Interview de Izarry

Propos recueillis par IdolesMag.com le 27/06/2013.
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Izarry © Charles Clément

Après avoir autoproduit un premier album en 2009 (« Toute la distance ») écoulé à plus de 10 000 exemplaires, le jeune artiste messin Izarry revient cet été avec un nouveau single déjà disponible, « Au temps qu'il fera », et un album attendu pour la fin de l’année. Pour ce nouveau projet, il s'est entouré d'une équipe pour le moins costaude : Gioacchino Maurici, Alain Lanty, Pierre Jaconelli, Philippe Entressangle, Dominique Spagnolo… pour ne citer qu'eux! Nous avons donc été à la rencontre d'Izarry afin d'en savoir un peu plus sur ce nouvel album et de son avancement... Rencontre avec un amoureux des mots.

IdolesMag : Écris-tu des chansons depuis longtemps?

Izarry : J'ai toujours un petit peu écrit, mais disons qu'écrire sérieusement quelque chose qui avait un peu de sens et de valeur, c'est venu à l'adolescence. C'est l'époque où on commence à vivre ses premières histoires et ce genre de choses. C'est à ce moment-là qu'on commence à avoir des choses à dire.

Qu'est-ce qui t'a poussé à t'exprimer à travers des mots et de la musique?

J'ai toujours aimé, déjà, écouter de la musique à texte. J'ai toujours aimé lire aussi, de la poésie et ce genre de choses. J'ai toujours été amoureux des mots. Et donc, j'ai tout de suite écrit comme une évidence dans le but d'en faire des chansons puisque je suis avant tout musicien. J'ai toujours pu m'accompagner tout de suite. Et donc, ça a été assez évident dès le départ.

As-tu fréquenté un Conservatoire? Pris des cours de solfège? Appris un instrument?

Oui, j'ai commencé le piano très tôt. Ce n'était pas dans un Conservatoire, mais c'était tout comme. (rires) Et puis, oui, tout ce qui est solfège, portées, notes... je connais bien!! Après, j'ai appris la guitare en autodidacte à l'adolescence. Après avoir appris les instruments et les paroles, le chant est venu tout naturellement.

Viens-tu d'une famille de musiciens? De chanteurs? Ou tout simplement de mélomanes?

Pas du tout, en fait. Je n'ai aucun musicien dans la famille. Après, j'ai eu l'immense chance d'avoir des parents qui ont eu la très bonne idée de me faire découvrir le piano très jeune, en activité extrascolaire. Je ne les en remercierai jamais assez parce que finalement, sans eux, je n'aurais peut-être jamais vraiment découvert la musique ni la chanson...

Tu me disais tout à l'heure que tu avais écouté de la chanson à texte. Est-ce que ça venait de tes parents ou de toi?

Au départ, ça venait vraiment de mes parents. Ils écoutaient notamment des groupes de rock français comme Noir Désir, des groupes qui ne sont plus forcément connus aujourd'hui ou même des groupes locaux. Donc, j'ai été amené dans les concerts de quartier très régulièrement quand j'étais gamin. J'accompagnais mes parents voir des groupes sur scène. Ensuite, je me suis fait ma propre culture musicale. Mais en tout cas, enfant, j'ai vraiment baigné dans cette culture rock française.

Et toi, quelle est ta culture musicale? Le rock français également?

Eh bien, par déformation... j'ai envie de dire oui, forcément. Après, j'ai découvert beaucoup d'autres choses. J'ai des goûts assez hétéroclites en musique. J'ai souvent des coups de cœur très différents les uns des autres. Je sais apprécier les bons morceaux dans différents styles. Je peux écouter du Damien Rice comme du Sade ou du Maxwell.

Aujourd'hui, écris-tu un peu tout le temps au quotidien ou préfères-tu te ménager des périodes pour rentrer dans un processus créatif?

En fait, j'écris absolument tout le temps. J'ai toujours mon carnet avec moi dans mon sac.

C'est donc papier-crayon.

Exactement, je ne sais pas faire autrement. Mais, je n'écris pas forcément des chansons entières tout le temps. Je note des phrases ou des mots qui me viennent pendant la journée. Et après, je me pose pour essayer d'en faire quelque chose, de leur donner une forme...

Izarry - DR

Ton premier album, « Toute la distance » est sorti en 2009. Quel est ton parcours dans les grandes lignes avant ce premier opus? As-tu évolué en groupe comme de nombreux adolescents?

