Interview de Michal Kwiatkowski

Propos recueillis par IdolesMag.com le 12/09/2013.
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Michal Kwiatkowski © Riad Beldjilali

Toujours là où on ne l’y attend pas, Michal Kwiatkowski revient à ses premières amours pianistiques en proposant un spectacle inspiré par l’œuvre de Frédéric Chopin, « Chopin Etc ». Une filiation lie les deux artistes, tous deux polonais et tous deux ayant décidé de venir vivre en France… Alors qu’une première date a été donnée cet été dans le Sud de la France, c’est le 28 septembre sur la scène des Trois Baudets que Michal jouera pour la première fois à Paris ce nouveau spectacle « Chopin Etc ». C’est une nouvelle fois avec grand plaisir que nous avons été à sa rencontre afin d’en savoir un peu plus sur ce spectacle… Nous ne manquerons pas non plus d’évoquer ses dix ans de carrière et le carton que son petit frère Dawid est en train de faire en Pologne. Rencontre avec un artiste punk et pop dans l’âme, un artiste sincère.

IdolesMag : Après trois albums très différents les uns des autres, tu reviens avec un projet autour de Frédéric Chopin, « Chopin Etc ». Depuis quand le mûris-tu, ce projet ?

Michal Kwiatkowski : Si on veut vraiment aller à la source de tout ça… Il faut retourner en Pologne dans les années 90! (rires) Parce que toute la source est là… Ce projet est finalement né quand j’ai décidé d’entrer au conservatoire et de sacrifier tout mon temps libre au piano. Car, évidemment, mon rêve et mon objectif, c’était de pouvoir jouer du Chopin un jour. Donc, le début de cette histoire est là-bas. Après, il s’est passé beaucoup de choses dans ma vie. Je me suis mis à la variété, ensuite au rock, à la new-wave et à l’électro. Donc, beaucoup d’évolution et de choses différentes. Et un jour d’automne de l’année dernière, je me suis posé et je me suis dit « Mais il est où là-dedans, Chopin ? Quelle place prend le piano dans ma vie aujourd’hui ? » J’ai commencé à réfléchir à tout ça… Et je me suis rendu compte que grâce à l’aventure Self Concept, j’ai réussi à me réconcilier un peu avec le piano. À un moment donné, j’étais un peu en overdose… Tu sais, j’ai fait le conservatoire pendant huit ans, c’était très intense. Après, j’ai fait la StarAc où j’ai été très associé à mon piano pendant toute l’émission. Pareil pour la promo de mon premier album, j’étais beaucoup sur scène avec mon piano… à un moment donné, j’ai fait comme une petite crise d’adolescence et je me suis dit qu’il était temps de l’abandonner. Il me saoulait un peu à vrai dire ! (rires) Je voulais me mettre aux machines et aux logiciels de musique. Je voulais créer ma musique d’une autre façon. C’est ce que j’ai fait et je me suis éclaté là-dedans. Et c’est cette parenthèse finalement qui m’a réconcilié avec le piano. Il faut y voir une sorte de retour aux sources. Quand j’ai commencé à réfléchir à tout ça, tout m’a paru clair… Chopin était polonais comme moi, nous avons quitté tous les deux la Pologne pour Paris… Pourquoi ne pas créer un tout nouveau concept autour de tout ça ?... Comme tu vois je suis un peu le spécialiste des concepts !! (rires) J’ai donc eu cette idée de partir sur les routes avec un spectacle qui parle de Chopin. Je ne savais pas encore comment j’allais le faire. Mais très vite, j’ai compris l’angle sous lequel je voulais l’aborder. Très vite, j’ai eu envie de le faire, un peu comme Gainsbourg l’avait fait auparavant, c’est-à-dire en adaptant les œuvres de Chopin, mais pas en jouant les originaux. Les originaux sont magnifiques, mais d’une, ils sont un peu difficile à jouer. Et moi, j’ai un peu perdu ma formation classique. Il m’aurait certainement fallu un petit rappel de cours pendant quelques années pour me remettre à niveau… Mais de deux et surtout, ce n’était pas vraiment mon truc. Moi, je suis dans la variété et l’électro. Donc, je me suis dit « pourquoi ne pas mélanger Chopin à mon univers plus pop ? » C’est comme ça que j’ai créé le spectacle « Chopin Etc » où on découvre des chansons sur des airs de Chopin. Les connaisseurs vont reconnaître certaines choses. Ceux qui ne connaissent pas Chopin, ce n’est pas grave parce qu’ils vont découvrir de nouvelles chansons. De belles chansons, je l’espère. Donc, voilà comment est né ce projet…

