Interview de Siân Pottok

Propos recueillis par IdolesMag.com le 24/07/2013.
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Siân Pottok © Pauline Pénicaud

Certains d'entre vous se souviendront très certainement de sa participation à « Attention Mesdames et Messieurs », la comédie musicale autour des chansons de Michel Fugain, quand d'autres se remémoreront ses prestations sur le plateau de la sixième édition de la Nouvelle Star aux côtés d'Amandine Bourgeois, Cédric O'Heix ou Benjamin Siksou. Qu'on se le dise, Siân Pottok est de retour à la rentrée avec dans les valises un single et un album (réalisé par Renaud Létang). En attendant, sa cover de « Telephone » de Lady Gaga fait le buzz sur le web. Nous avons été à sa rencontre pour en savoir un peu plus sur ses projets. Rencontre avec une artiste voyageuse et déterminée.

IdolesMag : Dans ta bio, on te définit comme une « citoyenne du monde ». Tu as beaucoup voyagé pendant ta jeunesse. Peux-tu un peu me raconter ton parcours?

Siân Pottok : Je suis née en Floride. Après, on a voyagé en Indonésie, à Singapour avec ma famille. J'étais très jeune. Ensuite, on a fait quelques allers retours entre la Belgique et les États-Unis. Ça, c'est pour le parcours géographique. Musicalement, j'étais souvent derrière le piano à écrire des espèces de petites mélodies. Mais ce n'était pas forcément quelque chose de conscient. Je m'amusais derrière mon piano. C'est vraiment quand j'ai eu 19 ans et que je suis venue m'installer à Paris, que je me suis inscrite dans une école très générale où il y avait un peu de tout. C'est à partir de ce moment-là que j'ai commencé à écrire et à composer. C'est à cette époque que j'ai abordé le métier de façon professionnelle. Avant ça, c'était complètement naturel et inconscient. Je ne me disais pas « tiens là, je suis en train de composer... » Ce n'était pas du tout comme ça.

Avec tous les voyages que tu as faits, tu as dû écouter bon nombre de musiques différentes. Quelles sont tes principales influences?

J'ai, déjà, beaucoup écouté Ella Fitzgerald et du jazz. J'ai beaucoup écouté aussi de Bobby McFerrin, l'artiste qui a notamment chanté « Don't Worry, Be Happy ». En fait, il est incroyable au niveau de l'improvisation vocale. Et du coup, il m'a vachement inspirée. J'ai aussi écouté pas mal de musique traditionnelle indienne, de la musique traditionnelle africaine aussi. Pour les textes, j'ai pas mal écouté Joni Mitchell, Ani DiFranco, etc... Comme tu peux le voir, je suis assez éclectique dans mes goûts musicaux. Je n'ai pas vraiment de style bien précis que j'écoute tout le temps.

Quand as-tu commencé vraiment à écrire des chansons?

Ça a commencé il y a six ans. Là, en gros, je m'étais dit que j'allais me mettre sérieusement à la musique... J'avais rencontré un ami musicien à Paris, Kevin Reveyrand, qui m'avait dit « Si tu veux, on peut enregistrer des choses ensemble ». Je lui ai dit OK et je me suis mise à écrire des chansons. J'étais un peu dans le flou avec mon piano et ma guitare. J'essayais de trouver des petits accords et des mélodies. Donc, au départ, ça s'est fait comme ça de manière un peu naïve. Et de fil en aiguille, j'ai compris certaines choses et aujourd'hui, j'adore ça. J'écris un peu tout le temps! (rires)

Qu'est-ce qui a le plus d'importance pour toi, les mots ou les notes?

Ça dépend des chansons. Il y en a certaines pour lesquelles j'essaye de mettre plus l'accent sur le rythme et la mélodie. Et puis, d'autres où je mets l'accent sur le texte. Généralement, j'essaye vraiment de faire de jolies mélodies avec des textes que je trouve intéressants, du moins qui sont porteurs d'un message ou qui ont une certaine profondeur. Mon objectif, c'est d'arriver à livrer au public quelque chose de cohérent avec un message dedans.