Oui, effectivement, à l'époque du lycée, j'ai partagé la scène avec des amis. C'étaient des petits groupes comme ça. On ne se produisait pas forcément. On s'amusait juste à jouer de la musique ensemble et à faire des reprises. Parallèlement, j'ai commencé également à jouer mes propres compos dans ma région, la Lorraine, puisque je suis lorrain. Je suis de Metz à la base, donc, j'ai fait mes armes là-bas. Lors d'un concert, j'ai rencontré un producteur, qui est d'ailleurs toujours mon producteur à l'heure actuelle. Avant de sortir ce premier album, j'ai eu la chance de jouer en première partie de Calogero.

C'est pas mal pour une entrée en matière...

(rires) Oui, ça commençait bien! Du coup, j'ai pu tester vraiment mes compos auprès d'un public qui ne m'attendait pas. Et pendant longtemps, parce que c'était tout de même près d'une heure de scène. J'ai eu le temps de me rendre compte si ça fonctionnait bien ou pas. Et c'est là que j'ai décidé d'enregistrer mon premier album, juste après cette expérience.

Tu l'as entièrement autoproduit ce premier album.

Exactement. Je l'ai enregistré à la maison. J'avais acheté pas mal de matériel. Ce qui est bien à l'heure actuelle, c'est qu'on peut faire quelque chose de bien à la maison. Je me suis dit que j'allais me lancer dans l'aventure. J'ai donc préparé tout cet album à la maison pendant une bonne année, je me suis fait plaisir. Et puis voilà.

Comment as-tu vécu l'autoprod? Parce que c'est un chemin plein de liberté, mais qui est semé d'embûches... Ce n'est pas toujours évident.

Je l'ai très bien vécue. Après, c'est vrai que du coup, comme j'étais en autoproduction et qu'il n'y avait pas de pression de date, ni de location de studio, ni la gestion d’une équipe de musiciens... ni de quoi que ce soit d'ailleurs, j'ai vraiment pu prendre mon temps. C'est vraiment ce que j'ai apprécié le plus dans l'autoproduction, c'est le temps. Je pouvais revenir, si j'en ressentais le besoin, sur un enregistrement que j'avais fait six mois avant. Je n'hésitais jamais à changer beaucoup de choses. Donc, je l'ai très bien vécue cette autoproduction.

Tu t'es toujours beaucoup produit sur scène. Dirais-tu que la scène t'a construit ou, du moins, t'a permis d'affiner ou d'affirmer un style?

Forcément, on fait ses armes sur scène. C'est évident. La scène, c'est un retour immédiat. Ça te permet de voir les morceaux qui fonctionnent et ceux qui fonctionnent moins bien. Mais en général, ça a toujours été tellement positif, la scène, que c'est ce qui m'a toujours motivé à avancer et avancer encore. D'ailleurs, là, j'ai vraiment hâte de remonter sur scène pour aller défendre ce nouveau single et l'album à venir.

Penses-tu rapidement à la version scène quand tu crées une chanson?

Non. Je suis très cérébral dans les mots, mais pas dans la construction d'un morceau. Je sors ce qui vient. En général, je ne calcule pas la destination, ni quoi que ce soit.

Tu as été jouer au Danemark et en Suède. Quel accueil ce public t'a-t-il réservé?

Un superbe accueil. Très très bon. Il faut savoir déjà qu'ils aiment beaucoup la musique française. Donc, je partais avec cet avantage-là. Et franchement, ça s'est vraiment très très bien passé. Après, je ne sais pas s'il ont vraiment compris tout ce que je racontais puisque je n'ai que des morceaux en français... mais en tout cas ça a très bien fonctionné. Ça reste un très très bon souvenir.

Izarry, Au temps qu'il feraTu viens de sortir un single, « Au Temps qu'il fera », et l'album est attendu pour la fin de l'année. Le temps t'a-t-il paru long entre les deux albums?

