Interview de Muttonheads et Eden Martin

Propos recueillis par IdolesMag.com le 15/10/2013.
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Muttonheads et Eden Martin - DR

Après avoir cartonné cet été avec « Snow White », Muttonheads (aka Jérôme Tissot) et Eden Martin (aka Joséphine) reviennent avec un nouveau titre, « Dancing with the Stars » particulièrement efficace et bien fichu. Nous avons été à la rencontre des deux artistes afin d’en apprendre un peu plus sur leur collaboration qui date d’il y a quelques années maintenant. Nous reviendrons également sur leurs parcours respectifs et ne manquerons pas de parler de leurs projets, avec notamment un album qui se profile…

Muttonheads et Eden Martin, Dancing with the StarsIdolesMag : Dans quelles circonstances vous êtes-vous rencontrés tous les deux ? Ça fait déjà un petit temps que vous bossez ensemble…

Eden martin : On s’est rencontrés en 2008 dans une soirée où j’étais avec le groupe pop rock dans lequel j’évoluais à l’époque. Jérôme mixait en deuxième partie de soirée. On s’est retrouvés à une table tous les artistes ensemble. Et voilà, c’est comme ça qu’on a commencé à discuter d’une éventuelle collaboration. Ensuite, quelques mois plus tard, je suis montée sur Paris et on a commencé à travailler ensemble. « Trust You Again » est arrivé dans la foulée…

Comment bossez-vous tous les deux ?

Muttonheads : La plupart du temps, on travaille sur une série d’accords qui nous plait à tous les deux. Moi, il faut que ça me parle et que ce soit efficace au niveau du son dance. Eden, il faut que ça lui parle aussi pour qu’elle trouve le texte et le lead vocal. Donc, à partir du moment où j’ai quelques boucles, je les lui envoie et elle cherche, elle cherche, jusqu’à ce qu’elle trouve une mélodie. Pas encore de texte, juste une mélodie. Si la mélodie plait à tous les deux, on enregistre assez rapidement et à partir de là, je reprends tous les éléments pour en faire un véritable titre. Il faut que j’amène le tout vers la dance, puisque c’est ça que j’aime, faire danser les gens. Tout tourne autour de la musique électronique.

En tant que compositeur, dirais-tu que le vocal est essentiel ou bien important sur certains titres et qu’on peut s’en passer sur d’autres ?

Muttonheads : Je pense qu’on peut s’en passer parfois. Ça dépend vraiment de ce qu’on veut faire et de ce qu’on recherche. Il y a différentes directions possible. J’ai des titres plus disco avec des samples et des choses comme ça. Ça me parle aussi beaucoup. À côté de cela, il y a des choses un peu plus pop, où le vocal est plus important. C’est là qu’Eden Martin entre en piste. Elle fait toujours une vraie recherche au niveau du texte. Donc, sa voix est essentielle sur ces morceaux-là. En fait, il n’y a pas de loi, ça dépend vraiment du morceau. Tout dépend de la direction qu’on veut prendre.

Écris-tu depuis longtemps, Joséphine ?

Eden Martin : J’écris vraiment depuis que je suis toute petite. À la base, je n’écrivais même pas des chansons, j’écrivais des contes, des poèmes ou des choses comme ça… Plein de choses en français, en fait. Après, j’ai commencé… enfin, j’ai essayé ! (rires)… d’écrire des morceaux quand j’étais adolescente. Je devais avoir 12/13 ans. Et mon groupe de pop/rock m’a vraiment désinhibée par rapport à ça. J’ai commencé à écrire de vrais textes, bien structurés avec une vraie histoire, quelque chose de construit, en fait. Avec Jérôme, ça a été un nouveau challenge, un tout autre travail. Il me demandait d’écrire des textes simples et efficaces. Mais moi, je voulais vraiment aussi faire passer un message, ou en tout cas raconter une histoire pour toujours rester dans l’optique de ne pas écrire n’importe quoi. C’est comme ça qu’on travaille ensemble.

Est-ce naturel pour toi d’écrire en anglais ?

Eden Martin : Oui. En plus, je trouve que l’anglais se prête particulièrement bien à la dance. Le français, c’est plus compliqué. C’est vraiment une langue très particulière à manier. C’est une très belle langue, mais les sonorités sont beaucoup moins chantantes qu’en anglais. Pour moi, si on écrit en français, c’est qu’on est vraiment dans l’optique d’écrire une chanson à texte. C’est peut-être bête ce que je raconte (éclats de rires), mais c’est en tout cas comme ça que je l’aborde. Par exemple, le travail que fait un Stromae, je l’admire. Ce n’est vraiment pas évident de réussir à écrire des textes aussi intéressants que ceux qu’il écrit en français dans ce style musical.