L’as-tu beaucoup écouté et joué quand tu étais plus jeune, Chopin ?

Oui. Je l’ai beaucoup joué et écouté. Quand nous étions au conservatoire, nous avions des cours techniques où on jouait les œuvres les moins compliquées. Il n’était pas question de jouer Chopin parce qu’il était un virtuose. Donc, quand on entre au conservatoire, on ne joue pas tout de suite des sonates entières de Frédéric Chopin. Mais on jouait tout de même certaines valses et des extraits d’œuvres un peu moins compliquées. Et j’écoutais beaucoup de Chopin aussi parce qu’à côté de ces cours pratiques, j’avais des cours théoriques. Et souvent, pendant ces cours, nous étions enfermés dans des salles à écouter de la musique classique. Et Chopin revenait évidemment souvent. Chopin, c’est la fierté des Polonais. Si on parle de musique classique en Pologne, tout le monde va citer Chopin, même s’il y en avait évidemment d’autres qui étaient doués aussi. Mais Chopin est devenu une légende, c’est un artiste omniprésent dans la culture polonaise. Donc, oui, j’en ai beaucoup écouté.

On ne peut pas parler de Chopin sans évoquer un instant George Sand. Fait-elle partie de tes auteures de prédilection ?

J’avoue que je connaissais George Sand, mais pas très bien dans le fond. J’ai commencé à m’intéresser à ses personnages quand j’ai commencé à avoir envie d’en savoir plus sur Chopin. C’est là que j’ai découvert beaucoup de choses. Je ne voulais pas faire les choses à moitié, donc, j’ai commencé à composer les chansons, mais je me suis également procuré une dizaine de livres qui parlaient de la vie de Chopin et de celle de George Sand. J’ai très vite compris que George Sand faisait vraiment partie de la vie de Chopin. C’est donc à ce moment-là que j’ai vraiment commencé à lire du George Sand. Mais ce que j’ai essentiellement lu, c’est les correspondances qu’elle entretenait avec Chopin et ses amis. C’est à ce moment-là que tous ces personnages me sont devenus proches. Là, aujourd’hui, j’ai été obsédé par tout ça. Pendant des nuits entières, je n’ai pas dormi, je lisais et je relisais encore.  Donc, aujourd’hui, tout ce petit monde fait partie du mien, nous sommes devenus très proches. (rires)

Certains de ces personnages t’ont-ils inspiré des chansons ?

Evidemment. Il y a George Sand. Elle est très présente dans mon spectacle, surtout sur une chanson qui s’appelle « Mon âme ». À l’époque, quand on s’écrivait des lettres, on s’appelait souvent ainsi. Les gens, les amis et les amants s’appelaient souvent comme ça, « Mon âme,… ». Ils commençaient presque toujours leurs lettres de cette façon. Je trouvais ça très joli et très poétique et donc cette chanson qui s’appelle « Mon âme », parle de la rupture de Frédéric Chopin et de George Sand. J’ai été aussi inspiré par une petite polonaise qui s’appelait Maria Wodziñska et qui a été la première petite amie de Chopin. J’ai été très touché par leur histoire un peu naïve. Finalement, leurs fiançailles ont été rompues parce qu’elle était justement un peu trop jeune et trop naïve, alors que lui était déjà un grand compositeur. Mais cette petite fille, qui devait avoir 17 ans, je pense, m’a vraiment touché. On a écrit une chanson là-dessus avec mon auteur, Emmanuel Tugny. Donc, oui, voici deux petits exemples comme ça…. Tout ce que j’ai pu lire m’a inspiré. Je dis bien lu parce que j’aurais pu regarder des choses, mais je trouve que c’est toujours mieux de les lire. Tout ce que j’ai pu lire a vraiment influencé mon travail de musicien et de compositeur.