Le temps a été long, mais en même temps, j'ai toujours été en processus de création. Donc, je ne me suis pas ennuyé, je n'ai pas arrêté de faire de la musique. Et puis, j'ai aussi eu la chance de sortir un titre inédit entre temps, le single « Je pourrais ». On l'a tout de même pas mal exploité. Il a été enregistré en studio, on a tourné un clip et on a fait un peu de promotion. Donc, comme tu le vois, il n'y a pas eu vraiment de temps mort ni en termes médiatiques, ni en termes artistiques. J'ai tout fait en parallèle. Je ne me suis jamais ennuyé. Par contre, ça a pu me paraître long à certains moments, parce que j'avais hâte de sortir un album. Sinon, non, ça a été.

Y a-t-il des choix que tu as faits sur ton premier album que tu ne voulais absolument pas reproduire sur le deuxième?

Pas vraiment. Après, c'est vrai qu'on grandit, qu'on évolue et qu'on devient plus mature sur certaines choses. On peut dire que c'est simplement l'évolution de la vie. Sinon, non, je suis assez fier et content dans l'ensemble de ce premier album dont on me parle encore beaucoup aujourd'hui en bien. Je pense que j'avais, trouvé quelques bonnes ficelles musicales. J'en suis assez fier finalement.

Dans quelles circonstances as-tu écrit « Au temps qu'il fera »?

« Au temps qu'il fera », c'est tout d'abord un message de force et d'espoir que j'avais avant tout besoin de m'adresser à moi-même. Et puis, bien évidemment, j'avais également envie de partager ce message. On évolue dans un monde et une société au sein de laquelle on a parfois besoin de se rappeler qu'on doit trouver une force intérieure. Peu importe le contexte et les circonstances. Donc cette chanson est née de ça, j'avais besoin de me mettre un coup de pied aux fesses en me disant « continue, avance, ça va aller! ».

C'est Gioacchino Maurici, le frère de Calogero, qui a réalisé ce single à tes côtés. L’as-tu rencontré à l'époque où tu as fait la première partie de Calo ou plus tard?

Ça s'est passé bien plus tard et complètement indépendamment. C'est une personne avec qui j'ai beaucoup apprécié de travailler et avec qui j'apprécie encore énormément de travailler aujourd'hui. C'est une belle rencontre, une très belle rencontre...

On connaît tous son talent, mais que t'a-t-il apporté musicalement parlant, à toi précisément?

Il m'a déjà apporté tout son talent... et c'est déjà pas mal! (rires) C'est un très grand mélodiste, un très bon réalisateur. Tout le monde connaît les succès qu'il a faits pour son frère et d'autres. Mais plus précisément, Gioacchino m'a appris à aller directement dans le vif du sujet. Il a fait un petit travail de restructuration de mes morceaux parce que c'est vrai que comme je viens de la scène, j'ai certaines parties de mes morceaux qui sont plus scéniques et qui ne rentrent pas telles quelles sur un disque. Parfois, j'ai des intros beaucoup trop longues et ce genre de choses. Donc, Gioacchino m'a été d'une très grande aide au niveau structurel.

Quand vous vous êtes rencontrés, a-t-il été rapidement évident que vous alliez bosser ensemble sur un projet?

Honnêtement, oui. Ça a collé tout de suite entre nous. On se comprend juste en se regardant, sans forcément beaucoup se parler. On a toujours été sur la même longueur d'ondes. Ça a toujours été une sorte d'évidence.

Ton deuxième album est donc attendu pour la fin de l'année. Dans ta bio, on annonce un virage musical. Peux-tu m'en dire un peu plus à ce sujet?

Eh bien, ce virage il faut tout simplement le voir dans le sens où j'ai fait un premier album à la maison avec le matériel d'un home studio. Les instruments étaient le plus souvent virtuels. Tout n'était pas live. Je n'ai pas chanté avec un orchestre symphonique ni ce genre de choses... Aujourd'hui, sur ce deuxième album, c'est assez différent. Déjà, il y a de grands noms de la musique qui sont venus participer à mon projet et donc, musicalement, ça sonne tout autrement. Et puis, je m'éloigne un peu du côté rock pour me rapprocher de la pop. Voilà où on peut voir ce grand virage... C'est un grand pas pour moi, un pas que j'ai fait en quelques années.

Sur le single, il y a du très beau monde... Pierre Jaconelli, Philippe Entressangle, Dominique Spagnolo,... pour ne citer qu’eux. Seront-ils de la partie également sur l'album?

