Interview de Indila

Propos recueillis par IdolesMag.com le 19/12/2013.
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Indila - DR

Après avoir assuré quelques featurings (dont un avec Youssoupha, « Dreamin’ »), la jeune Indila débarque avec un premier single, « Dernière Danse », dont le clip, magnifique, totalise déjà près de trois millions de vues. Séduits par l’univers de la jeune artiste, nous avons donc souhaité en savoir un peu plus sur elle, son parcours, ses envies, ses projets. Elle a très gentiment accepté de répondre à nos questions. Rencontre avec une artiste qui aime les choses vraies, simples et surtout essentielles.

IdolesMag : Avant d’évoquer votre single, « Dernière Danse » et tout ce qui arrive, j’aimerais revenir quelques années en arrière et vous demander ce qu’on écoutait chez vous quand vous étiez enfant…

Indila, pochette de Dernière DanseIndila : C’est une question qui me plaît beaucoup… (sourire) Déjà parce qu’elle me rappelle de bons souvenirs et que ces souvenirs de l’époque sont souvent les plus précieux. Ma mère écoutait beaucoup d’Enrico Macias et de Brel. Je me souviens très bien de cette époque où nous écoutions ça en boucle à la maison. Elle chantonnait aussi beaucoup Edith Piaf.  Mais il n’y a pas eu que ça… J’ai eu d’autres influences. Ma grande sœur m’a apporté beaucoup puisqu’elle adorait les grands classiques orientaux. C’est à travers elle que j’ai découvert la musique orientale. Elle était fan de Warda qui est une grande chanteuse de l’Orient. Elle m’a transmis son amour pour cette chanteuse. On écoutait aussi Lata Mangeshkar qui est une chanteuse indienne de renom. C’est une chanteuse qui est à l’origine de beaucoup de films bollywoodiens. Donc, forcément, on regardait les films et on répétait les chansons de cette grande chanteuse. Donc, oui, c’était assez pluriethnique à l’époque déjà …

Y avait-il des musiciens, des chanteurs ou des artistes dans la famille ?

Ma grand-mère… qu’elle repose en paix…était une grande chanteuse. On l’appelait souvent pour aller chanter dans les mariages traditionnels. Donc, oui, ma grand-mère était une grande chanteuse. Mais en dehors d’elle, non, on n’a pas de grands artistes à la maison. Je rajouterais quand même que dans la famille, on a tous une petite voix… sympatoche, je dirais ! (sourire)

Quand avez-vous commencé à écrire des chansons ?

La première chanson que j’ai écrite et composée… ça s’est fait assez tard puisque c’était à l’époque du lycée. Par contre, ce que j’ai commencé beaucoup plus tôt, ce sont les poèmes. Il me semble bien que le premier poème que j’ai écrit, c’était à l’époque du CP. À partir du moment où j’ai commencé à manier l’écriture, j’ai tout de suite aimé écrire. J’adorais les poèmes.

Que représentait l’écriture d’un poème pour vous à l’époque ? Était-ce la dimension ludique des mots ou bien déjà l’envie d’exprimer des choses ? Parce qu’au CP, on n’est pas encore bien vieux…

C’est vrai… c’est vrai… mais c’était déjà à l’époque indéniablement l’envie d’exprimer des choses. Indéniablement. Vraiment. Le voyage, la recherche, cette idée d’ouvrir une porte et de ne pas savoir trop où ça va nous mener. Sans le savoir, on pioche dans notre for intérieur et on se laisse guider. Et on découvre nous-même ce qu’on a envie de dire…

Vous me disiez tout à l’heure que c’était à l’époque du lycée que vous aviez écrit et composé votre première chanson. L’avez-vous chantée également à cette époque ?

Non… je chantais par la fenêtre, dans ma chambre, secrètement… quand il pleuvait. Je ne sais pas vraiment pourquoi, mais c’était très souvent quand il pleuvait. Peut-être que ça m’inspirait plus ? Mais en tout cas, à cette époque, c’était encore assez timide.

Quels sont vos débuts dans la chanson ? Vous prenez des cours de chant ?

Non, même pas. D’abord, j’ai beaucoup voulu imiter ma grande sœur qui chantait à la maison. J’étais passionnée par sa voix. Je la trouvais magnifique. Donc, mon premier modèle, c’était elle. Je réfléchis à d’autres modèles… mais je pense que ça s’arrête là. C’était ma grande sœur.

Indila - DR

Les Rohff, Soprano et compagnie avec lesquels vous avez travaillé, dans quelles circonstances les avez-vous rencontrés ?

