Interview de Robert Francis

Propos recueillis par IdolesMag.com le 26/03/2014.
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Robert Francis - DR

On se souvient de l’énorme succès de « Junebug » en 2010. Robert Francis revient aujourd’hui avec un nouvel album, « Heaven », son quatrième. Nous l’avons contacté à cette occasion afin d’en savoir un peu plus sur la genèse de ce nouvel opus, il nous expliquera notamment pourquoi il a dû avorter la tournée qui a suivi la sortie de « Strangers in the first place » et pourquoi il a souhaité enregistrer une partie de cet album au bord de l’océan. Robert Francis sera de retour en mai en Europe. Il se produira notamment le 15 mai sur la scène du Nouveau Casino (Paris 11ème), le 16 au Dépôt à Louvain (BE), le 18 au Rockhal à Esch-sur-Alzette (LU), le 23 à Zurich (CH) et le 24 à Lausanne (CH). À cette occasion, il nous expliquera combien les publics américains et européens sont différents.

Robert Francis, HeavenIdolesMag : Tu as mis un terme prématurément à la tournée qui a suivi la sortie de « Strangers In The First Place » en 2012 et t’es installé dans le Michigan, stoppant net toute activité musicale. Que s’est-il passé à cette époque ?

Robert Francis : J'étais épuisé. Une ville différente chaque soir et quasi pas de sommeil… Que j’aie joué devant des milliers de personnes ou seulement dix, j'ai toujours donné le meilleur de moi-même au public tous les soirs. Nous étions à peu près à la moitié de la tournée quand j'ai réalisé que je n'avais plus rien à donner. La seule façon de pouvoir vivre cette vie est de l’aimer. J'avais oublié pourquoi je l'ai aimée. J'ai dû redécouvrir pourquoi je l’avais tant aimée et ça s’est passé dans le Michigan.

Tu reviens donc aujourd’hui avec « Heaven », un tout nouvel album. Qu’est-ce qui t’a redonné le goût de la musique justement ?

Ces chansons sont apparues dans mes rêves. Je ne pouvais pas leur échapper. C’est comme quand on frappe à la porte, on ne peut que répondre. Elles se sont invitées chez moi. Puis ces invitées sont devenues comme des amies, comme des gens de la famille. Je suis tombé amoureux d’elles et j’ai su que je devais faire un autre album.

Tu signes une nouvelle fois paroles et musiques de chaque chanson. Quel genre d’auteur/compositeur es-tu ? Quelle est ta façon de travailler ?

Je suis continuellement à la recherche de quelque chose qui puisse m'inspirer. Je passe souvent des mois à regarder ce qui m’entoure et à me laisser imprégner. Et à un moment, quand je sais que je dois prendre tout ça au sérieux, j'ai une base de données complète des expériences dont je peux me servir. C’est à ce moment que je me fais une grande cafetière et que je reste à la maison toute la journée ! Habituellement, j'écris toutes les paroles d’un album en deux ou trois semaines.

Robert Francis - DR

Pour ce projet, tu as formé un nouveau groupe, « The Night Tide ». Peux-tu m’en toucher un mot ?

« The Night Tide » est une bande de frères, des amis proches que je connaissais depuis longtemps. Ils jouent chaque concert comme si c’était le dernier. C’est comme ça que je conçois un band…

L’album a notamment été enregistré dans une maison au bord de l’océan. Pourquoi ce choix ? En quoi ce décor a-t-il pu nourrir ton inspiration ?

Je trouve que je suis plus inspiré lorsque je fais des promenades. Et j’ai pu le faire à chaque coucher de soleil à partir du moment où j’ai eu mon studio au bord de l’océan… Je dormais sur un matelas juste à côté de mon magnétophone. Je laissais la porte coulissante entrouverte et me réveillais au son de l’océan, au son des vagues qui venaient s’écraser sur la plage à marée haute. Je marchais, j’enregistrais, puis j’allais surfer et je réenregistrais… puis je prenais un dernier verre avant d’aller me coucher. J’ai répété ce scenario tous les jours. J’y ai enregistré « Blue », « Ukiah » et « Hotter than our souls ».

Robert Francis - DR

Peux-tu m’expliquer pourquoi « Heaven » donne son nom à l’album ?

Nous finirons tous au ciel… C’est un concept que nous ne comprenons pas entièrement, qui nous échappe un peu, mais à la recherche duquel nous sommes tous autant que nous sommes. Les chansons de cet album parlent de concepts qui eux-mêmes parlent de sujets qui nous échappent, qui vont au-delà de notre compréhension. Des concepts tels que le contrôle, l’amour ou le destin.

Tu reviens jouer en Europe à partir du mois de mai. Tu te produiras notamment le 15 mai sur la scène du Nouveau Casino (Paris 11ème), le 16 au Dépôt à Louvain (BE), le 18 au Rockhal à Esch-sur-Alzette (LU) et les 23 & 24 à Zurich & Lausanne (CH). Le public européen t’a-t-il manqué ?

J’espère que je lui ai manqué, en tout cas lui m’a beaucoup manqué.

Selon toi, en quoi le public européen est-il différent du public américain ?

Ce que je ressens auprès du public européen, c’est qu’il peut se lâcher complètement dans les concerts. Il se laisse aller avec la musique. Peu importe qui se trouve à côté de soi, tout le monde est immergé dans une expérience de groupe. Le public ne fait qu’un. Le public américain, lui, et c’est probablement dû à la grandeur de notre pays, semble beaucoup moins à l’aise avec cette expérience collective. Nous sommes plus réservés. Je me souviens d’avoir joué à Hyde Park à Londres ou à Saint-Gall en Suisse, c’était complètement fou ! Les gens allumaient des feus et dansaient tous ensemble. Tout le monde était couvert de boue. Quand tu prends des festivals comme celui de Coachella aux États-Unis, les gens s’inquiètent plus de savoir qui porte quoi et qui a un pass VIP pour rentrer dans la tente VIP…

Robert Francis - DR

La France avait réservé un magnifique accueil à « Junebug ». Comment expliques-tu que ce titre ait autant rencontré la sensibilité française ?

Je ne peux pas vraiment l’expliquer… et j’ai arrêté d’essayer de comprendre depuis longtemps !

Tu as aujourd’hui 26 ans. Ton premier album est sorti alors que tu n’en avais que 19… Quel regard jettes-tu sur ces 7 années de carrière ? Des années qui n’auront pas manqué de rebondissements...

Mon parcours a finalement été une série d'événements étranges. Rien ne s'est passé comme je le pensais. J'ai eu beaucoup de hauts et… beaucoup de bas aussi. Mais je suis aujourd’hui à un moment de ma vie où je me réjouis de cela. Sur mon chemin, j’ai toujours suivi ce que mon cœur me dictait. Ça m’a conduit parfois vers la lumière, parfois vers les ténèbres. Mais pour la première fois, j’en profite pleinement…

Propos recueillis par IdolesMag le 26 mars 2014.
Photos : David Kitz , Julia Brokaw , Tyler Rutkin , DR
Facebook : https://www.facebook.com/robertfrancisofficial?fref=ts









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