Interview de DJ R'An

Propos recueillis par IdolesMag.com le 17/10/2013.
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DJ R'An -DR

DJ R’An vient de publier son premier véritable single, une version 2013 de la célèbre « Bamba ». Il publie dans le même temps une compilation 3 CDs « Ragga Reggaeton Hits » et poursuit chaque week-end le « Dame Reggaeton Tour » en faisant le tour des clubs. Nous avons été à sa rencontre afin d’en savoir un peu plus sur lui et son parcours. Nous aurons notamment l’occasion d’évoquer la tournée qu’il a faite avec Rihanna en 2007/2008 et celle avec Akon à la même époque. Nous parlerons également de son engagement auprès de différentes associations, qui lui tient particulièrement à cœur.

DJ R'An, La BambaIdolesMag : Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire une version 2013 de « La Bamba » ?

DJ R’An : Quand j’étais en tournée mondiale avec Lucenzo, on s’est arrêtés dans un pays. On était off ce soir-là, j’étais à l’hôtel et une chaîne de télé a rediffusé le film que l’on connaît avec « La Bamba ». Je l’avais déjà vu quand j’étais plus jeune. Et au moment où Ritchie Valence interprète « La Bamba » dans sa version un peu plus rock’n’roll, je me suis dit que c’était exactement ça qu’on devrait faire avec Lucenzo. J’avais déjà en tête l’idée d’une version un peu plus moderne. Je lui ai soumis l’idée à l’époque et il n’avait pas vraiment accroché dessus. Donc, j’ai laissé l’idée mûrir dans un coin de ma tête en me disant que ce serait le premier single de ma carrière solo. C’est tout de même un morceau latino qui a une grosse histoire. Il a traversé les frontières. C’est le premier titre de la musique latine qui est sorti de son contexte…

C’est un titre qui a été repris par de nombreux artistes au fil des années. As-tu écouté certaines de ces versions avant d’enregistrer la tienne ?

J’en ai écouté trois / quatre. Celle de Los Lobos, la version de la Star Academy… qui ne m’avait pas marqué plus que ça à sa sortie… et celle d’un DJ aussi. En fait, je me suis vraiment penché sur l’histoire de « La Bamba ».

Peux-tu me présenter les deux chanteurs qui t’accompagnent sur le titre ?

Il y a tout d’abord le chanteur qui s’appelle Jota Efe. C’est un chanteur latino de la région parisienne qui pose sur les couplets. Et on a pris une chanteuse lambda pour les refrains parce qu’on voulait casser un peu le mythe de la voix masculine qui est sur tous les refrains de toutes les reprises de « La Bamba ». On a pris une amie à moi qui savait chanter pour apporter une touche un peu féminine, pour adoucir les refrains.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de bosser avec Jota Efe ?

Il n’en est pas à son premier coup. Il a déjà sorti quelques titres qui ont tourné sur Radio Latina, une radio très écoutée en région parisienne. Quand j’ai écrit la partie instrumentale, il a fallu qu’on fasse poser un chanteur. Vu qu’on avait arrêté la collaboration avec Lucenzo, je ne voulais pas forcément que ce soit lui qui soit dessus. En même temps, je n’avais pas, pour être honnête, vraiment beaucoup de relations dans le milieu latino. Donc, mon label est entré en contact avec des artistes d’Amérique latine. Là-bas, ils ne sont pas très friands des reprises ni des titres up-tempo très club en 130 BPM… Mais mon label avait déjà collaboré avec Jota Efe. Moi, je le connaissais juste de nom, j’avais écouté un ou deux titres. On lui a proposé, il est venu et j’ai été surpris de la manière dont il chantait. Il chantait vraiment très très bien. Il a apporté un souffle nouveau au titre. Et notamment sur les couplets.

As-tu envisagé, toi, de poser ta voix ?

Non ! (rires) Je chante mal… du moins pas très très bien. En fait, j’ai été pendant longtemps le DJ de différents artistes sur scène. Et mon travail n’était pas que d’envoyer les titres, c’était aussi de les backer ou de faire leurs chœurs. Je sais backer et je sais appuyer vocalement pendant un show. J’ai donc une base…

Mais de là à te mettre en avant en tant que chanteur, il y a une marge…

Voilà ! Il y a encore un très gros travail. En dehors de ma douche, je ne me vois pas trop chanter ailleurs pour le moment…

Va-t-il y avoir un clip pour « La Bamba » ?

