Interview de de Calm

Propos recueillis par IdolesMag.com le 04/12/2013.
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Photo du duo de calm - DR

Le groupe toulousain de Calm, emmené par Guillaume Carayol et Mickaël Serrano, a publié le 12 novembre dernier son deuxième album, « Amour Athlétic Club », un opus qu’ils ont voulu plus punchy et plus pop. Séduits par la poésie de cet opus, nous avons été à leur rencontre afin d’en savoir plus sur le groupe, la genèse de ce deuxième album, et leurs projets futurs. C’est Guillaume, le chanteur et auteur du groupe, qui a répondu à nos questions.

de calm, Amour Athletic ClubIdolesMag : Le premier album de de Calm est sorti en 2010, il y a un peu plus de trois ans maintenant. Vous êtes-vous rapidement remis à l’écriture et à la compo après sa sortie ?

Guillaume Carayol de De Calm : Non. On a laissé un petit temps parce que l’un et l’autre, on a des activités à côté. Moi, je suis réalisateur et je dirais que c’est ma première activité à la base. Donc, je ne voulais pas l’abandonner pour la chanson, puisqu’on connait tous la fragilité de l’industrie du disque et de la musique aujourd’hui. Mickaël est instituteur, lui. On avait en tête de nous reposer un peu après la sortie du premier album. On avait aussi envie de réfléchir à ce qu’on allait raconter. On n’avait pas envie de  repartir sur un album concept sur le cinéma, même si dans l’écriture, j’essaye de conserver une manière cinématographique de poser les mots. On s’est donc laissé un peu de temps… je dirais qu’en 2011, on a tourné et on a recommencé à écrire vers la mi- ou la fin 2012.

Aviez-vous des envies de départ ? Y avait-il des choses que vous aviez faites sur le premier album que vous ne vouliez pas reproduire sur le deuxième ?

On avait envie, en tout cas, de rendre tout ça un peu plus punchy. On avait le sentiment d’avoir fait un album assez cérébral, pop malgré tout sur certains morceaux. On avait envie d’ouvrir vachement au niveau de la musique. Au niveau des textes, on voulait aller vers quelque chose de mélancolique, mais de positif aussi. Donc, ça on a essayé un peu de le forcer, en tout cas de le travailler. Forcer n’est pas un bon mot, parce qu’il ne faut jamais forcer les choses. Mais en tout cas, voilà… on avait envie de quelque chose de pop, qu’on puisse, à la limite, danser sur les morceaux. Je ne dis pas qu’on est devenus les rois des pistes de danse… (sourire) mais on a, en tout cas, essayé de faire quelque chose d’assez sautillant et pop.

Tu écris donc les textes et Mickaël se charge des compos, mais comment fonctionnez-vous tous les deux ?

Ça fonctionne toujours de la même manière. Je commence à écrire un embryon de texte, une chanson pas totalement terminée, où je ne sais pas si telle partie sera finalement le couplet ou le refrain… Je soumets ce texte à Mickaël qui essaye de son côté de réfléchir à une mélodie et de structurer tout ça. Ensuite, il me dit dans quelle direction et dans quelle optique il pense que je devrais aller pour le refrain… Je comble donc les cases. C’est très confortable pour moi parce que du coup, je ne suis pas limité. J’ai une liberté totale au niveau de l’écriture. Lui, de son côté, quand il reçoit le texte, il a une surprise totale. On en discute ensuite ensemble. À partir du moment où l’échange est lancé, c’est vraiment une partie de ping-pong. Jusqu’à l’enregistrement, on n’arrête pas de discuter des morceaux. Même si je ne suis pas du tout compositeur à la base, je discute avec lui des arrangements. Ce qui est amusant, c’est que je lui donne souvent quelques consignes. Alors, parfois, ça peut être juste l’esprit avec lequel j’ai écrit la chanson, le film qui m’a fait penser au truc, une personne, une sensation… J’essaye de ne pas trop en dire non plus, pour ne pas le limiter. Il m’est arrivé aussi de ne rien dire du tout pour voir comment il allait interpréter tout ça.

Te mets-tu parfois des barrières quand tu écris ?