Michal Kwiatkowski © Riad Beldjilali

Tu me parles d’Emmanuel Tugny. Il avait déjà travaillé avec toi sur « All alone with my gueule », en écrivant notamment le titre « Ecorché »…

Effectivement. Et bravo pour l’association ! Effectivement, il a travaillé avec moi sur mon deuxième album et a écrit ce texte dont tu parles. C’est un des textes que je préfère dans cet album et je pense que les fans partagent mon avis. C’était assez difficile de trouver un auteur, même si au final, il y en a plusieurs sur le projet… mais j’en voulais un qui serait la colonne vertébrale de ce projet et qui en écrirait la majorité des textes. Je trouvais que c’était important parce que je voulais un spectacle homogène. Je ne voulais pas que chaque chanson soit écrite par une autre personne. J’étais donc à la recherche de cet auteur… ce n’était pas évident. Et comme par magie, un jour où je me trouvais dans un bus ou je ne sais où, j’ai mis mon IPod en mode aléatoire et je suis tombé sur « Ecorché ». Et je me suis dit « Waow ! Emmanuel serait parfait pour ce projet… » C’est un garçon hyper romantique tout en étant un peu cru quand même. Parce que je ne voulais pas quelque chose de trop sucré ni quelque chose de tellement romantique qu’on a envie d’en vomir. Je voulais quand même que ce spectacle soit un peu punk quelque part. Je ne voulais pas que ce soit politiquement correct. Et donc, quand j’ai écouté « Ecorché », je me suis dit qu’Emmanuel serait vraiment parfait. Du coup, je l’ai contacté et il a tout de suite adoré l’idée. Et j’en suis très content. On a fait de belles chansons ensemble.

Comment avez-vous bossé ensemble sur ce projet ? Lui as-tu donné des pistes ?

J’avoue que je suis un compositeur assez chiant, excuse-moi du terme, mais c’est la vérité ! Quand j’envoie une musique à l’auteur, tout est déjà très précis. Lui doit malheureusement s’adapter à ce que j’ai composé sans pouvoir changer grand-chose… Je sais que c’est très difficile parce que je ne suis pas très flexible. Mais je travaille comme ça parce que je suis avant tout musicien et après seulement un tout petit peu auteur. La musique reste le plus important pour moi. Donc, je suis quelqu’un de très tolérant pour tout ce qu’on veut, mais quand il s’agit de musique, je ne négocie rien !! (rires) J’imagine que pour certains auteurs, ce doit être un véritable casse-tête. Mais c’est comme ça. À partir du moment où je suis inspiré, il y a quelque chose qui naît de cette inspiration et pour moi, il est très difficile de modifier quoi que ce soit après coup. Et il ne faut pas voir là-dedans une forme de prétention, mais à partir du moment où j’ai terminé un morceau, j’ai énormément de mal à aller regratter à l’intérieur et changer des choses. Ce sont donc les auteurs qui se plient à ma musique. Mais ils le font très très bien, et surtout Emmanuel Tugny, donc c’est super… Pour ce qui est des thèmes qu’il aborde dans les chansons, bien entendu, nous en avons longuement discuté ensemble auparavant. Emmanuel est quelqu’un d’extrêmement cultivé et il connaissait très bien les histoires de George Sand et Frédéric Chopin, le voyage à Majorque, Marseille… Emmanuel connaissait déjà toutes ces choses. C’est ça qui était génial, je n’avais rien à lui apprendre. C’est d’ailleurs lui bien souvent qui m’expliquait des choses. C’est un très grand Monsieur, très cultivé qui a beaucoup voyagé et beaucoup lu. Je n’ai pas eu à lui dire un seul mot, il savait parfaitement où il devait aller.

Elodie Frégé signe également un texte, « Rien autour ». Aviez-vous envie depuis longtemps, avec Elodie, de refaire quelque chose tous les deux ?

