Interview de Nourith

Propos recueillis par IdolesMag.com le 24/01/2014.
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Nourith © David Castelain

Douze ans après la sortie de son deuxième album, l’une des plus belles voix de la chanson française et israélienne, Nourith, est de retour avec un nouvel EP, « Here I Am », un opus de toute  beauté. Nous avons donc voulu en savoir plus sur la genèse de cet EP, pourquoi elle avait mis tant de temps avant de ressortir un disque alors qu’elle n’a jamais quitté la scène, ce qui lui avait donné l’envie de reprendre la chanson de Michel Polnareff « Lettre à France » et comment elle a abordé la création en autoproduction après deux albums signés en major. Rencontre avec Nourith, une artiste rare qui chante l’espoir comme personne.

Nourith, Here I AmIdolesMag : Si je compte bien, ça fait un peu plus de dix ans que vous n’aviez pas publié de disque, douze pour être précis. Que s’est-il passé ?

Nourith : Il s’est passé plusieurs choses. Mais il faut savoir que je mets toujours énormément de temps pour faire de la musique… c’est une constante ! (sourire) Premièrement,  J’ai rencontré mon mari et j’ai eu deux enfants. Deuxièmement, j’ai mis beaucoup de temps pour reconstruire un univers musical parce que nous nous sommes quittés professionnellement avec la personne avec qui j’ai travaillé pendant onze ans sur deux albums [Jean-Pierre Taïeb, NDLR]. Pour moi, en tout cas, ça a été très difficile d’avancer toute seule, sans partenaire. Ça a été carrément un parcours initiatique parce qu’il a fallu que j’apprenne à travailler avec d’autres personnes. Comme il était le compositeur de mes chansons, c’est finalement moi qui ai, avec d’autre musiciens, co-composé ces nouvelles chansons. Et ce qui a pris le plus de temps, ça a été de trouver un univers musical, c’est-à-dire, trouver le réalisateur qui allait travailler sur les chansons. Et finalement, j’ai trouvé les musiciens qui l’ont fait avec moi.  Tout ça a pris énormément de temps. Il a fallu rencontrer des musiciens, se mettre d’accord artistiquement, faire les arrangements, essayer, se planter, réessayer… (rires) Ça a pris énormément de temps.

Temporellement, quand avez-vous posé les premières pierres de cet EP ?

Les chansons ont été écrites très rapidement autour de la naissance de mon premier enfant. C’était il y a huit ans. Le fait d’être mère m’a liée d’une manière extrêmement forte à l’humanité. Je me suis rendue compte que chaque homme avait une histoire, que chaque homme nait dans une famille, a des parents… D’un coup, l’humanité ne me paraissait plus comme une masse, mais comme une multitude de particuliers. Ça m’a inspiré pour écrire des chansons sur l’amour, sur la mort, sur l’accomplissement de soi, sur la foi… J’ai écrit ces chansons très vite. Ce qui a pris du temps, je le redis, ça a été de trouver les arrangements et l’univers musical.

Comment abordez-vous l’écriture de chansons ?

Premièrement, j’écris la musique. La musique vient d’une impro. Après, je la construis. D’ailleurs, je travaille toujours avec un instrumentiste… enfin pas toujours, d’ailleurs ! (rires) Mais la plupart du temps, je travaille avec un musicien et on enregistre mes intros. Après, je construis une chanson à partir de l’impro. Je choisis les meilleurs moments et j’essaye de les mettre ensemble. J’ai aussi une autre façon de travailler… quand je me promène dehors dans la rue. Quand je marche, une mélodie peut me venir en tête. Je l’enregistre tout de suite sur mon portable et ensuite, je demande à un musicien de l’harmoniser. C’est comme ça que nait la mélodie. Ce n’est qu’après que j’écris le texte. Je n’écris jamais le texte sans avoir une mélodie au préalable.

C’est la mélodie qui vous porte.

Oui. Complètement. Et ça a toujours été comme ça. Pour le texte, c’est comme un code à déchiffrer. Tout part de la première ligne. Je vais même aller plus loin car c’est la première ligne qui dicte le thème de la chanson. C’est comme ça que ça marche chez moi.

Depuis quand écrivez-vous des chansons ?

J’ai commencé à écrire des chansons quand j’étais au lycée. Mais à cette époque, je n’écrivais que des paroles.

Nourith © David Castelain

Vous ne composiez pas ?

Non. J’ai essayé de composer toute seule, mais j’avais des mélodies trop compliquées. J’ai donc complètement laissé tomber la composition à cette époque. La composition est revenue beaucoup plus tard, vers l’âge de vingt ans, quand j’ai commencé à travailler avec des musiciens dans un but créatif.

Écrivez-vous aujourd’hui pour les mêmes raisons qu’hier ? La source est-elle la même ou a-t-elle fondamentalement changé ?

