Interview de Jewly

Propos recueillis par IdolesMag.com le 10/03/2014.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.








Jewly - DR

Après avoir chanté un temps un répertoire jazzy, Jewly revient sur le devant de la scène avec un deuxième album résolument rock, « Bang Bang Bang », un album sous tension permanente au fil duquel la quête de liberté transpire. Nous avons donc été à la rencontre de l’artiste afin d’en savoir un peu plus sur elle et son parcours, et, bien entendu, sur la genèse de ce nouveau projet.

Jewly, Bang Bang BangIdolesMag : Avant de parler de ce nouvel album, « Bang Bang Bang », j’aimerais si vous le voulez bien qu’on survole votre parcours pour vous présenter aux gens qui ne vous connaîtraient pas. Vous êtes donc alsacienne. Venez-vous d’une famille de musiciens ou de mélomanes ?

Jewly : Non, pas du tout. On m’a initié à la musique, mais une musique qui n’a rien à voir avec celle que je fais aujourd’hui. C’est mon grand-père qui m’a fait apprendre le violon, l’alto plus précisément. J’ai donc une formation classique à la base. Mon grand-père n’était pas spécialement musicien, mais plutôt mélomane. C’est grâce à lui que j’ai eu cette première approche de la musique.

Quel genre de musique écoutait-on à la maison ?

On écoutait de la musique, mais pas du tout ce que je fais aujourd’hui. Je ne sais pas d’où vient cette fibre rock parce qu’on n’écoutait pas du tout ça. C’était plutôt de la variété française ou de la musique classique, pas du tout de rock. C’est ça qui est d’ailleurs assez surprenant. Et j’ai eu une révélation quand à 15/16 ans j’ai entendu pour la première fois du Janis Joplin. Je n’imaginais pas qu’on puisse utiliser sa voix pour faire ce genre de choses… donc, le rock n’est pas du tout un héritage familial. L’ouverture musicale, oui, mais pas le rock.  Le violon et le classique apportent une ouverture musicale assez large, que ce soit par rapport aux notes, au rythme ou ce genre de choses.

Les formations classiques sont souvent les plus solides et celles qui ouvrent le plus à tout.

Je suis d’accord, ça débouche sur tout. Ça apprend la justesse aussi. En plus, le violon étant un instrument très précis, il développe l’oreille musicale. J’ai commencé l’alto vers cinq/six ans jusqu’à l’âge de quinze ans. Donc, grosso modo, j’en ai fait une bonne dizaine d’années. J’ai vraiment développé mon oreille musicale par ce biais-là, et une sensibilité aussi.

Vous me disiez qu’à quinze/seize ans vous découvrirez Janis Joplin. Chantiez-vous déjà à cette époque ?

Oui… et non. J’ai une espèce de passion pour le chant depuis que je suis toute petite. J’ai eu l’occasion de chanter sur une grande scène quand j’étais gamine. C’était une chanson enfantine ou quelque chose comme ça. C’est un truc très bête mais je pense que c’est ça qui m’a donné les premières sensations de la scène. Je me souviens que ce moment m’avait marquée. J’avais ressenti des sensations super. J’avais déjà le sentiment d’avoir vécu autre chose que ce qu’on peut vivre dans la vie de tous les jours…  J’étais petite, j’avais neuf/dix ans. Du coup, j’ai toujours aimé chanter. Quand j’ai eu treize/quatorze ans, comme beaucoup d’adolescentes, j’ai chanté avec les CDs que j’avais à la maison. Et vers quinze/seize ans, comme j’aimais vraiment chanter, j’ai décidé de faire de la guitare. J’ai donc arrêté le violon pour apprendre la guitare. J’ai écrit mes premiers textes de chanson. Ce n’était rien d’exceptionnel, mais c’était vraiment mes premiers rapports avec la musique. Et l’instrument qui était le plus simple, c’était la guitare. Ça m’a ouvert des envies d’écouter et de découvrir d’autres genres de musique. Et c’est comme ça que je suis tombée un jour un peu par hasard sur un CD de Janis Joplin en écoute à la Fnac. J’ai entendu sa version de « Summertime », que je connaissais dans sa version jazz classique. Ça a été une révélation. Je me suis dit qu’on pouvait utiliser sa voix pour faire plein de choses !

