Interview de Mathieu Sempéré

Propos recueillis par IdolesMag.com le 24/03/2014.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.








Mathieu Sempéré © François Dufaut

Nous célébrons cette année le centenaire de la naissance de Luis Mariano. Le ténor Mathieu Sempéré lui rend hommage au travers d’un disque, dans lequel il reprend certains des plus grands airs de Mariano, et d’un spectacle qui se joue actuellement un peu partout en France et fera notamment escale le 24 mai au Palais des Congrès de Paris. Nous avons donc été à la rencontre de Mathieu afin d’évoquer la mémoire de Luis Mariano et ce projet finalement très moderne et dans l’air du temps. Nous en profiterons également pour évoquer ses autres projets, dont un troisième album des Stentors qui est dans les tuyaux, sa tournée « Chants sacrés » et « Carmen à tout prix », un vaudeville autour de l’œuvre de Bizet.

Mathieu Sempéré, Luis Mariano revivez la legendeIdolesMag : Vous êtes loin d’en être à vos débuts. Et pourtant, c’est votre premier album solo qui sort aujourd’hui. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?

Mathieu Sempéré : Du plaisir avant toute chose. Cet album, c’est le résultat d’un an de travail. J’ai eu beaucoup de plaisir à travailler sur cet album pour lequel j’ai vraiment eu carte blanche. C’est un projet qui me tenait à cœur depuis fort longtemps. Le répertoire de Luis Mariano, je l’ai chanté souvent sur scène. On m’a proposé de chanter cet hommage à Luis Mariano et également de participer aux arrangements avec Roger Loubet, qui est notamment l’arrangeur des « Lacs du Connemara » de Michel Sardou… juste ça ! Nous avons donc arrangé les titres et j’ai pu faire participer des copains musiciens classiques, un quatuor à cordes, des trompettes, des violons… et on a également, travaillé sur les chœurs et les harmonies. C’est vraiment un travail passionnant. J’avais vraiment carte blanche sur le style de l’album, sur les nouveaux arrangements et la direction à prendre. Ça a donc été vraiment un bonheur et un réel plaisir. C’est beaucoup de travail également, mais une fois que le résultat est là, on est fier que ça sorte pour le faire écouter enfin au public. Là, on va savoir ce que le public en pense. Avant tout, on voulait respecter Luis Mariano et Francis Lopez. On ne voulait pas dénaturer leur œuvre, tout en rendant un peu plus moderne ce qui avait été fait. Je suis vraiment heureux de cette confiance qu’on m’a faite, et heureux de pouvoir enfin faire écouter ce disque au public.

Le disque et le spectacle se sont-ils montés parallèlement ou sont-ils deux projets distincts qui voient finalement le jour au même moment ?

Au départ, il y avait deux projets différents qui se sont réunis. On a fait cette tournée Luis Mariano qui a évolué petit à petit. On a d’ailleurs donné le lancement de la nouvelle mouture de ce spectacle au Colisée de Roubaix hier après-midi. Le spectacle tourne depuis fin 2011, et on s’est rendu compte que le public adhérait. Après, on a fait le disque et donc, aujourd’hui nous utilisons les arrangements du disque pour la scène. Nous célébrons les 100 ans de Luis Mariano avec à la fois un disque, une tournée et le livre d’Henry-Jean Servat.

Mariano est devenu un artiste culte. Aujourd’hui encore ses airs sont sur toutes les lèvres. Beaucoup d’artistes ont repris ses chansons comme vous, je pense notamment à Roberto Alagna ou Vincent Niclo. Qu’est-ce qui explique, selon vous ce succès ? Son style ? Son timbre ? Sa sensibilité ?