À l’époque, j’écrivais pour exprimer, pour dire ce que j’avais sur le cœur. Aujourd’hui j’écris pour avoir quelque chose à chanter (sourire). C’est-à-dire que j’ai besoin de chanter et j’ai besoin que ça sorte, que ce soit écouté par un public. Les mélodies me donnent envie de les chanter. Ensuite, j’écris un texte parce que je sais qu’il faut un texte pour cette mélodie. S’il n’y a pas de texte, la mélodie ne vivra pas. Ensuite, bien sûr, j’ai besoin de m’exprimer et j’ai besoin de parler de certains sujets et d’exprimer des idées. Je n’écris absolument pas sur n’importe quoi, je choisis très très soigneusement ce que j’ai envie de dire. Il faut que ça crée un message qui me tient à cœur.

L’accouchement d’un texte est-il laborieux ?

Ça dépend vraiment de la chanson. Le début peut être très laborieux, mais à partir du moment où j’ai le début, la fameuse première ligne, ça va assez vite finalement. Parfois, je retravaille dessus et je réécris quelques lignes, mais ça va assez vite tout de même. Ce qui est toujours le plus difficile pour moi, et je le dis très franchement, c’est la réalisation. C’est vraiment une douleur pour moi (rires).

Vous parlez carrément de douleur.

Oui. Parce que c’en est une. C’est beaucoup de choses à gérer. Avant, je n’avais pas d’équipe de musiciens avec moi. Aujourd’hui, je l’ai, mais la construction de cette équipe a été difficile. Ça a été énormément d’hésitations. Il y a énormément de facteurs qui rentrent en ligne de compte, comme la relation personnelle, la relation professionnelle, connaître les goûts de cette personne, ses choix artistiques… Que peut-on s’apporter mutuellement sur le long terme ? Que peut-on s’apporter sur la composition ? Pourra-t-on collaborer sur du long terme ? Ce sont autant de questions que je me suis posées. Il y a beaucoup de choses à prendre en ligne de compte. Et aussi, il faut se rendre à l’évidence, tout le monde ne peut pas s’investir sur un projet qui n’est pas rémunérateur au départ. Tout le monde ne peut pas se le permettre. Ça rentre en ligne de compte également. Combien peuvent se permettre de travailler sur un projet qui ne paye pas ou très peu ? Aujourd’hui, il n’y a pas beaucoup d’argent dans le monde de la musique. Je suis désolée d’être terre à terre comme ça, mais ce sont des choses qui rentrent en ligne de compte quand on travaille sur un projet. Donc, trouver des gens qui sont d’accord de s’investir dans un projet sans penser directement au retour… c’est difficile !

Nourith © David Castelain

Vos deux premiers albums sont sortis chez Polydor (Universal), une machine de guerre. Cet EP, vous l’avez autoproduit, c’était donc une toute petite machine. Comment avez-vous vécu cette autoproduction ? Le chemin est plus libre, mais est semé d’embûches aussi…

C’est vrai qu’on a eu une grande liberté. Mais la notion de liberté induit aussi la notion de faire beaucoup de choix. Et parfois quand on doit choisir, ça prend beaucoup plus de temps. C’est-à-dire qu’avant, on me disait que j’entrais en studio à telle date. J’avais quinze jours de studio et il fallait que l’album soit bouclé sur ce laps de temps. Là, j’ai enregistré dans des home-studios. Chaque musicien a enregistré chez lui. Il n’y avait pas de limite de temps. Il y avait une multitude d’endroits différents et de personnes différentes. Et donc, j’ai fait énormément de choix. J’ai vécu ça comme une grande liberté, mais ça a joué aussi sur le temps qu’il a fallu pour aller au bout. Il a fallu que je fasse des choix et à l’époque, j’étais moins tranchante que maintenant. Finalement, tout ce travail pendant toutes ces années a fait qu’aujourd’hui je décide plus vite, je sais aussi plus vite faire la part des choses. Je sais ce qui est primordial et ce qui ne l’est pas, ou moins. Je sais aujourd’hui aller à l’essentiel. Et dans cette optique, je ne pense pas que mon prochain disque mettra autant de temps à sortir. Je ne crois pas que je vais m’embrouiller dans ma liberté comme j’ai pu le faire de par le passé. Justement,  je saurai mettre des limites qui feront que les chosent iront plus vite.

Il y a une très jolie reprise du titre de Michel Polnareff « Lettre à France ». Comment avez-vous été vers cette chanson ?

