Interview de Twin Twin

Propos recueillis par IdolesMag.com le 17/03/2014.
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Twin Twin, Moustache

C’est officiel, c’est le groupe Twin Twin qui défendra les couleurs de la France à l’Eurovision cette année avec son titre « Moustache », un titre de prime abord festif et joyeux, mais qui parle en réalité de notre société de surconsommation. Nous avons été une nouvelle fois avec grand plaisir à la rencontre des jumeaux Laurent Idir et François Djemel et de leur acolyte Patrick Biyik afin d’en savoir un peu plus sur leur fameuse « Moustache », la prestation qu’ils vont livrer à la B&W Hallerne de Copenhague le 10 mai prochain, la réédition de leur album « Vive la Vie » et leurs nombreux projets. Bonne humeur garantie avec Twin Twin… Oh Yeah !

IdolesMag : Qu’avez-vous ressenti quand on vous a annoncé que Twin Twin allait représenter la France cette année à l’Eurovision ?

Laurent Idir : C’est très simple. On sortait d’un mois de promotion intense de notre titre « Moustache ». Comme tu le sais, France3 avait mis en place ce système pour que les gens puissent se sentir un peu plus concernés à propos de la sélection française. Ils ont pu voter et ça a créé une dynamique. On était donc à fond dans la promotion de notre titre, dans l’optique de faire connaître aux gens notre univers, notre façon de voir les choses et notre dimension artistique. Donc, quand on a appris qu’on était sélectionnés, on était vraiment hyper heureux. On avait pris ça hyper à cœur. On avait travaillé à fond sur un titre qu’on adore. Et on avait envie, à travers ce titre, de montrer tout ce qu’on faisait, notre image, notre travail autour du graphisme, notre énergie scénique… On était donc hyper contents. On s’est dit que maintenant, le plus dur restait à faire. On veut vraiment proposer quelque chose d’hyper cool qui fonctionne à la télé.

Patrick : Oh Yeah !

Dans quelles circonstances avez-vous écrit ce titre, « Moustache » ?

Laurent Idir : On l’a écrit très simplement, comme tous les autres titres. On l’a écrit il y a assez longtemps, ce devait être en 2012. Comme dans les autres groupes, on fait toujours plein plein de titres, et certains attendent avant de sortir des tiroirs… Pour la petite histoire, on avait discuté avec un pote à une terrasse de café. C’est un mec assez beau gosse, il a un bon boulot et une bonne vie. Et lui, à un moment donné, il nous sort « vous allez peut-être me prendre pour un con… moi, j’ai tout ce qu’il me faut dans la vie, je suis bien, je gagne pas mal d’argent, j’ai toutes les meufs que je veux… je n’ai pas à me plaindre, mais franchement, j’ai pas de moustache et j’adorerais avoir une moustache… » Quand il nous a dit ça, on a juste rigolé. Et après, on s’est dit que c’était génial ce qu’il venait de nous dire, que ça racontait plein de choses sur notre monde et notre société. Et donc, on a créé un morceau sur cette petite anecdote.

Dedicace de Twin Twin pour IdolesMag

Et vous, y a-t-il quelque chose que vous rêvez d’avoir, et que vous n’avez pas ?...

Laurent Idir : Vaste sujet !!

Patrick : Ta question est assez difficile… Nous on est à fond dans Twin Twin. Ça fait quatre ans que le groupe est là, et on ne pensait pas en arriver là. Quand on a commencé le groupe, on a tout d’abord joué dans des squats. On a participé à des concours qui nous ont permis de jouer devant des milliers de personnes. À la base, on voulait juste faire un groupe pour s’amuser et aujourd’hui, on part représenter la France à l’Eurovision… C’est déjà pas mal ! Donc, ces choses dont on rêve, ce sont, comme pour beaucoup de monde, des choses très simples… Vivre des choses qui nous satisfassent et qui nous rendent heureux. En tout cas, je le vois comme ça.

François Djemel : Le plus important pour moi, c’est de me sentir épanoui et heureux. On peut passer sa vie à vouloir être heureux, et à la fin de sa vie, se rendre compte qu’on a pris le mauvais chemin… Donc, je prends les choses comme elles viennent et je profite du quotidien. C’est un peu comme ça, la vie que je mène. On ne fait pas de plan d’avenir. On prend la vie comme elle vient et on y va…

Laurent Idir : Twin Twin…

Tous ensemble : Oh Yeah !

