Interview de FBL

Propos recueillis par IdolesMag.com le 12/08/2013.
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FBL - DR

Après de longs mois passés sur scène à sillonner la France (on les a vu en première partie de Killer Pilze, Eskemo ou encore Romain Ughetto), le groupe « pop rock teenage » FBL (comprenez « Federal Bureau of Lovers ») s'apprête à publier un premier album. Nous avons donc été à la rencontre de Zaki, le leader du groupe, pour en savoir plus sur les projets de FBL. Au cours de notre interview, nous ne manquerons pas d’évoquer le parcours du groupe. Alors comme le dit Zaki, « Salut Tssoua! ». Et c'est parti!

IdolesMag : Dans quelles circonstances vous êtes-vous rencontrés tous les trois?

Zaki : D'abord, j'ai rencontré Vincent, le batteur. Ça s'est fait de par mon métier puisque je suis ingénieur du son et Vincent évoluait dans un groupe qui n'a d’ailleurs rien à voir avec ce que nous faisons aujourd'hui... il était dans un groupe de métal! Pas du petit métal, hein?! Quelque chose de vraiment hardcore! (rires) Je travaillais donc avec lui et on a sympathisé. On a commencé à parler ensemble de musique et on a fait quelques petites répètes ensemble. On s'est rendu compte qu'on aimait bien le pop rock et tout a commencé comme ça. Ensuite, Bichon, le bassiste est arrivé. Bichon, c'est son vrai nom! C'est marqué sur la carte d'identité!! (rires) Lui, je l'ai rencontré lorsqu'il était dans une comédie musicale, « Le Roi Lion ». Pareil, en discutant, on s'est trouvé des affinités. Comme quoi, c'est important de discuter avec les gens... Et de fil en aiguille, il nous a rejoints avec Vince et le groupe était formé.

Comment ça s'est passé au départ? Êtes-vous directement partis sur des compos originales ou bien avez-vous commencé par faire des reprises comme beaucoup de groupes?

Le groupe n'a jamais fait de reprise. Moi, en revanche, à titre personnel, j'en avais fait dans de précédents groupes. Je suis passé par la case du groupe qui jouait dans des bars tous les soirs. J'ai fait ça pendant trois/quatre ans. On faisait des reprises. Ça apprend à maîtriser d'autres styles. Je pense que c'est formateur, d'ailleurs beaucoup passent par là. En tout cas, moi, je l'ai fait, mais pas le groupe.

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Donc, pour FBL, jamais de reprise.

Non, jamais. Faire des reprises, ça devient vite assez impersonnel, même si les gens s'amusent sur des titres que tout le monde connaît. Et moi, je ne voulais pas faire ça toute ma vie. FBL, c'est un style, on veut raconter nos histoires, donc, on ne fait pas de reprise. Nous sommes, entre guillemets, « un vrai groupe de créations ».

Tu m'as dit tout à l'heure que Vincent venait du métal, mais Bichon, quelle est sa culture musicale?

Bichon et moi, on a vraiment les mêmes influences, c'est certainement pour ça d'ailleurs que nous nous sommes tout de suite super bien entendus. On aime ce style pop-rock à la Simple Plan et ce genre de choses... Donc, avec Bichon, ça a matché tout de suite. Vincent venait du métal, mais il a une culture musicale extrêmement large aussi. Il écoute beaucoup de choses très différentes les unes des autres. Mais en tout cas, on se retrouve tous les trois sur ces sonorités pop-rock américaines un peu teenage.

En parlant d'influences musicales, écoutait-on beaucoup de musique chez toi quand tu étais gosse?

Quand j'étais gamin, je n'écoutais pratiquement pas de musique. Mon papa était boulanger, et il écoutait donc énormément la radio de trois heures du matin à midi quand il travaillait. Et moi, pendant les vacances, quand j'allais travailler avec lui, j'écoutais la radio. Mais à la maison, il n'y avait pas de musique. Donc, j'ai découvert la musique par le biais de la radio.

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As-tu eu des idoles à l'adolescence?