Je marchai dans la rue et j’avais cette chanson en tête. Je me suis amusée à la chanter dans un autre rythme et d’une manière très personnelle, avec un autre ornement et un peu d’orientalisme. Plus je la chantais de cette manière, plus je trouvais ça original. En plus, j’adore cette chanson, c’est une des plus belles chansons françaises pour moi. Donc, ça me semblait personnel, cohérent et original de faire cette chanson de cette manière. J’avais trouvé la manière de la refaire. C’était là l’intérêt. Si je l’avais refaite dans le même rythme et de la même manière que Polnareff, ça n’aurait eu aucun intérêt.

Cette chanson a été écrite lorsque Polnareff avait quitté la France et évoque le mal du pays. Vous vivez ici en France depuis de nombreuses années maintenant, mais comment vivez-vous, vous, l’éloignement d’Israël ?

Il y a une nostalgie. Il y a toujours une partie de soi qui reste là-bas. J’ai appris à vivre avec ça. Mais c’est vrai que les paroles de la chanson sont complètement cohérentes avec mon histoire. Disons que moi j’ai choisi de vivre en France et je m’y suis parfaitement habituée. Je vais bien entendu de temps en temps en Israël et je vis pleinement Israël quand je suis là-bas, mais quand je rentre en France, je suis bien en France. Alors, oui, la chaleur me manque ! (sourire) Mais le reste est en place.

Le titre bénéficie d’un clip très joli, un peu rétro. Pouvez-vous m’en toucher un mot ?

Bien entendu ! Je pris l’idée de la nostalgie que l’on retrouve dans les paroles pour parler de la nostalgie qu’on peut avoir vis-à-vis de son enfance, la mienne en l’occurrence. J’ai donc eu l’idée de jouer le rôle de ma mère et de faire jouer le rôle de mon personnage quand j’étais petite à ma fille parce que tout le monde dit qu’elle me ressemble énormément. C’est mon mari qui a filmé le clip avec son iPhone. Je suis donc allée acheter des vêtements rétro et nous avons filmé ce clip d’une part pendant nos vacances dans le sud-ouest de la France, et d’autre part à Tel-Aviv. C’est un clip que je trouve vraiment cohérent avec le texte, la nostalgie de l’enfance dans un autre pays…

Avez-vous hésité un instant avant de filmer votre fille ?

Non. Je n’ai vraiment eu aucun problème avec ça. On le fait tout le temps. Depuis que j’ai des enfants, on n’arrête pas de les prendre en photos et de les filmer.

Disons que là, ça ne reste plus dans le cercle familial.

Je ne montre pas mes enfants sur mon facebook ou ce genre de choses. Et je ne le ferai pas. Là, c’est différent, ça ne m’a posé aucun problème dans le cadre d’un clip. Si ça avait été une autre petite fille, à quoi est-ce que ça aurait servi ? À pas grand-chose. Je ne voyais pas l’intérêt. Au contraire, ça m’a fait plaisir qu’elle participe à un projet de sa maman, qu’elle comprenne les enjeux, ce que ça veut dire… En plus, elle a adoré faire ça. Et puis, je ne suis pas une telle célébrité pour que ce soit dérangeant. Je n’ai vu aucun problème là-dedans.

Vous signez tous les textes des chansons originales, sauf une, « Amnésie Passagère », qui est de Boris Bergman. Vous aviez déjà travaillé avec lui sur vos deux précédents albums. Qu’est-ce qui vous a donné envie de retravailler avec lui ? Étiez-vous restés en contact pendant toutes ces années ?

Pas restés en contact, mais quand on s’est revus, c’était comme si on ne s’était jamais quittés. J’adore comme il écrit. C’est une des raisons pour lesquelles j’ai fait appel à lui. C’est un grand auteur. J’ai eu beaucoup de mal à trouver des auteurs dont j’aimais vraiment les textes. Boris fait partie de ceux que j’adore. J’ai pourtant essayé de travailler avec bon nombre d’auteurs. Pour mon deuxième album, par exemple, j’ai rencontré plein plein plein d’auteurs, mais ça n’a juste pas accroché. Lionel Florence a écrit pour moi un très beau texte. Mais dans le fond, l’expérience de ce deuxième album, je ne voulais pas la reproduire. J’ai trouvé Jean Fauque et Boris Bergman très personnels et très uniques dans leur manière d’écrire. Du coup, j’ai fait appel à Boris qui m’a écrit ce texte.

J’aimerais maintenant que vous me disiez un mot sur « Toute étrangère », une des chansons de cet opus les plus touchantes, de mon point de vue très personnel. Dans quelles circonstances l’avez-vous écrite ?

