Interview de Nosfell

Propos recueillis par IdolesMag.com le 19/02/2014.
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Nosfell - DR

Après avoir publié trois albums consacrés à la Klokochazia, Nosfell revient avec un nouvel opus « Amour Massif », un recueil de « chansons amoureuses plutôt que de chansons d’amour » de toute beauté et tout en nuances. Une nouvelle fois, la magie opère. Nosfell charme et émeut avec son art, ses mots et ses notes. Nous avons été à sa rencontre afin qu’il nous en dise un peu plus sur la genèse de cet album et pourquoi il a souhaité travailler avec Dominique A et Dick Annegarn. Rencontre avec un des artistes les plus singuliers et finalement des plus authentiques de sa génération.

Nosfell, Amour MassifIdolesMag : Quand avez-vous posé les premières pierres d’ « Amour Massif » ?

Nosfell : Au début, ça ne ressemblait pas vraiment à un album, bizarrement. C’était plutôt un recueil de réflexions que j’avais pu me faire depuis très très longtemps. Musicalement, il y avait des éléments, des motifs et des couleurs d’arrangements que j’avais déjà un peu expérimentés ou tentés sur des dictaphones, des disques durs ou différents supports que j’avais laissé traîner. Donc, pour répondre à votre question, la première pierre a dû être posée il y a trois ans, quelque chose comme ça. J’ai commencé vraiment à essayer il y a trois ans de construire quelque chose sans but précis. J’étais en train de travailler avec Découflé et j’avais très envie de travailler sur un disque. J’ai donc commencé à rassembler toutes ces choses et ces éléments qui étaient disséminés à droite et à gauche. Et après, je les ai peaufinés en les réécrivant, en les recommençant, et en créant de nouvelles choses aussi. D’ailleurs, certaines d’entre elles sont venues très récemment, juste avant l’enregistrement.

J’ai envie de dire que sur ce nouvel album chaque chanson raconte sa propre histoire, alors que sur vos albums précédents, c’était plutôt l’intégralité des chansons qui racontait une histoire. Êtes-vous d’accord avec moi ?

Ça me parle beaucoup ce que vous me dites, là… parce que c’est vraiment la démarche que j’ai eue sur ce disque. J’ai pris la question à l’envers pour essayer de ne pas retomber dans le même fonctionnement. En fait, il y a plusieurs raisons à cette démarche. Il y a bien évidemment cette idée de se remettre un peu en questions et se remettre à l’épreuve. Et aussi, j’avais la sensation d’avoir terminé quelque chose avec ce triptyque. Les trois premiers disques, je les vois vraiment comme un triptyque.  Et je résous une forme d’équation relative avec « Le Lac aux Vélies », un disque qui reprend pas mal de titres du premier et du deuxième album, avec une autre dynamique qui permet de créer une cartographie plus détaillée et donner une idée plus précise de l’histoire que chaque disque pouvait raconter. Effectivement, avant, à chaque fois que je commençais un disque, j’avais un canevas très défini et il fallait que j’écrive de la musique pour raconter cette histoire et agrémenter ce canevas. Là, je me suis dit que j’allais tout simplement écrire des chansons en suivant mon instinct. Je voulais voir ce qui était naturel chez moi. Et j’ai découvert que ce qui était naturel chez moi, c’était de raconter des histoires malgré tout puisque chaque chanson est pour moi une espèce de photographie de personnages, un cliché pris à un instant T où les personnages sont arrivés à un point de non-retour et ont besoin de prendre une décision, de prendre leur vie en main d’une certaine manière. Ces personnages laissent derrière eux tout ce qui peut les alourdir pour se sentir un peu plus libres. Néanmoins, j’ai tout de même essayé de développer une certaine dramaturgie tout au long du disque. Il y a une ouverture et une fermeture dans ma langue [Le Klokobetz, NDLR, une langue imaginaire créée par Nosfell, avec des règles d’orthographe et de grammaire rigoureuses, et utilisée sur ses trois premiers albums.] Et puis, il y a un temps défini entre chaque morceau. Certains morceaux se répondent, entre la fin de l’un et le début de l’autre. J’ai donc intégré ce genre de dramaturgie au sein du disque… C’est peut-être aussi parce que je suis accroc à ce genre de concept… (sourire)

Avez-vous eu peur à un moment donné de vous enfermer dans un genre et un style avec cette langue imaginaire ?

