Interview de Sugar & Tiger (Florence Vicha et Didier Wampas)

Propos recueillis par IdolesMag.com le 22/04/2014.
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Sugar & Tiger, Televisage

« Sugar & Tiger », le nouveau projet de Didier Wampas et sa compagne Florence Vicha a vu le jour il y a un peu plus de trois ans. Quelques clips et une trentaine de concerts plus tard, « Sugar & Tiger » publie son premier album, « Télévisage », un recueil de onze titres plutôt super bien fichus aux accents « Pink’n’Roll ». Au cours de cet entretien, Florence et Didier nous en diront plus à ce sujet ! Nous évoquerons donc la genèse de ce disque, leurs projets et ne manquerons pas également de faire le point sur l’actu des Wampas dont le onzième album est attendu pour le rentrée !

IdolesMag : Comment « Sugar & Tiger » a-t-il vu le jour ? Je pense que Mike Brant n’est pas étranger à tout ça…

Sugar : (sourire) Effectivement. En fait, Didier enregistrait son deuxième album solo à Bruxelles en Belgique. J’étais venue avec lui. Et à un moment donné entre deux prises, il ne savait pas quoi faire, et il a essayé de me faire chanter… Mais je ne voulais pas chanter ! Il a donc chanté « Qui saura » de Mike Brant et là… je me suis lancée. Dans la foulée, il a inventé « Henri » et voilà, le groupe était né ! C’est parti comme ça.

Didier, on connait ton parcours dans la musique. Mais toi, Florence, as-tu évolué dans d’autres formations ?

Sugar : Depuis que je suis au lycée, j’ai toujours eu des groupes… Enfin, un surtout, très influencé par le rock expérimental américain. Ce qui n’a donc rien à voir. Je jouais de la basse dedans.

Donc pas de chant.

Sugar : Non, jamais, jamais ! Je n’ai jamais osé chanter, moi ! (rires)

Quand vous avez chanté Mike Brant à Bruxelles, avez-vous rapidement émis l’idée de partir sur un projet précis ou était-ce vraiment pour s’amuser ?

Sugar : C’était juste pour passer le temps au début. On voulait s’amuser uniquement. Et ensuite, la marque de vêtements « The Kooples » cherchait des couples qui chantaient. Du coup, on n’est pas très branchés et on s’est dit que ce serait bien de leur envoyer une chanson pour voir ce qu’ils allaient dire… Et ça leur a plu. C’est pour « The Kooples » qu’on a écrit « Henri ».

Les fils de Didier, Arnold et Diego, étaient-ils déjà là ?

Sugar : Non. On n’était que tous les deux. C’était en 2011. Les fils de Didier sont arrivés l’année d’après en 2012. C’est un tourneur de Rennes en Bretagne qui nous a un peu forcés à faire un concert… On s’est rendu compte qu’on n’avait pas de musicien. Les fils de Didier étaient en vacances et vu qu’ils étaient musiciens, on leur a dit de faire au moins ce concert avec nous ! Très franchement, on pensait qu’il n’y aurait que ce concert à ce moment-là. Et après, il y en a eu d’autres…

Dedicace de Sugar & Tiger pour IdolesMag Florence Vicha Didier Wampas

Toi Didier, qui est avant tout un mec de scène. Comment se fait-il que tu n’aies pas voulu amener ce projet sur scène plus tôt ? Avais-tu une certaine appréhension ?

Tiger : Ce n’est pas ça. On n’avait que deux morceaux. Quand mon pote nous a demandé d’aller jouer à Rennes, on n’avait que deux morceaux.

Sugar : Tu exagères, on en avait quatre !

Tiger : Ouais, mais bon… ils n’étaient pas tout à fait finis ! Donc, c’est un peu chaud d’aller sur scène avec deux morceaux. Tout s’est vraiment fait par hasard et tout s’est enchaîné par hasard.

Sugar : On a travaillé pour que ça marche. On voulait être au point.

Sugar & Tiger - DR

Après, il y a eu cet EP de Noël.