Tu m’as dit tout à l’heure que la chanson avait été écrite en 2012. Donc, j’imagine qu’à l’époque, il n’était pas du tout question d’Eurovision. C’était une chanson de Twin Twin, point à la ligne.

Laurent Idir : Tout à fait. C’était une chanson de Twin Twin comme toutes les autres. Quand on nous a proposé l’Eurovision, très sincèrement, nous, on n’y avait pas pensé ! C’est France3 qui est venu nous trouver en nous disant qu’ils aimaient bien notre univers et qu’ils aimeraient qu’on leur propose une chanson. Par l’intermédiaire de notre label, on s’est dit qu’on ne pouvait pas prendre un titre qui figurait déjà sur notre album, que c’était mieux de créer la surprise. On a donc réécouté plein de titres qu’on avait déjà faits. Dans l’ordinateur, il y a toujours plein de chansons restées à l’état d’ébauches. Quand on a réécouté tout ça, on est retombés sur « Moustache » et on s’est dit que ça correspondait à fond parce que, d’une part, c’est une chanson en français et que ça nous tenait à cœur de proposer une chanson en français à l’Eurovision ; et d’autre part, c’est un texte, et un morceau d’ailleurs, qui est très gimmick. [Laurent Idir commence à chanter] « Je veux ci / Je veux ça / C’est comme ci / C’est comme ça ». Et puis, tout simplement, le mot « Moustache » est compréhensible dans beaucoup de langues. On s’est dit que cette chanson était bien adaptée à l’Eurovision, et qu’elle aurait toutes les chances de plaire autant aux Français qu’aux Anglais ou aux Suédois ou aux Russes. Et on se rend compte de par Twitter et notre blog que ce côté gimmick marche plutôt pas mal.

Twin Twin © Christophe Lartige

Quand vous ressortez « Moustache » des tiroirs, existe-t-elle déjà à l’état de maquette un peu avancée ou vraiment à l’état brut ?

Laurent Idir : La composition existait vraiment à l’état de maquette telle quelle. Après, ce n’est que des questions de prods et d’arrangements. Mais par contre, elle était déjà composée comme ça, et avec cette structure. Le texte, lui aussi, existait, et on a vraiment retravaillé le refrain. On n’avait pas encore tous les petits gimmicks, ce n’était pas encore construit de la même manière, mais grosso modo, le morceau n’a pas vraiment bougé. Il existait vraiment en tant que tel.

Quand il a été question de produire réellement le morceau en vue de l’Eurovision, avez-vous été écouter un peu tout ce qui pouvait fonctionner dans les autres pays. Parce qu’en Europe, l’air de rien, les cultures sont très différentes les unes des autres…

Laurent Idir : Franchement, non. On n’a pas été regarder ce qui fonctionnait dans les autres pays. Tu sais, on a des influences assez diverses dans notre musique. On aime beaucoup Diplo par exemple, qui est un producteur qui a fait pas mal de titres dans lesquels, justement, on retrouve des gimmicks. C’est un mix d’électro, de rock, de musique du monde… On aime bien ce travail-là autour de différents styles. Le style de Twin Twin, c’est un peu comme si on mettait un lecteur MP3 en mode shuffle et que plein de styles passaient et se mélangeaient. C’est un peu notre façon de travailler. Donc, on n’a pas pensé à ce qui pouvait marcher en dehors de France. D’ailleurs, quand on est artiste, la démarche de créer n’est pas la recherche de ce qui pourrait marcher. Il faut faire quelque chose qui puisse plaire et qui soit vraiment à ton image. Donc, on a vraiment fait un titre à notre image, avec tout ce qu’on aimait dedans. On retrouve donc du rock, de l’électro et plein d’autres influences.

François Djemel : On a un parcours très éclectique. On a ouvert la scène un jour en Espagne pour Gloria Gaynor et les Gipsy Kings. Bénabar et Julien Doré étaient là aussi. Et je me souviens très bien d’avoir croisé un des mecs des Gipsy Kings en bas de l’hôtel. Et quand tu vois des gars comme les Gipsy Kings comme ils sont simples… alors qu’ils font dix fois le tour du monde par an ! Je sais que quand on a fait la chanson Moustache et qu’aujourd’hui j’entends le refrain [François Djemel fredonne le refrain de « Moustache »], j’ai presque eu envie de pleurer !

Laurent Idir : Et voilà une parenthèse de notre vie dévoilée par François Djemel ! (rires) C’est toujours comme ça qu’on fait les choses !