Ce qu’on voulait faire, nous, c’était arriver sur le marché avec le titre audio et le clip vidéo en même temps. Mais on a fait marche arrière sur cette idée. On va prendre notre temps sur l’exploitation du titre. C’est-à-dire que c’est un morceau assez dansant et qui parle à tout le monde. Donc, ce qu’on a fait récemment, c’est qu’on a tourné la chorégraphie officielle de « La Bamba ». Une chorégraphe a créé une nouvelle choré sur le titre. On l’a filmée  avec ses danseurs et ses danseuses. Elle explique la choré également. Le but du jeu de cette vidéo, c’est qu’on va la poster rapidement pour que les gens sur internet assimilent la choré et ensuite, on intégrera la choré dans un véritable clip. Mais je n’ai pas encore de date de tournage. On va donc d’abord initier les gens à la danse de « La Bamba », sachant que depuis deux semaines, je me ballade dans les cours de zumba parce que le morceau a été très très bien accueilli par les élèves. Et donc, j’assiste à des cours de zumba où les élèves commencent à intégrer les premiers pas de « La Bamba ». Et je pense qu’avec tout ça, on va pouvoir faire quelque chose de très intéressant dans le futur.

Dédicace de DJ R'An pour IdolesMag

Donc, le clip viendra dans un deuxième temps.

Oui. Mais j’aimerais vraiment clipper ce titre-là. On va tout doucement dans son exploitation, on n’est pas pressés là-dessus.

Il y a aussi la compile « Ragga Reggaeton Hits » qui vient de sortir. Que peut-on retrouver dessus ?

DJ R'An, compile Ragga Reggaeton HitsC’est une compilation de trois CDs qui est dans les bacs depuis le 30 septembre. Le premier CD est un CD ragga / dancehall avec des titres classiques d’artistes que l’on connait tous comme Mr Vegas, Sean Paul, etc… Le deuxième CD est un CD reggaeton dans lequel on peut trouver Omega, Yanki et de très très gros artistes de la musique reggaeton. Et le troisième CD, c’est un CD latino club sur lequel on retrouve notamment mon single « La Bamba ». Il y a aussi des titres de Matt Houston, de DJ Assad, de Jay Santos… Dans ce CD-là, on a glissé aussi des inédits, des titres qu’on a faits nous-mêmes. Et notamment « Hay Hay Hay », un titre qu’on a fait avec Blax & Yos et DJ Keyns. On a un titre de Papa Ap Y notamment aussi. C’est donc une compilation de trois CDs mixés.

Je suppose que les titres inédits sont ceux qui te tiennent le plus à cœur…

En fait, oui. Pour plusieurs raisons, déjà il y a mon titre, « La Bamba ». Et puis, il y a ce titre de Papa Ap Y, qui est un artiste que j’apprécie beaucoup. C’est vraiment un très très bon titre reggaeton. J’invite tout le monde à le découvrir parce qu’il est vraiment très original. Et puis, il y a « Hay Hay Hay » qui est un excellent mambo. Les autres titres, tout le monde les connaît. On n’a plus besoin de présenter les classiques de Mr Vegas, de Sean Paul, de Matt Houston ou de Pittbull… Mais ces titres-là, d’artistes peut-être un peu moins connus, j’invite les gens à les découvrir parce qu’ils sont très originaux. Ce sont  vraiment de très bons titres musicalement parlant.

Composes-tu beaucoup, toi ?

Ça fait un an et demi / deux ans que je compose vraiment. Avant, je faisais beaucoup de remixes ou de mixtapes. Je me suis mis à la prod tout doucement. Alors, je ne travaille pas tout seul à chaque fois que je suis sur un projet. Tout dépend de la couleur musicale que je veux donner au titre. Si je veux un titre latino club afro dance, je vais appeler un ami à moi qui s’appelle Willy William avec qui on a bossé sur « La Bamba ». Je lui envoie le projet qui est déjà bien avancé pour qu’il lui mette sa patte aussi. Quand c’est un titre un peu plus latino et un peu plus mambo, je travaille avec d’autres compositeurs de mon label. Je ne travaille jamais seul. Souvent, l’idée vient de moi et puis on la développe avec d’autres compositeurs.

