Interview de Les Prêtres

Propos recueillis par IdolesMag.com le 04/03/2014.
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Les Pretres © Renaud Colouer

Après avoir vendu plus d’1,7 million de disques, Les Prêtres reviennent sur le devant de la scène avec un troisième opus, « Amen », alliant comme les précédents, reprises et titres inédits écrits par Monseigneur di Falco Leandri, et une nouvelle tournée qui les amènera aux quatre coins de France ce printemps. Nous avons été à leur rencontre afin d’en savoir un peu plus sur ce projet atypique dont le succès ne s’est jamais démenti. Au cours de cet entretien, il sera bien évidemment question de spiritualité et de foi, mais aussi et surtout de valeurs universelles et de musique. Rencontre avec les Pères Jean-Michel Bardet et Charles Troesch, et Joseph Dinh Nguyen Nguyen.

Les Pretres, AmenIdolesMag : Vos deux premiers albums sont sortis à un an d’intervalle. Celui-ci arrive après trois ans. Pourquoi ce temps ? Avez-vous hésité avant de publier un troisième album ?

Père Jean-Michel Bardet : Pas du tout hésité. On a juste vécu deux années assez folles avec cette production et ce succès et on a estimé que c’était bien de prendre une pause, ne serait-ce que par rapport à notre ministère habituel. Ce n’est pas plus compliqué que ça.

On retrouve sur ce troisième album des reprises et quelques titres inédits. Penchons-nous d’abord sur les reprises. Aviez-vous les uns les autres envie de reprendre une chanson en particulier ?

Père Jean-Michel Bardet : Chacun a pu émettre effectivement ses souhaits. Et après cette concertation, les choses se sont arrêtées telles qu’elles sont aujourd’hui. Chacun a pu s’exprimer dans le choix parfois plus personnel d’un titre ou d’un autre. Pour ma part, comme dans les précédents albums, j’avais émis le souhait qu’il y ait des chansons de Brel. Là, nous reprenons « La Quête ». Et même si le titre n’est pas vraiment de lui, c’est lui qui a porté le succès à ce thème.

Père Charles Troesch : S’il faut donner une chanson qu’on apprécie… J’avais pour ma part proposé « Les Trois cloches » parce que c’est un titre qui avait été chanté par Edith Piaf. Je souhaitais lui faire honneur et lui rendre hommage. C’est une chanson qui a beaucoup voyagé, même dans le temps puisqu’elle a été reprise il n’y a pas si longtemps que ça par Tina Arena. C’est une chanson qui traverse les époques et qui parle surtout de nos montagnes et de nos vallées. Nous venons des Alpes, de Gap, et donc, c’est un petit clin d’œil à notre région que nous faisons.

Est-ce toujours Monseigneur di Falco Leandri qui a écrit les titres inédits ?

Père Jean-Michel Bardet : Tout à fait. Comme sur le premier et le deuxième album, Monseigneur di Falco a pris des musiques classiques très connues et il a écrit des textes dessus.

Pouvez-vous m’en dire un peu plus sur ces titres inédits ? Les messages qu’ils délivrent ?

Père Charles Troesch : Un peu comme dans les deux premiers albums, ce sont à chaque fois des thèmes assez porteurs et universels qui parlent de paix, d’amour et de toutes ces valeurs universelles qui vont au-delà de la religion-même. Ce qui fait que ces thèmes-là sont très rassembleurs et rejoignent de nombreuses personnes là où elles sont et apportent de l’espoir par les paroles qui sont données.

Père Jean-Michel Bardet : Il y a notamment le reprise de la symphonie du Nouveau Monde. Les paroles sont assez inspirées des paroles bibliques du livre d’Isaïe, par exemple. Ce sont donc des paroles avec un message d’espérance très fort par rapport aux difficultés et aux adversités qu’on peut rencontrer dans ce monde. Il y a quelque chose de très fraternel dans ce titre. L’autre titre qui, je pense est également assez marquant, est celui qui utilise le thème des Quatre Saisons de Vivaldi, avec là encore des paroles bibliques puisque c’est littéralement un des passages de l’évangile où le Christ est confronté aux accusateurs et à ceux qui veulent lapider une femme adultère. Et il y a cette réponse extraordinaire du Christ qui les renvoit chacun à ses propres limites et propres défauts, pour ouvrir le chemin du pardon. Donc, ce sont des thèmes effectivement bibliques, mais avec un message tout à fait, je pense, porteur, pour le monde qui est le nôtre.

Les Pretres - DR

Vous avez les uns les autres un sérieux passif dans la musique. Écrivez-vous et composez-vous ?