Bien sûr! J'avais beaucoup adhéré à l'époque au phénomène Roch Voisine et Patrick Bruel. J'étais encore un peu jeune quand même, mais j'avais vraiment adhéré. Mon idole, c'était vraiment Roch Voisine. Et donc, un jour, j'ai pris une guitare parce qu'il y avait une fille qui était folle amoureuse de Roch Voisine dans ma classe et je voulais la séduire... Et donc, pour la séduire, j'ai acheté une guitare pour faire comme lui, alors que je n'avais pas du tout cette culture musicale. J'habitais à Paris, et on écoutait quasiment que du rap à l'époque là où j'étais. Et donc, j'ai appris à jouer de la guitare comme ça... Comme quoi les filles nous motivent à faire plein de choses, et souvent de jolies choses. (rires) Mais à cette époque, je n'osais pas dire à mes potes que je faisais de la guitare. Je le leur ai caché pendant plus de deux ans. C'était assez mal vu de faire autre chose que du rap à l'époque... J'ai donc appris en cachette et en catimini. J'ai pris quelques cours de guitare pendant quelques mois. Et après, j'ai appris tout seul. Le jour où j'ai réussi à maîtriser un peu le truc, j'ai joué devant mes potes. Et là, ils ont tous été scotchés! Ils ont été assez impressionnés sur le fait que je jouais d'un instrument. Ça m'a motivé pour aller plus loin. Et pour la petite histoire, la fille qui m'avait motivé pour apprendre la guitare et qui était fan de Roch Voisine... Eh bien, je ne lui ai jamais fait de bisou ! On n'est jamais sortis ensemble. Comme quoi, elle m'a donné quelque chose, mais pas ce que je pensais! (rires) Et ce n'est peut-être pas plus mal.

C'est donc à cette époque que tu as commencé à écrire des chansons?

Oui, tout de suite. Quand j'ai commencé à jouer de la guitare, je jouais un peu de U2, du Roch Voisine, etc..., mais c'était clair dans ma tête, je ne voulais pas me cantonner à jouer les chansons des autres. Je savais que je composerai un jour ou l'autre. Et c'est finalement venu assez rapidement. Au bout de six mois, même un peu plus tôt, je me suis mis à écrire des chansons. C'était évidemment à l'époque assez naïf et maladroit, ce n'était pas très abouti, mais le « logiciel » entre guillemets de création et de composition était en moi.

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Après ton bac, tu es parti à Boston pendant trois ans. Est-ce que ça t'a ouvert d'autres horizons musicaux?

Ah oui, carrément. À l'époque, quand tu rentrais dans Boston, il y avait un magasin qui s'appelait « Tower Records ». C'était un énorme magasin où on trouvait tous les styles inimaginables. On allait souvent traîner là-bas avec mes potes. À côté, on avait le droit de jouer également. Et donc, là-bas, j'ai découvert vraiment d'autres styles musicaux que ceux que je pouvais écouter en France. C’est là que j'ai découvert Simple Plan, par exemple. C'est là que j'ai découvert la Pop Vintage. Le son qu'on a aujourd'hui avec FBL vient clairement de ce voyage.

Comme beaucoup de groupes, vous avez fait pas mal de scène. Est-ce que ça vous a construits musicalement? Est-ce que ça vous a soudés?

Oui, en tant que groupe. Quand on commence une tournée, on choisit les morceaux qu'on va jouer, mais on cherche aussi une cohésion. Au niveau du jeu, au fil des dates, on prend nos marques les uns avec les autres. Après, il suffit d'un regard, d'un petit signe ou juste de se retourner pour qu'on arrive à se comprendre. Donc, nous, les concerts nous ont aidés à mieux nous comprendre les uns les autres. Je dirais même qu'on a appris les compétences des autres. On sait comment l'autre joue, comment il va réagir, ce qu'il attend. On peut donc communiquer beaucoup plus rapidement. Mais je pense que c'est la même chose pour tous les groupes, en tout cas pour nous, comme nous venions d'univers différents, nous devions apprendre à nous connaître. C'est vrai que les répètes, c'est finalement quelque chose d'assez robotique. C'est assez technique. Alors que le concert, ce n'est pas du tout ça, il peut s'y passer n'importe quoi n'importe quand. Il peut s'y passer des tas de choses. Et c'est le concert qui nous a permis de mieux nous connaître et nous comprendre les uns les autres. Ça nous a permis et nous permet encore d'évoluer. À côté de ça, c'est vraiment ce qu'on adore la scène, c'est le bonheur.

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Comment avez-vous choisi le nom du groupe, FBL (« Federal Bureau of Lovers »)?