Quand est-ce que c’est devenu vraiment sérieux ?

Après mes études. Je les ai terminées à 25 ans. Pendant un long moment, je n’avais plus chanté. Et à la fin de mes études, je me suis retrouvée un peu par hasard à un gala d’étudiants. Une personne qui savait que j’aimais chanter m’a proposé de le faire. Elle m’a demandé si je me sentais de le faire. J’ai dit « Ok, je le fais ». Et c’est là que l’organisateur, enfin le mec qui gérait le gala, me dit qu’il fallait que je fasse des comités d’entreprises et ce genre de choses. J’ai donc commencé à faire des comités d’entreprises avec des reprises. Au bout d’un moment, j’ai trouvé que c’était un peu frustrant parce que ce sont des gens qui nous écoutent plus au moins va-t-on dire… j’ai donc eu envie de faire de vrais concerts. J’ai donc commencé à faire quelques concerts de jazz régulièrement avec un ami pianiste dans un bar. C’était plus ou moins pour me faire plaisir, mais j’avais besoin de ça. Après y avoir repris goût, c’est devenu un peu comme une dépendance. Après, j’ai rencontré une personne qui a trouvé ma voix super et qui m’a proposé un texte. À l’époque, je l’avais mis en musique avec un autre compositeur. On a enregistré. Et ce single a été vendu au profit de l’Unicef. J’ai donc gouté à la joie du studio et à la joie de faire ses propres compos et de créer quelque chose. C’est là que ça a commencé à devenir plus sérieux. Après ce single, j’ai très vite eu envie de faire un album. Et petit à petit, j’ai voulu trouver mon univers musical.

Ce premier album est sorti en 2009. Quel bilan tirez-vous de son exploitation ?

C’est un album que, finalement, j’ai très peu développé, dans la mesure où c’était plus un album de studio. J’ai mis un certain temps avant de trouver ma voie. Je sortais d’un univers classique et ensuite j’ai fait des reprises de jazz, mais je sentais que j’avais envie d’aller plus vers le rock et le blues. L’arrangeur qui a réalisé ce premier album m’a finalement plus poussée dans sa direction à lui et pas dans la mienne. Du coup, je me suis retrouvée avec un album de studio très difficile à transposer en live. Et puis, ça ne me correspondait pas du tout. C’était un CD de chanson française paru sous mon propre nom et pas sous le pseudo de Jewly. Du coup, je ne me suis pas retrouvée dans cet album-là, même si  je le portais et que j’en étais fière. Je pense que scéniquement, je ne m’y retrouvais pas. Et il faut savoir que si je fais de la musique, c’est vraiment pour la scène. Au bout d’un moment, j’ai commencé à faire de plus en plus de concerts avec mes propres compos et non plus des reprises, et j’ai ressenti une espèce de manque parce que j’avais envie de rock et de choses plus vraies et authentiques. Des choses plus sales aussi. Petit à petit, j’ai recommencé à créer et j’ai sorti un EP. Je me cherchais vraiment. Au bout d’un moment, je me suis dit qu’il fallait que je compose les chansons avec un guitariste qu’il n’y aurait que comme ça que ça marcherait correctement. Avant, je venais avec mes chansons, mes mélodies et mes textes et on faisait l’arrangement au piano. Ça ne pouvait pas marcher comme ça. Je l’ai senti très vite. J’avais envie de vrais riffs de rock. Je savais où je voulais aller.

C’est donc à cette époque que vous posez les bases de ce nouvel album.

Tout à fait.

Vous évoluiez dans un genre qui n’était pas vraiment le vôtre, finalement.