Il y a eu une polémique sur « Moustache », comme quoi le titre aurait été un peu pompé sur celui de Stromae. On ne va pas en parler des heures, mais comment l’avez-vous pris ?

Tous ensemble : C’était fooooormidable ! Avec cinq O ! (éclats de rire)

François Djemel : Et la polémique… c’est quoi ? Une maladie sexuellement transmissible ? (éclats rires)

Quelle image avez-vous de l’Eurovision ?

Laurent Idir : On en a une image très positive et je vais t’expliquer pourquoi. Je vais parler au nom du groupe parce que nous nous sommes posé la question, bien évidemment. L’Eurovision, c’est quelque chose d’unique et de très intéressant pour nous. Dans notre pays, sur les ondes, on est noyés et submergés de musique soit française, soit américaine. On n’a pas beaucoup d’autres alternatives. L’Eurovision, c’est le seul spectacle télé grand public dans lequel on peut voir un groupe portugais, un groupe suédois et un groupe lituanien. C’est unique. C’est festif. C’est bon enfant. Ce sont toutes des créations originales. C’est drôle. Ça ne se prend pas la tête. C’est un grand et beau spectacle autour d’une Europe rêvée et fantasmée dans laquelle la Russie marcherait en même temps que la France. Donc, c’est une fête tout simplement. En plus, c’est la mère… que dis-je ?!... c’est la grand-mère des télécrochets ! (rires) C’est sans aucun doute l’une des premières émissions de télé qui a été un tremplin pour de jeunes artistes. Et en plus, c’est à l’échelle de l’Europe.

Twin Twin © Fifou

Les Français se désintéressent pourtant de l’Eurovision…

Laurent Idir : Je ne suis pas vraiment d’accord avec toi. Je ne suis pas certain que ce soient les Français, je pense plutôt que ce sont les médias français. Il y a une grosse différence entre les deux ! Je pense qu’il y aurait un gros travail de fond à faire avec les médias aussi parce que si on y réfléchit bien, c’est tout de même quelque chose d’hyper intéressant. Je pense que le vent peut tourner. Peut-être qu’aujourd’hui les médias boudent un peu l’Eurovision, on ne sait pas trop pourquoi d’ailleurs, mais il faudrait peut-être se repencher dessus parce que c’est tout de même un concept hyper cool !

Outre le concours de chant et la découverte d’artistes de cultures et d’horizons différents, l’Eurovision a été créée aussi pour célébrer une Europe unie. Aujourd’hui, on oublie un peu cette dimension.

Laurent Idir : Oui, bien évidemment. Et je pense qu’on oublie aussi cette dimension peut-être un peu volontairement. En réalité, c’est dommage. Moi, je suis juste musicien, et je te le dis tout simplement : il suffirait que les médias se débrouillent un peu pour parler de choses positives plutôt que d’être toujours dans le négatif. Quand tu vas en Suède, et pas que !, dans plein d’autres pays, c’est une grande fête l’eurovision. Les médias ne sont pas si austères. Alors, il y a d’autres concours de voix, comme « The Voice » ou ce genre de choses, mais c’est encore une autre démarche. C’est beaucoup plus violent. Et ce ne sont pas des créations originales la plupart du temps ! Il y a beaucoup d’éliminations, alors qu’à l’Eurovision, personne n’est éliminé. Il y a un classement, certes, mais au final ce n’est pas ça qui est intéressant, c’est le spectacle que ça donne.

Patrick : Le côté compétitif, ce n’est très intéressant finalement. Ce qui est intéressant, c’est que c’est un spectacle unique au monde, une image de notre société. Il faudrait en tout cas que les gens le prennent comme ça. L’Eurovision, c’est un moment super cool.

Avez-vous regardé l’Eurovision les années précédentes ? Des artistes vous ont-ils marqués ?

Patrick : On a regardé il y a deux ans quand Loreen a gagné avec son morceau « Euphoria ». C’était juste génial. On a regardé aussi l’année dernière avec la petite danoise, Emmelie de Forest. Le show à Malmö l’année dernière était vraiment génial. C’était une grosse grosse teuf. La présentatrice était un peu timbrée, mais c’était cool. Donc tu vois… on a regardé les années précédentes !! (rires)

François Djemel : On a regardé l’édition où Lordi a gagné aussi ! Enfin… Laurent a regardé tout seul parce que je n’étais pas avec lui ! (rires) J’étais en train de bosser sur des morceaux.

