Interview de Danyel Gérard

Propos recueillis par IdolesMag.com le 07/06/2013.
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Danyel Gérard © Luc Dehon / IdolesMag.com

Danyel Gérard fait partie de la dernière tournée « Âge Tendre et Têtes de Bois » qui sillonne jusqu'en 2014 la France, la Belgique et la Suisse. Nous avons été à sa rencontre à Lille début juin afin d'avoir son ressenti sur cette tournée qui fait le plein depuis huit saisons et qu'il nous en dise un peu plus sur ses projets. Danyel Gérard prépare deux albums, un acoustique et un électrique, et donne rendez-vous à ses fans en 2015 sur la scène de l'Olympia. Rencontre avec un artiste qui ne mâche pas ses mots et qui en a un peu marre de la méchanceté des journalistes...

IdolesMag : Vous faites partie des premiers artistes à avoir accepté d'intégrer la tournée « Âge Tendre », vous étiez dans la deuxième saison, déjà...

Danyel Gérard : Oui, effectivement. J'ai déjà fait quelques saisons... (rires)

Qu'est-ce qui vous a incité à intégrer cette tournée?

Dans ma carrière française, il y a deux personnes auxquelles je tire mon chapeau et qui ont été les aides de ma vie, ma vie dans le show-business naturellement. Ce sont Lucien Morisse, l'ancien patron d'Europe1 qui était le mari de Dalida et qui a fait beaucoup de chansons pour moi à l'époque, et Michel Algay, qui a fait pour moi des choses que l'autre aurait fait mais n'a pas pu réaliser. Donc, le spectacle de Michel Algay, « Âge Tendre », il ne faut pas le voir comme un enchaînement de chanteurs les uns derrière les autres. Vous avez vu les lumières? Les éclairages? Les musiciens? Les danseuses? Les choristes? C'est vraiment un très grand show. Alors, bien entendu, la plupart des journalistes qui viennent voir ce show arrivent et disent « ça y est on a vu, c'était plein, il y avait un tel et un tel en première partie, etc... » Et ils foutent le camp après pour aller voir le maire ou le député. Ça, c'est la destruction totale d'un métier qui s'appelle le show-business et également de l'être humain tout court. Ils font la même chose en politique ou dans d'autres domaines. C'est-à-dire qu'ils manipulent les gens. Ce n'est que mon avis... Alors, moi, comme je suis parallèle à tout ça et que je suis un média en plus, vu que j'ai une station de radio, j'ai ma propre vision des choses. Quand vous irez voir le spectacle, vous me direz ce que vous en pensez. Ça m'intéresse de savoir ce que les journalistes pensent réellement.

Vous serez de retour sur la scène de l'Olympia en 2015.

Oui, on prépare l'Olympia pour 2015. Mais la location va être ouverte très rapidement.

Que va-t-il s'y passer? Est-ce déjà clair dans votre tête?

Oui, très clair! C'est très très clair, c'est même limpide. On va y retrouver un tas de symboles, qui sont les symboles de ma vie, en musique évidemment, mais aussi en son, en images, en éclairage... puisque je suis un passionné d'images et de communication. Et donc, on va tout faire pour que ce soit super. Et ce le sera, j'en suis certain! En tout cas pour ceux qui m'aiment... forcément.

Va-t-il y avoir un nouvel album avant cet Olympia?

Oui. Et même très probablement deux. Et un grand film sur mon personnage. Il y aura un album qui reprendra les chansons que j'ai écrites pour les autres et que je n'ai jamais chantées, en acoustique. Et là, je vais aux États-Unis pour enregistrer deux ou trois titres qui seront donc plus rock, qui sortiront rapidement pour les radios qui voudront les diffuser. Et puis, le reste... on continue ! Un clou et un marteau et on tape. Et on avance... Ceux qui ne m'aiment pas, ce n'est pas grave. Et ceux qui m'aiment, tant mieux... Je ne fais pas de compromis, jamais...

Il y a donc des chansons acoustiques et des chansons nettement plus électriques qui arrivent. Vous, quand vous étiez enfant, qu'écoutait-on chez vous?

