit ans. Mais le gros de mon parcours, ça a été en solo. J’ai fait pas mal de concerts dans des caf’conc autour de chez moi. Enfin… quand je dis pas mal, ce doit être trois ou quatre concerts par an ! (rires) Mais justement à cette époque, je faisais déjà des concerts hommages à Brassens. Je devais avoir dix-sept ans. Le premier concert que j’ai fait, c’est dans l’endroit où j’ai rencontré Ian. C’est un lieu qui s’appelle « La Cabine ». Le patron de l’époque était un ami à moi. Ça faisait à peine six mois que je jouais de la guitare. Il m’a entendu faire deux ou trois accords et il m’a dit qu’il fallait absolument que je fasse un concert. Je lui ai dit que je ne savais jouer que trois morceaux, que je ne pouvais pas tenir tout un concert. Mais il m’a tout de même programmé… J’ai fait dix fois les mêmes chansons ! (rires) Mais c’est donc en chantant Brassens que j’ai commencé à faire de la musique.

Quand ce projet d’hommage à Brassens a-t-il réellement pris forme ?

On avait cette idée-là depuis un moment. C’est vraiment quelque chose qui me trottait dans la tête depuis un moment. J’avais envie de sortir un album hommage à Brassens depuis longtemps. D’autres l’ont fait également, mais pour moi, Brassens, c’est quelque chose de très intime. C’est très précieux. Si un truc ne va pas dans ma vie, je me réfugie un petit peu dans son œuvre et je trouve des solutions. C’est comme ça que je vois Brassens. Alors, comment il est né ce projet ?... Eh bien, tu vas rire, c’est la stricte vérité, il est né une heure avant d’arriver à Saint-Malo pour l’enregistrer. On était dans le camion et on allait jouer à « Radio Sing Sing » à Saint-Malo. C’est une radio un peu militante qui organise de super concerts. Il y a toujours plein de gens qui viennent. Et donc, vu que le type qui s’occupe de la radio est un ami, il nous avait demandé de prévoir une soirée Brassens. Ce qu’on a fait. Et une heure avant, je me revois dans le camion, on revenait de Rennes, je pense, je dis à Ian… plutôt que d’enregistrer des chansons en studio, là, on a tout le matos qu’il faut avec nous, enregistrons ce qu’on va faire ce soir, et on verra ce que ça va donner.

C’est donc pour cette raison que c’est un enregistrement live et pas studio.

Ah oui, ça s’est fait carrément sur le moment. On a juste joué ces chansons de Brassens ce soir-là. Ça faisait un moment qu’on n’avait plus chanté de Brassens puisqu’on était en plein dans la tournée « Hope ». On avait fait 70 dates, quelque chose comme ça. Et puis, Ian n’avait jamais entendu les morceaux. C’était la première fois qu’il jouait ces morceaux sur scène. Je vais même te dire… je pense que c’était la première fois qu’il les entendait. On ne les avait jamais joués ensemble.

Comment avez-vous choisi les chansons ? Il y a forcément les incontournables, mais les chansons un peu moins connues ?

On a fait un sacré tri parce que ce soir-là, on a joué trois heures ! On a dû jouer trente-cinq chansons. Tu sais, j’en connais un paquet, de chansons de Brassens. Je suis capable d’en jouer quatre-vingt/quatre-vingt-dix au total. C’est à peine la moitié de ce qu’a écrit Brassens, mais c’est déjà pas mal tout de même. Le choix s’est fait un peu sur le moment. On a défini une setlist. Alors, bien évidemment, il y a des morceaux qui me tiennent plus à cœur que d’autres. Et forcément, on doit en zapper quelques-unes. Souvent, on me demande quel est mon morceau préféré de Brassens, et je ne sais jamais quoi répondre, il n’y a tellement rien à jeter là-dedans… Donc, la setlist s’est faite un peu sur le moment. Et là, chaque soir, pendant la tournée Brassens, on change de titres un peu en fonction de l’humeur… (sourire) On va toujours piocher un peu ailleurs pour que chaque concert soit différent. Forcément, il y a toujours quelques morceaux très connus parce que ça fait plaisir aux gens de participer et de chanter. Mais Brassens a tout de même quelques perles qui sont nettement moins connues du grand public, et que j’aime tout particulièrement.

Qu’est-ce qui te plait finalement le plus dans l’œuvre de Brassens ? On parle souvent de ses textes, bien évidemment, et on en oublie parfois qu’il était également un très grand mélodiste…

C’est évident ! Ce qui me plait le plus dans l’œuvre de Brassens, c’est sa tendresse. Bien avant la musique ou les textes purement. Mais tout est imbriqué dans son œuvre. Tout parait si simple… Mais c’est tellement de la broderie. Il était bien évidemment un très grand poète, mais c’est tellement difficile de dissocier la musique des textes. C’est un tout. Pour moi, ça atteint un tel degré de perfection dans l’écriture, les mélodies… et finalement dans la simplicité ! Mais je te le redis, ce qui me plait le plus dans Brassens, c’est la tendresse. Cette tendresse latente qui est dans toutes ses chansons. C’est quelque chose qu’on retrouve aussi chez Brel. Il y a cette tendresse qui rode dans toutes les chansons.