Tiger : On a donc sorti ce single de Noël et puis, on a continué à faire d’autres chansons. Et on ne s’est pas arrêtés.

Au niveau de la création, qui amène quoi dans le groupe ?

Tiger : Je fonctionne exactement comme avec les Wampas, à la guitare. Je crée la mélodie et après Florence écrit les paroles.

Sugar : Après, on part en studio répéter, puis Arnold, Diego et Jean-Mi des Wampas viennent et ajoutent leur partie librement. Didier, lui, a chanté sa chanson en yaourt au départ.

Composes-tu de la même manière quand tu bosses pour les Wampas ou « Sugar & Tiger » ?

Tiger : Que ce soit pour « Sugar & Tiger », pour les Bikini ou les Wampas, je prends une guitare et j’écris une chanson. Je compose exactement pareil.

Le groupe existe aujourd’hui depuis un peu plus de trois ans. Était-ce important aujourd’hui de concrétiser un album ?

Tiger : Oui, quand même. Quand on écrit des chansons, c’est bien de les graver quelque part pour qu’on puisse les écouter.

Sugar : Après, le projet d’album est arrivé aussi un peu par hasard. La maison de disques de Didier voulait nous faire enregistrer une démo. On avait quatre morceaux. Et en fait, on a été tellement inspirés en studio qu’on en a fait onze au final. Du coup, c’est tout de suite un album qui était prêt.

L’album a, je pense, été enregistré en trois ou quatre jours seulement. Ça a donc été très très vite. Est-ce que c’était pour rester dans une certaine fraîcheur et une certaine immédiateté, ou était-ce purement et simplement pour des raisons économiques ?

Sugar : C’était vraiment naturel. On est rentrés en studio, on était tellement contents et inspirés que ça a été vite.

Tiger : On partait pour faire quatre titres, donc trois/quatre jours pour enregistrer quatre titres, c’est correct. C’est nous qui avons été inspirés et qui avons été plus loin. J’ai regardé ce que j’avais. On a essayé et puis on a joué dessus.

Sugar : Vu qu’on s’entend bien tous ensemble, ça a été très vite. On n’a vraiment pas fait exprès d’en faire onze ! (sourire)

Vous bossez donc en famille, avec les fils de Didier. Va-t-on plus vite en famille ? Se dit-on plus facilement les choses ?

Sugar : C’est vrai qu’entre nous, ça a été très direct pour communiquer. Pour l’organisation aussi. Quand on part en concert, c’est assez facile.

Tiger : Tu sais, je compose avec ma guitare, on a la mélodie de voix et après, le guitariste, le batteur et le bassiste font ce qu’ils veulent. Je n’aime pas dire aux autres ce qu’ils doivent faire, sinon, ce n’est pas drôle.

Sugar : Ce qui est bien, c’est qu’on est à l’aise tous ensemble parce qu’on se connaît bien.

Sugar & Tiger - DR

J’ai lu dans votre bio officielle que vous définissiez le style de « Sugar & Tiger » comme du « Pink’n’Roll ». C’est-à-dire ?

Sugar : C’est notre tourneur qui a trouvé ça… C’est du punk un peu rose, va-t-on dire ! (rires)

Tiger : Il a trouvé un nom qui ne veut rien dire, et ça définit bien le truc finalement !

Sugar : Je ne sais pas quoi dire là pour le coup… C’est un peu rose. Ce doit être moi qui apporte une touche de rose dans l’univers rock de Didier !

Tu as une voix vachement douce, en fait !

Sugar : Oui. Peut-être un peu trop parfois. Sur scène, on ne m’entend pas toujours bien. (rires)

C’est peut-être ce qui fait tout le charme de ta voix.

Sugar : Oui. On va dire ça !! (rires) Tu sais, je ne suis pas chanteuse à la base. En même temps, comme le dit très bien Didier, il n’était pas chanteur non plus au début. Et là… je prends des cours de chant depuis trois semaines !!

Tu n’en avais jamais pris avant ?

Sugar : Non, non. Jamais.

Et ça se passe comment ?