Il avait un tel cœur… Et je ne parle pas que de l’artiste, je parle de l’homme aussi. il donnait de l’amour aux autres. Déjà par sa voix, bien évidemment, mais pas que. Tout ce qu’il a donné, le public s’en souvient encore. Vous savez, je rencontre régulièrement depuis que j’assure la promotion de ce projet des gens qui viennent me raconter différentes anecdotes à propos de Mariano. Et toujours, les gens évoquent son grand cœur. Une personne m’a raconté qu’un jour, il avait quinze ans et était pompiste, il avait servi Luis Mariano. Mariano lui a donné une petite pièce et lui a chanté un petit bout de chanson. Tous les jours, les gens nous racontent des anecdotes comme celle-là sur Luis Mariano. Et c’est toujours positif. C’est quelqu’un qui a marqué de par son grand cœur et sa générosité. Il avait aussi cette générosité dans la voix. Il avait un timbre unique. Et c’est lui qui a lancé, avec Francis Lopez, ce style qu’on appelle aujourd’hui opérette, mais qui n’est rien d’autre que la comédie musicale. Ce sont eux qui ont créé la comédie musicale à l’époque. Et donc, comme il était extrêmement novateur, c’est tout à fait normal qu’on parle encore de lui aujourd’hui. Il avait une voix et un timbre que personne n’a encore égalé. Après, certains vont dire qu’il roulait un peu les « r » et que ses chansons avaient un caractère un peu ancien. C’est vrai d’une certaine manière, parce qu’il était ancré dans les années 50. Ceci dit, c’était très exotique à l’époque et très respecté. Donc, aujourd’hui, ce que nous avons voulu, c’est continuer à parler de lui, continuer à faire vivre les chansons qu’il a interprétées, mais en les adaptant avec des arrangements un peu plus récents pour que le public qui le connaissait puisse le retrouver, mais aussi pour qu’un nouveau public puisse le découvrir. On n’a surtout pas voulu rompre avec le passé. Certains découvrent son répertoire aujourd’hui comme si c’était des chansons d’aujourd’hui puisque ses chansons sont vraiment intemporelles et magnifiques.

Ce travail de réarrangement a dû être assez minutieux finalement, parce qu’il ne faut pas dénaturer l’œuvre de l’artiste, tout en la modernisant un peu… la frontière est délicate.

Oui, ça l’a été. Mais comme je vous le disais, avant même d’enregistrer ce disque, j’interprétais ces chansons sur scène, les opérettes en elles-mêmes qui restaient donc extrêmement classiques. Pour ça, j’avais les chansons dans l’oreille et je ne voulais pas les dénaturer. Ma formation classique a fait que je n’étais pas là pour tromper Mariano ou le dénaturer. Je voulais absolument respecter sa musique. On a donc créé des harmonies supplémentaires avec des deuxièmes voix, refait certaines orchestrations, écrit des chœurs… avec Roger Loubet, on a voulu que ça devienne plus de la musique de film et de la comédie musicale, tout en respectant bien sûr ces mélodies intemporelles qui sont arrivées jusqu’à nous… Si je vous dis « Chi-ca ! Chi-ca ! Chic ! », vous me répondez ?

« Ay ! Ay ! Ay ! »

Eh bien voilà, ça marche à tous les coups ! (éclats de rire) Ce sont des chansons qui restent dans la mémoire. Je ne voulais pas couper les chansons, enlever telle ou telle partie, ou changer les notes. Pas du tout. Ce sont des chansons qui se transmettent de génération en génération et il faut les garder comme elles sont. Ce qu’on peut changer, ce sont les arrangements, pour les remettre un peu plus au goût du jour.

Comment s’est effectué le choix des titres ? Il y a les titres emblématiques, évidemment. Mais les autres ? Sont-ce des coups de cœur ? Des chansons que vous avez chantées sur scène ?