Voilà. Quand je réécoute les chansons, elles sont très bien. Je ne les regrette pas du tout. Mais ce n’était pas forcément ce que moi je voulais donner sur scène. Et comme j’ai très vite compris que la musique, je la faisais pour la scène, forcément il y avait une incohérence. Ça ne collait pas. Il fallait vraiment que j’aille vers qui je suis en vrai. Pour moi, la musique, c’est vraiment donner ce qu’on est au public. Si dès le départ, on ne fait pas ce qu’on est, il y a un truc qui ne colle pas. La musique, je la fais pour le live et pour vivre les choses vraiment intensément. Je veux partager un maximum de sensations avec le public. J’ai besoin d’être vraie, et de pouvoir dire ce que j’ai envie de dire de la manière dont j’ai envie de le dire. Si j’ai envie de crier, je crie, si j’ai envie de chuchoter, je chuchote. Et c’est vrai qu’avec le style que j’avais avant, c’était un petit peu plus compliqué. Le fait de bosser avec un guitariste a vraiment changé la donne.

L’anglais s’est-il imposé rapidement ?

Quand j’ai switché entre les deux albums, on a donc créé un EP, qui a été le premier disque sorti sous le nom de Jewly. En fait, j’avais commencé à composer en anglais. Je me suis dit que ça allait m’aider à aller un peu plus vers le rock, et à avoir une rythmique des mots. Du coup, j’ai commencé à composer  en anglais. Il y avait une majorité de textes en anglais. Mais finalement, ce n’est pas quelque chose de réfléchi. La manière dont j’écris les textes est assez particulière. Des mots me viennent en tête, soit en anglais, soit en français. Prenons le cas de « L’incarcérée », ce mot « incarcérée » m’est venu immédiatement en tête. Et j’écris les textes très vite. Autant je peux ne rien écrire pendant des semaines, autant quand un texte doit sortir, je le sors très rapidement. Tout d’un coup, l’idée vient et tout sort. Donc, ce sont des mots qui viennent très rapidement et que je vais utiliser dans la chanson. Parfois, c’est carrément le titre qui vient. À partir du moment où le mot est venu, je respecte le fait qu’il ait été en français ou en anglais. À partir du moment où il vient dans une langue, je construis le texte autour de lui.

En français, il y a toute une dramaturgie qu’on ne retrouve pas forcément en anglais. Êtes-vous d’accord avec moi ?

Je ne sais pas… Je me suis rendue compte que curieusement dans les chansons en français, les thèmes peuvent être durs, mais ne me concernent pas directement. Enfin… il y a toujours de second degré. On ne sent pas forcément toujours le fond de la thématique que j’ai voulu aborder. Et les textes que j’écris en français abordent des sujets qui me tiennent à cœur mais qui ne me concernent pas directement. Pour en revenir à « L’incarcérée », je n’ai jamais été en prison. Mais là aussi, il faut voir un double sens, « L’incarcérée » n’est pas forcément celle qui a été en prison et qui est jugée par les autres. Il y a une autre lecture. Le premier degré n’est pas moi. Ce n’est pas une histoire que j’ai vécue. Après, le second sens, du domaine du ressenti, il est là. Et là, c’est mon histoire.  J’ai vraiment besoin de raconter des histoires qui me touchent, de livrer mon ressenti. Par contre, les autres textes en anglais sont aussi certains très durs, mais on le sent moins. L’anglais me permet de dire un certain nombre de choses avec un second degré. Parce que quand on y regarde de plus près, j’aborde tout de même des thèmes hyper durs. J’essaye de toujours laisser une porte ouverte pour ne rien imposer et donner tout de même du positif aux gens. Je vais vous donner un exemple très concret pour mieux comprendre ce que je dis. « Provocation » est une chanson hyper positive quand on l’écoute. Elle est ouverte et on a envie de bouger la tête. Et pourtant, le thème de cette chanson, c’est une femme qui s’est fait violer. C’est donc un thème super dur, mais on ne le sens pas. Je n’ai pas voulu développer le côté dramatique, j’ai voulu garder un côté accessible tout en disant les choses. C’était vraiment voulu. C’est pour ça que sur des chansons comme « L’incarcérée », j’y suis vraiment allée. Le premier degré est clair, le second  peut-être un peu moins, mais chacun le prend comme il l’entend. Les choses sont claires. Et quand je chante cette chanson sur scène, je deviens la personne en question. Je vis vraiment ce texte de façon très intense. Et donc, ça se répercute forcément dans la voix. « Don’t be late » fait aussi partie de ces chansons que je vis à fond et que j’interprète vraiment à fond. Le timbre est différent quand je la chante.