Oui. Ce langage-là, je ne veux pas qu’il devienne ma marque de fabrique ou je ne sais quoi. C’est quelque chose de très intime pour moi et à laquelle je suis très lié, mais je n’ai pas envie que Nosfell ne se résume qu’à ça. J’ai envie de chanter, d’écrire des chansons, de donner de la voix, d’interpréter plusieurs personnages avec une voix… Ce sont toutes des choses que j’aime faire et donc j’aimerais qu’elles soient représentatives de mon travail. Et effectivement, ce langage-là fait partie d’un autre espace-temps. C’est pour ça aussi que ça a été très important pour moi de traverser l’expérience du spectacle vivant, une façon de mettre en scène des matières. Ce langage, je le vois comme une matière ou un matériau. Et aujourd’hui, je me sens un peu comme un sculpteur qui changerait de matériau et qui chercherait à peaufiner son style. Est-ce que ce langage me définit réellement ? En l’occurrence, je ne pense pas que ce langage me définisse ou en tout cas, je ne pense pas que ce langage doive me définir.

Vous chantez majoritairement en français et en anglais cette fois-ci. Des langues que tout le monde peut aisément comprendre. Est-ce que c’était une façon de vous mettre plus à nu, ou en tout cas de vous dévoiler un peu plus ?

Je ne sais pas… Sur le deuxième album, déjà, j’avais écrit deux chansons en français. Et sur le troisième, j’avais écrit une chanson pour Daniel Darc. Donc, c’est quelque chose qui m’a toujours taraudé, écrire en français et voir comment je pouvais transmettre ma musique et ma voix avec les paroles qu’on entend. Là, pour ce nouvel album, il y a eu cette rencontre avec Dominique A et Dick Annegarn. J’ai été ravi de ces deux collaborations. Et en l’occurrence, avec Dick et Dominique, nous nous sommes rapidement retrouvés autour de l’écriture de textes. Donc, naturellement, c’est venu sur ce disque. Après, il y a certains titres pour lesquels je me suis dit que je ne pouvais tout de même pas ne pas les écrire en français. Comme les copains écrivaient en français, je n’avais pas envie qu’on comprenne leurs textes seulement. J’avais un ou deux textes que j’avais un peu oubliés que j’ai rafistolés et un peu réécris. Et au bout d’un temps, ça fait un album. C’est une mise à nu, mais en même temps, j’aime ça. Dans chaque disque, j’essaye toujours de me mettre un peu en danger, je cherche les situations où je dois faire jouer mon instinct de survie. « Comment vais-je m’en sortir tout en me faisant plaisir aussi ? » C’est une question que je me pose régulièrement. Et c’est vrai que c’est un exercice difficile quand on aime chanter et donner de la voix… Chanter en français, eh bien… il y a tout un poids culturel qu’on a sur la tête. Il y a beaucoup de choses… Mais ça a été intéressant pour moi parce que musicalement, le français m’a permis de travailler différentes tonalités. Dans les arrangements, justement aussi, ça m’a permis de travailler différentes choses pour essayer de le faire sonner comme je le voulais…

Le français, c’est une autre rythmique aussi. Donc, forcément, au niveau du son, ça induit l’exploration de nouveaux terrains.

Effectivement. Je ne voulais pas non plus que le son soit trop compressé. Vous savez, quand on ouvre beaucoup de micros pour entendre une voix très susurrée, très sensuelle… on a exploré beaucoup de fréquences. Je voulais que ça paraisse le plus naturel possible, avec un maximum de brillance dans la voix et un maximum d’harmonies dans l’instrument vocal. On écrit la musique différemment quand on pose des mots en français dessus. J’ai toujours gardé à l’esprit de décliner des motifs, mais aussi de chanter, pas uniquement déclamer un texte. Parce que j’aime chanter, tout simplement. Donc, en termes de production, la façon de travailler a changé. Ce n’est pas la même façon de mixer.