C’est tout à fait ça. Il y a les incontournables comme « Mexico », « La Belle de Cadix » ou « Rossignol de mes amours ». Il  y a donc des titres d’opérette pure, mais aussi des chansons de variété. Parce que Mariano a chanté de la variété. Il a été une véritable pop star à une époque ! On l’invitait beaucoup à la télé pour chanter des chansons de variété. J’ai donc repris « Plus je t’entends », une chanson que lui avait écrite Alain Barrière, ou encore cette magnifique chanson de Marino Marini « La piu bella del mondo », « Maman la plus belle du monde ». Cette chanson a été adaptée en français, mais j’ai préféré la chanter en italien. Donc, dans cet album, on peut écouter des titres incontournables, mais aussi faire des découvertes, des titres peut-être un peu moins connus, mais que moi, j’ai appris à aimer quand je les ai chantés sur scène. C’est notamment le cas de « Cavaliers », qui est issu de l’opérette « Le Secret de Marco Polo ». C’est une des plus grandes opérettes montées au Chatelet, avec une proue de bateau sur scène et des calèches. Il y a aussi « Soleil », qui est une samba brésilienne. C’est un titre issu de la dernière opérette que Luis Mariano a interprétée, « La Caravelle d’Or ». C’était au Théâtre du Châtelet en 1970. On a vraiment voulu que cet album soit éclectique. On trouve des titres qui ont ce côté soleil, fête, rumba et samba brésiliennes, et à côté des titres plus intimes et des titres plus « Andalousie ». D’ailleurs, cette chanson, « Andaloucia Mia » que je chante avec Chico & les gypsies est complètement moderne. En mélangeant des voix gipsy et ma voix de ténor, on arrive à un caractère espagnol complètement contemporain. C’est en tout cas cette émotion qu’on a voulu retranscrire. C’est un album d’alternance, en fait.

Vous venez de me toucher un mot de ce duo avec Chico & les Gypsies, « Andaloucia Mia », il y a également un autre duo avec Chantal Ladessou « Visa pour l’amour ». Comment sont nées ces deux collaborations ? Qu’est-ce qui vous donné envie de travailler avec eux ?

Pour reprendre « Visa pour l’amour », on cherchait une Annie Cordy… C’est un duo que Luis Mariano chantait donc avec elle et j’avais vraiment envie de mettre ce duo sur l’album. Comme Annie Cordy l’avait déjà chanté, j’avais envie de partager ce titre avec une femme avec, elle aussi, une voix reconnaissable. J’ai pensé rapidement à la gouaille de Chantal Ladessou. Je lui ai proposé le titre. Nous nous étions déjà rencontrés, donc, ça a été assez simple. Elle a demandé à écouter ce que j’avais fait sur le titre, je le lui ai fait écouter en lui disant où elle allait chanter. Elle m’a dit « Mon p’tit gars… c’est parti ! ».

La chanson a été un peu réécrite…

Effectivement. À l’époque, c’était Luis Mariano le jeune premier qui demandait sa main à la jeune première, pour un baiser tout simplement. Et là, j’ai demandé à Chantal de jouer la femme cougar qui venait demander ma main pour avoir un baiser… (sourire) On a donc un peu changé les phrases pour donner un côté un peu rigolo à ce duo entre Chantal et moi.

Il y a beaucoup de tendresse qui ressort de ce titre finalement.

Totalement. C’est un titre un peu intimiste, avec peu d’orchestrations. Il y a juste de la trompette, un violoncelle et du piano. On a chanté tout simplement cette petite ballade à deux, où l’un demande un baiser à l’autre.

Et avec Chico, ça s’est passé comment ?