Elodie, c’est une autre histoire… Au même moment où je composais toutes ces chansons en pensant les envoyer à Emmanuel, il y a celle que j’ai commencé à partir de la « Valse n°2 ».  En la composant, je voyais tout le temps la tête d’Elodie devant moi. Elle était tellement présente que quand j’ai terminé de composer ce titre, j’ai dit à Emmanuel qu’il ne fallait pas qu’il se vexe, mais que je ne voyais personne d’autre qu’Elodie pour écrire ce texte… J’ai appelé Elodie et je lui ai envoyé la chanson. Elle m’a dit « Je n’ai juste pas le choix parce que c’est ma valse préférée de Chopin ! » Elle se demandait si je l’avais fait exprès, mais en fait, j’ignorais que c’était sa valse préférée. Ça a été un réel vrai beau cadeau pour moi parce que nous n’avions pas collaboré ensemble depuis bientôt dix ans et se retrouver sur ce projet tellement inattendu, c’était formidable. Il y a dix ans, je n’aurais jamais pensé un jour faire un spectacle sur Chopin. J’aurais pu imaginer que j’allais aller sur des terrains plus new-wave, parce que c’était déjà une évidence. Mais Chopin, je n’y pensais pas. Donc, je n’en n’avais jamais parlé avec Elodie et je suis très fier qu’elle m’accompagne également sur ce projet. Je la remercie.

Michal Kwiatkowski © Riad Beldjilali

As-tu écrit quelques textes toi-même ?

Oui. J’ai écrit une berceuse en polonais. J’ai pris la fameuse berceuse de Chopin que j’ai modifiée et co-composée. J’ai écrit le texte en polonais en pensant au dernier adieu qu’on fait à la personne qui s’en va dans l’au-delà. Je voulais rester dans le thème de la berceuse, mais pas la berceuse qu’on chante tous les soirs à son enfant. Je suis allé un peu plus loin… J’ai pensé à cette berceuse ultime que l’on peut chanter à un proche qui s’en va. Et ça s’arrête là pour ce qui est des textes que j’ai écrits. Et je vais t’expliquer pourquoi… C’est parce que j’ai un peu de mal à écrire en français. Et je tenais à ce que ce projet soit en français, mise à part cette chanson en polonais. Je ne voulais en tout cas pas d’anglais. C’était cette fois-ci une direction que je ne souhaitais pas prendre. Donc, je n’ai écrit qu’un seul texte.

À côté de ces nouvelles chansons, tu reprends également quelques titres, et notamment quelques-uns de Gainsbourg, qui lui aussi a été très inspiré par Chopin « Lemon Incest », « Dépression au-dessus du jardin ». Fait-il partie des artistes qui t’ont influencé ?

Ah oui ! Il fait vraiment partie de mes influences depuis que je suis arrivé en France. Je me souviens des premières interviews que j’ai données… quand on me demandait ce que j’aimais dans la chanson française, je répondais toujours Mylène Farmer. Elle m’a beaucoup inspiré. C’était un petit peu mon artiste-phare française. C’est sans aucun doute elle qui m’a donné envie d’apprendre le français. Et en même temps que Mylène Farmer, j’ai découvert Serge Gainsbourg. Il avait peut-être un peu moins d’influence sur moi parce que son univers était totalement différent, mais j’adorais la qualité de ses chansons, de ses textes et aussi son côté provocateur qui me plaisait beaucoup. J’avais 18 ans quand je suis venu de Pologne… et à cet âge-là, on adore tout ce qui est provoc. Et du coup, je suis très content de le retrouver sur ce projet. Pendant toutes ces années, il m’est arrivé de faire quelques petites reprises de Gainsbourg, j’en ai fait au Château de la StarAc aussi. Gainsbourg a toujours été présent dans ma vie mais ponctuellement. Et là, je chante trois ou quatre chansons de lui dans mon nouveau spectacle, c’est génial.

Fais-tu d’autres reprises ?