De la musique brésilienne. J'ai passé toute mon enfance au Brésil et donc, pour moi c'est Rio de Janeiro. J'ai vécu dans un immeuble qui existe toujours et je fais de temps en temps encore un pèlerinage pour aller le voir. À Rio, je vais retrouver le cinéma dans lequel j'ai fumé ma première cigarette, le cinéma dans lequel j'ai eu mon premier flirt... Ma vie, c'est Rio. Et ce symbole-là, existera quelque part dans mon spectacle.

Quels autres symboles va-t-on retrouver?

Je ne peux pas tout vous raconter, mais le symbole de Coluche qui a dit qu'entre le talent et le chapeau de Bob Dylan, j'avais choisi le chapeau, existera aussi... Vous savez tout est symbolique finalement. Les chansons gaies seront là, les chansons à ambiance seront là, les chansons à cœur seront là aussi... Et les musiciens seront les mêmes que ceux qui sont sur cette tournée. Il y aura donc des danseuses et des choristes. Ce sera, je pense, un beau spectacle.

Danyel Gérard © Luc Dehon / IdolesMag.com

À quel âge avez-vous commencé à écrire vos premières chansons?

Oh, je devais être gamin quand j'ai commencé à écrire mes premières chansons. Le premier film que j'ai tourné, je devais avoir 16 ans... Hallyday n'existait pas. Je chantais un rock qui s'appelait « Samy ». C’était un rock que j'avais composé pour le film en question. Le film s'appelait « La Nuit des Traqués » et pas « La Nuit Détraquée », n'est-ce pas!! (rires) Mais à l'arrivée, c'est presque pareil! Je chantais donc ce rock et j'avais 16 ans. Après, il y a eu le service militaire qui m'a coupé du public. Pour moi, il a duré trois ans. Et trois ans, c'est long. Et c'est à cette période que sont arrivés les Johnny et Eddy... Tous ces gens qui ont marqué le rock après moi. Mais il ne faut absolument pas y voir de rancœur. Aucune rancœur.

Qu'est-ce qui vous a poussé à écrire des chansons à cette époque?

Le rock. Vous savez, rares sont les artistes qui sont nés avec la musique et qui après un certain temps, comme moi, ont continué à faire de la musique... je n'ai jamais fait d'autres métiers que celui de la musique. J'ai eu la chance de faire une carrière internationale. Plus que française, d'ailleurs... En Allemagne, en Amérique, le marché espagnol... Tout ça existe dans mon cœur et dans ma tête. Je suis donc beaucoup plus un artiste international que français, finalement. Ceci étant, ce qui m'ennuie le plus au jour d'aujourd'hui, c'est la méchanceté des journalistes et des animateurs de télé. Ils font tout leur truc sur la méchanceté, et ça, ça m'énerve... Quant à Hallyday quand il dit dans son livre que Salvador est un vieux con et qu'il lui conseille de se regarder dans la glace… ça m’énerve aussi !  Je ne vis pas show-business, je ne vais à aucune première. Les journalistes, je les reçois quand ils me le demandent, mais je ne leur cours pas après. C'est peut-être mon tort, d'ailleurs... mais ça me convient et c'est comme ça. Je roule en Corvette, j'arrive en moto sur scène, je suis habillé de cuir... C'est le rock'n'roll. Et je trouve ça très bien. Et aussi, j'ai un mentor qui s'appelle Michel Algay.

Quand vous parlez de la méchanceté des journalistes et des gens de télévision, ne pensez-vous pas tout simplement que c'est l'époque qui veut ça? Que la méchanceté est dans l’air du temps?