On avait déjà chanté quelques fois avec Chico lors d’émissions et même en Arles puisque je suis de Montpellier, pas très loin. On a chanté aussi sur les croisières « Âge Tendre et Tête de Bois », sur la scène de certains Zénith, sur la scène du palais des Congrès de Paris… Donc, nous nous étions rencontrés plusieurs fois. Entre nous, le feeling est tout de suite passé. Entre gars du sud, on se comprend ! Ceci dit, avec Chantal qui vient du nord, le feeling est aussi très bien passé. Donc voilà, avec Chico, comme on se connaissait, j’avais déjà pensé à ce titre, « Andaloucia mia ». Le caractère andalou de la chanson, je l’assimilais à ce caractère gitan. Je me suis dit que le guitares et les voix gitanes sur ce titre seraient vraiment du plus bel effet. J’ai travaillé les chœurs aussi pour en faire un morceau totalement nouveau. Et je pense qu’on a vraiment bien réussi ce titre-là. On en a fait quelque chose de totalement contemporain. On a rien touché à la mélodie, on a juste créé de nouvelles harmonies pour en faire quelque chose de totalement moderne. Nous nous sommes vraiment bien entendus. Les voix se mélangent très bien. Là, on va se retrouver sur la scène de l’Olympia les 14 et 15 avril. Ils m’ont invité à venir chanter avec eux. C’est une amitié qui est née il y a deux ans et nous nous retrouvons sur scène de temps en temps…

Il y a un titre inédit sur l’album, « Vous a-t-on dit », dont vous signez la musique. Pouvez-vous m’en dire un peu plus ?

Bien sûr. J’ai donc écrit la musique… Vous l’aurez compris, je suis admiratif de Luis Mariano. Je respecte énormément l’homme, sa voix, son timbre magique. Je défends son répertoire sur scène à travers notamment ce spectacle, mais ça fait également dix ans que je le chante sur scène en tant que jeune ténor, sur les scènes d’Opéras et de Théâtres Nationaux de France. Donc, je me suis dit que ce serait bien de lui rendre un hommage en essayent, pourquoi pas, de lui écrire et lui dédier une chanson. J’ai donc demandé à Sophie Sara, avec qui j’ai travaillé, d’écrire un texte sur cette musique que j’avais créée. C’est donc un véritable hommage que je rends à Luis Mariano 100 ans après sa naissance et 40 ans après sa mort. Je suis extrêmement fier de voir qu’on continue de parler de lui avec autant de passion, qu’on met tant de ferveur à défendre encore son répertoire. Voir que Mariano est toujours autant respecté et qu’on reparle de lui me fait le plus grand plaisir. Certains n’ont jamais cessé de parler de lui, moi notamment. Mais qu’on en parle au grand public, qu’on le remette au goût du jour, c’est quelque chose qui me fait plaisir. Là, les orchestrations sont nouvelles, mais je suis certain que s’il avait été là, il aurait fait pareil. Mariano était déjà novateur en son temps, il l’aurait donc été encore aujourd’hui. Et d’ailleurs, pour ce projet nous avons eu l’accord de la famille Mariano, de la famille Lopez et des ayant-droits. Ce disque et le spectacle sont officiels. J’ai donc souhaité lui rendre un hommage supplémentaire en écrivant cette chanson. Ils l’ont apparemment tellement appréciée qu’ils ont voulu l’intégrer au spectacle et au disque… C’est un grand honneur pour moi. Et je suis extrêmement ravi qu’une de mes compositions se retrouve sur cet album.

Le coup d’envoi de la nouvelle mouture du spectacle a été donné hier à Roubaix. Comment ça s’est passé ?

Très très bien. C’est donc une nouvelle version du spectacle avec lequel on tourne depuis 2011. Pour 2014, et pour célébrer les 100 ans de Mariano, on a voulu faire un gros évènement avec ce disque, le livre et le spectacle. C’est donc une nouvelle mouture de ce spectacle qui a déjà été rodé pas mal de fois. Hier, le public était enchanté. Tout le monde était debout à la fin du spectacle et réclamait encore des chansons. C’est un spectacle de 2 heures et demi. Je ne suis pas tout seul. Henry-Jean Servat présente, il y a un orchestre de douze musiciens qui jouent live sur scène et je suis entouré de deux autres jeunes ténors qui défendent le répertoire de Mariano avec beaucoup de talent, Marc Larcher et Nicolas Gambotti. Nous partageons la scène et nous chantons les plus grands airs de Luis Mariano. Il y a des solos, des duos, des trios… On se répartit vraiment les chansons du répertoire de Mariano, ce qui donne plein de vie et d’interactivité entre les chanteurs et le public.