Jewly © Virginie Faucher

Vous venez de me parler de deux/trois titres, quels sont les autres thèmes que vous abordez dans les chansons ?

« A bowl of cotton in the sky » est un bon exemple de chanson hyper positive et qui pourtant aborde un thème très dur. Cette chanson parle d’un gamin atteint d’une maladie incurable depuis qu’il est tout petit. Ça relate un peu son histoire quand il est à l’hôpital et qu’il donne énormément d’espoir aux autres enfants. Il dégage une espèce de légèreté et de joie de vivre, alors qu’il ne sait pas s’il va survivre ou non… « The other side Bang Bang Bang », c’est un peu le leitmotiv qu’on retrouve tout au long de l’album. La conclusion qu’on retrouve souvent dans la chanson, c’est une quête de liberté. Ce titre explique qu’il faut trouver cette force en soi pour aller au-delà de tout ce qu’on nous impose, de tout ce qu’on nous demande d’être et de tous les carcans qu’on nous a forgés pour être libre. Ce titre, c’est vraiment ça, c’est la quête de liberté. Ce titre encourage à dépasser tout ce qu’on nous a imposé depuis qu’on est petits. Finalement, c’est une étape de la vie par laquelle tout le monde passe, plus ou moins tard. Après, on nous donne des clés pour faire notre « Bang Bang ». Parfois on le fait à 20 ans, parfois à 70. Certains ne le font jamais. Le plus important est d’essayer d’être bien, et soi-même surtout. C’est une idée qu’on retrouve finalement dans toutes les chansons. Dans « L’incarcérée », c’est ça, également. C’est une nana qui se bat pour aller au-delà de tous les jugements, pour essayer de retrouver une quiétude. Le gamin qui est dans « A bowl of cotton in the sky », cette étape-là, il l’a vécue malheureusement  par l’expérience de sa vie beaucoup plus tôt. Il a réussi à faire son « Bang Bang » pour être libre et c’est grâce à ça qu’il a cette force de donner de l’espoir aux autres. « 2 x 6 ans » est un titre qui parle d’adoption. C’est un gamin qui s’est fait adopter quand il avait 6 ans. Et à 12 ans, 2 x 6 ans, il commence à réaliser tout ce qui lui est arrivé. Il réalise qu’il a eu une grande chance d’être adopté. Il y a beaucoup de choses qui lui ont été offertes. Et il se demande comment lui va pouvoir aider les gens qui sont dans la même situation avec le fait de se dire que l’adoption n’est pas toujours une solution. Parfois, quand on est dans cette situation-là, on a envie de rester chez soi avec sa culture. Il y a toute cette dualité. On a aussi « Don’t be late », qui est une chanson qui parle clairement d’addiction. Là, c’est plus une addiction à la drogue, mais on peut se l’approprier comme on l’entend. « Boozy » est une chanson qui parle de quelqu’un qui est complétement paumé et qui se demande comment il va trouver son salut. Finalement, il tombe dans l’alcool et petit à petit, il se demande s’il doit continuer dans cette voie ou pas. « Virtual Lover », elle, n’est pas une simple chanson sur les amoureux virtuels. Ça va un peu au-delà de ça. On se place des deux côtés, du côté du dominant et du côté du dominé. Encore une fois, il est question des sentiments et des sensations qu’on ressent. Il y a toujours un côté psychologique très important dans les chansons.