Au jour d'aujourd'hui, écris-tu et composes-tu beaucoup?

Ah oui, tous les jours. Un jour, quelqu'un m'a dit « Siân, il faut que tous les jours tu écrives quelque chose de différent », comme pour entretenir cet état de création. Et c'est ce que je fais. Après, ça devient presque comme une drogue. Quand on ne crée plus, on n'est pas bien. C'est assez incroyable, mais ça fait trois ans que je n'arrête pas d'écrire et quand l'inspiration part pendant un mois ou deux, parce que ça peut arriver aussi, eh bien, on a l'impression que c'est la fin du monde parce qu'il n'y a plus rien qui sort. Et puis, tout d'un coup, ça revient, et tu ne sais pas pourquoi, et c'est reparti pour six mois. C'est particulier comme état, la création, mais c'est génial!

Tu me disais tout à l'heure que tu avais commencé à écrire des chansons de façon assez naïve finalement. L'est-ce encore à l'heure actuelle?

Je ne sais pas... Oui, ça reste quelque chose de naïf dans le sens où ça reste quelque chose de très spontané. Dans le sens où le matin, je ne me réveille pas en me disant, je vais écrire sur tel ou tel sujet et jouer tel ou tel accord. Donc, ça reste spontané. Je ne sais pas trop où je vais quand j'écris. Je prends ma gratte et je me laisse guider. Quand je trouve un truc qui me plaît, je fonce dedans. Par contre, tout ce qui est plus précis, employer tel ou tel autre mot, aller vers tel ou tel arrangement, là, c'est nettement plus réfléchi. J'essaye à ce moment-là que ce soit précis. Mais quand il s'agit de créer, c'est un processus vraiment spontané et naïf.

Que s'est-il passé dans ta vie musicale entre ton arrivée à Paris à 19 ans et ta signature en Édition chez Universal?

Pas mal de choses... Pendant une année, j'ai fait une école de musique qui s'appelle l'école « Lili-Nadia Boulanger ». C'est une école très générale où on apprend pas mal de choses. Je ne savais clairement pas ce que je voulais faire. Je savais que je voulais faire de la musique, mais dans quel style et comment, je n'en avais aucune idée. Donc, ça, ça m'a permis de découvrir le jazz. J'ai adoré ça et j'ai rapidement su que je voulais aller dans cette direction. Ensuite, j'ai fait un an de Conservatoire en Jazz. Et puis ensuite, j'ai passé une audition pour une comédie musicale avec Michel Fugain. J'ai été prise et du coup, je me suis retrouvée sur la scène des Folies Bergères pendant plusieurs mois. J'avais 20/21 ans et ça a été une expérience assez extraordinaire d'être sur scène et d'être confrontée à un public tous les jours. Il y a eu aussi toutes les répètes en amont. Donc, ça, ça m'a vraiment occupée pendant plusieurs mois. J'ai donc obtenu mon intermittence. Et là, j'ai pu autoproduire un premier disque avec mes propres compos. C'est à ce moment que j'ai pu mettre mes premières chansons sur un support. Ça a donc été l'aventure de mon premier disque. Après, j'ai refait une deuxième comédie musicale. Pareil, j'ai été occupée pendant quelques mois. Après, je suis partie aux États-Unis, à New-York, pendant quelques années. Là, j'ai pu vraiment collaborer avec plein de gens. J'y ai rencontré des musiciens vraiment extraordinaires. On a beaucoup joué, ça m'a beaucoup enrichie cette expérience. J'ai vraiment appris à jouer de la guitare. Tu sais, quand on est là-bas, on est vraiment dans une ambiance de boulot-boulot-boulot. Donc, j'ai appris plein de trucs dont je me sers aujourd'hui. Suite à cette aventure aux États-Unis, je suis revenue à Paris il y a à peu près un an et c'est à cette époque que j'ai signé avec Marc Lumbroso et Universal.