Mathieu Sempéré, Marc Larcher et Nicolas Gambotti © Francois Dufaut

C’est un gros spectacle.

Tout à fait. On a évacué tout ce qui était froufrous. On s’est dit qu’il fallait miser sur la voix avant toute autre chose. Nous sommes donc tous les trois en costume-cravate. On met à l’honneur le répertoire de Luis Mariano, et la voix. Le public reprend beaucoup de chansons avec nous. On ne voulait pas faire un spectacle kitch. On a voulu gommer ce côté kitch qui peut être intéressant par ailleurs. D’ailleurs jouer en costumes d’époque et ce genre de choses, je l’ai fait, mais ici, ce n’était pas le propos du spectacle. On a voulu un spectacle moderne, avec une grosse structure métallique qui pourrait faire penser à celle de Johnny ! (rires) On s’est dit qu’on allait évacuer les froufrous, les cartons pâtes et les faux cactus pour privilégier la beauté du chant, la beauté de la musique, les anecdotes qui sont racontées, les images, l’interaction entre le public, l’orchestre et les chanteurs.

Mariano a chanté des centaines de chansons. Y a en a-t-il une pour laquelle vous avez un peu plus de tendresse qu’une autre ?

Oui… J’en aime beaucoup. Mais si on parle de tendresse, j’irais vers deux titres, voire trois. Il y a « Maman la plus belle du monde ». Bien sûr, ce n’est pas de l’opérette. Lui a interprété ce titre en français. Sur le disque, je l’ai repris en italien parce que l’original était fait en italien, par Marino Marini sous le titre « La piu bella del mondo ». Ça s’adresse à une femme, quelle qu’elle soit, et pas seulement une maman. Mais j’ai connu ce titre en français. Et donc, j’aime beaucoup celle-ci parce qu’on a tous une tendresse particulière pour nos mamans. Et puis, il y a également des chansons que je fredonnais quand j’étais beaucoup plus jeune. Je ne savais pas du tout que c’était du répertoire de Mariano. C’étaient des mélodies qu’avait écrites Francis Lopez. Je pense à « L’amour est un bouquet de violettes » ou « Rossignol de mes amours ». Au niveau tendresse, j’ai envie de vous citer ces trois titres-là. Au niveau gaité, ce serait d’autres titres comme « Soleil », « Mexico » ou « Andaloucia Mia ». Mais vraiment pour la tendresse ce sont les trois titres que je vous ai donnés. J’ai trente ans aujourd’hui, mais ce sont des titres que ma mère me fredonnait, que je chante aujourd’hui et qui, je l’espère, seront encore chantés par de nombreuses générations.

Je pense que la famille et les ayant-droits Mariano soutiennent le projet. Vous ont-ils donné des documents et ce genre de choses ?

Bien sûr. On est en relation directe avec la famille Mariano. Nous sommes le projet officiel des 100 ans, en total accord avec la famille. Elle a d’ailleurs mis son tampon sur chaque étape du livre, du disque et de la tournée. La famille Mariano et la famille Lopez, dont Catherine Lopez, la dernière femme de Francis Lopez, nous suivent vraiment sur le projet. Les Mariano ne voulaient pas que les choses soient faites n’importe comment. Ils voulaient que ce soit un ténor qui chante. Et dans le cadre de la scène, ils voulaient que ce soient des chanteurs de qualité qui reprennent Luis Mariano. On n’est pas là pour faire une mauvaise imitation de Luis Mariano en roulant les « r » et en ayant des froufrous partout. Pas du tout. Ça n’aurait pas servi Mariano. Ce que nous on a voulu faire, et ce qu’ils ont accepté, c’est que nous mettions la voix au cœur du projet. C’est eux qui nous ont choisis et qui m’ont choisi pour chanter sur le disque. Je suis donc, entre guillemets, le représentant officiel de Luis Mariano en 2014. Donc, oui, ils sont là à chaque étape, pour cautionner.