Mis à part les sujets qui sont abordés dans les chansons, y en a-t-il une pour laquelle vous avez un peu plus de tendresse qu’une autre ? Je pense à quelque chose qui se serait passé autour de la chanson, pendant sa création, son enregistrement ou sur scène…

Je vais vous citer « Don’t be late » parce que j’ai eu une vraie belle complicité avec le réalisateur sur ce coup-là ! C’est donc une chanson qui parle d’addiction et qui me prend aux tripes quand je la chante en live. Je la vis vraiment intensément. Donc, pour la petite histoire, on avait enregistré les instruments en trois jours  et les voix un peu plus tard. Et donc, je bossais avec lui en studio et « Don’t be late » avait déjà été enregistrée. Cette première prise convenait. On l’avait validée… Et un jour, le réalisateur, comme il prenait bien soin de moi et savait que j’aimais beaucoup le vin rouge, m’a servi un bon verre autour d’un bon repas. Il avait bien calculé son coup… après le repas, il m’a demandé de repasser au studio pour terminer un truc. On prend la fin de la bouteille de vin et on part au studio. Et là, il me demande si je ne veux pas refaire un truc sur « Don’t be late ». Il y avait soi-disant quelque chose qui clochait. J’ai dit « OK » et on a donc refait une prise en entier. Et là, il me fait « Merci, c’est bon, on prend tout et on ne touche plus rien ! » En fait, c’est une prise qui a été faite en une seule fois. On n’a plus jamais rien touché dessus après. Même s’il y avait quelques imperfections, on a vraiment voulu la laisser telle quelle parce qu’elle avait vraiment été vécue. Comme j’avais un peu bu… je n’ai pas du tout réfléchi à comment j’allais la chanter. Quand on fait un album studio, on essaye toujours d’être un peu plus posé par rapport au live. Et là, cette chanson, j’en suis vraiment heureuse parce qu’on a pu lui donner le ressenti du live. Finalement, on a osé y aller. Tout ça grâce au réalisateur parce qu’il a voulu refaire cette prise qu’on avait validée, qui était bien, mais pas aussi ressentie.

C’est un petit piège qui a bien servi la chanson, finalement.

Oui. Il se doutait très bien de ce que ça allait donner. C’est une belle histoire en fin de compte. Et finalement, je suis contente chaque fois que j’écoute la chanson parce que je suis contente qu’elle soit comme elle est aujourd’hui. Après, j’ai réécouté la première version, et je l’ai trouvée nettement plus fade.

Il y a une tension palpable de la première à la dernière chanson, comme un combat, quelque chose de violent même quelque part. Et pourtant, ce n’est jamais agressif. Êtes-vous d’accord avec moi et l’avez-vous voulu ?

Je pense que forcément cette tension est là parce que les textes sont durs. Inconsciemment, elle est là, qu’on le veuille ou non. Je veux dénoncer des choses. Je pense que même si les gens n’écoutent pas vraiment les paroles, la tension se sentira quand même. Ce n’était pas forcément voulu, par contre. Ce qui était voulu, c’était de faire quelque chose d’authentique. J’ai une super équipe qui m’a vraiment écoutée et qui m’a comprise. J’ai une personnalité assez sensible. Et je pense que tous m’ont bien cernée. Je pense que c’est vraiment ce travail d’équipe qui a fait qu’on en est arrivés à ce résultat-là. Ils savent qui je suis et ils savent où je veux aller. Avec leurs compétences, on a vraiment su le retranscrire. Le feeling est passé d’une manière exceptionnelle avec cette équipe. Et ça se ressent. Les musiciens me connaissent sur scène et ils savent ce que j’ai envie de dire, que ce soit dans la rage, dans la souffrance, dans la tristesse ou dans la bonne humeur aussi ! Et heureusement. Parce que finalement, avec mes chansons, je veux donner du bonheur. Je veux permettre aux gens de réfléchir et de ressentir les choses. Du coup, ça se sent dans les textes et dans les compos. Et c’est ce qui fait que cette tension dont vous parlez n’est jamais agressive. Je suis en tout cas contente que ce soit ressenti comme tel.

Cette équipe qui vous a entourée en studio est-elle celle qui vous accompagne sur scène ?