Mountain Men © Vincent Assie

C’est un répertoire qui n’a pas pris une ride. Les orchestrations, peut-être ont-elles vieilli ? Et encore…

Brassens, c’est intemporel. La plupart des cocasseries qui sont racontées dans ses chansons, il aurait pu les écrire aujourd’hui. Prends une chanson comme « La rose, la bouteille et la poignée de mains », on est en plein dedans. C’est une chanson qui a quarante ans mais qui est complètement en adéquation avec notre époque et avec ce qu’on vit tous les jours. Le fait que tu ne peux pas ramasser une rose dans la rue et l’offrir à une inconnue sans qu’elle te traite de malade… Serrer la main de quelqu’un sans qu’on te traite de fou… ou trinquer avec quelqu’un sans qu’il ne te jette la bouteille dessus parce qu’il ne te connait pas. C’est exactement la même chose aujourd’hui. Brassens était un visionnaire. C’est juste quelqu’un qui était plein de bon sens, tout simplement.

C’était un fin observateur aussi.

Complètement. Pour moi, il y a des choses à aller chercher là-dedans qui permettent, je ne sais pas si c’est le bon mot, de se comporter mieux, en tout cas, de se comporter correctement. Moi, ça me plait et ça me parle toutes ses idées un peu libertaires. Je suis là-dedans et j’ai la même manière de concevoir les choses. Il y a cette espèce de petite philosophie, de comment se comporter, que bon nombre de gens devraient lire et essayer de comprendre…

Comme tu me l’as dit tout à l’heure, il te serait impossible de choisir une chanson de Brassens parmi les autres. Mais imaginons que là, à la fin de cette interview, on t’envoie sur une île déserte avec un baladeur. Tu ne peux emmener qu’une seule chanson de Brassens avec toi. Laquelle emmènes-tu et pourquoi ?

Ou la la… C’est dur ça, comme question… Si je ne devais en prendre qu’une seule sur une île déserte ?…  Là, comme ça, à brûle pourpoint, je te dirais « Supplique pour être enterré à la plage de Sète »… parce qu’il y a tout dans cette chanson… Et puis, c’est bien d’emmener une supplique sur une île déserte… pour qu’on te ramène chez toi ! (rires)

Comment inscris-tu cet album hommage à Brassens dans la discographie du groupe ? Comme un album à part entière ou une parenthèse ?

Je le prends plutôt comme une parenthèse… enchantée. Nous, on fonctionne vraiment à l’humain et au plaisir. Et c’est un réel plaisir de chanter Brassens, de faire tourner ce spectacle et de sortir un disque. C’est un aparté, mais en même temps, c’est un disque qui fait partie de l’histoire du groupe. C’est la parenthèse inattendue.

L’album est donc un album live, et pourtant, on trouve tout de même un enregistrement studio, celui du « Petit cheval ». Pourquoi ce choix ?

Ah ah ! Parce que tout simplement, j’aimais bien ces deux guitares qu’on avait bossées quelques temps avant, peut-être deux heures avant, avec Ian. J’avais envie de l’entendre plus calmement posée dans un studio. C’est une chanson qui parle à tout le monde, déjà. Et j’avais vraiment envie de l’entendre avec deux belles guitares. Est-ce que c’est une erreur ? Je n’en sais rien. C’était en tout cas l’envie du moment. On avait envie de l’enregistrer en studio comme ça, pour avoir une version plus posée que ce qu’on avait fait pendant le live. C’était une envie du moment, tout simplement. Je ne pourrais pas trop t’en dire plus…

Mountain Men © Vincent Assie

Les musiciens ont toujours un album d’avance. Êtes-vous déjà repartis sur un nouvel album ?

On est en train de le finaliser… (rires) On a déjà enregistré dix titres. Il en reste trois à enregistrer et puis, ça part au mixage dans pas très longtemps. Donc, oui, ce prochain album est très concret pour nous. Il sortira début 2015.

Peux-tu déjà m’en dire un peu plus ? Dans quel sens va-t-il aller ?

On a fait notre musique de façon plus détendue, toujours dans l’idée de se faire plaisir. Il y a des moments très gais, d’autres très sombres. Il y a des racines rock qui ressortent pas mal. Il y a des morceaux beaucoup plus rock et des textes un peu plus rentre-dedans que ceux qu’on avait pu faire auparavant. Et puis, la grosse nouveauté, c’est qu’il y aura, a priori, trois ou quatre chansons en français.

