Interview de Elisa Tovati

Propos recueillis par IdolesMag.com le 09/01/2014.
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Elisa Tovati © Lisa Roze

Après le formidable succès de son précédent album « Le Syndrome de Peter Pan », Elisa Tovati revient avec un quatrième opus, « Cabine 23 », qui nous a enchantés. En 18 chansons et un peu plus de cinquante minutes, Elisa Tovati nous emmène à bord de l’Orient-Express pour un voyage à travers l’Europe et le temps. Au travers de ses souvenirs et de ses émotions aussi. C’est une nouvelle fois avec beaucoup de sympathie et de sincérité qu’Elisa a répondu à nos questions. Rencontre avec une artiste authentique dont la vie a toujours été rythmée par les voyages en train…

Elisa Tovati, cabine 23IdolesMag : Vous êtes-vous rapidement remise à travailler sur « Cabine 23 » après la sortie du « Syndrome de Peter Pan » ?

Elisa Tovati : Tout de suite ! Enfin… pour être précise, pas tout de suite, tout de suite. Mais dès qu’il y a eu le succès d’ « Il nous faut », que les « NRJ Music Awards » étaient passés et que le printemps est arrivé, j’ai eu mon bébé et tout de suite après l’accouchement, je me suis remise au travail.

À ce moment-là, avez-vous déjà une idée précise du projet ? Comment réunissez-vous votre équipe ?

Les choses sont très claires dans ma tête. J’ai eu vraiment une rencontre professionnelle incroyable avec Bertrand Soulier qui est un auteur/compositeur qui m’avait déjà accompagné sur le « Syndrome de Peter Pan ». Donc, on se revoit, on se re-rencontre et nous recommençons nos séances de travail et de brainstorming jusqu’à ce que l’idée se concrétise.

Vous venez de me toucher un mot de Bertrand Soulier. Il y a d’autres personnes qui vous ont rejointe sur ce projet, je pense à Pierre et Ours Souchon, John Mamann, Pierre-Dominique Burgaud, Christophe Casanave… Comment sont-ils arrivés sur le projet ?

Une fois que je savais de quoi je voulais parler, où je voulais aller et comment je voulais y arriver, j’ai fabriqué un petit livret explicatif avec des arguments, des photos, des ébauches de textes que j’avais, et je suis allée voir les personnes avec qui j’avais envie de travailler. Je leur ai expliqué le projet. La plupart ont été surpris au départ, c’est vrai, mais tous ont tout de suite beaucoup aimé l’idée  et ce que j’avais envie de raconter avec ce disque. J’ai donc pu rencontrer de cette manière tous ceux que vous venez de me citer, Pierre et Ours Souchon, Christophe Casanave, John Mamann, etc… Pierre-Dominique Burgaud, je rêvais de travailler avec lui. Je trouve qu’il a une plume merveilleuse. Enfin, bref, j’ai réussi à séduire tous ces gens et les embarquer dans ce train.

Elodie Frégé fait aussi partie de l’aventure.

C’est très important pour moi, Dantès et Elodie Frégé. Elodie est une amie très proche depuis des années. Je trouve qu’elle a une très belle écriture et j’aime aussi beaucoup passer du temps avec elle. Donc, je lui ai proposé dans un premier temps l’écriture d’un titre. J’ai tout de suite eu un coup de foudre pour cette chanson, « Au train où vont les choses ». Et dans un deuxième temps, j’ai voulu partager avec elle un autre titre en duo, « T42 ».

Signez-vous ou cosignez-vous certains titres ?

En fait, je suis présente sur tous les titres. Les idées viennent de moi et tout s’écrit à quatre mains. Je suis vraiment à la genèse de tout, que ce soit la musique ou les textes. Rien n’est écrit en dehors des séances de travail que nous faisons ensemble.

Regardez le clip de Tout le temps, d'Elisa Tovati en duo avec Brice Conrad

« Cabine 23 » a une vraie dimension cinématographique avec ses bruitages, ses interludes, et tout simplement son propos. Était-ce une idée que vous avez eue dès le départ ou qui s’est affinée avec le temps ?