Vous signez donc toutes les musiques et vous avez réalisé l’album. Était-ce important que le son soit de votre cru uniquement ?

Ça a toujours été un peu le cas sur les disques que j’ai faits. Je déléguais certaines choses effectivement à Pierre Le Bourgeois avec qui j’ai travaillé en binôme pendant très longtemps. On a co-écrit beaucoup de chansons avec Pierre. Par contre, ce que j’ai plus pris en charge, c’est la production. J’ai pris en charge tout ce qui était un peu plus rébarbatif, l’intendance, la gestion du calendrier des musiciens, leurs horaires… J’ai tout de même eu beaucoup de chance parce qu’ils étaient tous très généreux et talentueux. Et puis, j’ai fait quand même pas mal de sessions à New-York avec Brian Thorn qui m’a fait de propositions qui sont de l’ordre de la réalisation. Donc, pour moi, ça n’a pas trop changé en fait. L’équipe a changé de fait puisque Pierre souhaitait à cette époque poursuivre son projet plus personnel. On n’a pas trouvé le temps de travailler ensemble sur ce disque, mais on continue encore de travailler ensemble sur d’autres projets et ça nous rend très heureux. J’ai toujours été aux commandes de mes disques. J’ai aussi fait beaucoup d’arrangements. C’est quelque chose qui me fait du bien. Là, de travailler sans Pierre Le Bourgeois, ça m’a vraiment permis de voir jusqu’où je pouvais aller, ce que je pouvais emporter avec moi, comment je pouvais parler d’arrangements tout simplement avec les musiciens à qui j’avais proposé de m’accompagner sur ce disque. J’ai appris pas mal de choses par rapport à ça. Pierre gérait pas mal de choses comme ça, et notamment sur l’Opéra qu’on avait fait ensemble [« Octopus »].

Vous m’en avez touché un mot tout à l’heure, Dick Annegarn et Dominique A signent chacun deux textes. Qu’est-ce qui vous a donné envie de travailler avec eux ?

Pas mal de choses, et notamment le fait que j’admire beaucoup leur musique et leur écriture depuis toujours. On correspondait en fait par mail depuis quelques temps. Dominique, nous nous sommes rencontré à table… nous avons mangé ensemble un jour à Bruxelles. Dominique Brusson, qui est l’acolyte et l’ingénieur du son depuis toujours de Dominique A, a mixé et réalisé mon deuxième album. On s’est donc retrouvés une fois à table avec Dominique A et Dominique B (sourire). Le courant était passé entre nous. On s’est écrit pendant quelques temps. Après, je suis parti vers toute autre chose qui n’a pas du tout fonctionné et puis je suis parti travaillé avec Philippe Découflé, mais je l’ai toujours mis au courant de mes projets, en ne cachant jamais que j’avais envie de travailler avec lui dans l’avenir. Je pensais que nous allions nous retrouver sur la musique, mais nous nous sommes retrouvés sur l’écriture de textes. Et Dick Annegarn, ça a été un peu pareil. Et ça m’a rendu très heureux parce que je trouvais que c’était super de travailler avec des gens comme eux. Ils m’ont poussé à vraiment affiner mon discours. Je suis beaucoup plus jeune qu’eux. Quand on voit la carrière de Dick Annegarn… tout ce qu’il fait est génial. Et Dominique A, lui, a choisi les chemins de traverse. Tout en ayant fait le choix d’autres voies, ses albums ont toujours énormément de succès. Moi, des fois, dans mon for intérieur, je me reconnais un peu là-dedans. C’est-à-dire que mon premier album a eu un succès auquel je ne m’attendais pas du tout. J’ai été très vite invité dans des télés où j’étais très mal à l’aise. Je ne savais pas quoi dire. Je me suis trouvé très chiant. Je ne savais pas du tout ce qu’on attendait de moi ni ce que j’avais envie d’être médiatiquement. Je n’avais pas du tout conscience de ça au début… Dès le deuxième album, j’ai décidé de ne pas être une caricature de moi-même. J’ai décidé de faire de la musique comme je l’entendais, quitte à faire les choses de travers. Je voulais être plus tranquille. Mais c’est difficile parce que parfois l’égo vous dit que c’est malheureux de ne pas être plus exposé médiatiquement… Mais c’est comme ça ! (sourire) Donc, peut-être que leurs parcours respectifs, à Dick et Dominique, m’ont un peu inspiré quelque part. ça rejoint un peu les histoires que je raconte dans cet album. Ce sont des personnages qui ont fait des choix. Ce n’est pas que j’avais envie forcément de me raconter à travers ce disque, puisqu’il parle essentiellement d’amour…

