Interview de Alice Raucoules

Propos recueillis par IdolesMag.com le 27/01/2014.
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Alice Raucoules - DR

Nous l’avions laissée finaliste de la huitième saison de la Star Academy, Alice Raucoules cartonne aujourd’hui dans « Dreams » sur NRJ12, une série musicale dont elle est l’héroïne. Nous avons été à la rencontre d’Alice afin d’en savoir un peu plus sur son rôle dans la série, mais également sur son parcours. Elle nous expliquera notamment pourquoi elle a décidé à la sortie de la Star Ac de prendre son temps et continuer sa formation de chanteuse et comédienne là où d’autres se précipitent sur l’opportunité de sortir un disque. Aujourd’hui, cinq ans après, Alice pense de plus en plus à publier un premier album. Celui-ci devrait voir le jour cette année, elle nous en dira plus. Rencontre avec une jeune artiste qui a la tête sur les épaules et qui a fait le pari de prendre le temps de faire les choses bien, alors que tout s’accélère autour de nous…

Dreams, 1 rêve 2 vies, bande originale de la sérieIdolesMag : Faisons connaissance ! Pouvez-vous un peu me parler de votre rôle de Julia Delacourt / Jess dans la série « Dreams » ?

Alice Raucoules : Je joue donc le rôle de Julia, qui est l’héroïne de la série. Elle est une jeune fille plutôt gentille et bien élevée. Elle rêve de devenir chanteuse. Évidemment, son père ne veut pas parce que sa femme, donc ma mère, était chanteuse et nous a quittés à cause de ça. Donc, en gros, Julia va devoir adapter un stratagème pour que personne ne puisse la reconnaître pour participer au casting d’une émission qui s’appelle « Dream Star », qui passe sur l’île de Saint-Martin. Pour cela, elle se transforme en Jess. C’est un peu Docteur Jekyll et Mister Hyde. Jess est tout le contraire de Julia. Elle a un caractère un peu plus rebelle. Elle est plus extravertie que Julia.

Qu’est-ce qui vous a plu dans ce rôle ?

Déjà, ce qui me plaisait beaucoup, c’était de jouer deux facettes d’une personnalité. Pour un comédien, c’est plutôt intéressant. C’était aussi ma première expérience de premier rôle en tant que comédienne. J’avais envie de relever ce challenge. En plus, c’était une série musicale. Donc pour moi qui viens de la musique, c’était génial de mêler mes deux passions. Et puis l’histoire m’a plu parce qu’elle évoque un télé-crochet et que j’ai moi-même vécu ça avec la Star Ac. Je connaissais un peu ce milieu. Après, il y a évidemment le cadre du tournage qui était paradisiaque. Tourner pendant trois mois à Saint-Martin, ce n’était pas déplaisant… Et très sincèrement, quand on m’a proposé le premier rôle pour quarante épisodes, honnêtement je ne pouvais pas refuser. C’était une belle opportunité.

En tant qu’Alice, avez-vous ce côté, comme Julia et Jess, un peu Docteur Jekyll et Mister Hyde quand vous montez sur scène ?

(rires) oui, un peu… Je peux d’ailleurs dire que moi-même je suis un mélange de Julia et de Jess. Physiquement, je ressemble plus à Julia. Et quand je suis sur scène, j’ai ce côté plus artiste qui ressemble plus à Jess.

Est-ce que comme Julia vous avez à un moment où un autre caché votre passion pour la chanson à vos parents ? Vous ont-ils d’ailleurs encouragé dans cette voie artistique ?

Au début, bien évidemment, ça leur faisait un peu peur. En plus, avec tous ces télé-crochets comme « Nouvelle Star » ou « Star Ac », on fait croire aux jeunes qu’on peut devenir star du jour au lendemain. Ça fait flipper les parents. Donc, au début, c’était le bac d’abord, des choses concrètes. Et au final, comme ça a fonctionné, ils m’ont beaucoup soutenue. Et heureusement. Donc, non, je n’ai pas vécu l’interdiction du côté de mes parents.

La série est un vrai succès. Comment expliquez-vous qu’un concours de chant comme celui de « Dream Star » fasse rêver autant de monde ?

Il y a tous les ingrédients dans la série pour que ça fasse rêver. Comme je vous l’expliquais, je pense que ce genre d’émission fait rêver. Je vais parler pour moi. Moi, ça me faisait rêver quand j’étais ado. Ce que je trouvais génial, c’était que des gens lambda pouvaient se retrouver à chanter avec des artistes internationaux comme Beyoncé ou Rihanna. C’est un monde de strass et de paillettes. Et puis, c’est tourné dans les Caraïbes, donc, le cadre fait également rêver. Je pense qu’il ne faut pas confondre tout, mais beaucoup de jeunes rêvent de vivre une expérience comme celle-ci.