Pourquoi n’es-tu pas venu à la prod plus tôt ? Ça ne t’intéressait pas ?

Pour plusieurs raisons en fait… Avant, j’étais vraiment en période de développement. J’ai fait la tournée de Rihanna en 2007/2008, celle de Akon la même année. En 2007/2008, je n’ai quasiment jamais mis un pied chez moi, j’étais tout le temps dans un avion. Quand je suis rentré, j’ai enchaîné avec Omarion et un peu avec Will.I.Am des Black Eyed Peas. Donc, je n’avais vraiment pas le temps de me poser. Il a fallu que j’aie le temps et que je m’y mette avec quelqu’un qui s’y connait pour travailler sur les logiciels et ce genre de choses. C’est donc par faute de temps si je ne m’y suis pas mis plus tôt. Je n’ai vraiment pas chômé ces quatre/cinq dernières années. Et là, c’est vraiment une corde que je rajoute à mon arc. Il ne me manquait plus que ça, la prod…

Ce doit être plus jouissif que de faire un remix…

C’est différent. Quand tu fais une prod et que des DJ la jouent ou que toi-même tu la joues pendant tes sets devant 600 ou 5000 personnes et que tu vois une interaction, c’est génial. C’est comme une identité que tu transmets au public. Donc, oui, à ce niveau-là, c’est clairement plus jouissif. C’est plus intense que de bosser sur un remix, c’est clair !

DJ R'An -DR

Tu viens de me parler de tes tournées avec Rihanna et Akon. As-tu gardé des contacts ?

En général, garder un contact direct avec des artistes de ce niveau-là, c’est assez compliqué ! Donc, les contacts que j’ai gardés à ce jour, c’est avec soit leurs maisons de disques ou leur manager ou agent. Je ne vais pas te dire que dans mon téléphone j’ai le téléphone de Akon ou Rihanna, parce que ce n’est pas vrai. Si on n’est pas au même niveau qu’eux, ils ne voient pas trop l’intérêt de garder le contact. Ce n’est pas la même chose qu’entre nous, artistes français… Quand on se croise, nous, on s’échange nos numéros, et si on sent une affinité, on va travailler ensemble. Là-bas, affinité ou pas, il y a toujours l’agent ou la maison de disques qui s’interpose entre les deux.

Quels souvenirs gardes-tu de ces tournées avec Rihanna et Akon ?

J’ai des souvenirs partagés et bien précis avec chacun. Les deux plus gros souvenirs que j’ai eus, c’est avec Akon. Le premier, c’était au Maroc, on faisait les balances. Il faisait beau, c’était en plein air et le soleil cognait sur sa montre. Ça brillait vraiment. Je lui avais dit que sa montre était vraiment jolie… et je lui avais demandé combien ça pouvait couter… Il m’avait répondu 700 000 $ !! (rires) Ça m’a marqué ce jour-là. Quelques semaines après, nous étions en Afrique. C’était la première venue d’Akon en Afrique depuis qu’il était très très connu. Il a été reçu comme un ministre. Il avait une grosse voiture avec le toit qui s’ouvrait… Plus que comme un ministre, il a vraiment été accueilli comme un président. Il y avait tout le peuple africain qui courrait derrière la voiture. Ça m’avait vachement marqué ce truc-là … Rihanna, elle, c’était quelqu’un qui était vachement proche de nous. Avec Rihanna, j’ai plutôt des souvenirs de gamin. On jouait dans les couloirs ou dans les backstages… Mais le plus gros souvenir, c’est quand on a fait un stade en Allemagne. Il y avait 90 000 personnes. Et ça, je peux te dire que c’est inoubliable…

Est-ce vraiment sur scène que tu t’éclates le plus ?

Franchement, si demain on m’annonçait que je pourrais continuer à vivre de ma musique, mais que je ne pourrais plus jamais faire de scène. Eh bien, j’arrêterais la musique. Même si on aime être en studio, qu’on aime parler de nos convictions et de notre kif qu’est la musique, et qu’on aime créer, honnêtement, si on ne peut plus aller défendre sa musique sur scène… ça ne sert à rien ! Ça n’aurait plus d’intérêt, autant aller travailler dans un bureau, ce serait pareil pour moi.

Tu as une réputation de gros ambianceur… Que fais-tu la semaine quand tu n’es pas en club ? Tu t’embêtes ?