Laurent Idir : Il y a aussi l’année où les Fatals Picards se sont présentés. Après coup, on a appris que Anggun et Natasha St Pier avaient également participé.

François Djemel : Je n’avais pas vu le passage de Sébastien Tellier… Mais ce que je peux dire, c’est que dans la catégorie des gens et des médias qui revendiquent avoir le badge « je suis quelqu’un de bon ton, je suis quelqu’un de bon goût » et qui donc ne peuvent pas regarder l’Eurovision, certains peuvent maintenant accepter de regarder l’Eurovision ! Donc, on garde espoir : dans quelques années, ça va être le summum du truc branché, d’aller à l’Eurovision.

Patrick : Vraiment, c’est trop cool ! Et il y a aussi Amandine Bourgeois qui a participé l’année dernière et qui a bien défendu la France. Big up Amandine !

Vous êtes-vous déjà un peu penché sur la concurrence ? Il y a du lourd cette année…

François Djemel : Très franchement, on a survolé les autres candidats. On n’a vraiment pas encore eu le temps de bien les écouter un par un. On a regardé une seule fois leurs prestations, donc, dans notre tête, ça se mélange encore un peu. En tout cas, nous on ne redoute personne dans le sens où on prend ça comme un spectacle et que le but, c’est de donner le meilleur. On est tellement originaux et on a tellement notre touche et notre style que quoi qu’il se passe, on sera contents. Il n’y a pas de meilleur là-dedans, chacun a son style. Il y a en tout cas plein de trucs qui nous ont vachement plu. On s’est fait potes avec les Jedward, ce sont des jumeaux qui ont déjà participé deux fois à l’Eurovision. Ils sont géniaux. On a en tout cas hâte d’être à Copenhague pour rencontrer en vrai tous ces artistes et voir ce qu’ils font. On va certainement apprendre aussi plein de choses. On a toujours appris énormément des autres artistes, et notamment de ceux dont on a assuré les premières parties ou qu’on a rencontrés. Ce sont toujours des moments super enrichissants. C’est vraiment cool.

Une tournée promo pour présenter le titre dans les autres pays est-elle prévue ?

Patrick : Oui, une tournée d’à peu près 500 dates à travers l’Europe ! (éclats de rires)

Laurent Idir : Ce qui est certain, c’est qu’on va aller à Amsterdam le 5 avril. Là-bas, il y aura une présentation d’à peu près tous les artistes qui seront présents cette année à l’Eurovision. C’est une très grosse soirée. Là, on va déjà un peu voir comment ça se passe et quelle est l’ambiance. Après, je pense que ça va se passer plus par internet et par des interviews que par une tournée de concerts… qui nécessiterait d’autres moyens ! Ce qui nous importe aujourd’hui, c’est de préparer la soirée du 10 mai et la sortie de l’album le 14 avril. On est à fond dessus, on a fait la pochette, on est hyper contents. Et ensuite, le 10 mai, à Copenhague et après, on enchaînera avec la tournée.

Dites-en moi un peu plus sur cet album qui sort le 14 avril. Est-ce une réédition de « Vive la Vie » augmentée ou un nouvel album ?

Laurent Idir : C’est une réédition de l’album « Vive la Vie » avec deux bonus tracks comme on dit. Pour ceux qui nous suivent depuis le début, il y aura le morceau… hum… hum… que je ne peux dire et « Moustache ». (sourire)

François Djemel : Il y a aura aussi tout un nouveau visuel.

Laurent Idir : C’était une bonne idée de rééditer cet album qui était hyper riche. Je le pense vraiment. Tu sais, on écoute tout ce qui se passe musicalement dans notre pays, et je pense que les gens aimeront notre univers.

Patrick : Si vous kiffez « Moustache » et tous ses gimmicks, vous allez en découvrir encore plus dans l’album « Vive la Vie » qui mélange du français, de l’anglais et de l’espagnol.

Tous ensemble : IdolesMag… Oh Yeah !

Si vous avez décidé de rééditer « Vive la Vie », est-ce parce que vous sentiez qu’il n’avait pas été au bout de son histoire ?

Laurent Idir : Ce n’est pas vraiment ça. On pense que par le biais de l’Eurovision et tout ce qu’on est en train de mettre en œuvre derrière, plein de gens qui n’avaient pas découvert l’album auront du plaisir à l’écouter. C’est un album qui mérite, je pense en toute humilité, d’être découvert par plus de monde. On a vraiment envie qu’il soit découvert par le plus grand monde. On pense qu’il a vraiment les qualités pour ça donc on avait envie de lui donner une seconde vie, de continuer à le faire exister et de lui permettre de vivre encore… parce que c’est un album qui célèbre la vie !

