Interview de Christian Delagrange

Propos recueillis par IdolesMag.com le 13/04/2014.
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Christian Delagrange © Luc Dehon / IdolesMag.com

Christian Delagrange publie, aujourd’hui 14 avril, un triple album comprenant ses plus grands succès (« Rosetta », « Sans toi je suis seul », « Petite fille » …), des chansons d’amour (« Femmes je vous aime », « Première fille, première femme »,…) et des chansons inoubliables (« Et maintenant », « L’hymne à l’amour », « Les moulins de mon cœur »…). Nous avons donc été à la rencontre de Christian afin d’en savoir plus sur ce nouveau projet. C’est à Liège, en Belgique, que nous l’avons croisé, dans les coulisses de l’élection de « Super Mamie Wallonie ». L’occasion était belle pour évoquer le souvenir de ses grands-mères. Nous ne manquerons évidemment pas également de parler de ses  projets (un second volume de « D’origines italiennes » pourrait voir le jour en fin d’année) et de sa totale implication dans de nombreuses actions humanitaires au sein des associations AHI et AAHI.

Christian Delagrange, triple Best ofIdolesMag : Que retrouve-ton sur ce triple CD qui sort le 14 avril ?

Christian Delagrange : C’est un best-of qui part des années 70. Cet album réunit aussi la dernière dizaine, voire quinzaine, d’années de chansons qui ont eu une diffusion parfois plus douce et que beaucoup ne connaissent peut-être pas encore complètement. Il y a des chansons très intéressantes dedans et ce serait dommage qu’elles se perdent comme ça… Souvent, d’ailleurs, on me les demande. Et donc, les réunir sur un triple album, c’est comme toutes les avoir en en seul ; ce qui n’est pas plus mal ! (sourire) Il y a aussi quelques chansons originales que personne ne connaît encore. J’ai eu l’occasion de les interpréter sur une compilation de chansons des années cinquante. C’était très drôle… je ne m’attendais pas à ce que ça puisse m’aller aussi bien. J’avoue avoir été quelque peu surpris quand j’ai entendu le résultat, je me suis dit que ce n’était pas si mal que ça. Il y a des chansons comme « Domino », « Sous le ciel de Paris » et ce genre guinguette… [Christian commence à fredonner tous ces airs]

Te parle-t-il et te plaît-il, ce répertoire des années cinquante ?

Oui, comme je te l’ai dit, ça m’a un peu surpris. Franchement, je ne pensais pas que c’était un répertoire dans lequel je me plairais autant. Ce sont des chansons que chantaient mes parents. Ça a un petit côté nostalgique sympa, voir même pour certaines chansons, émouvant, car elles soulèvent tellement de souvenirs. J’ai beaucoup aimé !

On retrouve également sur ce triple CD une version nouvelle de « Tendre Cathy », sous forme de duo avec Claudia Donato, en italien. C’est la toute première chanson italienne que tu as enregistrée dans ta carrière ?

Effectivement… ça ne nous rajeunit pas ! (rires) Cela date des années 72/73. Je ne me souviens plus du mois avec précision. C’est Patricia Carli qui en avait écrit l’adaptation française. Patricia est italienne, bien sûr, et donc, avait redécouvert cette chanson composée bien des années avant. C’est marrant qu’elle ressorte aujourd’hui dans sa version italienne dans des clips publicitaires ! C’est un joli clin d’œil … Mais aujourd’hui elle est aussi devenue une vieille chanson française, puisque je la chante depuis quarante ans ! (rires)

On retrouve un autre duo, « Rien que des mots » (« Ti amo ») avec Angela Amico.

Effectivement. On avait chanté ce duo sur mon précédent album, « D’origines italiennes ». On travaille en collaboration très étroite… (sourire) C’est toujours pour moi un grand bonheur de chanter avec elle.

Christian Delagrange © Jacques Viallon

Tu chantes « Maman la plus belle du monde » de Mariano. On célèbre cette année les 100 ans de sa naissance. Est-ce un artiste qui a compté pour toi ?