(rires) Non ! J’ai des semaines assez chargées. On fait beaucoup de réunions avec le label. Comme il y a beaucoup de gens qui travaillent sur le projet, j’aime bien discuter régulièrement avec eux. J’aime être au courant de ce qui se passe. J’aime bien les réunions… (rires) Sinon, j’ai aussi beaucoup de rendez-vous. Ça peut être pour de futures collaborations ou de futurs concerts. Je passe aussi beaucoup de temps en studio, que ce soit chez moi, ou je fais tout ce qui est mixtape, remixes ou compilations, ou dans d’autres studios où là on enregistre des titres réellement. Dans le même temps, je suis parrain de plusieurs associations pour les enfants malades dans les hôpitaux ou les enfants dans les orphelinats. Donc, il m’arrive très souvent, deux ou trois fois par mois, de me déplacer pour aller les voir, ou monter des évènements. On en a fait un le mois dernier et là, on en prépare un pour le mois prochain. Du coup, les semaines passent très vite. Tu rajoutes à ça un peu de Playstation et la semaine est vite terminée… (rires)

Tu peux me dire un mot sur les associations dont tu es parrain ?

Il y a une association avec laquelle on emmène quelques artistes, acteurs, animateurs télé ou sportifs voir les enfants dans des services hospitaliers. On passe une demi-journée en général avec eux. Soit on leur amène des cadeaux, soit on fait un petit show-case. Certains, on va les voir de chambre à chambre parce qu’ils ne peuvent pas quitter leur chambre. Et pour ceux qui peuvent se déplacer, on organise un show-case dans le réfectoire ou dans la cuisine. Souvent je suis accompagné, mais parfois j’y vais seul. J’aime bien prendre de leurs nouvelles. Pour ce qui est des orphelinats, une à deux fois dans l’année, ils organisent une grosse fête et souvent, ils m’invitent et je fais un mini-concert pour eux. Ce sont des  associations qui sont ici en région parisienne. Ça me prend un peu de temps, mais c’est très important pour moi. Nous les artistes, on est là pour vendre du rêve, donc se déplacer pour voir ceux qui ne peuvent pas venir à nous, je trouve que c’est un devoir…

DJ R'An -DR

Ces mini show-cases devant les enfants doivent être encore plus chargés en émotions que ceux que tu peux faire en club…

Le mois dernier, j’ai fait un concert devant 70 enfants et je leur ai dit qu’ils m’avaient donné plus d’émotions, en tout cas une émotion différente, que quand je joue devant 70 000 personnes. Ce sont de beaux moments. Je me réjouis d’y retourner. Là, pour la fin du mois, pour Halloween, on va remettre ça. C’est très important de passer du temps avec ces enfants qui n’ont pas eu beaucoup de chance dans la vie…

C’est clair. En parlant d’enfant, écoutait-on beaucoup de musique chez toi quand tu étais gamin ?

Non, même presque pas du tout. Ma mère écoutait un peu de musique, mais ça ne baignait pas dans l’appartement. Nous, tu sais, la mentalité à la maison, c’était « tu vas à l’école, tu as des diplômes, tu vas travailler et tu vas pouvoir t’occuper de ta famille ». C’était la mentalité de ma famille, comme beaucoup de familles d’ailleurs. Et quand j’ai voulu me lancer dans la musique… ça a été pris un peu bizarrement parce que ce n’était pas quelque chose de normal chez nous. Donc non, je ne descends pas d’une famille de musiciens ou de fans de musique… sûrement pas !

Le goût de la musique est-il arrivé assez tôt ?

Tout est parti d’une peur… Quand j’avais deux / trois ans, j’ai vu le clip « Thriller » de Michael Jackson et j’ai été effrayé. Vraiment effrayé. Et bizarrement, même à cet âge-là, je voulais savoir pourquoi ce Monsieur-là m’effrayait autant que ça. Donc, on est partis d’un clip vidéo horrible à mes yeux à une découverte de la musique. Je me suis renseigné sur lui. Entre mes 4 et mes 8 ans, j’ai essayé de savoir qui était Michael Jackson. J’ai découvert l’album « Thriller » et en 1988, j’étais prêt à accueillir son album « Bad ». Du coup, là je me suis remis à décortiquer ce qu’il faisait, j’ai commencé à chantonner et j’ai même essayé d’imiter ses pas ! Et puis à mes 11/12 ans, ça a été la période « Dangerous »… Donc, tout est parti de Michael Jackson.