Siân Pottok © Pauline Pénicaud

Tu m'as dit tout à l'heure qu'après la comédie musicale autour des chansons de Michel Fugain, tu avais pu autoproduire ton premier album et le mettre sur un support. C'était important pour toi de graver ces chansons-là à ce moment-là ?

Oui, c’était important. Pour un artiste, c'est important de voir ce qu'on a fait à un instant T pour pouvoir évoluer. Pour moi, en tout cas, je le voyais comme ça. C'était important d'enregistrer ce que j'avais en tête et ce que j'avais créé à cette époque. J'avais 22 ans, quelque chose comme ça. Et aujourd'hui, quand je réécoute ce que j'ai fait à cette époque, je peux me rendre compte de l'évolution qu'il y a eue avec ce que je fais aujourd'hui. C'est chouette. C'est intéressant de voir comment on évolue et la direction musicale qu'on prend. Vocalement aussi, beaucoup de choses ont évolué. Donc, oui, c'est important de temps en temps de graver ce qu'on est en train de créer. Certains enregistrent chez eux, mais la démarche est la même. Nous, on l'a enregistré dans le petit home studio de mon ami Kevin parce que je n'avais rien chez moi.

Tu viens de créer le buzz avec la reprise de « Telephone » de Lady Gaga. Comment as-tu choisi ce titre?

J'ai choisi ce titre parce que c'est vraiment un titre qui n'a rien à voir avec ce que je fais musicalement. C'est totalement différent. Et puis, avant de faire cette cover de Lady Gaga, je ne connaissais pas vraiment l'artiste. Donc, j'avais quelques préjugés sur son côté un peu extravagant. En fin de compte, j'ai fait quelques recherches sur elle avant de m'attaquer à sa chanson, et j'ai découvert une artiste absolument incroyable. Et je le dis haut et fort parce que c'est une file qui est super professionnelle et qui a un talent fou. J'admire énormément cette artiste. Et donc voilà, j'ai un peu regardé ce qu'elle avait fait et j'ai décidé de reprendre « Telephone » et d'en faire une version personnelle.

Pourquoi avoir fait le choix de revenir dans la lumière avec une cover, alors que tu as des chansons originales?

Étant donné qu'il y a une compo originale qui va sortir à la rentrée, je ne voulais pas griller les étapes. On est encore en studio en train d'enregistrer. Donc, je me suis dit que ça pouvait être sympa. Et très franchement, au départ, j'ai fait ça pour m'amuser. C'est parti d'une idée lancée en l'air « Tiens, je vais faire une reprise ». Je l'ai faite et puis ça a plu à mon entourage et aux gens avec qui je travaille. Tout s'est passé très naturellement. Rien n'a été calculé. Je ne fonctionne pas comme ça. Et puis, finalement, je trouve qu'elle occupe bien le terrain avant le single qui est attendu à la rentrée.

Justement, peux-tu déjà un peu me parler de ce single qui est attendu pour la rentrée?

[Siân hésite un instant...] Oui, je peux en parler! (rires) C'est une compo qui me tient à cœur. J'y aborde un sujet important dans le sens où elle évoque le fait qu'il faut accepter les gens tels qu'ils sont. Peu importe d'où ils viennent et qui ils sont, que ce soient des blacks, des juifs, des homosexuels... On est tous ensemble. Il faut qu'on s'accepte les uns les autres comme on est. Il faut qu'on s'aime. En gros, je trouve que la société dans laquelle on vit en ce moment est un peu compliquée. Et j'ai écrit cette chanson pour parler de ça. C'est un sujet qui me tient à cœur. C'est un petit message que je lance...

Un clip est-il prévu?

Oui, il devrait être diffusé au même moment que la chanson.