Non… la seule barrière que je me mets, c’est que je mets beaucoup beaucoup de choses à la corbeille. Il y a beaucoup plus de chansons que j’ai écrites qui se retrouvent à la corbeille que dans nos albums. Il y a des choses aussi que je garde pour plus tard. Par exemple, la chanson « Un jour de mai », j’avais commencé à l’écrire il y a quelques temps. Ce n’était pas un fond de tiroir… mais disons que c’était un texte sur lequel Mickaël n’avait pas été inspiré quand je l’ai écrit. On a une manière de fonctionner assez confortable, en tout cas pour moi. J’aime bien cette façon de procéder. J’aurais beaucoup plus de mal, par exemple, d’écrire des textes sur de la musique déjà bien établie. Je le fais à partir du moment où il me dit qu’il faudrait que je trouve un couplet sur telle ou telle musique, mais pour moi, c’est beaucoup plus difficile. Je n’ai pas la culture musicale qu’il a. J’ai une culture d’auteur et d’écriture, sans penser forcément à la musique.

Depuis quand écris-tu justement ?

C’est venu plus sur le tard. Je me souviens des premiers textes que j’avais écrits, c’était sur un cahier. C’étaient plutôt quelques bribes, quelques aphorismes, quelques phrases… Je pensais peut-être un jour en faire des chansons, mais c’est la rencontre avec Mickaël qui a tout accéléré. J’avais cinq/six textes, on était en plein dans les années 90, j’étais étudiant en école d’audiovisuel. C’est vraiment à ce moment-là que ça a commencé à germer. J’ai toujours été très intéressé par le cinéma, donc, j’écrivais plus des scenarii ou des histoires que des chansons. Les chansons sont venues au moment où je faisais mes études. C’était comme un petit plus que j’écrivais sur un cahier…On ne peut pas dire que c’était un journal intime, mais ça partait tout de même d’une envie d’écrire.

de calm - DR

Qu’est-ce qui vous a donné envie de partir sur un projet musical avec Mickaël ?

C’est sa patience !! (rires) Au départ, je n’étais pas du tout dans l’esprit de les interpréter ces chansons… Il y avait secrètement cette envie, peut-être ? Mais je n’avais pas du tout de culture musicale dans le sens justesse, rythme… Tous ces trucs-là ne me parlaient pas du tout ! Donc, lui a été très patient avec moi. Et c’est à partir du moment où il m’a dit « Tiens, tu vas essayer de poser ta voix sur une chanson ! » qu’on s’est dit qu’il y avait peut-être quelque chose à faire. Ensuite, il y a eu le fait d’être lauréats du CQFD et de se retrouver sur la compilation éditée chaque année par les Inrocks. Là, on a du décider du nom du groupe une semaine ou quinze jours avant d’envoyer notre maquette. Et le fait d’être sélectionnés a posé la première pierre du projet.

C’est à partir de ce moment que c’est devenu « sérieux », entre guillemets.

Voilà ! Parce qu’avant, on n’avait jamais fait de concert. On était tout le temps à bidouiller chez nous sur des logiciels qui nous permettaient de trouver des choses et de mixer les morceaux. On le faisait avant tout pour nous amuser et expérimenter des choses. Et le fait qu’il y ait eu cette reconnaissance médiatique assez rapide, ça nous a boostés. Et en même temps, on avait beaucoup de retard par rapport aux autres artistes qui se sont retrouvés sur la compile avec nous. Il y avait déjà quelques groupes qui tournaient depuis pas mal de temps, des groupes qu’on aimait bien d’ailleurs. Ça a donc été un sacré accélérateur, mais on s’est dit « Ouh là ! Il y a du retard… » On s’est donc mis à la scène. Ça a été notre tour de chauffe, va-t-on dire ! (rires)

En quinze jours, il a donc fallu trouver un nom pour le groupe. D’où vient-il d’ailleurs, ce nom, de Calm ?

J’aime bien les choses un peu alambiquées, j’aime bien quand il y a du sens, des tiroirs et plusieurs interprétations. Là, je trouvais qu’avec Mickaël, on était plutôt deux garçons assez calmes. Mais en même temps, il y avait aussi des tempêtes qui sommeillaient. Et le fait qu’il y ait ce mot « calme » dans le groupe, ça nous intéressait parce qu’on pouvait passer par des choses plus sombres et plus énervées par moments. C’était une façon de tromper un peu l’auditeur qui s’attendait à entendre quelque chose de posé et de calme. Le « de » devant, c’est une petite particule, c’est pour donner un peu de noblesse. Et on a supprimé le « e » parce qu’on voulait faire un mot un peu à part et ne conserver vraiment que la sonorité. Donc, voilà, c’est une des interprétations. Et puis, ça nous a plu, ça nous a convaincus et c’est pour ça qu’on l’a conservé. C’est difficile de trouver un nom de groupe, parce que tu sais que tu vas le garder tout le temps… ad vitam aeternam…

de calm - DR

Ça te poursuit toute ta carrière, un nom.

Voilà. Il ne faut pas se louper. Il y a un côté un peu vertigineux. C’est un peu comme le choix du prénom de ton enfant.