À quel âge as-tu commencé à mixer ?

J’ai commencé à mixer vraiment en 2001. Je faisais partie d’un label et on a sorti une compilation que tout le monde connaît qui s’appelait « Ragga Connection » avec DJ Maze et DJ Xela. La compilation est sortie dans une major, elle a fait un carton, double disque d’or. Du coup, on est parti en tournée tous les week-ends. On était en 2001/2002, et c’était la première fois de ma vie que je faisais mon sac le vendredi midi et que je rentrais le dimanche soir. Je faisais les premières parties de DJ Maze et DJ Xela. C’est à partir de là que j’ai commencé à me déplacer et à prendre un petit peu de sous. Avec ça, j’ai tout de suite été mis dans le bain. Ça fait donc depuis 2001/2002 que je tourne… Et ça fait très très longtemps que je n’ai pas eu de week-end à moi ! (rires)

Les DJ sont devenus ces dernières années les véritables dieux de la musique. Comment l’expliques-tu ?

Je ne maîtrise pas le sujet, mais de mon point de vue de DJ et de consommateur de musique, il était temps ! Les chanteurs ont eu et ont toujours d’ailleurs leurs heures de gloires. À une époque, c’étaient les guitaristes qui étaient très en vogue. Tout le monde criait leur nom quand ils faisaient un solo. Et je pense que depuis quelques années, c’est le tour des DJ et tant mieux. Pourquoi ? Déjà grâce à l’évolution technique, du matériel, du numérique et de la musique nomade. En même temps, il y a eu quelques pionniers qui ont lancé le DJ Star, des gens comme Martin Solveig ou Bob Sinclar. Ils sont dans le milieu depuis très très longtemps, mais ils ont changé leur manière de communiquer. Avant, le DJ passait des disques en soirées ou composait des titres dans l’ombre pour des chanteurs. Il n’était jamais mis en avant. Et à un moment donné, Bob Sinclar et son équipe de comm’ se sont dit « voilà, au lieu de mettre Bob Sinclar tout petit dans les crédits, on va mettre le nom devant, featuring tel ou tel artiste… » Le DJ avait son propre titre. On entendait le titre et on savait que ce n’était pas lui qui chantait. Le chanteur pouvait être un chanteur lambda que personne ne connaissait. La comm’ a été basée sur le nom du DJ. Après avoir bien mis son nom en avant sur le disque, on a mis le DJ bien en avant dans le clip. On ne voyait presque plus que lui. Prends l’exemple de « Rock This Party », le featuring de Bob Sinclar avec Big Ali, dans le clip, on ne voit même pas Big Ali. On voit des enfants et de temps en temps Bob Sinclar. Ça a été une évolution en même temps numérique et en même temps au niveau de la comm’. C’est pour ça que les DJ sont devenus des stars. On a misé sur l’image des DJ. Guetta, c’est la même chose. Lui, il a même fait des featurings avec des gens plus connus que lui à la base, Kelly Rowland ou les Black Eyed Peas. Et il a mis son nom en avant, pas le leur… ça a mis toute la profession dans la lumière. Moi, je suis un petit DJ, mais grâce à eux, des gens comme moi sortent de l’ombre. On est passés du statut de « passeur de disque » à celui de vedette. Aujourd’hui, les Dj stars remplissent des salles ou des stades plus grands que certains chanteurs.

On a parlé de « La Bamba », de la compile « Ragga Reggaeton Hits » et du « Dame Reggaeton Tour ». As-tu d’autres projets que nous n’aurions pas évoqués ?

Oui ! Un deuxième single. On est déjà en studio. « La Bamba » est sorti il y a à peu près cinq semaines. Le titre se porte très bien dans les classements. J’en profite pour remercier tous les DJ qui jouent mon titre ! On va continuer à promotionner encore ce titre. Mais à côté, je suis déjà en train de mettre la touche finale à la suite. On n’a pas encore de date de sortie, peut-être en fin d’année ou en début d’année prochaine.

Propos recueillis par idolesMag le 17 octobre 2013.
Photos : DR
Facebook : https://www.facebook.com/pages/DJ-RAN/297798050281132









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