Interview de Chantal Goya

Propos recueillis par IdolesMag.com le 15/06/2013.
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Chantal Goya © Luc Dehon - IdolesMag.com

Chantal Goya est actuellement en tournée avec son spectacle « Le Monde Magique ». Elle reprendra à partir du 11 janvier 2014 « La Planète Merveilleuse » sur la scène du Palais des Congrès de Paris, ainsi que dans les plus grandes salles de France. Nous l'avons rencontrée afin qu'elle nous en dise un peu plus sur cette nouvelle version de ce conte créé en 1982. Au cours de cet entretien, nous aurons également le plaisir de nous remémorer quelques bons souvenirs et d'évoquer la vie de tournée. Chantal gère tout, ou presque. Rencontre avec Chantal Goya, une mamie plus  rock'n'roll qu'il n'y paraît!

La Planète Merveilleuse de Chantal GoyaIdolesMag : Vous tournez actuellement avec « Le Monde Magique de Chantal Goya » et l'année prochaine, vous reprenez « La Planète Merveilleuse ». Quelle va être la grande différence entre ces deux spectacles?

Chantal Goya : Oh... Là, nous allons jouer dans des Zénith de 4000 personnes. Il y aura énormément de décors, beaucoup de costumes. Il y aura 15 danseurs et dix enfants... Ce sont pas moins de 15 techniciens qui nous accompagnent. Ce sont des semi-remorques... C'est en fait une très grosse structure comme « Le Château Hanté » que j'avais joué l'année dernière. On avait déjà fait 40 Zénith et le Palais des Congrès à Paris, donc, entre les deux grands spectacles, on a fait une tournée intermédiaire, « Le Monde Magique », qui nous a permis de nous produire dans de plus petits théâtres. Mais j'ai hâte de repartir sur « La Planète Merveilleuse », qui débutera en 2014 et continuera jusqu'en 2015.

Le conte de « La Planète Merveilleuse » va-t-il être le même que celui que vous aviez joué en 1982?

Oui, je voulais absolument que ce soit le même. Vous savez, j'aime rester fidèle à ce que Jean-Jacques Debout a écrit. Il ajoutera deux nouvelles chansons, un nouveau final et un nouveau tableau. Et du reste, on enregistre ces chansons en Belgique, à Bruxelles, entre le 1er et le 5 septembre prochain, avec un grand orchestre philharmonique. On voulait absolument rester dans l'univers de mon spectacle. C'est un spectacle qui avait été joué à l'époque avec de grands orchestres, on voulait donc que ce soit la même chose pour les nouveautés qu'on allait lui apporter. Il y aura donc beaucoup de violons et beaucoup de cuivres, on va rester dans le même univers.

Donc, on ne retrouvera pas vraiment de nouveaux personnages?

Non. On a sorti les marmottes pour la tournée et on va mettre tous les tubes, parce que ce sont tous ces succès que les gens ont envie d'entendre ou de réentendre...

Pour ceux qui n'auraient pas vu le spectacle dans les années 80, racontez-moi un peu l'histoire de « La Planète Merveilleuse ».

Il y a une petite luciole qui arrive près d'un réverbère et je la retrouve. J'arrive en volant sur tous les toits de Paris avec tous les Pierrot. Elle doit aller dans l'Île aux Papillons. Alors, pour y aller, il faut trouver un système... On se demande comment on va faire. On traverse alors toutes les époques de Paris, on retrouve le vieux Paris avec Molière, il y a tous les limonaires, Bécassine qui arrive dans sa voiture... pour arriver dans le restaurant de l'Escargot où là, il y a un carrosse-escargot en vitrine. On va le faire descendre, il arrivera en vrai et on va s'envoler avec lui pour la Planète Merveilleuse. La Planète Merveilleuse, c'est une île aux Papillons avec plein de papillons. Il y a un grand mariage, celui d'une abeille avec Sir William Bourdon. Et ensuite, de là, on va aller faire une grande fête au château du Chat Botté où il y a un grand bal. Et au milieu du bal, une chose effrayante arrive, une araignée qui veut me piquer... Comme quoi même sur les planètes merveilleuses il y a toujours un petit côté pas terrible et effrayant !... (rires) Et grâce à la petite luciole qui a une étoile de vie, elle me rend la vie et je reviens... ça, ce sont les spectacles de Jean-Jacques, il a une imagination débordante. Regardez, là, j'ai des photos que nous avions prises en 1982... [Chantal nous montre de nombreuses photos du spectacle]

Ce sont des spectacles énormes. Les gens ne se rendent pas compte finalement du travail et de l'investissement que ça demande...