[Nous avions consacré une assez longue interview à Twin Twin pour la sortie de « Vive la Vie » l’année dernière. Pour éviter la redite, nous avons donc délibérément assez peu parlé de la réédition cet album pour nous consacrer à « Moustache », l’Eurovision et leurs projets. Pour en savoir plus sur « Vive la Vie », nous vous invitons donc à relire notre précédente interview de Twin Twin.
-> Lire notre interview de Twin Twin réalisée le 31 mai 2013 pour la sortie de « Vive la Vie »]

L’imagerie et le visuel font partie de l’univers de Twin Twin depuis le début. J’imagine que vous allez proposer quelque chose de particulier sur la scène de la B&W Hallerne de Copenhague le 10 mai prochain…

Laurent Idir : Eh mec, tu penses bien !!... (rires) On va proposer un truc super original qu’on est en train de concocter. Ce sera à la sauce Twin Twin. On fait tout nous-même, comme à notre habitude.

François Djemel : Des amis nous aident quand même ! Disons que nous créons quelque chose avec toute une équipe autour de nous. C’est une bande de graphistes, de stylistes, de chorégraphes, de caméramans, etc… Donc, là, pour l’Eurovision, on s’est dit qu’une chanson comme « Moustache » avait un gros potentiel visuel et fun. En trois minutes, il faut qu’on l’exploite. Donc, on va l’exploiter à fond. On est en train de travailler sur un visuel dynamique qui sera diffusé sur des écrans géants. Il faut maintenant que ce soit accepté parce que comme tu le sais, beaucoup de pays sont présents et donc, il y a des règles à respecter pour le bon déroulement de la soirée et l’enchaînement des prestations. Si tout le monde ramenait un décor énorme, ce ne serait pas possible… Il y a des règles assez strictes et c’est bien normal. Donc, on prépare plein de choses, en espérant que tout sera accepté. Ensuite, il y aura quelques petits changements dans la réalisation ou des choses qui ne seront pas acceptées, mais nous, en amont, on aura fait un sacré boulot. Là, on travaille le visuel, la chorégraphie, le look…

Laurent Idir : On a vraiment envie de faire quelque chose de très très cool qui donne du pep et de la bonne humeur. Je pense que ça va vraiment être super.

La mode a toujours été très importante dans votre parcours. Savez-vous déjà qui va vous habiller ?

Laurent Idir : C’est vrai, ça a toujours été très présent, et pas uniquement pour l’apparence. Au début, tu sais nous, on ne connaissait pas forcément la mode avant de commencer le groupe. Quand on a débuté, on a rencontré de jeunes créateurs comme Andrea Crews, qui sont des créateurs de Paris. Ils nous ont un peu expliqué leur démarche. Et à travers leur travail, on a compris ce qu’était la mode. La mode, pour beaucoup, ça peut être vu comme quelque chose de superficiel, mais c’est aussi autre chose, c’est une façon de s’exposer et de se montrer au monde et à la société. Si tu es habillé en costume gris avec une chemise blanche et une cravate, ce ne sera pas pareil que si tu t’habilles avec plein de couleurs ou avec des formes inhabituelles comme des pantalons très larges. Cette façon de s’habiller donne une vision de toi-même face au monde. Ça exprime des personnalités, des différences et des identités. Et ça, ça nous a beaucoup intéressés quand on a commencé à comprendre ça. On a compris que la mode avait une valeur artistique aussi. Et donc, ça a commencé à devenir important pour nous. La musique a toujours un rapport à l’image, elle a toujours été très liée à l’image, que ce soit avec les groupes de rap, de rock, de métal ou d’électro. Toutes ces tendances ont une image bien propre à elles-mêmes. Donc, effectivement, la mode, et en tout cas le look et l’image qu’on donne, c’est très important pour nous. Là, on n’a pas encore vraiment de nom avec qui on va travailler. On est en train de chercher. Ça pourra être des créateurs connus comme des plus jeunes. On ne sait pas encore vraiment. Mais c’est en tout cas quelque chose qui va être important.

On peut être jusqu’à six sur la scène de l’Eurovision. Serez-vous accompagnés par les trois danseuses qui vous accompagnent en télé ?

Laurent Idir : Très honnêtement, ça, c’est décidé. Mais on préfère laisser la surprise aux gens. Il faut laisser planer un peu de mystère… si ça ne te dérange pas !