Je voulais parler de mon émigration. Il y a une chanson d’Alain Souchon que j’adore, « C’est déjà ça ». [Nourith commence à chanter] « Et je rêve que Soudan, mon pays, soudain, se soulève... Oh, oh, rêver, c'est déjà ça, c'est déjà ça... » J’étais très touchée par l’image de l’émigré qui marche avec un sac plastique dans lequel il n’y a rien. « Dans mon sac vert, il y a de l'air. C'est déjà ça... » J’avais moi aussi envie de parler de mon émigration. La première année de mon arrivée en France a été extrêmement difficile et rude. J’ai senti une grande solitude. J’ai été choquée par le froid, par la ville et la grisaille aussi. J’avais envie de parler de ça dans cette chanson. Mais surtout, tout s’est bien terminé. Il y a vraiment de l’espoir dans cette chanson. J’ai fini par très bien m’intégrer ici, par apprendre cette langue, le français, par m’intégrer, par me faire des amis, par avoir une carrière… Donc, je l’ai écrite en pensant à la grande difficulté que j’avais éprouvée, mais également à l’espoir et à la bonne fin que ça avait eu.

Nourith © David Castelain

Finalement, l’espoir, j’ai envie de dire que c’est un peu le fil conducteur de vos chansons, tous disques confondus. Êtes-vous d’accord avec moi ?

(sourire) Disons que j’essaye, oui, de donner de l’espoir dans mes chansons. C’est important, c’est la seule issue.

De toutes les chansons qui composent cet opus, y en a-t-il une pour laquelle vous avez un peu plus de tendresse qu’une autre ? Quand je dis tendresse, je ne pense pas à ce que la chanson raconte, mais plutôt à quelque chose qui se serait passé autour de la chanson, pendant sa création, son enregistrement ou sur scène ?

J’ai une tendresse spéciale pour « Préda » parce que c’est la première. C’est elle qui a lancé ce projet. J’avais fait une pause d’à peu près dix ans pendant laquelle je n’avais pas écrit de texte. C’est le premier texte que j’ai écrit après dix ans et ça a ouvert une brèche. Aussi, c’est la première chanson qu’on a réalisée. C’est grâce à elle qu’on a trouvé l’univers musical du disque. C’est là qu’on a décidé d’utiliser des instruments traditionnels, de  faire des vocalises… Tous les bagages du disque se trouvent dans cette chanson-là. C’est un concentré.

C’est paradoxalement la première pierre et la clé de voûte de cet opus.

Exactement.

On a en a parlé en tout début d’interview, vous avez fait une pause discographique de douze ans, mais vous n’avez jamais quitté la scène. Est-ce là finalement qu’est votre métier ?

Je n’hésite pas une seconde là-dessus. Si je sors des disques, c’est dans l’espoir de me retrouver sur scène devant un public qui vient écouter mes chansons. La scène, c’est le point culminant, c’est vraiment le but.

Nourith © David Castelain

Avec quelle formation évoluez-vous en ce moment ?

J’ai choisi de construire une formation autour du violoncelle, qui est un instrument très important dans le disque, une guitare et un percussionniste. Je voulais un son très organique, très acoustique et traditionnel. Le violoncelliste, j’ai choisi quelqu’un de très particulier qui s’appelle Oliver Koundouno. Il est le seul à savoir jouer du violoncelle avec un son oriental, voire même indien. C’est vraiment pour cette raison que j’ai choisi de travailler avec ce musicien en particulier. Cette couleur est très importante. Je n’aurais pas pu prendre un autre violoncelliste.

Le EP est sorti sur toutes les plateformes de téléchargement légal le 20 janvier dernier. Une distribution physique est-elle prévue ?

Il existe une édition physique, vous l’avez d’ailleurs reçue ! (rires) Mais elle ne sera vendue que lors des concerts. Il n’y aura pas une distribution dans les boutiques parce qu’aujourd’hui les chiffres de vente ne nous le permettent pas car le coût d’une distribution en boutiques est très cher. C’est quelque chose qui ne vaut pas le coup.

Pour terminer cette interview, j’aimerais vous demander dans quel état d’esprit vous êtes aujourd’hui.

Hum… C’est très intéressant, ça… (éclats de rire) Aujourd’hui, j’ai très envie de défendre ce disque dont je suis extrêmement fière. Il a mis beaucoup de temps avant de voir le jour, mais il est là et c’est le principal. J’ai appris à être à contre-courant. J’ai fait les choses lentement, en réfléchissant beaucoup, en gardant un esprit traditionnel. Et en même temps, je me sens très contemporaine dans la façon dont on fait ce disque, dans des home-studios, dans plusieurs endroits, en Israël, en France… On a fait participer des musiciens de plein d’origines différentes. Il y a notamment des musiciens arabes. Donc, je me sens très contemporaine. Et c’est pour ça que j’ai très envie que les gens le connaissent et l’écoutent. J’ai très envie de partir sur scène, partir en tournée… Je suis dans cet état d’esprit d’avoir envie…

Propos recueillis par IdolesMag le 24 janvier 2013.
Photos : David Castelain, DR
Site web : http://www.nourithmusic.fr/









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