Vous avez été chez lui à Arcangues… Qu’est-ce que ça vous a fait ?

C’est très impressionnant, d’autant plus qu’il est parti en 1970. Mais la maison était restée intacte. Le piano était toujours à la même place et ce genre de choses. Il y avait sur le piano le même tissu, la fameuse main en bronze, les moulures… les tableaux au mur n’avaient pas bougé. Tout était resté en l’état. Et juste après, la maison a été vendue. Je suis donc le dernier à être rentré dedans. Tout est parti dans un musée à Irun, son village natal. Mais la maison en elle-même est remarquable. Il y avait vraiment sa mémoire dedans. Et puis, là, j’ai pu découvrir d’autres de ses talents. Et notamment son talent de peintre et dessinateur. Il faut savoir que Mariano a fait les Beaux-Arts avant de chanter et donc, il était prédestiné à la peinture et au dessin plutôt qu’au chant. Il dessinait des costumes et des affiches. C’est lui qui faisait les pompons sur ses premiers costumes… J’ai pu constater tout ça en allant sur ses pas dans sa maison. Je me suis imprégné un peu de ce qu’il avait fait. J’ai pu voyager dans son univers, en tout cas dans l’univers dans lequel il vivait dans les années 60.

Mathieu Sempéré, Marc Larcher et Nicolas Gambotti © Francois Dufaut

J’imagine que Mariano va bien vous occuper pendant les prochaines semaines et les prochains mois… Mais un nouvel album avec les Stentors est-il dans les tuyaux ?

Nous continuons à défendre le deuxième album. Nous faisons beaucoup de scène ensemble. Le mois dernier on en en fait dix, d’ailleurs. Donc, on a pas mal de concerts. Mais nous sommes en discussion pour un troisième album. il est fort possible qu’il sorte d’ici peu de temps. On est dans le travail du répertoire, on discute beaucoup, on élabore le tracklisting… On travaille dessus et donc, c’est fort possible que ce projet sorte en parallèle. Chacun a sa vie à côté. Moi, c’est Mariano et j’ai aussi des concerts en lyrique et en Opéra. Chacun a sa vie à côté, mais on se retrouve avec grand plaisir pour « Les Stentors ». On fait donc beaucoup de scène en ce moment. Et au niveau disque… on n’est pas là pour sortir un disque tous les trois mois, parce qu’on n’a pas encore vraiment fini d’exploiter le dernier. Certains ne savent même pas encore qu’il est sorti ! Donc, il y a encore des choses à faire sur le deuxième… mais bien évidemment, on parle déjà d’un troisième. Le projet avance.

Vous continuez en parallèle la tournée « Chants Sacrés ».

Bien sûr. C’est un projet qui me tient vraiment à cœur. Je chante dans les églises et je choisis des chants qui s’y prêtent et qui se prêtent à cette acoustique toute particulière. « Chants Sacrés », ce ne sont pas que des chants religieux, ce sont des chants qui sont sacrés pour moi. Donc, on trouve des « Ave Maria », des chants religieux, des oratorios, des grands airs de ténors, y compris des airs d’Opéra qui s’adaptent au lieu… Il y a également de la chanson et notamment de la chanson française. Là, il n’y aura pas de Mariano parce que « Mexico » ne s’adapte pas vraiment au lieu, si ce n’est pour l’acoustique. Mais tous les titres qui peuvent être chantés dans des églises et qui sont sacrés pour moi, je les chante. L’amour est universel, et donc, toutes les chansons d’amour, on peut les chanter dans les églises…

On a évoqué Mariano, Les Stentors, Chants Sacrés, votre venue sur la scène de l’Olympia aux côtés de Chico & les Gypsies… Avez-vous d’autres projets dans les prochains mois ?