C’était une vraie envie. J’avais envie de raconter une histoire, comme un film musical. J’avais envie de ces interludes et de ces bruitages. J’avais envie que les gens s’assoient sur un canapé, ferment les yeux et puissent voyager avec moi pendant cinquante minutes. Donc, je voulais qu’il y ait une suite logique et une trame. Cette trame, c’est le voyage, de Paris jusqu’en Sibérie. Tout ça était très établi… comme un scenario, en fait. On a construit cet album comme un scenario. On avait le synopsis, on avait les idées, les pourquoi, les comment, les personnages, où on voulait arriver, ce qu’on voulait exprimer et après on a écrit les dialogues. Et ces dialogues sont les chansons mises les unes après les autres. Bien évidemment, on a écrit plus de titres que ce qu’il y a dans l’album. On a écrit notamment des doublons sur certains pays ou certains thèmes, mais on a sélectionné les chansons qui nous paraissaient les meilleures. Tout s’est fait petit à petit. C’était en tout cas une réelle envie de pouvoir rapprocher mes deux passions, qui sont chanter et jouer la comédie.

Vous allez me dire si vous êtes d’accord avec moi… Votre premier album était un peu impersonnel [« Ange Etrange » en 2002, NDLR]. Le deuxième [« Je ne mâche pas les mots » en 2006], plus ludique. On y découvrait une Elisa un peu plus taquine et joueuse. Le troisième [« Le Syndrome de Peter Pan » en 2011] signait un retour à vos racines et explorait le monde de l’enfance. Et celui-ci, « Cabine 23 », le quatrième, ressemble plus à une quête, un voyage à travers les contrées, le temps, mais à travers vos émotions aussi. Un peu comme un voyage initiatique. Me trompé-je ?

Non, absolument pas. C’est tout à fait ça, même. C’était pour moi, le moment de parler de choses très impudiques d’une façon pudique. C’est un vrai voyage. C’est une quête de l’essentiel, aussi. Une quête de simplicité. C’est aussi un retour aux origines. Je voulais parler de choses qui me touchent profondément. C’est un album très important pour moi. C’est finalement l’album qui me correspond le plus parce que c’est celui qui a été fait grâce à tous ceux qu’il y a eu derrière. Et donc, c’est finalement là l’essentiel. S’il n’y avait pas eu « Le Syndrome de Peter Pan » avant, je n’aurais jamais pu faire celui-ci. C’est un peu comme une série de couches que l’on met sur un mur. On met la peinture après l’enduit, et il faut avoir poncé les murs avant. Les choses se sont déclenchées petit à petit. On a creusé progressivement plus profondément. À chaque fois qu’on creusait un peu, on sentait qu’on pouvait aller plus loin. Alors, bien évidemment, pour revenir à ce que vous disiez, mon premier album était un album de jeunesse dirigé par une maison de disques et un producteur. Je n’ai pas eu grand-chose à dire à part cette envie de faire de la musique et la joie de pouvoir faire un album. Après, et « Je ne mâche pas les mots », et « Le Syndrome de Peter Pan », ont été des parties de moi que je voulais éclairer et présenter au public. Et là, « Cabine 23 », j’ai envie de dire que c’est la tête et les jambes. C’est un projet très important pour moi, d’ailleurs, j’ai toujours beaucoup d’émotions quand j’en parle. J’ai envie de le défendre jusqu’au bout, bec et ongles. J’espère de tout mon cœur qu’il va avoir du succès. Je trouve que c’est un beau projet, très sincèrement et en toute humilité. J’en suis très fière. Je suis fière de ce qu’on a réussi à faire tous ensemble. Même à un moment donné… parfois je ne trouve pas les mots pour en parler, tellement c’est présent en moi. Je ne sais pas si j’ai assez de recul, tellement l’émotion est forte. J’y ai mis beaucoup de moi dedans, beaucoup de temps, beaucoup d’amour. Je me bats beaucoup pour cet album. En plus nous sommes dans une petite maison de disques. Et c’est une énorme chance ! Parce que je peux m’occuper du projet de A à Z. Que ce soit le graphisme, le site internet, les stickers, les cartes de dédicaces… tout, tout, tout… C’est vraiment mon projet. C’est sûr que je ne délègue pas beaucoup… (sourire)

Vous venez de me toucher un mot du visuel qui accompagne le projet, et qui est lui aussi très soigné. Tous ces objets que l’on retrouve dans le livret, sont-ce des objets que vous avez glanés pendant la préparation de l’album ou bien des objets de famille ou qui vous appartiennent depuis longtemps ?