Muttonheads et Eden Martin - DR

Et toi Jérôme, écris-tu tout de même un peu ou pas du tout ?

Muttonheads : Pas du tout ! Mais pas du tout ! Ce n’est vraiment pas mon domaine. Moi, c’est la musique, la musique et encore la musique. Et c’est pour ça que je délègue toute la partie auteur et interprète à d’autres personnes. Justement, je cherche à m’entourer de gens qui ont ces talents que je n’ai pas. Un auteur ou un interprète doit apporter toute son originalité à un titre. Moi, mon originalité, elle est dans la musique. J’ai eu la chance de rencontrer un jour Eden Martin, et encore plus de chance de travailler avec elle. Ça a marché dès le début. Comme le duo fonctionne pas mal, on va continuer dans cette direction. Et forcément, avec « Snow White » qui a fait un carton cet été, on ne peut que continuer dans la même direction. On va évoluer dans nos titres, on ne va pas changer une équipe qui gagne.

« Snow White » a bénéficié d’un clip, va-t-il en être de même pour « Dancing with the Stars » ?

Muttonhead : Oui, c’est prévu. On est d’ailleurs en train, là, de finaliser le synopsis. On va le tourner dans les jours qui vont venir. Là, on a mis sur le web une lyrics video avec les paroles pour que les gens puissent un peu s’approprier le titre, le clip arrivera très prochainement.

On dit souvent aujourd’hui qu’on regarde la musique plutôt que de l’écouter. Accordez-vous beaucoup d’importance à cette dimension image autour de la musique l’un et l’autre ?

Eden Martin : Aujourd’hui, l’image est essentielle. Un artiste doit se présenter partout, sur tous les médias. Il faut être présent absolument partout. Je pense qu’après, c’est bien aussi de pouvoir se poser, s’asseoir et écouter un morceau. Juste l’écouter et ressentir la musique et ce qui est dit dans le texte. En tout cas, pour moi, c’est très important.

Muttonheads : Moi, c’est un peu pareil. L’image est hyper importante de nos jours, même si le fond reste la musique. Je fais ce métier-là pour la musique, pas pour l’image. Je ne suis pas là pour mettre ma tête partout et jouer au DJ star. Ce n’est pas du tout ce que je recherche. C’est la musique avant tout. Maintenant, l’image est très importante, il faut savoir communiquer. Il faut savoir aussi être proche des gens et savoir leur parler. Leur montrer qu’on est aussi des personnes un peu comme tout le monde, qu’on a des hobbies et qu’on partage plein de choses. Je suis très présent sur les réseaux sociaux, par exemple. C’est quelque chose de très important. Ça fait partie de l’image que je veux véhiculer.

Tu me tends la perche en me parlant de DJ stars. Comment expliques-tu que les DJ soient devenus en quelques années les véritables dieux de la musique ?

Muttonheads : Je pense que c’est dû à un mouvement musical. La dance, à une époque, dans les années 90, c’était un tout petit milieu. Après, il y a plein de branches différentes, la techno, la transe… mais tout ça restait de petits milieux. Aujourd’hui, on se rend compte que tous les artistes ont tendance à aller vers la dance. Que ce soient des artistes internationaux ou des artistes français, d’ailleurs.  Du coup, la dance est devenue la musique numéro 1. Tous les gros artistes font de la dance. À partir de là, c’est sûr que quand un DJ commence à bosser avec plein de stars différentes, ça fait un buzz. David Guetta, par exemple, a produit de la musique avec tous les grands noms américains. Et là, il est devenu un DJ Star. Il est devenu presque un dieu vivant pour certains. Mais avant d’en arriver à ce niveau-là, il y a beaucoup de travail…

Eden Martin : De mon côté, je pense déjà qu’être DJ aujourd’hui, c’est un peu dans l’air du temps. En ce sens que les ordinateurs, internet et l’informatique de manière générale sont devenus quelque chose d’essentiel. Tous les jeunes maintenant ont une tablette dans les mains dès leur plus jeune âge. Et je pense que c’est la musique de notre époque. Je pense qu’aujourd’hui, et ce n’est que mon avis, il y a un climat social qui est un peu tendu et le DJ est associé au monde de la fête et de la danse. Quelque part, l’image du DJ est un peu associée à l’insouciance. Et les gens aujourd’hui ont besoin d’évacuer leur stress. Ils ont besoin de fête, ils ont besoin de se vider la tête. Donc, je pense que tout est un peu lié…

Comme tu le dis, les gens ont besoin de danser et d’évacuer leur stress… justement, est-ce sur scène que le morceau prend toute son envergure pour vous ?