Oui, ce sont des spectacles qui ont bien marché. Avec celui-là, je crois qu'on a fait plus de 500 représentations au palais des Congrès. Et une tournée énorme à l'époque. On a dû toucher plus de 800 000 à 1 millions de personnes. Vous savez, j'ai tout de même vendu plus de 40 millions de disques.

Vous êtes l'artiste qui a fait le plus d'entrées au Palais des Congrès de Paris, tous spectacles confondus. Comment expliquez-vous cet amour du public et cette longévité?

Je vais vous dire... la longévité, je la dois au fait qu'on a toujours, avec Jean-Jacques, fait de belles et grandes choses. On n'a jamais monté un spectacle « vite fait mal fait » et au rabais. On a produit huit spectacles très beaux et grandioses, et c'est de ça que les gens se souviennent. Aujourd'hui, ce sont les parents qui sont demandeurs. Ils ont trente, trente-cinq ans ou un peu plus... et ils amènent leurs enfants qui sont encore tous petits, et leurs parents qui les accompagnaient quand ils étaient enfants et qui sont devenus des grands-parents aujourd'hui. Les souvenirs, c'est quelque chose de très important, et les souvenirs d'enfant probablement encore plus. Les souvenirs d'enfant sont sacrés. Ce sont les souvenirs qu'on a avec ses parents, ses grands-parents... Là, je me souviens de ma grand-mère, Germaine Hortmans, que j'ai connue dans les Vosges mais qui est née à Namur, pas très loin d'ici... Les souvenirs d'enfant sont plus forts qu’une chanson qu'on a connue. C'est tout ce qui s'est passé autour de la chanson. Tous les jeunes me disent qu'ils se souviennent d'être venus me voir avec leur grand-mère qui les a aujourd'hui quittés... « On se souvient de cette époque... On était bien, on était heureux... » Et aujourd'hui, ils m’amènent leurs enfants qui ont l'âge que eux avaient à l'époque. Le lien, il est là... Ce sont des enfants qui ont 4/5 ans et qui viennent avec leurs parents qui étaient venus quand ils avaient leur âge...

Chantal Goya © Luc Dehon - IdolesMag.com

Les petits qui viennent vous voir aujourd'hui, sont-ils différents de... nous?

(rires) Non, ce sont les mêmes! Ils sont pareils. Ils veulent tous un bisou de Marie-Rose. Ils viennent m'apporter un bouquet de fleurs...

Quand on les voit tous arriver avec leur tablette, il y a tout de même une différence!

Oui, à ce niveau-là, je suis d'accord. D'ailleurs, ils me disent tous qu'ils ont connu Bécassine sur youtube. Ce sont les technologies qui évoluent, pas les enfants fondamentalement. Vous savez, un enfant d'aujourd'hui s'émerveille autant quand il voit quelque chose de magique et de féérique. Et ça ne changera jamais.

Vous avez un projet d'intégrale...

Oui, elle sortira le 29 octobre. Ce seront 21 CDs qui retraceront toute ma carrière. Il y aura de nombreux inédits, plus de 40.

On sait que vous avez de nombreux fans qui collectionnent tous vos disques. Mais vous, restez-vous attachée à ces objets?

Eh bien, regardez ce que mon chorégraphe m'a offert pour mon anniversaire... [Chantal venait de fêter son anniversaire quelques jours auparavant, son chorégraphe lui avait offert un picture disc] Eux-mêmes sont attachés à mes disques! [En nous montrant ses robes de scène] Regardez mes robes de scène... ce sont les mêmes qu'à l'époque. Bon... on les a un peu agrandies, mais ce sont les mêmes...

On n'a pas dû les agrandir trop !

Un petit peu quand même, mais pas trop non plus! J'ai la chance de ne pas avoir trop changé physiquement. (rires)

Chantal Goya © Luc Dehon - IdolesMag.com

C'est la passion qui vous a tenue en forme.

Certainement, mais c'est dans les gènes aussi... Ma grand-mère est décédée à 100 ans, mais on lui en donnait à peine 80. On a toujours été en décalage. Ma mère me racontait toujours que quand j'avais 12 ans, tout le monde pensait que j'en avais 6 et que j'étais bien mûre pour mon âge... ça va me suivre toute ma vie ! (rires)

Comment ça se passe à la maison avec Jean-Jacques? Ça chante tout le temps?