Luis Mariano, c’était un personnage impressionnant. J’ai d’ailleurs un ami, que tu connais aussi, Mathieu Sempéré, de Montpellier comme moi, et qui vient de publier un album-hommage à Mariano. Il est un des chanteurs des Stentors et il a une sublime voix, doublé d’un caractère adorable en plus, ce qui ne gâche rien. Il tourne actuellement avec le spectacle sur Mariano. Je vais te raconter La première fois où j’ai entendu parler de Mariano … J’avais fait un spectacle sur Montélimar et vu une grande affiche de lui dans le bureau du directeur de la salle dans laquelle je me produisais. En me montrant un bouquet qui trônait sur le coin de son bureau, il m’a déclaré très fièrement « Luis Mariano est passé il y a une semaine… et il m’a offert ces fleurs ! ». Je me suis dit qu’il avait une classe folle ce chanteur… d’offrir des fleurs quand il se produisait dans une salle ! Il semblait avoir beaucoup de classe et probablement être un homme extrêmement généreux. Généreux en sourire en tout cas, me disais-je en regardant l’affiche de l’artiste aux dents « ultra brite ». Je ne l’ai pas connu personnellement. Mais c’est le souvenir que j’en ai… Le seul que j’ai personnellement connu, c’était un homme aussi merveilleux de gentillesse, Georges Guétary. C’était un homme qui venait toujours m’encourager. Chaque fois qu’il me voyait chanter quelque part, il courait vers moi et me disait « Ah je t’aime bien, mon petit ! ». Quand on est jeune chanteur et que des personnes connues comme eux s’intéressent à toi, c’est extraordinaire.

Bécaud t’a beaucoup encouragé aussi.

Tout à fait. Il m’a toujours beaucoup soutenu par ses encouragements. Il m’invitait aussi à toutes ses premières. Ce sont des souvenirs merveilleux quand je repense à ces gens-là [Christian semble partir loin dans ses souvenirs].  Je me souviens de Bécaud, présent sur le plateau lors de ma toute première télévision faite avec Guy Lux. Assis sur un banc avec Aznavour, il me fait « Eh, petit…, viens voir ».  M’approchant donc de lui, il me regarde et me dit « Continue comme ça. C’est bien ce que tu fais ! » Ça fait du bien quand tu commences, les compliments d’un grand Monsieur comme lui… ça fait chaud au cœur. Après, j’avais envie de chanter encore plus. Ce sont des rayons de soleil qui réchauffent le cœur quand je repense à ces grands artistes qui m’ont encouragé dans mes premiers pas, je ne pourrais jamais les oublier. Accorder un sourire et un mot gentil à un petit gars qui débute et qui se pointe sur un plateau télé la gueule enfarinée parce qu’il pense qu’il va révolutionner le monde avec ses chansons… c’est formidable ! Là, en rencontrant des gens comme Bécaud ou Guétary, j’ai rapidement su ce que c’était un « Grand ». Il fallait être comme ça.

Christian Delagrange © Jacques Viallon

Bécaud a été un peu injustement oublié, il n’a en tout cas pas la place qu’il mériterait d’avoir. Qu’en penses-tu ?

Je ne pense pas que les gens l’aient oublié. Ce sont les médias qui l’ont oublié. Ce n’est pas la même chose. Mais il n’y a pas que Bécaud. Il y a énormément de chanteurs extrêmement talentueux dont on n’entend plus parler du tout… et qui sont de talentueux artistes. Actuellement, je suis sur l’ultime tournée Âge Tendre. Il y a plein d’autres chanteurs extraordinaires, comme Francis Lalanne, Georges Chelon, Isabelle Aubrey et tant d’autres, il suffit de regarder l’affiche pour n’en exclure aucun. Ce sont des talents que je redécouvre à chaque fois. Alice Dona est tout aussi remarquable ! Un personnage cette Alice ! C’est la douceur-même : Alice, c’est un délice ! …Si je m’autorise la rime. (sourire) La voir sur scène, comme évoluer dans la vie, c’est un régal : elle est bourrée d’humour et de talent. C’est merveilleux de fréquenter ces gens-là. Ce sont des moments de partage et de bonheur intense.

Nous sommes aujourd’hui à l’élection de « Super Mamie Wallonie ». As-tu un souvenir particulier de l’une de tes grands-mères ?

Bien sûr que je garde des souvenirs merveilleux de mes deux grands-mères ! J’y pense à chaque fois…  Et particulièrement à une, qui était ma grand-mère paternelle ! Pourquoi ? Parce qu’elle transgressait toutes les recommandations de ma maman et de mon papa !! Tous les soirs, pour aller me coucher, elle m’amenait un verre de grenadine ! Pourtant c’était interdit [gros yeux de Christian] parce que c’était trop sucré et pas très bon pour les jeunes dents, mais… elle le faisait quand même ! Ah la la, ce verre de grenadine, il me faisait rêver ! J’aurais bien été dormir chez elle tous les soirs juste pour avoir mon verre de grenadine (éclat de rire). Ce sont des souvenirs inoubliables.