Un peu des deux… Ce sont des objets qui me parlent et qui ont une signification pour moi. Les photos, par exemple, ont été prises dans le véritable Orient-Express. Ça a été quasiment mission impossible de pouvoir aller shooter dedans ! C’est très compliqué. Ça a pris des mois de discussions et d’écoutes pour convaincre. Après, tous les objets ne sont, en effet, pas du décor de cinéma. Chaque objet a sa raison d’être présent. Toutes les photos ont été  choisies. Les vêtements aussi. C’est quelque chose qui a été très chiadé. Le graphisme, nous l’avons fait avec ma sœur. C’est donc elle qui s’est occupé de créer toute l’identité visuelle de l’album, que ce soit le logo ou la rondelle… On a fait ça avec nos petites mains. C’est vraiment un travail artisanal.

Elisa Tovati © Lisa Roze

C’est Lisa Roze qui a fait les photos.

Oui. C’est une photographe qui a beaucoup d’âme. Elle fonctionne en pellicule et pas en numérique, et ça, c’était très important pour moi.

Ce train, l’Orient-Express, a nourri les imaginations les plus fertiles, je pense à Guillaume Apollinaire, Agatha Christie, Graham Greene, Ian Flemming… En quoi vous a-t-il, vous, fascinée ?

Il faut savoir qu’au départ, c’était l’idée du train qui m’intéressait avant toute chose, plus que ce train précisément. Je voulais un train qui puisse traverser l’Europe pour me permettre de parler de mes origines, celles du nord et celles du sud, et de différents sujets que je voulais aborder. Après, quand on parle de train, j’aurais pu parler du Transsibérien ou que sais-je ? Il y a plein d’autres train très intéressants. Mais après, l’Orient-Express, tout de suite, ça me fait rêver depuis des années… Pourquoi ?... Parce que les livres qu’on a lus, parce que les gens mythiques qui ont voyagé à son bord… Il y a quelque chose de glamour dans ce train. Et puis, ça nous donnait un code couleur, ça nous donnait un graphisme, ça nous donnait une ambiance art déco.  Tout d’un coup, ça apportait vraiment quelque chose au projet. Donc, le côté Orient-Express est venu par après, ce qui était important pour moi, au départ, c’était l’idée du train. Quand on voyage en train, le temps est comme suspendu. On a un autre rythme. C’est une autre façon de voyager, de voir les paysages, de rencontrer les gens, de passer du temps avec eux… Et puis, tout simplement, j’aimais bien l’idée d’être dans un train. Pour plein de raisons, le train m’a poursuivie toute ma vie. Une grosse partie de ma famille est partie dans les trains de la mort. Donc, le train a vraiment une résonnance en moi. je suis née dans un train. J’ai fait des rencontres incroyables dans des trains… Donc, le train est pour moi, vraiment, la meilleure façon de voyager, en tout cas celle qui me fait le plus fantasmer.

Vous venez d’évoquer les trains de la mort, j’ai envie que vous me parliez un instant de « Pitchipoï », qui est à mes yeux l’une des chansons les plus touchantes de l’album… « Pitchipoï » était donc le nom que donnaient les déportés à la « destination imaginaire » vers laquelle ils étaient conduits pendant la seconde guerre mondiale. D’ailleurs sur la carte d’Europe au verso de l’album sur laquelle figure le tracklisting, Varsovie est remplacée par un point d’interrogation…

La raison pour laquelle j’ai mis un point d’interrogation était que je ne voulais pas que ce soit si clair pour les gens. Je voulais que la chanson soit gaie malgré tout. Je souhaitais évoquer ce sujet parce que, comme je vous le disais tout à l’heure, je suis une petite fille de déportés. C’était donc essentiel pour moi d’en parler. Quand on parle de train, je ne peux pas m’empêcher de penser à toute ma famille. C’était très important d’en parler et c’était de la même manière très difficile d’en parler. J’ai eu beaucoup de chance que Bertrand Soulier m’écrive ce texte, que je trouve formidable. Et la musique de Casanave est très enjouée. J’aime beaucoup. Il y a des messages qui sont dits, mais sans être trop pesants ou trop mélancoliques. C’est une chanson que j’adore aussi, très franchement. Je suis toujours extrêmement touchée quand des gens me disent qu’ils ont pris le temps d’aller regarder ce qu’était « Pitchipoï » parce qu’après de nombreuses interviews, ce n’est pas le cas de tout le monde ! Ça arrive qu’on passe complètement à côté… ou même que des gens me demandent comment j’ai trouvé ce mot, cette sonorité incroyable… (soupire) Mais il y a vraiment une double lecture dans ce titre. Et quand on sait ce qu’est « Pitchipoï », quand on écoute la chanson, je suppose que les gens qui ont un peu de sensibilité doivent avoir un petit pincement au cœur. C’était aussi très important pour moi qu’à la fin de la chanson, on entende des prières de rabbins. Ce sont des prières qu’on appelle le Kaddish, qui est la prière aux morts. À la fin de la chanson, quand on entend d’une façon très délicate des voix chantant dans une langue qu’on ne comprend pas, c’est simplement une prière en hommage à ma famille qui n’est jamais revenue…