Derrière ce titre, je suppose qu'il y a un album ou un EP qui se profile.

Voilà!!

De quelle équipe t'es-tu entourée?

En ce moment, je ne peux pas encore trop en parler parce que ce n'est pas complètement fait ni concret. Du coup, on en reparlera un peu plus tard.

On sait tout de même que Renaud Létang (Alain Souchon, Arielle Dombasle, Jane Birkin, Juliette...) en sera le réalisateur.

Oui. Mais après, au niveau des musiciens, on ne sait pas encore vraiment qui sera sur le projet. J'ai passé pas mal de temps en studio avec Renaud pour faire tout ce qui était pré-prods et enregistrements de maquettes. Ensemble, on a défini un univers musical bien précis. On a bien avancé dans cette direction-là. Maintenant, qui fera partie de l'équipe de musiciens en studio ? Je n'en sais encore rien pour l'instant.

Renaud, dans quelles circonstances l'as-tu rencontré? Le connais-tu depuis longtemps?

Non. Je l'ai rencontré par l'intermédiaire d'amis. On m'a parlé de lui et du coup, je suis allée le rencontrer dans son studio. On a fait connaissance comme ça. Le feeling est bien passé entre nous. Et on s'est dit « pourquoi pas faire un bout de chemin ensemble? » En fait, je le connais depuis un an, quelque chose comme ça. Mais même pas. C'est vraiment quand je suis revenue à Paris que je l'ai rencontré.

Tu viens de me dire que vous aviez défini un style musical assez précis. Dans quelle direction vas-tu donc aller?

Ça va être pop et à la fois un peu électro. Ce sera une espèce de mélange entre les grattes sèches de la pop et des trucs un peu acoustiques et à côté, un peu d'électro.

As-tu déjà quelques chansons? Concrètement, tu en es où?

Les chansons sont toutes prêtes. Maintenant, il n'y a plus qu'à rentrer en studio et les enregistrer.

« Y'a plus qu'à »... C'est tout de même un gros boulot qui t'attend!

(éclats de rires) Oui, je sais!! Mais disons que maintenant, les contours sont dessinés et précisés. On a pris notre temps pour que ça corresponde à mon univers et à mes envies. Maintenant, c'est plus une question d'organisation pour tout mettre en place.

Quels thèmes vas-tu aborder dans ces chansons?

Comme j'ai pas mal voyagé, il y aura des chansons qui parleront des inégalités sociales. Il y a pas mal de thèmes un peu engagés dirons-nous. Et puis, il y aura des chansons d'amour, bien évidemment. Il y aura vraiment un mélange des deux. Je n'ai pas voulu privilégier les chansons engagées ou les chansons d'amour. Il y aura un vrai mélange des deux. Il y aura un peu de tout ce qui fait notre quotidien dans cet album.

Tu as travaillé aux studios Ferber. Qu'est-ce que ça t'a fait d’évoluer dans ces studios complètement mythiques?

C'était incroyable! C'était une expérience vraiment unique. On a pas mal bossé avec Renaud là-bas. C'est génial de croiser des artistes constamment. En plus, on y est vraiment « comme à la maison ». Tout le monde est vraiment sympa là-bas. Et puis, le studio est juste superbe... ça a été une expérience vraiment géniale de bout en bout.

Des scènes sont-elles prévues en ce moment ou bien vont-elles se concentrer autour de la sortie du single et/ou de l'album?

Pour l'instant, j'ai quelques scènes prévues, mais pas à Paris. Mais disons que ce sont des petites dates ponctuelles et qu'il n'y a rien de bien concret pour l'instant au niveau des dates dans le sens où on attend la sortie du single et de l'album. On va commencer à travailler sur tout ça à la rentrée.

Propos recueillis par IdolesMag le 24 juillet 2013.
Photos : Pauline Pénicaud
Facebook : https://www.facebook.com/sianmusik

 









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