Interview de Xavier Thibault, Le Grand Orchestre du Splendid

Propos recueillis par IdolesMag.com le 07/06/2013.
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Le Grand Orchestre du Splendid - DR

Le Grand Orchestre du Splendid vient d'intégrer la nouvelle et dernière saison de la tournée « Âge Tendre ». Nous avons rencontré l'un de ses fondateurs, Xavier Thibault alors qu'il faisait escale à Lille. Nous en avons profité pour parler avec lui de ce Grand Orchestre, dont la fameuse « Salsa du Démon » est encore sur toutes les lèvres, et de leurs projets. Un album de reprises avec des duos est envisagé dans les prochains mois...

IdolesMag : Qu'est-ce qui vous a incité à intégrer avec le Grand Orchestre cette huitième et dernière saison de la tournée « Âge Tendre »?

Xavier Thibault : Je ne sais pas... On nous a demandé si on voulait intégrer la tournée... ça nous a fait plaisir de nous mélanger à tous ces artistes qui ont fait de belles carrières. On est très fiers de faire partie de cette fournée, si je puis dire! On n'a pas été déçus. Le spectacle est vraiment super, les artistes chantent très très bien. Ça a un impact incroyable sur le public. C'est un vrai spectacle populaire et nous, ça nous plaît.

Vous qui vous produisez encore beaucoup sur scène dans des spectacles complets, n'est-ce pas un peu frustrant de ne jouer que 15/20 minutes?

Oui, mais c'est le jeu et ce n'est dans le fond pas très grave. En plus, on joue deux fois par jour donc, on s'y retrouve, on a le temps de bien dépenser notre énergie. D'ailleurs, c'est drôle parce que jouer trois ou quatre chansons, même une seule, c'est dans le fond aussi fatigant que d'en jouer 25! On a l'habitude de donner tout dès qu'on est devant le public.

Comment tuez-vous le temps entre vos deux passages sur scène?

Oh, on retourne un petit peu à l'hôtel et on va souvent faire un petit tour en ville. Vous savez, maintenant, avec les ordinateurs, on peut se permettre de travailler même quand on n'est pas chez soi. Là, je travaille sur des arrangements. Parfois, j'amène mon violon et je joue un peu à l'hôtel.

Vous arrivez à écrire et composer quand vous êtes sur la route?

Oui. Parfois, il y a un peu de tumulte, mais ça fait du bien aussi. Mais comme en ce moment, je suis plutôt sur des arrangements, c'est plus calme.

J'imagine que vous avez retrouvé des artistes que vous connaissez depuis longtemps...

Bien sûr!

Dédicace de Xavier Thibault pour IdolesMag

Y en a-t-il que vous aviez perdu de vue?

En tant qu'artistes, on se retrouve de temps en temps sur des plateaux de télé tout de même, mais ce n'est pas pour ça qu'on se connaît vraiment bien. Là, sur la tournée, par exemple, il y a Annie Cordy qu'on connaît vraiment bien.

Vous aviez notamment fait « Pince-moi j'hallucine » avec elle.

Oui, j'avais fait ce titre. Et puis, mon frère est son chef d'orchestre et ma femme lui a fait des costumes. Annie, c'est vraiment la famille, depuis très longtemps.

Dans quelles circonstances est né le Grand Orchestre du Splendid? Était-ce plutôt la dimension musicale ou le côté satirique et textuel qui vous plaisait ?

On peut dire que c'est vraiment les deux. Je faisais partie de la mouvance des premiers cafés théâtres... le Café de la Gare, Coluche, etc... Après, il y a eu le Café-Théâtre du Splendid. C'étaient eux mes amis, c'étaient ces gens-là avec lesquels je sortais. Et d'autre part, j'étais musicien de jazz, je jouais dans les boîtes. Et on a eu, avec d'autres copains musiciens, envie de recréer un orchestre comme il en existait avant-guerre. Je pense à des orchestres comme celui de Ray Ventura qui mélangeait humour et la musique qu'on aimait.

Quand avez-vous commencé à écrire et composer des chansons?

J'ai commencé à composer vraiment des chansons vers mes 18 ans. Vous savez, je n'ai pas vraiment commencé la musique très tôt. Je ne me dirigeais pas vraiment vers ça... C'est vers treize ans que j'ai eu une sorte de révélation et que j'ai décidé de me lancer dans la musique à fond. Je ne suis pas de ces enfants prodiges qui ont commencé le violon à quatre ans et le piano à cinq. Non, pas du tout. J'ai fait d'autres choses dans mon enfance. Ce n'est d'ailleurs pas plus mal parce que comme ça, j'ai pu faire d'autres choses tout aussi passionnantes, en tout cas quand on est enfant.

Aviez-vous des idoles quand vous étiez ado?