J’ai lu dans la bio que le disque avait été réalisé dans des conditions particulières, entre les machines et les ouvriers… Peux-tu m’en dire d’avantage ?

On a assemblé les onze chansons et on a eu l’idée de travailler avec Marc Denis qui vient de réaliser le double album de Bertrand Betsch. C’est quelqu’un de très talentueux qui est capable de s’adapter à plein de situations et il a un studio à lui à Toulouse qui est très bien équipé. Après, on a dû réunir quelques musiciens parce que nous n’étions pas capable de jouer les batteries et les basses, par exemple. J’ai sollicité Philippe Entressangle, qui était déjà venu sur le premier album. C’est un des meilleurs batteurs français, il a travaillé notamment avec Etienne Daho et Cali. C’est un des plus grands, et surtout, un des plus sympas ! C’est important de le souligner. Je lui ai demandé s’il ne connaissait pas un bassiste, il m’a proposé Marco Giulliani avec qui il venait d’enregistrer l’album de Lou Doillon… Je n’ai pas hésité trop trop longtemps… (sourire) Je lui ai donc dit qu’il pouvait venir les yeux fermés. Une fois qu’on a décidé de bosser avec eux, que tout était acté, je me suis dit que comme ils étaient habitués à travailler dans les plus grands studios parisiens, ce serait marrant de casser cette habitude et de les mettre dans une situation inhabituelle. En même temps, on voulait qu’il y ait une aventure autour de cet album, qu’on puisse sentir quelque chose d’inhabituel dans le son et dans les chansons, quelque chose en tout cas qu’on ne retrouvait pas sur les autres albums. Je me suis donc dit qu’on allait les amener dans un grand hangar. On le connaissait parce que j’y avais tourné le clip de « L’Idylle » du premier album. On s’était rendu compte qu’au niveau acoustique il y avait quelque chose d’assez incroyable. Il y a 800 à 1000 panneaux accrochés au plafond et il y a un son vraiment intéressant. J’ai donc dit à Philippe que quand ils allaient débouler, ce serait un peu particulier. Quand ils ont vu le truc… on a vu la surprise dans leurs yeux !! Après, quand ils ont vu qu’on avait un studio mobile avec des amplis et beaucoup de guitares, et un matos vraiment nickel… ils ont été rassurés !! On avait des micros qu’on pouvait placer à trente mètres, chose qu’on ne peut pas faire dans un studio classique. On a obtenu une réverbe vraiment naturelle. Donc, ils se sont pris au jeu et nous, on a adoré aussi ! Mais par contre, par rapport à ça, on ne voulait pas du tout avoir un son un peu roots ou garage. Pas du tout. C’était ça le paradoxe qu’on voulait : bosser dans un grand hangar un peu atypique, mais en même temps avoir un son classe, feutré et pop.

Le résultat est tout de même assez léché, on imagine mal l’enregistrement dans un hangar…

Mickaël ne voulait absolument pas que ça fasse petite maquette avec un son roots. C’est un peu le paradoxe de cet album. On a réussi à avoir un son classe en enregistrant dans un endroit atypique.

de calm - DR

Comme le suggère le titre de l’album, « Amour Athlétic Club », il est essentiellement question d’amour dans les onze chansons qui le composent, mais en filigrane, on a cette notion de club de foot, de sport… Comment vous est venue l’idée de réunir ces deux thématiques, que l’on pourrait penser éloignées l’une de l’autre ?

Je ne voulais surtout pas écrire un album sur le football… ce n’était pas mon but ! (sourire) Mais je me suis rendu compte après avoir écrit quatre ou cinq chansons qu’il y avait cette notion d’effort qui revenait, en même temps que la thématique de l’amour. Mais l’amour pluriel… il y a l’amour du cinéma, l’amour habituel entre deux personnes, l’amour de sa petite fille, l’amour du père… Et rapidement, sur les derniers titres, j’ai creusé cette idée. Très sincèrement, au départ, ce n’était pas forcément prémédité. Les premières chansons que j’ai écrites, c’était « Un jour de mai », « Crystal Palace », « Les Plongeoirs »… Il y avait toujours ce champ lexical du sport et de l’effort. Et comme j’aime bien avoir aussi des contraintes et une ligne directrice, celle-ci s’est imposée après avoir écrit les premières chansons.

De toutes les chansons qui composent l’album, y en a-t-il une pour laquelle tu as un peu plus de tendresse qu’une autre ? Et pourquoi ?