Père Jean-Michel Bardet : Là, on va laisser parler Joseph puisqu’il a effectivement composé la musique d’un des titres de cet album.

Joseph Dinh Nguyen Nguyen : Dans l’album, il y un titre qui s’intitule « Notre Père ». C’est une mélodie que j’avais créée lors d’un voyage à Madagascar en mars de l’année dernière. Je n’avais pas écrit les paroles qui allaient avec. J’ai tout de même proposé ce titre à la production. Après, on nous a demandé de l’adapter pour le « Notre Père ». Voilà la petite histoire de ce titre.

Comme vous venez de me le dire, les thèmes des chansons sont des thèmes bibliques, mais finalement ils restent très universels et peuvent s’adresser à tout un chacun. Quand vous vous êtes lancés dans ce projet, étiez-vous conscient du fait que vous alliez vous adresser au grand public et non à un public exclusivement chrétien ou catholique ?

Père Jean-Michel Bardet : C’est de toute façon une évidence que les thèmes bibliques sont universels, dans le sens où ils parlent du respect de l’homme. Et donc, c’est finalement une thématique qui concerne tout le monde. Donc, ça ne présume pas du succès des albums, mais sur le fond, il y avait toute cette dimension-là qui peut toucher des croyants comme des non-croyants.

Les Pretres - DR

On ne va pas se voiler la face, vous le savez comme moi parler de religion peut aujourd’hui froisser certaines sensibilités. Ce n’est pas un sujet tabou, mais un sujet tout de même délicat. Comment expliquez-vous votre succès, et également celui d’un projet comme « Thérèse » qui, même s’ils sont universels, portent en eux les stigmates de la religion ? Les gens sont-ils peut-être en manque de spiritualité quelque part ?

Père Jean-Michel Bardet : Je pense qu’il y en a certains qui véhiculent un certain nombre de clichés de peur par rapport à la religiosité ou au monde des religions. Et manifestement, on se rend compte que ce n’est pas la réaction majoritaire de notre société. Le succès peut peut-être simplement s’expliquer par cela. Il y a peut-être, et même certainement, d’autres raisons.

Père Charles Troesch : Il y a peut-être aussi au fond de chacun une demande ou un besoin de se tourner vers du spirituel. Nous, ça n’a pas été notre but du tout de faire ça. Nous, l’album à la base était le moyen de soulever des fonds pour des œuvres caritatives. Ça a été le cas pour le deuxième, et c’est toujours le cas pour celui-ci. On ne se fait pas de l’argent avec ces disques. Le but est vraiment d’aider des œuvres. Et on se rend compte que ça répond d’une certaine manière à une demande, ou plutôt une attente de la part de certaines personnes. Et comme vous venez de le dire, on n’est pas forcément dans un climat où tout ce qui touche à la religion ou à la foi est mis en valeur. Au contraire. Alors qu’on se rend compte qu’il y a comme une attente de la part de beaucoup de personnes.

Notre société est en pleine mutation et manque souvent de repères. Pensez-vous que la musique peut apporter certaines réponses, ou en tout cas donner quelques pistes de réflexion ?

Père Jean-Michel Bardet : La musique véhicule effectivement grandement un certain nombre de choses et de sentiments. C’est peut-être d’ailleurs un des véhicules majeurs dans notre société hyper-communicative d’aujourd’hui. La musique passe par le son, mais également par l’image. La musique ne se limite pas à des idéologies ou autre chose. Elle est très universelle. Elle se transmet et se reçoit. Elle traverse les époques et les temps. Là, justement en mettant des paroles d’aujourd’hui sur des musiques qui sont parfois séculaires, on retrouve ce côté intemporel. C’est quelque chose qui presque nous dépasse.

Père Charles Troesch : Une chanson associe la force d’un texte avec une émotion vocale et mélodique. Donc, c’est quelque chose qui nous touche les uns les autres au plus profond.

On dit partout qu’ « Amen » sera le dernier album des Prêtres et que la tournée qui arrive sera votre tournée d’adieux… Le ressentez-vous aussi ?

Père Jean-Michel Bardet : (sourire) Comme tous les grands artistes, nous allons faire une tournée d’adieux qui va durer dix ans ! (éclat de rires) Disons qu’on ne sait jamais de quoi sera fait l’avenir, mais nous sommes partis, là, dans l’idée de quelque chose qui puisse conclure ce qu’on a vécu sur les deux premiers. Donc, cette idée de tournée d’adieux a été lancée comme ça très simplement parce que la chanson n’est pas notre métier. Notre but n’est pas faire carrière musicalement dans la chanson. Il y a des réalités pastorales qui nous attendent dans nos diocèses.

Père Charles Troesch : En ça, je pense que l’on peut considérer ça comme un terme.