Nosfell - DR

Vous dites d’ailleurs que « ce sont plus des chansons amoureuses que des chansons d’amour »… Pouvez-vous un peu développer cette idée ?

Bien sûr ! Quand on les écoute, de toutes façons, on se rend compte très rapidement que ce ne sont pas des chansons d’amour au sens traditionnel du terme. Ce n’est pas l’histoire de quelqu’un qui aime quelqu’un d’autre… l’amour, c’est toujours plus compliqué que ça. C’est quelque chose qui nous éclaire, qui en même temps éclaire l’autre, et qui a tendance à obscurcir tout ce qu’il y a autour de soi. Il y a une forme de dictature de l’amour quelque part. C’est quelque chose qui moi m’inquiète terriblement. C’est comme la grande montagne… toutes les chansons qui composent cet album sont des chansons amoureuses. Je me suis senti en amour quand j’ai écrit ce disque. Pour moi, c’est un sentiment très important et je pense que c’est également le cas pour beaucoup de gens. Les chansons parlent de la vie et de ses nuances. Chaque personne est unique et ressent les choses différemment. J’ai toujours eu beaucoup de mal à ce propos avec les classements et les idées toutes faites. J’essaye toujours d’avoir cet esprit neuf qu’on peut avoir quand on découvre quelque chose ou quelqu’un. J’ai du mal avec l’exclusivité et ce genre de choses…

Justement, où vous situez-vous dans le paysage musical français ?

Je m’efforce juste de faire ce que j’ai en tête. Ce qui me fait avancer, c’est la perspective de développer une idée que j’ai en tête et de lui donner vie, fort de toutes mes influences musicales. Mes influences musicales sont d’ailleurs très bigarrées. J’ai toujours beaucoup d’émotions avec la musique, depuis que je suis tout petit. J’écoute des choses très différentes les unes des autres. Je ne me suis jamais reconnu d’une école particulière. Je m’inspire beaucoup du hip hop pour ce qui est du travail sur le sample en même temps que d’instruments qui sont plutôt issus du folk ou du rock. Lorsque je fais du beatbox, je ne le fais pas forcément d’une manière régulière, c’est très minimaliste et très bancal. Donc, là j’ai plutôt l’impression de faire référence à une musique un peu naïve à la manière de Daniel Johnston ou de Jad Fair qui écrit des musiques que j’ai beaucoup écoutées. À la fois je suis aussi passionné par la performance. Comme dans l’art, je recherche toujours quelque chose qui soit vrai et transparent dans la performance musicale. Je peux être impressionné par un instrument ou une performance vocale, comme je suis très ému par la voix fluette et fragile de Daniel Darc qui m’emporte dans un océan d’humeur et de fragilité intense. La voix de Daniel Darc, c’est le ciel tout entier qui nous tombe sur la Tête. Et pourtant, il n’y a pas de technique. Mais il y a un art. Il y a un artisanat. Donc voilà, je suis touché par tout ça en même temps. J’ai adoré Prince. Pendant trente ans, je l’ai écouté et réécouté. Pareil pour Michael Jackson. Donc, voilà, ce disque est un peu comme les autres, c’est un mélange de toutes ces influences… qui attire ou qui rebute. Je ne sais pas. Mais en tout cas, je me reconnais en beaucoup d’artistes. j’ai joué avec certains d’entre eux. J’aime ce qu’ils font.

J’aimerais aborder la scène un instant. Vous serez notamment le 26 mars à La Maroquinerie (Paris 20ème) et quelques dates sont déjà programmées en province. Que va-t-il se passer cette année ? Quelle formation allez-vous avoir ?