Oui, il y a « Le temps qui court ». Je chante sur scène la version d’Alain Chamfort en sachant qu’à la base elle était chantée par Donna Summer en anglais. C’est une très très belle chanson et elle est vraiment totalement inspirée par Chopin. Même si j’avais une petite crainte, parce que c’est une chanson qui a été beaucoup reprise, j’avais envie de montrer aux gens qu’elle avait été inspirée par Chopin. Peu de gens sont au courant de ça. Quand on te dit « Le temps qui court », tu penses tout de suite à Chamfort, à Donna Summer et aux Enfoirés, mais pas à Chopin. Donc, je pense que c’était mon devoir à travers ce spectacle d’apprendre quelque chose aux gens qu’ils ne savaient pas forcément…

Michal Kwiatkowski © Riad Beldjilali

Comment le spectacle est-il construit ? Comme un récital ou bien un spectacle avec une trame ?

J’ai tenu à ce qu’on puisse respirer entre les morceaux. Comme je te l’ai dit tout à l’heure, j’ai vraiment dévoré les correspondances de Chopin avec ses amis et ses amantes. Du coup, on peut entendre de temps en temps des extraits de lettres. Il y a des choses qui introduisent la chanson qui arrive, d’autres qui lient deux chansons entre elles. Je ne peux pas en dire trop parce que c’est un spectacle assez intimiste. Et si j’en dis trop, il n’y aura plus de surprise. Mais ce n’est pas un tour de chant classique, j’ai voulu garder l’esprit spectacle, il y a des choses qui se passent autour. Et j’espère vraiment jouer ce spectacle pendant très longtemps pour le faire évoluer. Aujourd’hui, il est comme ça, demain, il sera différent. Au fur et à mesure des dates, il va grandir. Je ne le vois pas comme quelque chose de fixe. Je suis seul sur scène au piano, je peux donc me permettre vraiment de mettre en scène toutes les idées qui me passent par la tête… C’est génial.

Pourquoi as-tu fait le choix de monter un spectacle avant de penser à enregistrer un album ? Justement dans cette optique que ce ne soit pas fixe, que ça puisse évoluer ?

J’espère dans un premier temps faire beaucoup de dates pour le faire découvrir aux gens. Après, on envisagera peut-être une captation ou un CD live. Alors, je vais répondre à ta question… On voit autour de nous, beaucoup de projets de reprises et beaucoup de projets qui sont basés sur autre chose que la création originale. Et moi, je voulais montrer aux gens que je ne m’inscrivais pas dans ce sillon. Si on vient voir le spectacle, on va très vite comprendre que ce n’est pas un projet de reprises parce que je reste compositeur de toutes ces chansons. Quand Gainsbourg a sorti « Lemon Incest », personne n’a dit qu’il faisait une reprise de Chopin. Donc, je suis dans cette même optique. Et aussi parce que comme je te l’ai dit, les chansons et le projet vont évoluer. Et donc, si un jour on enregistre un disque, je veux vraiment que ce soit quand les chansons seront à leur plus grande forme…

Michal Kwiatkowski © Ben Marguin

C’est pour donner vie aux chansons, pour les patiner un peu.

Exactement. Déjà aujourd’hui entre la première officielle de ce projet à La-Seyne-sur-Mer cet été et la première parisienne qui est en fait la deuxième, il y aura déjà des différences. En un mois, j’ai compris qu’il y a avait des choses à changer. Donc, que va-t-il se passer dans un mois ou dans un an ? Si on enregistre un album, je veux que ce soient les versions les plus belles qui figurent dessus…

Y a-t-il une raison particulière à avoir choisi les Trois Baudets ?

Oui, bien sûr. C’est l’endroit où Gainsbourg a débuté. J’espère que cette salle m’apportera autant de bonheur qu’elle en a apporté à Serge Gainsbourg.

J’aimerais qu’on parle un instant de Self Concept. Le projet continue-t-il en parallèle ou est-il mis entre parenthèses ?