Eden Martin : Oui, d’un côté parce qu’on est sur scène et face à un public et que c’est juste génial de voir que le public chante avec nous les paroles, qu’il danse et qu’il est plein d’enthousiasme. C’est génial de voir ça quand tu arrives sur scène. C’est formidable de savoir qu’on est attendus quelque part… (rires)

Muttonheads : J’aime beaucoup la musique qu’on fait, simplement pour la musique, sans forcément réfléchir à ce que les gens vont en penser. On tire forcément une fierté quand on va en club et que les gens chantent le titre. Mais à partir du moment où on a réussi à faire quelque chose qui nous plait, on est déjà très heureux.

J’imagine que Joséphine prend du plaisir à évoluer sur scène, en tant que chanteuse, mais toi, Jérôme en prends-tu aussi ? On a plutôt tendance à imaginer les compositeurs dans leur studio avec toutes leurs machines…

Muttonheads : (rires) C’est vrai que je ne suis pas vraiment DJ à l’origine. J’ai fait de la musique parce que j’aimais faire de la musique et de fil en aiguille j’en suis arrivé à faire le DJ comme on dit… Et j’ai fait de la scène. C’est grâce à ma musique qu’on a commencé à me demander dans des clubs et ce genre d’endroits. C’était quelque chose que je ne connaissais pas du tout, et finalement, au fur et à mesure, on y prend goût… parce que faire danser les gens, c’est ce que je voulais faire. Les voir danser devant moi, c’est génial. Plus le temps avance, et plus je prends du plaisir sur scène, plus je me rends compte de la chance qu’on peut avoir à jouer devant un public….

Muttonheads - DR

Est-il prévu de sortir un maxi de « Dancing with the Stars » ?

Muttonheads : Très franchement, il n’y a rien de prévu pour le moment. On est vraiment sur le tout début du lancement. Mais on ne sait jamais, si le morceau cartonne, on pourrait éventuellement penser à sortir une édition limitée ou quelque chose dans le genre. Là, on commence tout juste la promo, donc, c’est un peu tôt pour envisager une sortie physique.

Plus généralement, restez-vous attachés l’un et l’autre au support physique ou bien aujourd’hui est-il finalement devenu obsolète ?

Muttonheads : Comme tu t’en doutes, j’aime beaucoup le support physique et j’y reste très attaché. Quand j’ai commencé à acheter de la musique, j’achetais des vinyles un peu collectors. C’étaient de très jolis vinyles. Et finalement, je regrette un peu cette période où on avait un bel objet dans les mains. Le CD est forcément moins intéressant et moins joli que le vinyle. Et c’est pour ça que si le titre cartonne, oui, l’édition d’un vinyle collector me plairait énormément ! C’est sûr. Mais tout ça a un coût et il faut avoir les moyens de le faire. Je regrette cette époque où on allait acheter ses disques en magasin… Aujourd’hui, on télécharge tout en mp3, et ça n’a pas le même charme. Là, pour le coup, je suis un peu vieille école… (sourire)

Eden Martin : De mon côté, c’est vrai que lorsque j’aime un artiste, je vais acheter son album. Je trouve ça super d’avoir un beau support physique quand il est bien travaillé. C’est un tout en fait. Un disque, ça montre aussi tout l’univers du chanteur. Je trouve ça sympa d’avoir quelque chose comme une trace, en fait…

Tout à l’heure, Joséphine, tu m’as dit que tu avais commencé à écrire assez jeune. Et toi Jérôme, quand as-tu commencé à composer ?

Muttonheads : En fait, à la base, je suis un vrai passionné d’informatique. J’ai commencé l’informatique avant tout. Et tout doucement, je me suis mis à la musique. J’adore créer, donc j’ai touché un peu à tout, le graphisme et ce genre de choses. Après, je me suis mis à la musique vers 12/13 ans. J’ai pris des leçons de clavier. Et puis quand l’informatique a évolué, je me suis rendu compte qu’on pouvait faire de la musique avec un ordinateur. Là, je devais avoir quelque chose comme 14 ans. Et j’ai commencé comme ça. Je créais sur des ordinateurs qui sont révolus de nos jours ! Aujourd’hui, on parle de guerre entre les Mac et les PC, mais à mon époque, c’étaient les Atari et les Amiga ! C’était une autre période (rires). Ce qu’on pouvait faire était extrêmement limité, mais pour l’époque, ça offrait déjà pas mal de possibilités. Aujourd’hui, n’en parlons pas ! Sur un ordinateur, on peut vraiment faire tout ce qu’on veut. Avoir un son professionnel est devenu accessible à tout le monde. Mais au début, ce n’était pas la même chose, c’était nettement plus compliqué.

Eden Martin - DR

C’est donc de ta passion pour l’informatique qu’est née ton envie de créer de la musique.

Muttonheads : Tout à fait. Je programmais plein de choses sur l’ordinateur à l’époque, je dessinais… Tout ce qui tournait autour de l’informatique me passionnait et donc forcément la musique électronique m’a parlé tout de suite. Et puis, c’est ma culture aussi. Moi, j’aimais toute cette musique dansante et la musique électronique est arrivée. Tout était là pour que je m’éclate et j’ai commencé comme ça.