Oui, bien sûr... Disons que mes idoles sur le plan musical, étaient Ray Charles et ce genre de musiciens toujours un peu proches du jazz.

Et aujourd'hui, en avez-vous toujours?

Je n'ai plus vraiment d'idoles, mais une passion pour les grands musiciens. Je suis un passionné de musique, je continue à étudier la musique comme un ado. Donc, mes idoles aujourd'hui sont celles d'hier, ça peut être Duke Ellington, Count Basie ou Ravel. Ce sont en tout cas des musiciens.

Le Grand Orchestre a un peu plus de 35 ans aujourd'hui, vous l'avez créé en 1977... À cette époque, pensiez-vous que 35 ans plus tard vous seriez encore sur les routes avec ce même Grand Orchestre?

Pas du tout! On a commencé l'aventure presque comme un canular. Enfin... pas vraiment un canular mais disons qu'on l'a fait dans le but de s'amuser. Les artistes du Café-Théâtre du Splendid, tous ces acteurs qui ont fait la fameuse pièce des « Bronzés » qui est devenu le film culte que l'on connaît, étaient tous des copains. Ils nous prêtaient leur théâtre tous les dimanches après-midi pour monter notre truc. Alors, c'est ce qu'on a fait et nous nous sommes dit que quand ça ne serait plus libre, on s'arrêterait. On a joué deux fois et déjà la deuxième fois, la presse était là. La troisième fois, la télé était venue. On a eu la chance de faire de la télé tout de suite. Et du coup, on a continué, on a continué et on continue toujours... Tout de suite le Grand Orchestre a épaté les gens et ça a fonctionné.

Lou Volt © Mathieu Lombard

Écrivez-vous toujours de nouvelles chansons originales pour le Grand Orchestre?

J'ai toujours écrit des chansons et j'en écrirai toujours. Que ce soit d'ailleurs pour le Splendid ou pour d'autres artistes comme Lou Volt, par exemple. On s'est régalés sur son nouvel album, « Cocotte Minute » et d'ailleurs, je crois savoir que vous l'avez beaucoup aimé!

On ne peut rien vous cacher! (rires)

Mais pour Lou, j'écris déjà depuis de nombreuses années. Comme j'écris aussi les paroles, j'aime écrire des chansons un peu musclées. J'aime bien ça.

Faites-vous le distingo au départ de la création de la chanson?

Ah oui, bien sûr. Déjà, il y a une différence fondamentale entre écrire pour le Grand Orchestre et une personne en particulier, c'est que pour l'Orchestre, j'écris souvent une partition pour plusieurs personnages. Je pense aux personnes qui vont interpréter cette chanson, bien que tout le monde puisse être remplacé... Mais par exemple, Lou est quelqu'un de très spécial, et je suis très à l'aise d'écrire pour elle.

Y a-t-il un nouvel album du Grand Orchestre qui est prévu dans les prochains mois?

Oui. On va faire un nouvel album, on est en train de le mettre en place.

Seront-ce des chansons originales?

Non, ce seront des reprises mais avec une façon de traiter les titres un peu particulière.

C'est-à-dire?

Ce seront des titres typiquement des années 30 et 40. Et on va inviter d'autres artistes à venir les chanter avec nous, ce qu’on n’a encore jamais fait.

Pouvez-vous déjà me citer quelques noms?

Pas vraiment parce que ce n'est pas encore fait... On n'en est qu'au tout début.

Nous sommes aujourd'hui dans le Nord, vous qui avez écumé les scènes de France et de Navarre, avez-vous une anecdote particulière à me raconter?

C'est plus la Picardie, mais j'habite à Amiens... J'ai toujours adoré ces régions du Nord. On se régale toujours quand on joue dans le Nord. Et les gens y sont très musiciens, malgré ce qu'on peut en dire. Il y a de nombreux Conservatoires de qualité. Souvent, je propose des musiques que j'ai écrites à des conservatoires pour que les élèves changent un peu de répertoire... et je me rends compte que c'est un pays où les gens sont extrêmement musiciens. Il y a en particulier plein de cuivres, et j'aime beaucoup ça!

Depuis vos débuts, votre métier a beaucoup changé. De quel œil voyez-vous ça?

Je n'ai pas vraiment de critique à faire. Ça a toujours beaucoup changé l'air de rien. Si vous comparez le métier des années 60 et celui des années 40, ça n'avait déjà plus rien à voir. Et après, tous les dix ans, ça a changé... C'est une évolution normale.

Il faut s'adapter.

Oui, ou alors rester soi-même, c'est déjà pas mal...

Propos recueillis par IdolesMag le 7 juin 2013.
Photos : APS, Mathieu Lombard, DR
Site web : http://www.splendid.fr/

 









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