Celle que je préfère, qui est pour moi la plus aboutie de celles qu’on a faites jusqu’à présent, qui est aussi une des plus personnelles, c’est « Les Plongeoirs ». Elle fait référence à une période de ma vie où j’étais dans les nuits toulousaines. J’aimais beaucoup faire la fête. Et quand j’ai écrit ce texte, je ne pouvais pas mieux résumer cette période de ma vie, qui a beaucoup compté pour moi, même si elle est un peu trouble. Tout était très… nocturne… (sourire) Ensuite, il y a une autre chanson, c’est celle que j’ai écrite pour ma fille, « Je voudrais tant ». Là, c’est quelque chose que je ne voulais pas faire parce que c’est très casse-gueule. Ça a rapport à l’intime, la pudeur… C’est ma petite fille…. Et au final, je trouve qu’on est arrivés à un bon mélange de sincérité. Pas trop en dévoiler, et en même temps beaucoup en dire. Et puis, je sais que pour toujours il y aura la voix de ma petite fille gravée dans la chanson. Et ça, c’est une grande satisfaction.

En parallèle de la chanson, tu es donc réalisateur, et c’est d’ailleurs ton activité principale. J’imagine donc que tout ce rapport entre la musique et l’image, ça t’intéresse énormément.

Ah oui ! C’est primordial. Je me demande même si a posteriori, je n’ai pas fait des chansons et de la musique pour faire du cinéma. Je le disais beaucoup sur le premier album… L’idée aussi de pouvoir faire des clips pour d’autres artistes, ça me plaît. Faire les clips pour de Calm aussi. Il faut à chaque fois réfléchir à un univers visuel, la pochette, le graphisme… L’image et le son, c’est primordial, même si à l’avenir, je ne perds pas l’idée de solliciter un autre réalisateur pour faire un clip pour de Calm. Je trouverais ça très intéressant. Après, on est encore dans une configuration où c’est plutôt bien de s’y coller soi-même, économiquement parlant. J’ai encore plein d’idées, mais quand j’en aurai un peu moins, ça ne me dérangera pas de laisser la place à quelqu’un d’autre. Faire des clips, pour moi, c’est comme faire à chaque fois un petit court métrage. J’ai aussi dans l’idée de revenir vers le cinéma avec des idées de longs métrages sur lesquels je travaille. C’est comme un laboratoire dans lequel j’essaye et j’expérimente plein de choses. J’adore tourner des clips, que ce soit pour de Calm ou pour d’autres artistes. J’adore qu’on me sollicite et qu’on me demande de trouver des idées pour habiller d’images une chanson. Je trouve ça passionnant.

En parlant de clip, j’aimerais revenir un instant sur celui de « Un jour de mai ». C’est une histoire toute simple, avec des images assez simples également. Et dans le fond, on se rend compte qu’il y a de grands sentiments et de belles émotions… Ne trouves-tu pas qu’à l’heure actuelle on en fait parfois un peu trop autour de l’image, qu’on la trafique trop, pour créer le buzz ?

Complètement… Ce que tu me dis, ça me touche au plus haut point, parce que justement il y a un second clip qui va arriver dans lequel il y a toute une réflexion sur ça, et notamment sur le ralenti, qui pour moi a été beaucoup trop utilisé à un moment donné dans les clips. Dans tous les clips, il y avait des ralentis à tort et à travers. Ce n’est pas que je sois contre le ralenti, bien au contraire, mais il faut le respecter. Le ralenti signifie quelque chose. Il ne faut pas en abuser. Sur le prochain clip, « Les Plongeoirs », pendant une minute avant qu’il ne démarre, il y aura toute une réflexion sur le ralenti dans les clips, à savoir « est-ce que le ralenti ne va pas tuer les clips ? » Dans mon travail, j’essaye toujours de donner du sens et d’avoir une cohérence. J’essaye aussi de faire en sorte qu’il se passe quelque chose. Par exemple, sur le clip d’« Un jour de mai », avec les enfants, j’avais presque envie de le tourner en temps réel, pour qu’on conserve cette énergie, qu’on ait le sentiment qu’ils étaient en train de faire l’école buissonnière devant nos yeux. J’ai l’impression qu’il y a beaucoup d’esbroufe dans les clips actuellement. C’est la course au buzz à tout prix… C’est dommage. Après, c’est peut-être aussi les spectateurs qui devraient être un peu plus sélectifs et curieux…

En parcourant le site officiel, je suis tombé sur la page de commande du EP « Les Plongeoirs » où vous dites, « Habituellement, il y a des extraits, des écoutes possibles sur internet. Là, rien de tout ça… L’idée, c’est de retrouver le plaisir solitaire d’écouter chez soi, paisible, avant que les titres ne se répandent sur la toile… Un peu comme avant, lorsqu’on se rendait chez le disquaire un lundi matin à l’ouverture pour acheter un disque tout juste sorti dont on ne savait rien… » Es-tu nostalgique de cette époque ?