Il continue. Parce que je n’ai pas encore tout dit dans ce domaine-là. Si j’ai le temps, je pense que j’aurais besoin à un moment donné de m’éloigner un peu de Chopin pour composer quelques chansons un peu new-wave ou plus rock. Pour me faire du bien aussi… Je vis une sorte de paradoxe en ce moment. Je ne peux vivre sans Self Concept et je ne peux vivre sans Chopin, alors que ce sont deux projets assez différents. Ce n’est donc pas oublié. Self Concept est là et la vie montrera à quel moment il repointera le bout de son nez…

La porte n’est donc pas fermée.

Oh non ! Je la pousse même… (sourire)

Michal Kwiatkowski © Ben Marguin

Un petit mot sur ton petit frère, Dawid Kwiatkowski, qui fait un carton en ce moment en Pologne avec le titre « Biegnijmy ». Penses-tu l’avoir influencé ? Lui donnes-tu des conseils ?

Je ne sais pas si je l’ai influencé… C’est quelque chose qui est en lui depuis toujours. J’ai passé énormément de temps avec lui avant mon départ en France. Et j’avoue que quand je le gardais, on dansait et on chantait ensemble. Après, il n’était pas du tout obligé d’aller dans cette direction-là. Il s’est égaré un peu et là, il est revenu, et j’en suis vraiment ravi. Ce qui me plaît dans les interviews qu’il donne, c’est qu’il dit que je lui ai donné des conseils mais que lui est en Pologne et moi en France. Il se débrouille tout seul. Il ne veut absolument pas que les gens pensent que je l’aide ou que je l’ai pistonné… Et ça, ça me plait beaucoup ! Je pense qu’il est déjà assez grand et assez indépendant pour avoir besoin de moi. Si un jour il me demande de lui écrire une chanson, ce sera en tout cas un réel plaisir…

Le public français t’a découvert sur son petit écran il y a dix ans maintenant. Dix ans, ce n’est pas rien. Quel regard jettes-tu sur ces dix premières années de carrière ?

Un très bon bilan. Mouvementé dès le départ (rire). Il y a eu deux parties. La première, l’après-StarAc avec une major derrière moi. Donc, beaucoup de moyens et peu de liberté et de jouissance. Et une deuxième partie plus compliquée que je continue d’ailleurs. Ce sont les années d’indépendance. C’est le label que j’ai monté et que je gère. Une liberté totale, que du bonheur, très peu d’argent parce que tout va dans l’entreprise et les projets. Mais en même temps, c’est ce que je voulais. Je ne sais même plus combien de tournées… Donc, c’est un super bilan. J’aimerais pour les dix prochaines années revivre cette décennie, voire mieux, mais au moins la même… Et j’avoue que je suis extrêmement heureux de la débuter avec ce nouveau projet « Chopin Etc »…

Comment expliques-tu, avec tous les projets très différents les uns des autres que tu as proposés au public, qu’il te soit resté aussi fidèle ? Parce qu’entre le Michal des débuts à Self Concept, et maintenant Chopin Etc… tu les as baladés d’un univers à l’autre !

(rires) C’est vrai. Et c’est en ça que je suis fier de mon parcours. Effectivement je me rends compte qu’ils sont toujours là alors que moi, je saute d’un truc à un autre. Je pense qu’il n’y a qu’une seule explication à ça, c’est la sincérité. Et là, je parle de la mienne. À chaque fois que je me lance dans un projet, je le fais avec une sincérité totale. Je ne triche pas. Si j’ai envie de faire Chopin, je le fais. Si je n’ai pas envie de faire Chopin, je ne le fais pas. C’était pareil pour Self Concept. Et je pense que les gens le ressentent. J’ai l’impression qu’ils se sont attachés un petit peu à moi, et du coup, ils voyagent avec moi. Ils veulent monter sur le bateau dont je suis le capitaine et que je les emmène dans des endroits qu’ils n’ont jamais vus. Ils me font confiance, en fait. Et si je peux croire ce que je lis, ils ne sont pas déçus. Et c’est ça qui me donne la force de continuer…

Propos recueillis par IdolesMag le 12 septembre 2013.
Photos : Ben Marguin, Riad Beldjilali
Facebook : https://www.facebook.com/michalofficiel?fref=ts
Site web : http://www.chopin-etc.com/









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