Venez-vous l’un et l’autre d’une famille de musiciens ou tout du moins d’une famille dans laquelle on écoutait beaucoup de musique ?

Eden Martin : De mon côté, oui. Mon père joue de plein d’instruments. Il chante aussi. Très bien d’ailleurs. C’est lui qui m’a fait découvrir le jazz, le classique, la chanson française, la country… Ma mère chantait aussi. Elle chantait plus du lyrique. Et elle écoutait de la dance, de la pop ou du R’n’B. Du coup, j’ai vraiment eu plusieurs influences.

Muttonheads : Moi, pour le coup c’est un peu la même chose. Ma mère jouait du clavier déjà. Et mon père était très inspiré par la période disco. On écoutait beaucoup de musique à la maison. On avait même d’ailleurs un petit night-club à la maison. On faisait beaucoup de soirées avec des amis. Mon père faisait le DJ à l’époque. Donc, j’ai toujours baigné dans cette culture. Ça m’a beaucoup influencé.

Jérôme, à côté de tes propres compos, tu produis également beaucoup de remixes. Est-ce un exercice qui te plait réellement ou que tu as été obligé de faire à un moment donné ?

Muttonheads : J’aime beaucoup faire des remixes. C’est un vrai plaisir. Ça me permet de partir sur une source qui ne m’appartient pas, d’y apporter mon son et ma personnalité et de l’amener ailleurs. C’est un exercice qui me plait beaucoup. Je prends autant de plaisir à faire un remix qu’à travailler sur un titre original.

Muttonheads et Eden Martin - DR

On parle beaucoup de « French Touch ». Qu’est-ce qui selon vous différencie la production hexagonale de la production internationale ?

Muttonheads : C’est plus lié à l’inspiration, je pense. En France, on a été assez précurseurs sur les titres disco. La plupart des producteurs de disco viennent de chez nous. Donc, on a vraiment cette culture dans nos gènes. Après, ça nous a amenés à des groupes comme Daft Punk qui ont réussi à mélanger la disco avec l’électro. Donc, on associe ce son à la « French Touch ». C’est ce qui nous différencie des autres, en fait. C’est ce mélange, ce mix entre le côté un peu acoustique du disco avec la basse un peu ronde et chaleureuse et le côté électronique qui est beaucoup plus froid. Alors qu’en Allemagne, pour le coup, ils ont peut-être une culture plus binaire et plus froide qui va plus vers l’électro techno. Je pense que cette « French Touch » est vraiment liée aux influences qu’on a pu avoir en France.

Eden Martin : Je vais certainement te faire une réponse moins complète et moins pertinente que celle de Jérôme… Il y a beaucoup de stars internationales qui font appel à des DJ français. Ce n’est pas pour rien. Je pense à Madonna qui a fait appel à Martin Solveig ! Et je pense aussi que les français ont été précurseurs dans ce domaine.

Muttonheads : Je vais rebondir sur ce que tu viens de dire. En parlant de précurseurs, je pense à Jean-Michel Jarre. C’est un artiste qui est reconnu dans le monde entier parce qu’il a été un des pionniers de cette musique électronique. Aujourd’hui, si la musique dance existe, c’est parce qu’il y a quelques années, il y a eu des gens comme Jean-Michel Jarre. Il ne faut pas l’oublier. Ce sont eux qui ont essuyé les plâtres…

« Snow White » a fait un carton cet été. Vous revenez tous les deux avec un nouveau single, « Dancing with the Stars ». Dans quel état d’esprit êtes-vous aujourd’hui ?

Muttonheads : On est très contents du succès de « Snow White », bien évidemment. Et là, on est sur une lancée formidable avec le but de sortir un album. On espère vraiment que les gens vont apprécier le nouveau single. Et on dessine le futur album à venir.

Eden Martin : L’objectif, c’est vraiment l’album. Là, on a encore plusieurs titres à faire avant la sortie de l’album. Donc, l’objectif, c’est de faire des titres forts !! (rires)

Y a-t-il une deadline ?

Muttonheads : Entre nous, aujourd’hui, j’ai déjà de la matière… (rires) Je pense à cet album depuis des années. Bien sûr que j’ai assez de titres de côté. Mais je préfère avoir un album cohérent et prendre mon temps. Donc, il n’y a pas de deadline. On va voir comment « Dancing with the Stars » va être reçu, puis on travaillera certainement sur un prochain single avant l’album. Donc, il ne faut pas l’attendre au mieux avant début 2014.

Propos recueillis par IdolesMag le 15 octobre 2013.
Photos : DR
Site web : http://www.muttonheads.com/

 









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