 Alice Raucoules et Damien Lauretta - DR

Cette expérience, vous l’avez, vous, vécue puisque vous avez été finaliste de la huitième saison de la Star Academy. Que retenez-vous de cette expérience avec le recul ?

Je garde du positif. Je ne dis pas que ça a été une expérience facile à vivre. Pas du tout. Il y a des côtés difficiles, comme la vie en communauté ou le fait de passer de l’ombre à la lumière. Ce n’était pas évident. Mais au final, je garde du positif parce que j’ai vraiment grandi avec cette expérience. J’ai appris beaucoup de choses, j’ai pris confiance en moi. Et du coup, ça m’a donné envie de persévérer dans cette voie-là, celle de la musique. Donc, honnêtement, ça reste positif. C’était tout de même une aventure extraordinaire. J’ai pu chanter avec des artistes de folie. Ce sont surtout les primes qui me laissent un très bon souvenir.

Comment avez-vous vécu la pression et la compétition ?

Ce n’était pas évident à gérer, et en même temps, on était tout de même un peu protégés en étant enfermés. Ne pas avoir accès à l’extérieur et à tout ce qui se disait, finalement, ça nous a quand même protégés, du moins je pense. Mais évidemment, il y avait la compétition. Ce n’est pas un endroit où finalement on se fait beaucoup d’amis parce qu’au final il n’en reste qu’un et on a tous ça en tête. C’est un peu chacun pour soi et on est toujours seul à la fin.

Dans votre promo, il y avait Joanna qui présente cette année une chanson pour la finale nationale française de l’Eurovision. Est-ce un challenge, vous, l’Eurovision, qui vous tenterait ?

En soi c’est un challenge, donc oui, c’est tentant. Mais ce n’est pas ce dont je rêve le plus. Par contre,  Joanna, elle, je la vois très bien faire ça. Ça correspond plus à sa personnalité. En tout cas, je lui souhaite de réussir.

Alice Raucoules - DR

Quand on lit votre bio, vous dites que vous êtes née le 16 août, mais 31 ans après Madonna. Est-ce une artiste qui a compté pour vous ?

Je l’adore. J’adore son parcours et sa carrière. Pas tout non plus dans sa carrière, mais c’est quelqu’un que j’admire, évidemment.

Venez-vous d’un milieu de chanteurs, de musiciens ou d’artistes ?

Non, pas spécialement. Dans ma famille, on aime la musique, mais il n’y a pas de chanteurs ou de musiciens.

Qu’écoutait-on chez vous quand vous étiez enfant ?

Mes parents écoutaient plus de la variété française comme Dutronc et ce genre de choses…

Et vous, vers quelle musique vous êtes-vous dirigée ?

Pas vraiment la variété française, mais des chansons françaises, des textes écrits en français. J’aimais tout ce qui était un peu « gainsbourien » dans le style et dans les thèmes de chansons. J’ai toujours aimé tout ce qui était jeux de mots et humour un peu cynique. En tout cas, c’était essentiellement en français. J’ai un grand amour pour les textes bien écrits.

Alice Raucoules, Elsa Esnoult et Damien Lauretta - DR

Écrivez-vous, vous-même ?

J’essaye… Mais j’ai trouvé des gens qui avaient plus de talent que moi pour cet exercice… Je n’ai pas envie de me dire qu’il faut absolument être auteur/compositeur/interprète. Ce n’est déjà pas évident d’être interprète… (sourire) Donc, pour l’instant, je chante les textes qu’on m’écrit mais après, c’est un exercice qui me plairait bien évidemment d’écrire mes propres textes. Là, je viens de me mettre à la basse. C’est un instrument que j’adore. Je débute et j’aimerais beaucoup arriver à chanter en même temps qu’en jouer, ce qui n’est pas toujours évident avec ce genre d’instrument.

Vous me dites que vous venez de vous mettre à la basse. Avez-vous  appris à jouer d’un instrument ou pris des cours de chant quand vous étiez ado ?

J’ai fait une école de chant fondée par Alice Dona à Marseille. J’ai fait aussi un peu de piano comme beaucoup de jeunes. Mais c’est resté comme ça, je ne suis pas du tout pianiste. J’ai appris ça petite et finalement aujourd’hui, je ne sais pas faire grand-chose au piano. J’ai essayé aussi un peu plus tard la guitare, mais au final, c’est la basse qui me plait le plus.

Quel est votre parcours dans les grandes lignes avant d’intégrer la Star Ac ? Vous chantez déjà ? Vous faites déjà quelques petits concerts près de Marseille ?