Être chanteur n’est effectivement pas votre métier. Vous sentez-vous tout de même une âme d’artiste ?

Père Charles Troesch : Oui, d’ailleurs ça fait partie de ce que nous faisons actuellement. Donc, oui.

Père Jean-Michel Bardet : Comme nous l’avons un peu évoqué tout à l’heure, nous avons tous les trois un passé musical réel. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard que nous nous sommes lancés dans ce projet-là.

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Il avait été question un temps également que vous travailliez avec les Petits Chanteurs à la Croix de Bois.

Père Jean-Michel Bardet : On avait émis l’éventualité qu’ils participent à l’album comme ils l’avaient fait pour l’album « Thérèse ». Mais ils n’ont pas pu participer à la réalisation de l’album.

Une partie des bénéfices va donc une nouvelle fois être reversée à des associations. Je pense notamment à l’association ATD (Agir Tous pour la Dignité Quart Monde), à l’aménagement de la ferme du faucon du Père Guy Gilbert ou encore au Père Pedro à Madagascar.

Père Charles Troesch : Il y a un projet avec une association qui a été créée sur notre diocèse par un diacre pour aider les jeunes défavorisés de banlieue, pour qu’ils puissent découvrir la montagne et les sommets. On va donc aider cette association qui dépend d’ATD Quart Monde pour aider ces enfants défavorisés, entre autres.

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Vous allez également apporter votre soutien au Père Guy Gilbert.

Père Jean-Michel Bardet : Oui. Il a une approche pédagogique sur notre diocèse dans les Alpes-de-Haute-Provence. Depuis des années, il s’efforce de donner des possibilités à des jeunes qui sont très abîmés par la vie de pouvoir émerger à travers cette ferme pédagogique. C’est une œuvre qui existe depuis un certain temps déjà et qui a besoin de se renouveler. Donc, nous allons contribuer à la rénovation du bâtiment de cette ferme pédagogique.

Vous aiderez enfin le Père Pedro à Madagascar.

Père Jean-Michel Bardet : Le Père Pedro, nous l’avions rencontré il y a deux/trois ans déjà à Madagascar. Nous l’avions déjà aidé. C’est pareil cette fois-ci. Même s’il y a une évolution politique là-bas, il reste beaucoup de choses à faire. Son travail est tout à fait extraordinaire et je pense que ça vaut le coup de continuer à le soutenir.

Vous allez bientôt partir en tournée. Vous vous produirez aussi bien dans des Zénith et les plus grandes salles de France que dans des Cathédrales ou des lieux de culte. L’émotion est-elle la même dans des salles aux « profils », entre guillemets, aussi différents ?

Père Charles Troesch : C’est certain. Déjà au niveau de l’architecture. On se retrouve dans des Cathédrale gothiques tout à fait extraordinaires. C’est quelque chose de très différents par rapport à une salle de spectacle traditionnelle. Après, le public est le même. Et c’est ça qui est l’essentiel. L’émotion est identique.

Les Pretres - DR

Quelle formation allez-vous avoir ?

Père Jean-Michel Bardet : Très sincèrement, nous ne le savons pas encore très bien. La configuration définitive de la scène n’est pas encore déterminée. On est en train d’y travailler. C’est encore un peu trop tôt pour que nous puissions en parler.

Nous avons évoqué quelques chansons en début d’interview, pour conclure, je vais vous demander aux uns et aux autres si vous avez une tendresse particulière pour l’un ou l’autre titre qui figure sur « Amen ».

Père Charles Troesch : Comme je vous l’avais dit au début, j’aime beaucoup « Les Trois Cloches », pour diverses raisons. Mais j’ai été aussi très marqué par la chanson « Écris l’histoire » de Grégory Lemarchal. C’est une personne qui a disparu aujourd’hui des suites de la mucoviscidose. C’est une maladie qu’on n’arrive toujours pas à guérir aujourd’hui. Cette reprise, c’est un peu un hommage à cet artiste. C’est bouleversant de reprendre sa chanson.

Joseph Dinh Nguyen Nguyen : Pour moi, c’est « La chanson des Justes » d’Yves Duteil. À chaque fois, quand je l’écoute, ça me met en émotion. Les paroles sont magnifiques et la musique aussi, d’ailleurs. Cette chanson me met des images de guerre devant les yeux et à chaque fois, ça me donne envie de pleurer. Ça m’émeut beaucoup.

Père Jean-Michel Bardet : Cette « Chanson des Justes » me touche aussi profondément.

Propos recueillis par Luc Dehon le 4 mars 2014.
Photos : Renaud Corlouër, DR
Site web : http://www.les-pretres.fr/

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