Le clip de « Moustache » vient d’être dévoilé. Pouvez-vous m’en dire un mot ? Comment s’est passé le tournage ?

Laurent Idir : ça s’est très bien passé, mais je vais laisser parler François Djemel parce que lui est beaucoup plus calé sur l’image !

François Djemel : Le tournage en lui-même s’est vraiment bien passé… mais la préparation du tournage a été un vrai marathon ! Quand on nous a annoncé qu’on allait aller à l’Eurovision, on a ramené en vitesse tous les copains qui avaient déjà travaillé avec nous pour d’autres vidéos, et notamment la chanson « Je vais très bien » et d’autres petites choses avant. On a aussi réuni des copains décorateurs. On a vraiment réuni toute une bande d’amis qui nous ont soutenus quand on n’avait vraiment pas les moyens pour faire des vidéos… Là, on voulait faire un truc cool. Du coup, il y a eu une très bonne ambiance sur le tournage. Mais il a fallu aller très vite. On n’a pas beaucoup dormi. Il a fallu construire les décors. J’ai d’ailleurs participé à cette construction. Il y a eu plein de choses à faire à la main… donc, on a tous mis la main à la pâte. Et le tournage s’est vraiment passé dans la bonne humeur. C’était super cool.

Vous avez tout préparé extrêmement rapidement…

François Djemel : Le fait de ne pas avoir beaucoup de temps laisse une inconnue. Quel que soit ton métier, je pense que tout le monde est un jour confronté à cette situation : comme on n’avait pas beaucoup de temps, on a foncé sur la première idée. On n’est pas sûr que ce soit la meilleure idée, mais elle avait l’avantage d’être la première. On a donc foncé sur celle-là. On voulait représenter une satire de cette société de consommation au travers d’une émission de télé un peu carton-pâte.

Vous allez donc vous envoler début mai pour Copenhague au Danemark. Connaissez-vous déjà cette ville ?

Laurent Idir : Pour Patrick et pour moi, c’est la première fois, mais François Djemel, qui est un véritable globe-trotter, y est déjà allé…

François Djemel : C’est une très jolie ville qui se trouve d’ailleurs pas très loin de la Suède où j’étais passé voir des amis danseurs et danseuses. Il y a un pont qui relie le Danemark à la Suède. Ce pont est assez grand, d’ailleurs, il mesure plusieurs kilomètres… C’était la pause géographie ! (rires) Je connais aussi le Danemark de par les Danoises parce que j’ai accueilli une danoise chez moi… Attention, je ne fais pas le mec qui a eu une petite copine danoise… pas du tout ! Aujourd’hui, on peut prêter son appart pour être accueilli à son tour chez d’autres personnes. J’ai prêté mon appart à deux étudiantes de la même génération que moi. Voilà, c’était une petite anecdote ! (rires)

Patrick : Moi, j’ai une amie qui travaille à l’ambassade du Danemark… Donc, autant te dire que le Danemark, c’est la maison !

Laurent Idir : On dit que c’est au Danemark que les gens ont la meilleure qualité de vie en Europe. C’est un des pays d’Europe où les gens sont les plus heureux. Le système social y met en valeur les gens… et c’est donc apparemment un des endroits en Europe où la qualité de vie est la meilleure… On pourra découvrir ça ! Il faut dire qu’ils sont moins nombreux dans tout le pays que nous en Île-de-France… Il y a donc de la place… Les gens peuvent souffler ! On a hâte d’y aller en tout cas !

L’Eurovision, c’est donc le 10 mai prochain, dans quelques semaines maintenant. Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ?

Patrick : On est en panique graaaave ! (rire)

Laurent Idir : Mais non, c’est pas vrai !! (rires) On est en tout cas très sereins. On prépare tout ça. On est totalement focus sur le travail. On veut faire quelque chose de convaincant et qui nous plaise. Et quand je dis convaincant, je pense qu’il faut d’abord qu’on le soit pour nous-même. On veut être satisfaits de ce qu’on va présenter. On va porter « Moustache » à 100% pour présenter quelque chose de bien le 10 mai à l’Eurovision. On veut en être fiers. Et que les français soit fiers de ce qu’on a présenté. On se centre sur la qualité de ce qu’on doit faire.

Propos recueillis par IdolesMag le 17 mars 2014.
Photos : DR, Fifou, Christophe Lartige / France 3
Site web : http://www.twintwin.fr/ 









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