(rires) Ah la la, le nom du groupe... En réalité, quand le groupe s'est formé, on répétait dans une MJC. Dans cette MJC, il nous a fallu un nom de groupe. Très franchement, nous, on n'y avait pas vraiment réfléchi au début. On se disait toujours qu'on verrait plus tard... Mais un jour, le responsable de la MJC vient nous voir en nous disant qu'il fallait faire des plannings et ce genre de choses et que donc, il fallait donner un nom à notre groupe... On n'en avait pas. Ce jour-là, j'avais un T-Shirt avec marqué dessus FBI. Le gars me dit « Hey, toi le lover le mec du FBI, est-ce que tu ne peux pas me donner un nom de groupe? Parce qu'il est temps qu'on fasse vos fiches... » Quand il m'a dit « le lover, le mec du FBI », je lui ai dit mets sur ta fiche « Federal Bureau of Lovers, FBL ». C'est donc venu tout à fait par hasard. On n'a pas brainstormé pendant des nuits entières!! C'est vraiment venu assez spontanément. C'était court, c'était un acronyme, on s'est dit qu'on allait le garder. Et puis, les concerts ont commencé, on a été présents sur facebook... Donc, une fois qu'on a communiqué sur un réseau social avec un nom de groupe, c'est très difficile de revenir en arrière. C'est comme les parents quand ils choisissent le nom de leurs enfants... il faut faire attention dès le départ. Aujourd'hui, si on voulait changer de nom, ce serait impossible. C'est donc le hasard qui a fait le nom du groupe, plus qu'une volonté propre de vouloir se démarquer.

Au jour d'aujourd'hui, qui amène quoi dans le groupe? Comment bossez-vous tous les trois?

En règle générale, c'est moi qui écris les chansons, paroles et musique, à la guitare ou au piano. Et après, je viens avec mes chansons brutes et je les fais écouter à Vince et Bichon. Là, ils partent dans leurs délires et ça devient la guerre! (rires) Enfin la guerre... la guerre dans le bon sens du terme!! Je veux dire que ça fuse de partout, ça crée de partout. Chacun amène quelque chose et met sa patte au morceau. Et le titre commence à prendre sa forme définitive. Entre le titre brut que j'amène et le résultat final, il y a une marge conséquente. C'est vraiment le groupe qui tire les morceaux vers le haut. Donc, voilà, on fonctionne généralement comme ça. Et j'aime beaucoup quand j'amène un nouveau titre, parce que je sens dans le regard de Vince et de Bichon qu'ils ont envie d'être touchés et impressionnés. Et je sens aussi tout de suite quand ils ont envie de mener le morceau très haut. C'est un vrai travail collectif, chacun amène quelque chose de précis.

Au niveau des textes, te mets-tu des barrières? Essayes-tu de rester dans un créneau bien précis ou es-tu tenté d'aller parfois toucher des thèmes plus lourds, plus sociétaux?

On est un groupe un peu teenage. Donc, de par la direction musicale qu'on a prise, on a des barrières naturelles. Par rapport à notre public, il y a des sujets qu'on ne va pas aborder. Pas que ce soit des sujets qui ne nous intéressent pas en tant que citoyen, mais parce que ce sont des sujets qui ne vont pas forcément intéresser notre public. On est assez dans des choses positives. Donc, on ne va pas commencer à parler de politique, on ne va pas aborder certains sujets sociétaux parce que ce n'est pas notre « cible », entre guillemets. Donc, ce n'est pas qu'on se l'interdit, mais ce n'est pas aujourd'hui le sujet du groupe de parler d'autres choses que de relations amoureuses, d'amitié, etc... Quand on écoute les musiques et les textes, on voit bien qu'on est plus ciblés sur les relations humaines. Au-delà de ça, bien entendu qu'on a une conscience politique, sociale et économique, mais ce n'est pas le mode d'expression qu'on a choisi dans le cadre de FBL.

Peux-tu m'en dire un peu plus sur l'appel au Flash Mob que vous avez lancé sur les réseaux sociaux?

Bien sûr! On a beaucoup tourné ces derniers temps à travers la France, et notamment en première partie de certains artistes ou groupe comme Killer Pilze, le concurrent de Tokio Hotel, de Eskemo, de Romain Ughetto, etc... On a vraiment sillonné la France. Ça s'est formidablement bien passé et on a donc élargi considérablement notre fanbase. Après, on garde le contact à travers les réseaux sociaux. Et souvent, les fans nous demandent quand on revient dans leur ville... Certaines nous proposaient même de venir jouer à la maison! On leur disait qu'on attendait une autre tournée pour faire de nouvelles dates près de chez elles. Mais bon, beaucoup voulaient nous faire venir pour faire des concerts privés chez elles. Elles nous proposaient même de loger chez elles!! (rires) Si on devait répondre à toutes les invitations qu'on a reçues, ce serait impossible. Ce qu'on s'est dit c'est qu'on ne pouvait pas aller chez tout le monde, mais ce qu'on pouvait faire, c'était de faire en sorte d'aller jouer au moins chez une personne. Et donc, on a décidé de demander à nos fans d'organiser ce qu'on appelle un flashmob sur un de nos titres, « Fénoménal ». Donc, le flashmob qui aura réuni le plus de monde et qui aura la plus belle ambiance, on le sélectionnera et on ira jouer dans ce lycée-là, au bal de promo. Là, on attend d'avoir toutes les vidéos, donc on attend la rentrée. Ça va se passer sur quelque mois et à la fin, on choisira la meilleure vidéo et donc l'endroit où nous irons nous produire. On a déjà reçu quelques vidéos, c'est assez sympa... il y a une bonne petite concurrence. Ce sera de la folie ce concert, je pense. C'est un réel cadeau qu'on fait aux fans.