Sugar : Ça se passe comme si j’étais arrivée chez le dentiste. (rires) Sauf que là, j’avais envie d’y aller… Comme l’album sortait, je me suis dit qu’il fallait tout de même que je prenne des bases de chant. J’ai trouvé une super prof qui me donne la pêche et qui me corrige.

C’est toi Florence qui chantes la quasi-totalité des titres. Seul « Highway 40 » est chantée par toi Didier, cette fameuse histoire avec un Sheriff gay ! Pourquoi n’es-tu pas plus présent sur les autres titres ?

Tiger : Je chante déjà dans les Wampas et avec Bikini… je ne vais pas chanter tout le temps non plus ! Moi, ça me fait plaisir de jouer de la guitare. Mais je fais quand même les chœurs sur toutes les chansons. C’est le projet de Florence. Ce n’est pas moi le chanteur principal.

Pourquoi cet album porte-t-il le nom étrange de « Télévisage » ?

Sugar : Alors là… je ne me suis pas préparée à cette question… (sourire) C’est en fait moi qui l’ai trouvé parce qu’il fallait bien trouver un titre. Depuis qu’on était allés en studio, ce mot me trottait dans la tête. Et une fois quand on était dans un motel aux États-Unis, je me suis rendue compte que les Américains à la télé ont parfois des têtes de robots. Du coup, j’ai inventé ce mot de « Télévisage ».

Il y a vraiment un sentiment d’insouciance qui plane sur tout l’album. Pensez-vous que la chanson française se prend peut-être un peu trop au sérieux ?

Sugar : Oui. Tout à fait.

Tiger : C’est le cas aujourd’hui, mais ça l’a toujours été ! À part Trenet, mais ça c’est une autre histoire. Il y a toujours eu cette tradition de chanson réaliste en France. Prends l’exemple de Piaf ou de Fréhel. Ça remonte à loin. Brel aussi. Et même Brassens un petit peu. À part Trenet, la chanson française a toujours été un peu comme ça.

Sugar : Tu sais, j’avais essayé d’écrire des chansons un peu mélancoliques ou tristes. Mais je me suis rendue compte que je n’avais pas envie de les chanter. Quand on est en concert, je n’ai pas envie de chanter des trucs tristes ou plombant. J’ai juste envie que tout le monde soit content.

Tu as tout même essayé d’aller vers des textes plus mélancoliques…

Sugar : Oui, oui… Mais c’est dur d’écrire des textes mélancoliques sans avoir l’air d’être une ado épeurée… Donc le titre le plus triste que j’ai écrit sur l’album, c’est « Hôtel Raphaël », je n’ai pas pu faire plus triste que ça !

L’album a bénéficié pour le Disquaire Day d’une édition vinyle. Était-ce important pour vous ?

Sugar : C’était essentiel. On voulait vraiment faire un vinyle. Bon, on voulait qu’il soit transparent, mais le label n’a pas voulu. Tant pis ! Mais c’est génial d’avoir un bel objet. Ça matérialise beaucoup mieux le projet. On est très content de ça.

Pouvez-vous me dire un petit mot sur le scopitone de « Car c’est toi ». Pourquoi avez-vous choisi David Vallet ?

Sugar : Parce David est un ami. Il suit les Wampas depuis combien de temps ?

Tiger : Au moins quinze ans !

Sugar : Oui, donc tu vois, ça reste la famille. C’est vraiment un ami. Et puis, on aime bien le concept de ses scopitones. Quand on a tourné le clip de « Henri » et « Noël Christmas », on a tout de suite aimé le concept de plan fixes. Et puis, il est sympathique, ce qui ne gâche rien ! On l’aime bien. je dis « on », je ne sais pas si tu es d’accord.

Tiger : Ah ton avis ?!... Bien sûr que oui ! (rires)

Comment s’est passé le tournage ?

Sugar : Ce qui est bien avec David, c’est qu’il fonctionne comme nous. Son travail est très spontané. On a tourné en un après-midi. On avait défini un lieu et on ne savait pas du tout ce qu’on allait y faire. On a improvisé. Didier a inventé cette chorégraphie improbable. C’était un vrai bon moment et David a filmé tout ça. Ça transmet de bonnes vibrations.