Ah oui… totalement nostalgique de cette période où on ne savait rien sur l’album. On allait chez son disquaire, on achetait l’objet, puis on rentrait à la maison et on le découvrait. Maintenant, il y a Deezer… ça tue un peu le désir. C’est un peu comme s’il y avait une sorte d’abondance. Donc, maintenant, ce sera toujours un peu compliqué de retrouver cette sensation d’être le premier à découvrir un disque. Pour le Ep, c’est ce que j’avais essayé de faire. Je savais qu’il allait ensuite être sur Itunes et Deezer, mais je voulais proposer aux gens de le commander trois mois avant la sortie, que chacun puisse le découvrir à la maison. On ne pouvait pas le faire techniquement pour l’album, mais j’aurais beaucoup aimé… Je ne sais pas ce que tu en penses toi…

J’ai connu aussi cette sensation d’être le premier à découvrir un disque. C’est assez magique, effectivement.

On perd ce désir-là et ce plaisir-là. Moi, je sais que j’ai un réel rapport à l’objet… Je suis très passéiste (rires). Je suis un homme du passé. Lors d’une émission sur France Inter, l’animatrice m’avait dit que j’étais un homme du passé. Elle avait raison. Je lui ai d’ailleurs répondu « oui, je crois bien… » (sourire)

de calm - DR

La première tournée s’intitulait « tour Métrage », il y avait une passerelle entre le cinéma et la musique. Que va-t-il se passer sur les dates qui arrivent en 2014 ?

On conserve l’idée… Tu sais, nous sommes un groupe en développement et je me rends compte de plus en plus, que beaucoup de gens viennent au concert sans pour autant connaître notre musique. Et je trouve que c’est bien de fournir un accès au travers de Bud Spencer et Terence Hill que je cite à chaque début de concert. On essaye à chaque fois de raconter une petite histoire tout le long, une sorte de fil conducteur qui change à chaque concert puisque je me sers de ce qui se passe. Je trouve que c’est une bonne base. Et puis, c’est intéressant et ça nous permet d’avoir un échange avec le public. Donc, il y a de l’amour, mais le cinéma est toujours dans les parages… Il y a toujours aussi ce baiser de cinéma qu’on filme depuis nos premiers concerts. On fait monter des gens sur scène et je les filme avec une caméra Super 8. Et ça, je pense qu’on le fera tout le temps parce que je pense que c’est un truc génial pour détendre l’atmosphère au bout de la troisième ou quatrième chanson. Ça crée une ambiance très love dans la salle…

Comment abordez-vous la scène aujourd’hui ?

Au départ, ça a été compliqué ! On n’était pas bons. Je ne dis pas qu’on est merveilleux aujourd’hui, mais on est meilleurs ! Une chose est sûre, c’est que je suis entouré de quatre musiciens sur scène, il y a une formule groupe, et c’est un bonheur de défendre les chansons. Nous sommes plus proches aujourd’hui de ce qu’on peut faire sur disque. Il y a des groupes qui veulent faire l’inverse. Moi, je suis de ceux qui veulent se rapprocher le plus possible de ce qui a été fait sur disque parce que c’est agréable d’avoir une batterie, un bassiste, une guitare, que ça groove… Sur la première tournée, celle qui a suivi la sortie du premier album, on n’était que trois sur scène. J’ai vu ça comme un apprentissage du métier. La scène, c’est un merveilleux stage de formation. On ne peut pas trop tricher… On joue devant les gens, en général dans des petits lieux. Il faut maîtriser les instruments, la voix… Là, c’est de mieux en mieux. J’ai de plus en plus plaisir à y aller. J’espère qu’on aura beaucoup de dates en 2014.

Vous avez eu un petit souci, je pense.

Oui. Notre tourneur a fait une sorte de burnout et a eu un gros souci personnel. Il s’avère qu’il a dû arrêter le booking. Du coup, on est dans une phase de transition. On a des contacts avec des tourneurs et ça repart un petit peu. On avait tout de même quelques dates d’avance. Mais j’espère que dans les prochaines semaines, ça va se finaliser avec un autre tourneur sérieux avec lequel on pourra tourner en 2014 et pourquoi pas en 2015. C’est arrivé un peu au mauvais moment, mais c’est peut-être un mal pour un bien. On verra…

Propos recueillis par IdolesMag le 4 décembre 2013.
Photos : DR
Site web : http://www.decalm.com/









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