Un petit mot sur l’élection de « Super Mamie » ?

Une « Super Mamie », c’est une « Super Maman » avant tout. C’est la maman dans toute sa splendeur avec les recommandations mais… avec une part d’éducation en moins. C’est la maman et le papa qui se chargent de l’éducation, et la mamie, elle est là pour permettre les transgressions… sans le dire aux parents, mais ça c’est entre nous ! Plus sérieusement, découvrir cette élection c’est avant tout permettre aux enfants et petits enfants d’avouer au grand jour leur amour pour elles et çà, c’est toujours très émouvant et même piégeant : on en voit des petites larmes qu’on cache d’ailleurs toujours aussi mal, face à ce que cette élection nous fait revivre !

On ne peut pas ne pas évoquer ton ONG AHI (Assistance Humanitaire internationale). Qu’est-ce qui a été fait ces derniers temps et quels sont les projets en cours ?

Actuellement, on est à 90% de l’achèvement de l’orphelinat en Indonésie. Côté Bénin, on a bien sûr fini le collège. Nous débutons les travaux de l’orphelinat St Dominique, qui n’accueille aujourd’hui qu’une trentaine d’enfants, mais qui devrait en accueillir 150 d’ici peu ; hier même, si ça ne dépendait que de moi. Et puis, nous sommes également en train d’achever la reconstruction d’un dispensaire dans la brousse. À côté de ça, il y a aussi un gros travail qui a été fait en Casamance, au Sénégal. On a complètement achevé une maternité et on a refait tout un centre de santé. On a également une maternelle et le moulin à céréales fonctionne à merveille, géré par un GIE. Il y a toujours beaucoup de choses qui se font dans tous les pays où nous intervenons et la liste est très longue. C’est merveilleux, parce qu’il y a un combat fier et permanent de toute une équipe qui intervient de tous côtés, que ce soit dans les quatorze pays que nous aidons actuellement (ils seront bientôt seize parce que nous devrions aider la Centrafrique et les réfugiés syriens), ou chez nous, avec AAHI (Amigos Assistance Humanitaire Internationale) en Belgique. Là, cette belle équipe apporte beaucoup d’aide à tous les nécessiteux en Belgique, comme en France d’ailleurs. Ce sont des actions qui se font dans une grande discrétion, on en parle peu par respect : personne n’aimerait qu’on affiche ses propres difficultés sur la place publique. Ce sont des gens qui eux-mêmes connaissent d’autres gens... Nous les connaissons, ils sont dans un besoin énorme d’aide matérielle, mais aussi de soutien, non pas psychologique, mais simplement amical et respectueux. Ils ont la fierté de ne rien demander. Quand on va les voir et qu’on leur apporte quelque chose une première fois, c’est un peu le Père Noël qui vient de passer, mais très vite, c’est l’ami qui leur apporte ce qu’il y a de plus précieux comme papier cadeau : une reconnaissance et un sourire. Il y a des étoiles qui s’illuminent dans leurs yeux, et c’est une belle récompense. Tout cela est permis grâce à l’effort de personnes anonymes dans toute la France et la Belgique, mais tellement importantes à mes yeux face à leur générosité. Elles savent que je parle d’elles dans ces quelques mots de reconnaissance (sourire), mais aussi grâce à mes amis artistes qui viennent régulièrement et bénévolement chanter, et que l’on peut découvrir en parcourant le site http://www.assistancehumanitaire.org/. Chez nous, pas de mailing ruineux en frais et cadeaux pour des appels aux dons, chaque centime est utilisé pour une aide directe aux populations déshéritées et toute l’équipe en est fière.

Tu m’avais parlé la dernière fois que nous nous étions croisés d’un projet de chansons dans un registre celtique. Est-ce toujours d’actualité ?

Non, pour l’instant non… Même si j’adore ! Les projets sont initiés par les producteurs, comme tu le sais ! (rires) Ce sont eux qui décident avant tout. Je pense qu’ils sont plutôt dans l’idée de repartir sur un second volume de « D’origines italiennes ». Donc, on verra ce que le futur nous réserve… Moi de toute façon, je suis toujours partant ! (sourire)

Propos recueillis par Luc Dehon le 13 avril 2014.
Photos : Jacques Viallon, Luc Dehon / IdolesMag.com, DR
Site web : http://www.christiandelagrange.com/
Liens utiles : http://www.assistancehumanitaire.org/, http://www.aahibelgique.be









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