En fait, j’ai eu un peu trois vies dans la musique. la première, ça a été d’écrire et de composer pour d’autres artistes. Je travaille beaucoup en binôme avec Skalpovitch qui est un hit maker, réalisateur, etc… Et il fait très souvent appel à moi pour du songwriting pour d’autres artistes. J’ai commencé comme ça. De fil en aiguille, je me suis retrouvée à entamer cette deuxième vie artistique qui a été marquée par cette longue série de featurings. C’étaient des artistes pour lesquels je composais à l’époque parce qu’il y avait d’autres chanteuses qui faisaient des refrains et tout ça. En composant en studio, il s’est avéré que certains d’entre eux ont voulu que je leur prête ma voix pour des maquettes. Et au final, ils voulaient que ce soit moi qui chante sur le titre. Donc, ça a commencé comme ça.

Le grand public vous a découverte avec « Dreamin’ », le featuring que vous faites avec Youssoupha. Comment s’est passée votre collaboration ?

À l’époque, avant même de collaborer avec Youssoupha, il faut savoir que j’avais déjà commencé à travailler sur mon premier album. Ce premier album sur lequel je travaille encore aujourd’hui. Je sortais de cette longue série de featurings et donc, je voulais énormément concentrer toutes mes énergies sur mon album. Et quand Youssoupha m’a fait sa demande de featuring, je lui ai fait comprendre gentiment que ça n’allait pas être facile parce que… voilà… j’avais besoin de me ressourcer et de me concentrer. Mais il a insisté, et à juste titre, je pense, puisque ça a donné « Dreamin’ ». Et je ne regrette pas du tout cette belle expérience.

Aimeriez-vous retravailler avec lui dans le futur ?

En fait, ma règle de base, c’est que c’est la musique qui décide. C’est-à-dire que, voilà, si la musique passe par un couloir, qu’elle arrive à mon oreille et qu’elle me parle, alors là, je collabore avec les gens. Je fonctionne comme ça.

Venons-en à « Dernière Danse », votre premier single, dans quelles circonstances le titre est-il né ? Avez-vous des souvenirs précis ?

Oui… En fait, « Dernière Danse », c’est assez particulier… à ce moment-là, j’avais très envie de faire de la grande chanson. C’était omniprésent en moi. J’avais envie de donner ma propre définition de la chanson française.  Donc, je voulais la chanter telle que je le ressentais vraiment. Je voulais qu’elle soit trans-générationnelle. Je voulais qu’elle aille dans tous les recoins de notre bel hexagone qu’est la France. Je voulais qu’elle passe dans ses ruelles, sur les ponts, qu’elle parle à tous. Et puis, je ne suis pas particulièrement passéiste, mais j’aime beaucoup les choses anciennes. Que je veuille ou non, je suis beaucoup attachée au passé. Pour moi, « Dernière Danse », c’était une façon de réconcilier la nostalgie et le futur. Je voulais un titre qui nous transporte tous. Et j’ai appelé une nouvelle fois Skalpovitch et on s’est laissé porter…

Indila - DR

À la fin de « Dernière Danse », on entend le craquement d’un vinyle. L’époque du vinyle, vous ne l’avez forcément pas connue, mais restez-vous tout de même attachée au support physique, bien qu’il ne fasse pas partie, ou très peu finalement, de votre époque ?

(soupire) Complètement ! Je n’ai aucun problème avec toutes les substitutions. Je ne rejette pas les éditions numériques et ce genre de choses. Pourquoi pas ? Je n’ai pas de soucis avec ça… Mais qu’est-ce que c’est bon d’écouter un vinyle ! Même si effectivement ça ne fait pas partie de mon époque, je l’ai connu après. Et j’aime cette merveilleuse nostalgie et ces moments agréables qu’on lit sur le visage des gens, et sur le mien aussi puisque du coup ça se transmet, quand on regarde un vinyle. Et je reste attachée à ça, bien sûr.

Et vous, comment consommez-vous la musique ?

Je ne vais pas acheter tous les CDs… il m’arrive aussi de les prendre sur iTunes. Mais il y a quand même certains disques qui méritent d’être tenus dans les mains et d’être aussi découverts autrement que par le son. Ce sont des petits objets fétiches, presque sacrés. Bien sûr que j’aime ça…

On va revenir sur « Dernière Danse » et sur le superbe clip qui a été réalisé. Il totalise déjà près de trois millions de vues, c’est énorme. Aujourd’hui, les clips ont tendance à être très formatés et à tous se ressembler. Vous prenez le contrepied de tout ça en proposant un clip écrit comme un véritable petit court métrage. Était-ce une envie de votre part d’habiller ce titre d’un clip ambitieux ?

Oui. Oui, parce qu’en toute humilité, quand je crée une chanson, que ce soit « Dernière Danse » ou une autre, je le fais en étant intimement convaincue qu’elle mérite d’être bien habillée. Et souvent, quand des jeunes artistes me demandent des conseils, je leur dis que la règle de base quand on crée une mélodie ou que l’on chante celle d’un autre, c’est d’en être le premier fan. Quand je crée et que je compose, je suis la première fan de mes chansons. Forcément, j’aime ce que je viens de créer et j’ai envie de lui donner de la valeur. Et j’ai ce besoin constant que l’image soit à la hauteur de la chanson. Donc, oui, c’est sûr que dès le début, j’ai voulu que le clip mette en valeur la chanson et qu’il représente autant qu’il le peut ce titre, « Dernière Danse », qui signifie beaucoup pour moi.