En fait, j’étais au lycée et dans cette école de chant dont je vous parlais, on faisait des petits spectacles tous les mois, mais dans le cadre de l’école. En fait, j’étais super jeune et je n’ai pas vraiment eu d’expérience avant d’intégrer la Star Ac. Ça ne faisait pas dix ans que je faisais de la musique et que j’étais sur scène comme certains. Du coup, après, j’ai ressenti le besoin de poursuivre ma formation pour avancer. J’avais besoin de scène. Je suis en fait passée du lycée à la Star Ac, sans transition. Pour moi, un artiste doit passer par la scène, donc, c’est ce que j’ai fait, mais après la Star Ac.

Alice Raucoules - DR

Vous avez notamment été élève au studio Pygmalion.

Effectivement. Ce n’était pas parce que je sortais de la Star Ac que je savais tout faire. J’avais encore plein de choses à apprendre et à travailler. Donc, j’ai continué à prendre des cours de chant et de théâtre. J’ai fait mes armes sur scène lors de mes premiers concerts. Je me suis confrontée au public. J’ai continué à me former pendant des années. Ça me semblait logique, si je voulais faire quelque chose dans la durée, de continuer à travailler et sortir, au bon moment, un album qui me plairait. Je ne voulais pas sortir un truc vite fait après la Star Ac et surfer sur cette notoriété soudaine et un peu kleenex. Quitte à me faire oublier, je préférais prendre mon temps.

J’imagine qu’on vous a proposé un album le soir de la finale, mais vous avez préféré continuer votre formation.

Oui, parce qu’au final, ce qu’on me proposait, c’était de surfer sur la vague de l’émission. Et puis, honnêtement, j’avais encore beaucoup de choses à apprendre. Je ne voulais pas rentrer dans un truc un peu commercial. J’ai préféré prendre mon temps. Je ne sais pas si c’est le meilleur choix, mais en tout cas, c’est celui que j’ai fait et je ne le regrette pas.

On n’a pas toujours le recul nécessaire, à chaud.

Ce n’était pas évident. Ce n’est pas évident quand on sort de ce genre d’émission, d’avoir le recul nécessaire. Parfois, certains font de la musique et galèrent depuis dix ans, donc ils ont envie de sortir un truc tout de suite. En même temps, le gagnant de cette saison de la Star Ac n’a pas vraiment fait quelque chose non plus…

Quand on est autant médiatisé du jour au lendemain, c’est difficile de faire des choix judicieux.

C’est pour ça qu’il faut prendre un peu de temps, laisser décanter les choses. Il faut prendre quelques mois…

Alice Raucoules et Bruno Le Millin - DR

On va maintenant évoquer vos chansons originales… Quand commencez-vous à réunir une équipe autour de vous ?

C’est quelques mois après la Star Ac, pas très très longtemps finalement. Après, une fois que j’ai fait le choix de ne pas sortir un truc tout de suite, que j’ai fait le choix de prendre mon temps, j’ai réuni des gens autour de moi. Ma première rencontre a été avec Patrick Eudeline. Lui est un chanteur punk-rock qui semblait très éloigné de moi au début. Il m’a appris beaucoup de choses, et notamment dans la manière de chanter. Il m’a vraiment portée. J’ai eu l’occasion de faire des concerts avec lui, au Bus Palladium ou au Réservoir. Il m’a un peu prise sous son aile. Du coup, on a travaillé ensemble. Et après, j’ai aussi bossé avec Jimmy Lévy qui écrit des textes qui me plaisent énormément. Donc, on a travaillé ensemble et ça collait avec la direction qu’on avait commencé à prendre avec Patrick. Du coup, on a continué comme ça. Au final, je n’ai pas travaillé avec tant de personnes que ça. C’est essentiellement avec ces deux personnes-là que j’ai travaillé.

J’imagine que depuis le temps que vous travaillez avec eux, il y a un paquet de chansons qui ont été créées…

Oui ! Une quarantaine…

Ah oui, quand même ! Où en êtes-vous dans le cheminement d’un album ?

En cinq ans, on a donc fait pas mal de chansons et j’ai le matériel pour sortir plusieurs albums… (sourire) Et surtout, maintenant, j’ai envie de montrer et de faire écouter ces chansons. Depuis le temps que je travaille dessus… il est temps que je les chante au public. Je ne sais pas encore par contre par quel biais ça va se faire. Vais-je travailler avec une maison de disques ? Vais-je m’inscrire sur un site participatif comme My Major Company ? Ça ne me dérangerait pas de passer par là non plus. Il y a aussi l’option des labels indépendants. Donc, vous voyez, tout ça est encore un peu flou. Je n’ai pas vraiment de date de sortie, mais évidemment j’y pense et je pense que ça va se préciser dans le courant de l’année.