Je reviens en trio. Sans batterie. Je reviens à une certaine forme de la scène comme j’ai pu en faire beaucoup lors de la tournée de mon premier album. Et en même temps, je vais amener sur scène un dispositif que j’avais mis en place avec la création de Découflé. Donc, il va y avoir des éléments différents. Il y a pas mal de synthétiseur sur le disque. C’est un instrument que j’aime beaucoup, que je trouve très chaleureux et en même temps un peu inquiétant. Le mouvement perpétuel m’intéresse. C’est quelque chose que je vais amener sur scène. Et puis, je vais aussi mettre l’accent sur la voix. Il y a des choses qui vont sonner très fort et d’autres qui seront extrêmement douces. Et c’est pour cette raison que je suis très content de faire plutôt des clubs. Il y a une proximité que j’adore. C’est ce que je préfère.

La scène représente-t-elle finalement l’essentiel de votre métier ?

C’est primordial. Tout comme lorsqu’on est en studio d’enregistrement. Ce sont des exercices très différents l’un et l’autre. Et pourtant, ils sont complémentaires. Je ne pourrais par exemple jamais voir la scène comme un outil promotionnel, c’est un outil à part entière pour s’exprimer, transformer les choses et les vivre avec le public. J’ai du mal avec le coté répétitif et promotionnel.

Et des journées promo comme celle-ci, vous les vivez comment ?

(rires) Oh mais je suis ravi ! J’aime beaucoup qu’on s’intéresse à ce que je fais. Quand je parle de ce côté promotionnel, je parle essentiellement des tournées qui sont là uniquement en support de la sortie d’un disque. Mais la promo au sens large, je l’apprécie. Je suis ravi qu’on s’intéresse à ma musique. Ça me touche beaucoup. Je suis très heureux d’en parler au contraire…

De tous les titres qui composent cet album, y en a-t-il un pour lequel vous avez un peu plus de tendresse qu’un autre ? Quand je parle de tendresse, je ne pense pas à un titre que vous préféreriez aux autres, mais plutôt à quelque chose qui se serait passé autour de l’un d’entre eux, pendant sa création ou son enregistrement, par exemple.

Mon cœur balance entre deux chansons… Il y a « Île Mogador » qui, pour moi, est une chanson importante. Je suis allé vers Dick Annegarn avec un texte, et lui a transformé le chant. Mon père est originaire des montagnes berbères et Dick Annegarn a lui aussi une histoire avec le Maroc. Il y va régulièrement. Il y a là-bas une culture et une musique qui le touchent et l’intéressent beaucoup. Quand je lui ai parlé de cette histoire et que je lui ai proposé ce texte, il a rapidement pensé à Mogador parce que c’est un très beau mot, c’est Essaouira et c’est le début du pays berbère. Il y a toute une histoire autour de cette ville portuaire avec cette espèce de corail que l’on trouvait là-bas qui était la base des pigments pour colorer les étoles des romains, la pourpre. Je suis très heureux que nous nous soyons retrouvés là-dessus avec Dick Annegarn. Ce n’était pas du tout calculé de ma part. On a été dans l’échange uniquement. Et cette chanson, nous avons pris beaucoup de plaisir à la peaufiner. Et puis, j’ai envie de vous citer également « Dans des chambres fantômes » qui est un texte que j’aime beaucoup. Dominique me l’a donné comme ça alors qu’initialement on était juste partis sur le texte de « Même si la mer ne dit rien ». J’étais en tournée au Brésil et j’ai reçu un mail de Dominique me disant que ça pourrait peut-être m’intéresser. Il me disait que ce n’était pas ce que je lui avais demandé mais me proposait d’y jeter un œil… j’ai fait la musique en deux jours et j’y ai pris beaucoup de plaisir. Ça m’a encouragé en fait. Je me suis dit que j’étais capable de travailler avec quelqu’un à cet endroit-là, que j’étais capable de proposer des trucs…

Propos recueillis par IdolesMag le 19 février 2014.
Photos : DR
Site web : http://www.nosfell.com/









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