Pas mal de concerts ont déjà été donnés, une trentaine. Est-ce devenu aujourd’hui essentiel pour le groupe ?

Sugar : Je pense. Parce que le disque a été enregistré en quelques jours au studio, donc, aujourd’hui, le concept vit grâce à la scène. C’est la seule chose vraie. C’est très important la scène. Quand on part jouer, on s’entasse tous dans la voiture et on part rencontrer les gens. C’est vraiment un truc qui me plait. C’est super important.

J’ai vu sur votre facebook que vous étiez partis en tournée en Asie en début d’année. Quel accueil vous ont-ils réservé ?

Sugar : Les thaïlandais… à vrai dire à Bangkok, on jouait dans un quartier où il y avait des explosions, donc, le quartier était barricadé, et il n’y avait pas beaucoup de monde ! Mais ceux qui étaient là étaient plutôt étonnés. On est plutôt content de l’accueil qu’on a reçu là-bas. Au Cambodge, il y avait assez peu de gens de là-bas. Ce sont surtout des expatriés de Nouvelle-Zélande ou d’Angleterre qui viennent aux concerts là-bas. Ils sont très contents d’assister à un concert de rock. Ça les change de ce qu’ils entendent habituellement.

« Sugar & Tiger », c’est à nouveau un projet très à part dans le paysage musical français. Toi, Didier, tu as toujours été en marge du système. Où te situes-tu et où situes-tu « Sugar & Tiger » ?

Tiger : Nulle part. C’est comme pour les Wampas. Je ne me suis jamais situé quelque part. Tu sais quand on crée quelque chose, on ne devrait pas se situer par rapport aux autres. Il ne faut pas copier les autres ou essayer de rentrer dans un moule. Il faut essayer d’être soi-même et de faire des choses un peu… différentes. Donc, je ne me situe pas par rapport aux autres.

Il arrive quand le onzième album des Wampas ?

Tiger : Très bientôt. Il est presque fini d’être enregistré. Il sortira en septembre normalement. Je mène de front mes trois groupes, avec « Sugar & Tiger », Bikini Machine et les Wampas.

As-tu besoin de passer d’un projet à l’autre ? Même si l’esprit reste le même, le son est tout de même différent.

Tiger : Ça me fait du bien. Quand on est trop avec les Wampas, après cinquante ou soixante concerts tous les soirs… des fois ça peut être… pas lassant, mais… un peu répétitif. Donc, passer d’un projet à l’autre, d’un univers à l’autre, ça permet de ne pas avoir de lassitude. C’est vachement important.

Que va-t-il se passer dans les prochaines semaines et les prochains mois pour « Sugar & Tiger » ?

Tiger : Des concerts… Et puis, on pense déjà à faire d’autres chansons.

Sugar : On va retourner des clips aussi. Moi, j’aimerais bien faire un clip pour chaque morceau. Je ne sais pas si ça sera franchement possible ! (sourire) Faut qu’on demande au label ! Mais c’est vachement important les clips. On est dans un monde où l’image est essentielle. Les gens qui veulent écouter de la musique aujourd’hui vont le plus souvent sur Youtube pour se faire un idée de l’univers du groupe. Et je trouve ça intéressant de mêler un peu la vidéo au son. Donc, j’aimerais bien tourner d’autres clips.

Qu’est-ce que ça vous fait de savoir que des gens vont peut-être découvrir vos chansons avec un son complètement pourri ? Parce que sur Youtube… c’est plutôt pourri !

Sugar : On va dire que l’image va rattraper le coup !

Tiger : Tu sais, dans les années soixante, on écoutait la musique sur des Teppaz. Après on a écouté sur les cassettes. Donc, niveau musical ce n’était pas top ! Il y avait un souffle pas croyable. Youtube n’est pas pire… (sourire)

Propos recueillis par Luc Dehon le 22 avril 2014.
Photos : DR
Facebook : https://www.facebook.com/sugarandtiger?fref=ts









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