Bien sûr ! Là, je viens de chanter « Le Messie » de Haendel avec deux cents choristes. C’était deux très beaux concerts que j’ai donnés cette semaine. Et puis, je développe un festival à Paris. Pendant trois jours, le public pourra entendre des œuvres de Bizet, avec comme pièce maîtresse, une création sur « Carmen ». C’est un vaudeville avec les plus grands thèmes de Bizet et l’histoire de Bizet. C’est un spectacle à la fois comique et tragique parce qu’on garde l’histoire de Bizet avec un petit orchestre assez spécial pour l’occasion avec accordéon, violon et guitare. Ce vaudeville va s’appeler « Carmen à tout prix » et va se jouer au théâtre du gymnase les 17 et 18 mai.

Propos recueillis par Luc Dehon le 24 mars 2014.
Photos : François Dufaut, DR
Site web : http://mathieusempere.com/

-> Réservez vos places chez notre partenaire Fnac.com !

Luis Mariano revivez la légende

  •  28/03/2014 | MARSEILLE | LE DOME | 15:00 et 20:30
  •  29/03/2014 | MONTPELLIER | ZENITH | 15:00 et 20:30
  •  05/04/2014 | TOULOUSE | ZENITH | 15:00 et 20:30
  •  19/04/2014 | NANTES | ZENITH | 15:00
  •  24/05/2014 | PARIS | PALAIS DES CONGRES | 15:00 et 20:30
  •  13/08/2014 | BAYONNE | ARENES DE BAYONNE | 21:30
  •  11/10/2014 | LYON | AMPHITHEATRE 3000 | 15:00 et 20:30
  •  18/10/2014 | BORDEAUX | MERIADECK | 15:00
  •  19/10/2014 | PAU | ZENITH | 15:00
  •  26/10/2014 | NICE | ACROPOLIS | 15:00
  •  08/11/2014 | LILLE | ZENITH | 15:00
  •  09/11/2014 | AMIENS | ZENITH | 15:00
  •  15/11/2014 | NANCY | ZENITH | 15:00
  •  16/11/2014 | DIJON | ZENITH | 15:00
  •  22/11/2014 | ROUEN | ZENITH | 15:00
  •  23/11/2014 | TOURS | LE VINCI | 15:00
  •  30/11/2014 | ORLEANS | ZENITH | 15:00
  •  06/12/2014 | CLERMONT FERRAND | ZENITH | 15:00
  •  07/12/2014 | ST ETIENNE | ZENITH | 15.00
  •  14/12/2014 | ANNECY | L’ARCADIUM | 15:00

Chants Sacrés

  •  27/04/2014 | OPTEVOZ | ÉGLISE à 15H
  •  10/05/2014 | ST PIERRE D’ALBIGNY à 20H30
  •  19/07/2014 | DIGNES-LES-BAINS | Cathédrale Notre-Dame-du-Bourg à 21H

Les Stentors / Tournée 2014-2015

  •  28/05/14 | Châteauneuf-sur-Isère (Palais des Congrès Sud Rhône Alpes)
  •  31/05/14 | Fourmies (Théâtre Jean Ferrat)
  •  01/06/14 | Trith St Léger (Théâtre des Forges René Carpentier)
  •  13/06/14 | Savigny sur Orge (Salle des Fêtes)
  •  14/06/14 | Puy en Velay (Grande Salle le Théâtre)
  •  15/06/14 | Bourg en Bresse (Ainterexpo/Par expo)
  •  17/06/14 | Toulouse (Casino)
  •  05/10/14 | Le Havre (Les Docks)
  •  09/10/14 | Romorantin-Lanthenay (Pyramide Espace François 1er)
  •  21/11/14 | Vichy (Opéra)
  •  29/11/14 | Dole (La Commanderie)
  •  20/12/14 | Cannes (Palais des Festivals)
  •  01/02/15 | Bourges (Palais d’Auron)








+ d'interviews
Vidéos




Retrouvez-nous sur Facebook
Retrouvez-nous sur Twitter
Concours
 
Retour en haut