Ah non! Jean-Jacques me fait écouter des maquettes. Mais je respecte ce qu'il fait donc, je lui dis de revenir vers moi quand ce sera moins une ébauche. Je lui ai toujours fait confiance. Il connaît tellement bien le public qu'il ne se trompe jamais, ou très rarement! Donc, il travaille dans son coin, et puis il me montre ce qu'il a fait après.

Lui avez-vous déjà dit non?

En général, il ne se trompe pas. Donc, non, je ne lui ai jamais dit non.

Vous n'avez chanté ensemble que très rarement finalement.

On n'a pas les mêmes tonalités, donc, c'est un peu difficile. Et quand il chante plus haut, moi, je suis dans mes basses, donc, ça ne va pas. On a toujours bien séparé le travail de la vie de famille. Et on est toujours mariés. Tout va bien. Je ne vis pas dans les chansons. Quand j'ai fini le spectacle, j'ai fermé la porte, c'est fini. Marie-Rose rentre dans le placard et c'est Chantal qui prend le relais. Marie-Rose ne rentre pas à la maison! Quand je suis chez moi, je rentre dans ma vie de famille, de maman, de grand-mère et d'épouse...

Quel genre de grand-mère êtes-vous? Plutôt rock'n'roll ou confitures?

Plutôt rock'n'roll. Mais je suis tout de même quelqu'un qui reste attaché aux principes et aux choses de la famille. Je suis très amie avec mes enfants et mes petits-enfants en fin de compte. Je suis très proche d'eux. Je suis plus comme une copine, comme si j'avais leur âge...

Chantal Goya © Luc Dehon - IdolesMag.com

Dans votre carrière, il y a eu plusieurs périodes, et notamment une emblématique au début des années 2000 quand Gabriel Aghion a révélé la Chantal Goya 2.0. dans le film « Absolument Fabuleux ». Avez-vous accepté tout de suite sa proposition?

Oui! Ça m'amusait et moi, quand ça m'amuse, je le fais tout de suite. Je n'ai pas réfléchi en me disant « qu'est-ce qu'il va se passer? » Je n'analyse rien du tout, si ça m'amuse, je le fais, et c'est tout.

Avez-vous pris autant de plaisir à chanter dans les boîtes de nuit que dans vos spectacles plus habituels?

Oh oui! C'était drôle, je rigolais bien! Comme je disais à Jean-Jacques, « C'est toi qui aime bien sortir et c'est moi qui fait les boîtes de nuit! » Moi, en plus, je ne bois pas d'alcool, c'était quand même le comble... (rires) Parce que comme je vous le disais tout à l'heure, quand c'est fini, c'est fini. Là, on joue vers les 14h, on termine le spectacle vers 16/17 heures, et après, il y a encore deux heures de dédicaces. On fait des photos et on parle aux enfants, c'est très drôle. Ce n'est pas une séance de dédicaces à la chaîne où ça va très vite, non, je prends mon temps... à l'époque, quand je jouais dans les boîtes de nuit,... je rentrais à pas d'heure! Mais ça m'amusait en fin de compte...

Aimez-vous la vie de tournée?

Oh oui, c'est une vraie vie de famille, avec les danseurs, les techniciens... toute l'équipe, quoi! On se chouchoute tous. C'est vraiment le top niveau. Vous ne le savez peut-être pas, mais je m'occupe de tout. Je suis une vraie commerciale, j'adore faire ça! On fait ça avec un copain, et c'est génial.

Et ça vous plaît tout ça?

Oui, parce que je sais ce que je veux, je sais où je veux aller. Je n'ai pas besoin de trente-six personnes autour de moi. J'ai mon téléphone, ma tablette pour recevoir mes mails. Je réserve moi-même les hôtels... Et j'adore faire ça. Et surtout, je veux que ce soit le mieux pour tout le monde. On est là depuis trente ans, et on fait tout nous-mêmes. On a des deals avec plein de sociétés. Et je veux que ce soit toujours le top sur mes tournées. Après, si vraiment on doit faire moins bien... eh bien, on n'est pas heureux, ni Jean-Jacques ni moi. Jean-Jacques, quand il doit faire moins bien, il le supporte très mal.

Chantal Goya © Luc Dehon - IdolesMag.com

Il n'y a plus vraiment de chanteurs pour les enfants dans la nouvelle génération. Comment l'expliquez-vous?