Que va-t-il se passer dans les prochaines semaines? Des scènes sont-elles prévues? Planchez-vous sur un album, un EP?

En ce moment, on travaille sur un album. On est en pleine production et réalisation. On va aller en studio. On a déjà commencé à travailler sur quelques titres. Au mois d'août et septembre, on va continuer. Et en même temps, à la rentrée, vers novembre/décembre, une petite tournée va voir le jour. On va repartir sur les routes dans toute la France avec de nouveaux titres. On sera en support d'une tête d'affiche dont je ne peux pas encore te donner le nom en ce moment. Donc, on est sur un album et une tournée. Il y aura plein de belles choses à la rentrée. On continue aussi notre série « Plus FBL la vie ». On a  tourné plusieurs épisodes. Les fans nous demandent souvent où on est et ce qu'on fait. Donc, à travers les médias et cette web série, on leur donne des nouvelles. On nous verra à la télé également à la rentrée, on fera le JJDA avec Jacky sur IDF1 en septembre. Donc, comme tu vois, pas mal de choses se préparent, il y aura pas mal d'actus en septembre. En ce moment, on travaille et je pense qu'on sera assez présents à partir de la rentrée scolaire.

Y a-t-il une deadline pour l'album?

J'aimerais tellement qu'il y en ai une... Mais avec les albums, c'est toujours compliqué... je n'ai pas envie de donner de date en tout cas. Par contre, ce que j'espère, c'est qu'il sortira avant fin 2013. C'est mon souhait. Et qu'on puisse le promouvoir rapidement. On adore la scène, si on pouvait être sur scène tous les soirs, on le ferait. Mais la sortie d'un album, ça annonce de la promo derrière et être sur la route et sur scène. Pour moi, il y a une corrélation certaine que j'apprécie entre la sortie d'un album, la promotion et la scène.

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L'album concrétise également un projet.

Bien entendu.

Et puis, pour toi, en tant qu'ingé son, c'est un peu ton terrain de jeu, le studio...

C'est clair! C'est vraiment mon truc. Je suis super à l'aise en studio. C'est vraiment ce que je sais le mieux faire. Je comprends ce qu'on fait, je comprends où on va... C'est mon boulot, donc, c'est quelque chose de naturel. Certains artistes ont un peu peur du studio, moi, ce n'est pas le cas, je m'y sens bien. J'aime la scène, c'est indéniable, mais le studio aussi...

Le groupe a déjà quelques années au compteur, mais vous projetez-vous dans 5 ou 10 ans?

On se projette, oui, mais pas en années. On compte le temps en albums et en tournées, pas en mois et années. Je ne peux pas te dire dans six mois, on en sera là, mais dans quatre titres, on en sera là. C'est une grande différence. La vision du temps qu'on a est complètement corrélée à notre activité musicale et artistique. On se projette donc en nombre d'albums, de titres, ou de tournées, mais pas en temps véritablement. Il y a des artistes comme Voulzy qui sortent des albums tous les 10 ans. Et d'autres qui en sortent un par année. Donc, la notion de temps ne veut pas dire grand-chose pour nous. On se projette dans le futur à travers nos projets musicaux. Ça peut paraître un peu fou pour certaines personnes, mais on n'a pas de deadline à propos du groupe. Mais en termes de succès et de public, on se projette le plus loin possible. Tu vois, dans cinq ans, j'espère qu'on aura fait Bercy. Parce que plus il y a de monde, plus ton travail est écouté. Parce qu'il ne faut pas se leurrer, c'est aussi un des buts de notre activité, c'est qu'on a envie de partager notre musique avec le plus de monde possible. Pas par rapport à notre égo, mais tout simplement parce qu'on a envie de faire la fête avec le plus de monde possible. C'est comme quand on organise une soirée pour son anniversaire, je pense qu'on préfère que la maison soit pleine, que tout le monde rigole et s'amuse et qu'il y ait une ambiance de folie. C'est chouette aussi un anniversaire avec ses amis très proches dans un cercle restreint, mais pour ça... on fera des concerts privés!

Propos recueillis par IdolesMag le 12 août 2013.
Photos : DR, Justine Patyk
Facebook : https://www.facebook.com/pages/FBL-Officiel/213343955359057?fref=ts









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