Absolument. Ce sont vraiment de belles rencontres humaines et artistiques. Ça a collé tout de suite entre nous en studio sur « Au temps qu'il fera » et on a hâte de retravailler ensemble. Ensuite, plus récemment, j'ai eu la chance de rentrer en studio avec Alain Lanty. Là, c'est pareil, c'est un mec juste incroyable. Il a juste un talent énorme. Il a sublimé le travail... ça a été une rencontre magique. Je suis vraiment ravi de tout ça. Je sais en tout cas qu'on va continuer ensemble.

Gioacchino sera de la partie aussi, je suppose.

Oui, bien sûr, il a réalisé d'autres titres qu'on a déjà préparés et il nous reste encore un petit peu de travail sur l'album.

Travailler avec des musiciens aussi connus et reconnus, j'imagine que ça a dû te faire pousser des ailes...

Oui, d'autant plus que c'est vraiment le genre de personnes avec qui on n'envisagerait même pas de travailler avant d'avoir dix ans de carrière. Ce sont des musiciens qui accompagnent les plus grands. Donc, c'est vrai que de ce côté-là, j'ai vraiment beaucoup de chance. Le fait que ces personnes aient d'une part pris le temps d'écouter mes morceaux et d'autre part décidé de venir jouer avec moi... ça rassure. Parce que malgré tout, on a toujours besoin d'être rassuré. Ça donne envie de faire plein plein de choses. Tout devient possible quand on travaille avec des musiciens comme eux. On peut aller tâter tous les terrains ou presque... On peut se permettre de belles choses.

Et justement, les Jaconelli, Entressangle ou Spagnolo, comment sont-ils arrivés sur le projet? Les connaissais-tu auparavant?

En fait, je les connaissais juste de nom. Je connaissais leur travail et leur talent. Après, ça a été le rôle de Gioacchino en tant que réalisateur de monter une équipe... Bien entendu, on en a discuté et il m'a demandé mon avis... mais évidemment... évidemment!... que j'ai dit oui!

Tu aurais été bien difficile de refuser...

(rires) C'est clair!

Où en es-tu concrètement dans l'avancement du projet?

Eh bien, on en est à mi-chemin à peu près. On est tout de même assez bien avancés. Et puis, on a de bonnes surprises qui arrivent, comme cette récente collaboration avec Alain Lanty qui n'était pas prévue au départ. Et je suis extrêmement content de l'accueillir sur l'album. Je me dis que finalement, jusqu'à la sortie de l'album, tout est encore possible, au point de vue collaboration. Comme je te le disais tout à l'heure, j'aime prendre le temps, j'aime me laisser surprendre par les surprises et les rencontres.

Tu dois déjà donc avoir une idée assez précise du tracklisting, mais il n'est peut-être pas encore définitif...

Effectivement, tout ça est déjà assez bien défini, mais il peut y avoir quelques ajustements d'ici à la sortie de l'album.

Mis à part le single, d'autres titres sont-ils déjà enregistrés?

Oui, j'ai déjà enregistré d'autres titres.

Quels thèmes vas-tu aborder dans les chansons?

D'une manière générale, j'aime beaucoup les chansons d'espoir. Après, ça peut se traduire dans un texte qui va parler du quotidien comme dans un texte qui va relater une histoire amoureuse ou tout un tas d'autres choses. Donc, d'une manière générale, ce sera un album très positif, toujours avec un message d'espoir en ligne de fond. Il faut avancer, toujours avancer...

Vas-tu signer tous les titres ou pourrais-tu éventuellement prendre un titre de telle ou telle autre personne?

Je ne suis pas fermé à l'idée. En tout cas, en termes d'écriture et de composition, pour le moment, je fais tout moi-même. Et ça me va très bien. Si on me fait écouter quelque chose qui me transcende, je pense que je foncerai tête baissée sans aucun problème.

Écrire pour les autres, le fais-tu?

Je n'ai pas encore eu l'occasion de faire ça, mais c'est vrai qu'on est déjà venu me trouver quelques fois. Ce sera donc très certainement une piste que j'explorerai prochainement...

Va-t-il y avoir quelques scènes avant la sortie de l'album ou vont-elles se concentrer autour de la sortie?

Les scènes vont plutôt accompagner la sortie de l'album. On est en train de préparer tout ça actuellement. Donc, la scène, ce sera plutôt en fin d'année et en début d'année prochaine...

Propos recueillis par IdolesMag le 27 juin 2013.
Photos : DR, Charles Clément
Site web : http://www.izarry.com/









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