Aller vers le français, était-ce quelque chose qui vous titillait tous les deux depuis un petit moment ?

Moi, oui. C’est une envie que j’avais depuis quelques temps. J’écris pas mal en français, mais jusqu’à maintenant, dans « Mountain Men », je n’avais pas encore éprouvé le besoin de le faire. Donc, c’est sur sûr que sur un album de treize chansons, il n’y en aura que trois en français… ce n’est pas la globalité ! Mais on avait tous les deux, en tout cas, envie d’essayer ça. Sur le réédition de « Spring Time Coming » en 2010, j’avais déjà mis une chanson en français. Là, on avait envie de réitérer le truc. L’album, en tout cas, dans sa globalité est plus rentre dedans et plus direct que ce qu’on a pu faire auparavant.

Comment bossez-vous tous les deux ? Qui amène quoi ?

On a une manière de bosser un peu spéciale. Généralement, j’amène toutes les musiques et les structures des chansons. C’est moi qui fais la plupart des musiques des albums et les arrangements. J’arrive donc avec une trame, et après, on se met ensemble et on bosse les textes. Généralement, j’arrive avec un truc, dans la structure et la mélodie, d’assez précis. Après, avec Ian, on décortique la mélodie que j’ai faite et on pose le texte dessus. Ian pose ses textes. Je comprends bien l’anglais et je le parle assez bien, il n’y a pas de soucis. Mais Ian, comme c’est sa langue maternelle, a plus de finesse dans son langage. Il a toutes ces petites références d’argot, par exemple, que moi je ne peux pas avoir. Forcément. C’est donc une manière de bosser un peu spéciale comme il vient poser ses textes sur des idées que j’amène. En fait, j’arrive avec une idée très précise de la mélodie et du thème de la chanson, et on pose les mots dessus après.

La pudeur est toute différente quand on chante dans sa langue maternelle…

Effectivement. Complètement. Ce n’est pas facile, finalement, de chanter dans sa langue maternelle quand on a beaucoup chanté en anglais… En tout cas, en France, l’anglais reste une langue très difficile d’accès. Les français ne sont pas très portés pour les langues !! Même si les gens nous disent toujours qu’il y a beaucoup d’émotions dans nos chansons quand ils viennent nous voir après les concerts, mais on sent bien qu’ils ne comprennent pas tous les textes. Bien que je pense sincèrement qu’on n’a pas besoin de comprendre parfaitement le sens d’un texte pour être ému par une chanson. On peut ressentir des choses sans comprendre un texte. La musique se suffit souvent à elle-même. Mais même si mes chansons sont très intimes quand je chante en anglais, là, en français, j’ai l’impression de me dévoiler mille fois plus. C’est plus intime inconsciemment pour moi puisque c’est ma langue maternelle.

Que va-t-il se passer dans les prochaines semaines et les prochains mois ? Pas mal de scène, je suppose…

(sourire) Oui ! Jusqu’à la fin de l’année, il n’y a pas loin de soixante-dix dates. Déjà, ça va nous occuper pas mal. On va tourner en France, en Italie et un peu au Québec cet été. On va notamment jouer notre spectacle Brassens sur la grande scène du Festival de Blues de Montréal. On a déjà joué là-bas, mais avec notre musique. Donc, là, c’est différent, mais c’est super sympa. On va jouer une quinzaine de spectacles Brassens dans l’année. Le reste, ce sont des spectacles « Mountain Men ». On commence déjà à incorporer quelques nouveaux morceaux. On pense déjà au nouveau spectacle pour la sortie de l’album l’année prochaine. Donc, ce sera une année bien chargée !

C’est quelque chose d’important, ça, de distiller des nouveaux morceaux sur scène avant la sortie de l’album ?

Oui. Déjà pour nous… ça nous fait bosser nos morceaux en les jouant. Et puis, c’est toujours très intéressant d’avoir le premier ressenti des gens. Quand tu joues un morceau pour la première fois devant un public, c’est super intéressant de voir ce qui se passe sur le visage des gens et comment ils réagissent. Ça nous permet de faire grandir les morceaux, en tout cas. Il y a certains morceaux qu’on joue depuis un an et demi… ça n’a plus rien à voir. Il faut faire tourner les morceaux un maximum. Là, sur les derniers concerts, on en a incorporé trois ou quatre tout nouveaux. On le fait au compte-goutte, jusqu’à arriver au spectacle qu’on proposera l’année prochaine.

Propos recueillis par Luc Dehon le 2 mai 2014.
Photos : Vincent Assie, Damien Luàon, DR
Site web : http://www.mountain-men.fr/









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