Pas tous. Le guitariste Sylvain Troesch et le batteur Ralph Schuler, oui. Pour l’occasion, on n’avait pas vraiment de bassiste. En fait, on en avait un mais je ne le trouvais pas suffisamment rock. Et comme je voulais un son très rock, on a fait appel à un autre bassiste. Le réalisateur, Hervé Koster, m’a présenté un ingé son. Et cet ingé son a eu l’idée de faire venir Phil Spalding qui, lui, vit à Londres, en fait. Il m’a dit que je ne pourrais être que ravie. Et effectivement, c’est une pointure. Humainement et musicalement. Grâce à lui, on a eu ce son rock et anglais que j’aime tant et que je voulais. Tout le reste de l’équipe est français, donc lui nous a apporté tout ce côté british.

Que va-t-il se passer dans les prochains mois ? J’imagine que des scènes se profilent.

Oui, on commence à avoir des dates qui tombent. En fait, la scène, on ne l’a jamais vraiment arrêtée puisqu’on en fait depuis très longtemps. Je suis vraiment une artiste de scène. On a tourné dans énormément d’endroit. La tournée aux États-Unis, par exemple, a vraiment été le déclic pour faire un album. Je me suis sentie prête. Finalement, les albums m’importaient peu, ce qui m’intéressait vraiment, c’était d’aller sur scène. On avait créé des chansons et c’est là qu’on les a vraiment testées. Je voulais voir si on allait dans la bonne direction. Sur le papier l’expérience est géniale, mais quelques jours avant on se rend compte qu’on va se confronter à un public… (sourire) On a commencé à avoir un peu peur. On se demandait vraiment comment on allait être accueillis. Et finalement, l’accueil a été top. Comme il y avait un mélange de leurs propres influences et d’autres cultures, ça a donné un son qu’ils n’avaient pas l’habitude d’entendre. Du coup, ils nous ont dit qu’ils ne savaient pas que les Français pouvaient faire du rock et du blues comme ça. On a eu énormément de retours de ce type-là. Et là, je me suis dit qu’on allait dans la bonne direction. On était dans une musique qui était vraiment la nôtre. On n’a pas essayé de faire du copié-collé. C’est donc à ce moment-là que j’ai commencé à chercher un réalisateur.

Et trouver le bon réalisateur, ce n’est pas évident…

À qui le dites-vous !?... (rires) Ça ne marche pas toujours du premier coup… C’est très compliqué. J’avais eu une mauvaise expérience avec le premier album qui m’avait, on peut le dire, échappé. Parfois les réalisateurs font vraiment l’album pour eux et pas pour l’artiste. J’avais besoin d’avoir un très bon feeling avec mon réalisateur. Et ça a été le cas avec Hervé Koster. Je le connaissais un peu avant, on avait eu l’occasion de se croiser quelques fois. Il était venu jouer à Strasbourg. Mon batteur avait pris des cours avec Hervé, qui est le batteur de nombreux artistes comme Yannick Noah, Louis Bertignac, Trust, etc… Et donc mon batteur a pris des cours avec lui. Quand il s’est retrouvé à Strasbourg, mon batteur lui a prêté sa batterie et il est venu nous voir en concert. Ça a été une première rencontre. On s’était super bien entendus. Après, il nous avait invités à un concert de Noah, donc on l’avait revu. Et un jour, Hervé demande à mon batteur « Comment va Jewly ? » Il lui a dit que je cherchais un réalisateur pour mon album. Et il lui a répondu que ça l’intéressait… Moi, je n’aurais jamais pensé à lui, pensant qu’il était batteur et non réalisateur. Je me suis dit que ce serait finalement une bonne idée. On s’est rencontrés. Je lui ai parlé du projet. Je lui ai fait écouter des chansons. Et là, il m’a dit comment il voyait les chansons… on a commencé à travailler un peu ensemble. Et là, je lui ai dit « bingo ! ». J’ai voulu lui faire confiance et on est partis dans cette aventure !...

Propos recueillis par Luc Dehon le 10 mars 2014.
Photos : Virginie Faucher, DR
Site web : http://www.jewlymusic.com/









+ d'interviews
Vidéos




Retrouvez-nous sur Facebook
Retrouvez-nous sur Twitter
Concours
 
Retour en haut