Il ne faut pas croire, mais ça coûte très cher de monter un spectacle. Ça se compte en millions. À l'époque, on ne montait pas des spectacles pour gagner de l'argent et s'acheter de jolies maisons à la campagne... Avec Jean-Jacques, on n'a rien. On a nos spectacles, et c'est tout.

C'est déjà pas mal...

... oui, mais il y en a qui préfèrent avoir des immeubles, des Ferrari, des maisons en Provence, des chalets à Gstaad... Nous, on n'a rien. Ma maison, c'est ça... [Chantal nous montre ses robes] Tout est dans mon flightcase, dans mes décors, dans ma forêt, dans les costumes... dans tout ce qu'on a créé avec Jean-Jacques. C'est très dur à monter un spectacle, déjà à l'époque et aujourd'hui encore plus. Et puis, il n'y a pas non plus un Jean-Jacques Debout à tous les coins de rue, qui écrit et qui compose aussi bien. Vous vous rendez compte, mes chansons sont connues dans toute la France! Tout le monde connaît Bécassine, le Lapin, Pandi Panda.

Et dans le monde aussi.

Oui, d'ailleurs, on va sortir des inédits, les chansons américaines, espagnoles, etc...

Quel est l'endroit le plus insolite où vous avez entendu l'une de vos chansons?

Oh... C'était au fin fond de Nouméa, à l'Île des Pins. C'est une toute petite île, sur laquelle il y a une petite école blanche et rouge. Et dès qu'ils ont su que j'étais arrivée... j'y allais pour me baigner, pas pour travailler... on voulait faire un super pique-nique avec mes danseuses... on a pris un bateau... enfin bref, je ne sais pas comment ils ont su qu'on arrivait, mais dès que nous sommes arrivées, les enfants ont crié « C'est Chantal Goya! » Et tous les enfants sont venus chanter devant moi. Je n'ai même pas pu me baigner. J'ai chanté pour eux. On n'a donc pas pu faire de break, mais c'était tellement formidable... Je leur ai chanté presque toutes mes chansons. C'est un super souvenir.

C'est un peu la rançon du succès.

Oh... Je ne suis pas quelqu'un de compliqué. Je n'ai pas de super ego. C'est vraiment une formidable chance que j'ai. Je peux même faire le ménage dans les coulisses... (rires) Des fois, je dis à Bruno qui travaille avec moi depuis trente ans, « apporte moi un seau et une serpillière » Il faut rester simple dans la vie. Et c'est important pour souder une équipe.

Chantal Goya © Luc Dehon - IdolesMag.com

Quel est le personnage qui récolte le plus de succès aujourd'hui?

C'est variable, mais en ce moment, c'est Pandi Panda! Ne me demandez pas pourquoi, mais le Panda fait un malheur !

On vous a vu récemment avec La Fouine dans l'émission « Touche pas à mon poste ». Qui écoutez-vous aujourd'hui?

Oh, je n'écoute pas tout ça! J'écoute plutôt des trucs américains. Je suis basée sur mes petits-enfants. En voiture, j'écoute France Info, donc ce n'est pas la même chose. En fait, j'écoute assez peu de musique. J'écoute plutôt les nouvelles. J'aime me tenir au courant de ce qui se passe dans le monde. Ça m'intéresse beaucoup.

Et les réseaux sociaux, vous aimez?

Non, je n'y comprends rien du tout. C'est quelqu'un qui s'occupe de mon facebook. Moi, je ne sais pas faire ça. Par contre, c'est une de mes amies qui tient ma page facebook et on se parle tous les deux jours. Et toutes les photos, je veux qu'elles soient cadrées par moi.

Nous sommes aujourd'hui en Belgique. Avez-vous un souvenir particulier avec la Belgique?

J'ai fait tellement de spectacles en Belgique... Je me souviens du temps de « La Planète Merveilleuse », il y avait deux mamies qui étaient venues habillées comme moi en me disant « Nous sommes les Marie-Rose du troisième âge! » Je les ai donc emmenées avec moi dans le Soulier qui vole...  (éclats de rires)

Propos recueillis par IdolesMag le 15 juin 2013.
Photos : Luc Dehon / IdolesMag.com (prises au Centre Culturel de Huy, Belgique le 15 juin 2013)
Site web : http://www.chantalgoya.net/

 Chantal Goya © Luc Dehon - IdolesMag.com

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