Regardez le clip d'Eye-Liner d'Elisa Tovati

Actuellement, un peu partout en Europe, on voit une montée du nationalisme et des extrémismes. Quel regard jetez-vous dessus ?

J’ai toujours revendiqué mes origines, ma religion, ma mixité. Ce n’est pas cette polémique qui me fera avoir peur de m’exprimer ou quoi que ce soit. Après, les choses politiques ne me regardent pas et je ne me vois pas en parler. Mais quoi qu’il arrive, je porterai haut et forts les valeurs auxquelles je crois. Le devoir de mémoire est un devoir essentiel dans la religion juive, et pas que ! Et je suis particulièrement ravie d’avoir dans ce nouvel album deux chansons qui en parlent, « La mémoire » qui parle plus particulièrement de mes grands-parents, et puis « Pitchipoï » qui parle des camps de la mort. Je trouve qu’il est important de continuer à en parler librement et de ne pas en être gêné ou d’avoir peur de se faire lyncher sur twitter et autres réseaux sociaux quand on les évoque. Moi je suis une petite fille de déportés et fière de pouvoir transmettre ce devoir de mémoire.

De toutes les chansons qui composent l’album y en a-t-il une, vous, pour laquelle vous avez un peu plus de tendresse qu’une autre ?

C’est compliqué… parce que je les aime toutes pour des raisons différentes. Évidemment, j’aime toutes les chansons. D’ailleurs à un moment donné, je me suis dit qu’il y en avait un peu trop et je ne suis jamais arrivée à en enlever une ! C’est un album atypique. Il est comme ça, il a été conçu comme ça, et il faut le prendre comme ça. J’aime beaucoup « Les langues étrangères » parce que je trouve que le texte et la musique sont très originaux. J’adore « S’embrasser » aussi. Le texte de Pierre-Dominique Burgaud est magnifique. J’adore chanter la chanson d’Elodie Frégé, « Au train où vont les choses ». C’était aussi important de faire une chanson qui s’appelait « Moscou » parce que Moscou est une ville très présente dans ma vie. J’avais envie d’entendre du Russe. « Au départ, Paris » est très élégant. Et j’avais envie, au départ d’une chanson qui puisse lancer l’album avec élégance. Et je suis ravie de la production qui a été faite sur ce titre. Je trouve que ça lance le projet comme je le voulais… Et puis, il y a aussi « La petite Tour Eiffel » qui est ma petite chérie. Il y a un truc superbe dans la musique. J’adore aussi le texte. J’aime cette façon de parler du fait que Paris me manque tellement à travers la Tour Eiffel. Les mots de Pierre-Dominique Burgaud ont vraiment bien traduit cette émotion.

Quand on écoute « Cabine 23 », on se dit que l’album devrait être transposé sur scène ou au cinéma. Au cinéma, c’est peut-être un peu difficile économiquement parlant, mais sur scène, j’imagine que vous y pensez déjà…

Oh oui ! On est en train de travailler sur le spectacle. Je dis bien spectacle parce que ce ne sera ni un concert ni une comédie musicale. On va dérouler tout l’album d’une façon un peu atypique avec des vidéos, des monologues, des voix off, du chant, des musiciens… On va faire quelque chose d’assez intimiste dans un premier temps mais qui va pouvoir se décliner plus tard sur de gros festivals puisque j’ai pas mal de dates cet été pour lesquelles je serai face à 5000 à 10000 personnes. Donc, il y aura à la fois des petites salles de quelques centaines de places qui seront des petits écrins où on va pouvoir vraiment évoquer ce voyage musical et à la fois des endroits un peu plus grands. On est en plein en train de travailler là-dessus depuis quatre mois maintenant, sur le livret, sur les vidéos… le choix des musiciens, lui, a été fait… sur les décors aussi. Je suis vraiment ravie de tout ce qui va arriver. On va commencer vers le mois de mai normalement. Et on va dérouler les concerts jusqu’à l’année prochaine.