Ça va aboutir dans très peu de temps maintenant.

Oui, il est temps ! J’ai hâte qu’il sorte en tout cas.

Alice Raucoules - DR

Il y a quelque chose de très féminin qui ressort des chansons qui sont en écoute sur votre site web (« Si j’étais toutes », « Les filles », « Affamée »…)

Oui, c’est vrai. Mes chansons ont souvent un rapport avec les femmes ou avec la féminité. Ça parle souvent de femmes… C’est marrant quand on y pense, « Si j’étais toutes » aurait très bien pu figurer dans la série. « Si j’étais blonde, si j’étais brune, si j’étais rousse… » Je prends plusieurs identités comme dans la série.

Vous avez d’ailleurs une chanson originale qui fait partie de la bande originale dans la série, « Je mens ».

Elle n’a rien à voir avec les autres chansons de la série, mais elle est sur l’album tout de même. J’étais vraiment heureuse qu’elle s’intègre à la série…

Pouvez-vous me dire un petit mot sur « Mate ». Dans quelles circonstances est-elle née ?

Elle est née de mon expérience d’après Star Ac. Je voulais un peu évoquer ce voyeurisme que j’ai vécu pendant cette expérience, de l’image qu’on peut renvoyer et des gens qui s’arrêtent à cette image. Il y a un petit côté révolte dans ce texte. C’est en fait une des premières chansons qui a été écrite. Je pense même que c’est la toute première qui a été écrite. Donc, elle date maintenant. Du coup, comme elle date un peu, j’ai différentes versions, des choses un peu plus jazzy, un peu plus rock…

Alice Raucoules et Magalie Vae - DR

Un duo avec Damien Lauretta qui n’a rien à voir avec la série, « Amours imaginaires », a été dévoilé il y a peu. Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous relancer dans un projet commun avec Damien ?

Il m’a proposé ce titre, tout simplement. Damien, c’est quelqu’un avec qui je m’entendais très bien sur le tournage. Nous sommes d’ailleurs restés en contact. La musique nous a rapprochés puisque lui avait fait X-Factor. Il m’avait proposé, un peu comme un défi, de m’écrire une chanson quand on était là-bas sur le tournage. On a fait le pari. Et il a écrit cette chanson. Il m’a proposé de chanter cette chanson en duo avec lui. J’ai accepté parce que la chanson me plaisait beaucoup. Nous sommes partis, caméra au poing, dans Paris tourner un petit clip maison, avec les moyens qu’on avait tous les deux. On a tourné du côté de Montmartre. On a travaillé un peu l’image. Et on s’est dit que ce serait sympa de sortir ça au moment de la diffusion de la série.

Vous êtes à l’affiche du « Jeu de la Vérité » de François Desagnat depuis quelques jours. Comment s’est passé le tournage ?

C’était super. J’étais comme une petite fille émerveillée. Ça se passait chez Europa Corp, c’est un peu comme Hollywood là-bas. C’est gigantesque. Je n’avais jamais vu ça. C’était extraordinaire. C’est une expérience que j’ai adoré. Je n’ai fait qu’une journée de tournage, mais c’était vraiment top. J’ai donc joué une scène avec Philippe Lellouche et il a été super gentil avec moi. C’était vraiment génial. J’espère renouveler cette expérience rapidement. Ça m’a fait drôle de voir ma tête en grand lors de l’avant-première. Ce sont des moments inoubliables dont il faut profiter. En tout cas, j’aimerais vraiment reparticiper à des projets comme celui-ci.

Dans l’idéal, quel rôle rêveriez-vous de jouer ?

Je m’imagine très bien dans le rôle d’une tueuse, un peu à la Dexter… (rires)

Un rôle un peu à contre-courant.

Oui… j’adorerais.

Revenons-en à la chanson. Des scènes se profilent-elles ?

J’aimerais vraiment faire un show-case avec mes propres chansons. C’est en tout cas en préparation.

La scène représente-t-elle l’essentiel de votre métier ou une étape parmi les autres ?

C’est l’essentiel. Et je dirais même que c’est la base. Il faudrait commencer par la scène. C’est difficile aujourd’hui de monter sur scène, mais c’est primordial. Je n’ai pas encore eu l’occasion de monter souvent sur scène, mine de rien, ça coûte cher quand on s’autoproduit et qu’on n’a pas de maison de disques derrière soi. Mais j’aimerais en faire beaucoup plus.

Propos recueillis par IdolesMag le 27 janvier 2014.
Photos : DR
Site web : http://www.alice-raucoules.fr/









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