Avez-vous exploré plusieurs pistes pour le scenario ou bien là aussi aviez-vous une idée très précise à la base ?

J’avais effectivement une idée très précise. Déjà, j’étais très heureuse parce que c’était vraiment la première fois que je pouvais écrire mon histoire telle que la voyais. Et donc, j’ai écrit le synopsis. J’avais envie de tout contrôler. J’ai besoin de ça. J’ai vraiment besoin de contrôler ce que je fais dans cet art. Et donc, quand j’ai écrit ce scenario, j’ai tout imaginé. Et c’était important pour moi, quand je l’écrivais, qu’il soit le plus en accord possible avec l’émotion de la musique.

Quelle suite envisagez-vous donner à « Dernière Danse » ? Un nouveau single, un EP ou l’album dont vous m’avez touché un mot tout à l’heure ?

On voit les choses en grand. Et comme je vous le disais tout à l’heure, j’ai une bombe à l’intérieur de moi qui n’attend que d’exploser. C’est très dur quand je le dis comme ça, mais c’est très doux en réalité. Je suis impatiente de livrer la suite. Et l’avantage, c’est qu’elle est déjà là. L’album est prêt. Il ne reste plus qu’à le mixer et le masteriser. Mais les titres sont tous là et… ils s’impatientent aussi ! (sourire)

Le projet est donc bien avancé.

Oui. J’ai pris le temps en amont pour le préparer. Je me suis isolée pour parachever au mieux ma proposition musicale.

Avez-vous directement pensé au format album, dix/douze chansons ? Alors que le format EP revient très en vogue.

Oui. Vous savez, cet album est assez particulier dans le sens où lui-même ne répond pas à une règle précise. C’est un album libre. J’ai beaucoup de choses à dire. J’ai beaucoup de facettes à montrer et beaucoup de choses à donner. Un EP aurait été trop juste pour une première approche.

Pouvez-vous déjà m’en dire un peu plus sur cet album ? Notamment les thèmes que vous allez aborder.

À l’image de la musique, c’est un album qui sera de toutes les couleurs et de toutes les humeurs. Et puis surtout, je fais partie de celles qui pensent que les choses les plus simples sont souvent les plus vraies. En général, quelque chose de vrai est très simple. Et dans les thèmes que j’aborde, je suis restée très simple, justement. Je voulais parler de choses vraies et simples, et surtout essentielles.

Et au niveau de l’équipe qui vous entoure ? J’imagine qu’on va retrouver Skalpovitch.

Indéniablement.

D’autres personnes ?

Pour l’instant, j’ai envie de vous dire que l’album est terminé et qu’on l’a fait à deux. Ça a l’air de plutôt bien fonctionner entre nous, du moins je le pense. Et je ne pense pas qu’on change une équipe qui gagne. Enfin… c’est un bien grand mot parce que je ne gagne rien. Mais la manière dont on travaille me correspond tout à fait. Je n’éprouve pas pour l’instant le besoin d’ajouter encore une corde à mon arc, en faisant appel à un autre compositeur parce que là je suis vraiment pleinement satisfaite. Il y a encore plein de belles choses qui peuvent sortir de notre binôme. Mais on verra plus tard, je reste ouverte.

Comment bossez-vous tous les deux ?

Skalpovitch s’occupe la plupart du temps de créer de super musiques. il faut savoir qu’il réalise également. Quant à moi, ma partie réside surtout dans l’écriture du texte et dans la création de la mélodie. Quand on travaille, on n’a pas de consignes particulières. On n’a pas de règles particulières quand on compose. On se parle et on se répond en musique. La règle de base, c’est qu’il n’y a pas de règle. Il n’y a pas d’axe particulier et défini.

C’est un peu une partie de ping-pong entre vous.

Complètement, oui.

Avant de vous quitter, j’aimerais évoquer un instant la scène. Y en a-t-il de prévues ?

On commence à avoir des demandes. Mais pour le moment, c’est peut-être encore un tout petit peu trop tôt. Mais ça ne va pas tarder.

Avez-vous l’expérience de la scène ?

Justement, je ne l’ai pas du tout. C’est quelque chose de tout nouveau pour moi, c’est un très gros challenge que j’espère pouvoir relever.

Est-ce quelque chose qui vous fait peur ?

Pour être tout à fait franche… Oui. Ça ne fait pas vraiment peur en ce sens où ça reste un moment très agréable et magique. Le problème, c’est que je suis une grande traqueuse… Donc, c’est une peur qu’il va falloir que je surmonte très vite. À part ça, ce n’est que du bonheur, c’est du plaisir.

Propos recueillis par IdolesMag le 19 décembre 2013.
Photos : DR
Facebook : https://www.facebook.com/IndilaOfficiel









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