Elisa Tovati © Lisa Roze

Avez-vous déjà une idée de salle à Paris ?

Je crois que ce sera l’Alhambra. Mais je n’ai pas encore la date exacte.  Le tourneur préfère commencer par toute la France et les festivals et je ne serai qu’à la rentrée à Paris.

Le public des festivals est volontiers plus chahuteur, un peu plus indiscipliné. L’appréhendez-vous ?

Oui, je l’appréhende et en même temps… pas tant que ça ! (rires) Je suis allée chanter quelques titres de l’album pour un concert multi artistes pour une radio. Alors que personne ne connaissait les chansons, j’ai été assez étonnée de l’écoute qu’elles ont reçue. J’étais avec Vitaa et d’autres artistes donc, on ne peut pas dire que les gens s’attendaient à des chansons de cet acabit. Quand j’ai chanté mes chansons, j’ai été étonnée de l’écoute des gens. J’avais déjà remarqué ça quand j’avais chanté aux Muzik’Elles pour « Le Syndrome de Peter Pan ». À un moment donné, il y a une chanson que j’adore qui est « La femme du magicien ». On m’avait dit de ne pas la faire, qu’il allait y avoir trop de bruit, que j’allais me faire chahuter, que c’était une chanson pour un piano-voix intimiste, qu’il fallait que le public écoute les paroles sinon la chanson n’avait aucun intérêt… Eh bien, finalement, je l’ai chantée et les gens ont été très attentifs. Donc, ça fout le trac, mais si on arrive à captiver les gens et à les faire rentrer dans notre histoire, c’est gagné. C’est le genre de challenge que j’aime beaucoup ! (rires) De toute façon, j’ai des chansons qu’il faut écouter. Si les gens n’écoutent pas les textes, j’aurai perdu parce que les textes sont tout aussi importants que la musique. L’histoire que je raconte est importante. Donc, j’essaye de faire de mon mieux pour que ça passe. Et généralement, ça marche ! Heureusement !! (rires)

Le voyage en train est au cœur même de « Cabine 23 ». Quel est votre plus beau souvenir de voyage en train ?

C’est le voyage que je n’ai pas encore fait. C’est le voyage fantasmé, cette traversée de l’Europe. C’est mon plus beau souvenir parce que c’est comme si je l’avais vécu. Parfois, il y a des rêves qui sont tellement fort qu’on se réveille en larmes le matin, et là, c’est un voyage qui a été tellement fantasmé, documenté, rêvé et chanté, qu’il est vrai pour moi, quelque part. Ça m’a pris une année entière et c’est le plus beau voyage de ma vie.

Avant de vous quitter, j’aimerai qu’on évoque un instant « Trois mariages et un coup de foudre » que vous avez tourné en fin d’année. Comment s’est passé le tournage ?

C’était formidable et génial. Héléna Noguerra est une fille aussi belle que talentueuse. On a eu beaucoup de chance parce Gilles de Maistre a une méthode de travail très atypique. Il est très ancré dans le réel. À la fois, c’est une fiction et à la fois, ça ressemble parfois à un documentaire. Ça roule fort ! C’était vraiment très intéressant. On a terminé le tournage il y a quelques semaines maintenant et j’ai vraiment hâte de voir le résultat.

Je vous sens heureuse avec ce projet, « Cabine23 ». Vous en parlez avec un enthousiasme débordant. Redoutez-vous sa sortie ?

J’ai peur en fait. Je ne vais pas vous le cacher. J’ai très peur. Peur de ne pas réussir à convaincre les gens de prendre le temps d’écouter l’album. J’ai envie que cet album soit écouté et soit mis en avant. Et je me donne beaucoup de mal pour ça. Et oui, j’ai peur. Je souhaite en tout cas de tout mon cœur que les gens s’arrêtent sur « Cabine 23 ».

Finalement, « Cabine 23 » est peut-être un album à écouter tranquillement lors d’un voyage en train…

Ce serait dingue ! Vous avez raison ! Il faudrait qu’on trouve un deal avec la SNCF pour le vendre entre les chips et les bonbons au wagon restaurant ! (éclats de rires)

Propos recueillis par IdolesMag le 9 janvier 2014.
Photo : Lisa Roze
Site web : http://www.elisa-tovati.fr/









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