Ce n'est pas normal !... Les journalistes, pour se faire un nom, devraient maintenant être méchants? Il faudrait qu'ils racontent des conneries les uns sur les autres? Alors, je vais vous dire une chose... Nous sommes au Zénith de Lille. Il est beau ce Zénith... J'ai parlé tout à l'heure avec le directeur et je lui ai dit que dans deux ou trois ans, il n'aurait plus d'artistes. Les tournées qui font encore du monde aujourd'hui sont celles que nous sommes en train de faire [« Âge Tendre »]. Vous savez, moi, je suis un média, je suis membre du club de la presse. Je ne me suis jamais servi de mon média pour me promouvoir moi, mais quand je regarde les émissions de télé ou que je lis les articles, je suis désespéré pour ceux qui les écrivent. Maintenant, s'ils ont envie de dire du mal de moi, qu'ils le fassent. Mais s'ils disent vraiment du mal, alors, qu'ils s'expriment en expliquant pourquoi ils ne m'aiment pas... ou alors, je vais leur en donner des raisons de ne pas m'aimer! Mais pas gratuitement.

Quel regard jetez-vous sur l'évolution de votre métier de chanteur?

Il n'y a pas d'évolution. Tous les artistes que vous voyez là actuellement, je ne sais pas s'ils seront encore là dans trois ans. Je ne sais pas si on va leur donner le temps d'apprendre leur métier et le temps de devenir des artistes très connus. Aujourd'hui, les producteurs n'ont qu'une seule envie, chasser l'artiste à succès pour lui dire à un moment donné « il n'y a plus rien à voir... » Dès qu'ils ont gagné un petit peu d'argent, ils disent qu'il n'y a plus rien à voir. Ils prendront un autre artiste qui, pendant une saison, va marcher et va rapporter un peu d'argent. Et tout ça, ça ne veut rien dire du tout. Ce qui veut dire qu'il n'y aura plus d'artistes d'ici trois ou quatre ans. Les vrais artistes, ils existent dans le centre de la France, en Belgique, en Suisse, un peu partout... Il y a des petits Brassens qui sont ignorés et qui ne verront jamais le jour parce qu'on ne leur aura pas donné le temps. Entre temps, l'artiste doit donner à manger à sa femme et à ses enfants, etc... Jusqu’au moment où il divorcera. Mais avant de divorcer, il faudra donner à manger à ses enfants, donc il aura abandonné son métier. Et moi, ça m'énerve tout ça...

Que pensez-vous des télé-crochets?

C'est la même chose que le reste, ça durera le temps que ça durera. Ils font un petit peu d'audience. Mais le télé-crochet du moment, pas les autres. Ce n'est pas ça du tout notre métier. Ils sont totalement à côté de la plaque.

Comment consommez-vous la musique aujourd'hui?

Je ne la consomme pas, la musique. Moi, j'ai des studios pour ma radio, j'ai des studios pour enregistrer mes disques, j'ai des studios pour la télé puisque comme je vous le disais tout à l'heure, je suis un passionné d'image. La musique, pour moi, c'est ma guitare. Elle fait partie de ma vie et je ne la touche pas pour créer parce que c'est comme faire l'amour... Si on fait l'amour avec une fille qui n'a pas envie de faire l'amour, ça ne marche pas. Et dans la création, c'est pareil. Si je me force à écrire une chanson, ce n'est pas la peine de continuer, elle sera mauvaise. Donc, quand il se passera quelque chose, il en ressortira quelque chose. Je ne prends donc pas ma guitare pour dire qu'il faut que j'écrive telle ou telle chose.

Danyel Gérard © Luc Dehon / IdolesMag.com

De toutes les chansons que vous avez écrites pour vous et pour les autres, y en a-t-il une de laquelle vous êtes un peu plus fier qu'une autre?

Naturellement ! J'ai écrit des chansons avec Jacques Brel pour les gens qui ne le sauraient pas. Entre autre, une chanson qui s'appelait « Désespérance » qui n'est jamais sortie parce que le directeur marketing de l'époque ne voulait pas que Jacques Brel soit mêlé à mon image! Et comme cette chanson-là n'a jamais vu le jour, on en a fait une plus tard, qui est devenue « Un grand amour » et elle a fait plus d'un million de disques en France.

Il y a « Butterfly » aussi...

Oui, celle-là, c'est plus de 20 millions dans le monde. J'ai vécu le succès mondial, Amérique inclue. Les Français ont toujours tout ignoré de ça. Ils ont été capables de faire des livres ou des émissions de télé sans jamais me citer. Tout ça, c'est de la m*** pour moi. D'ailleurs, tous ceux-là, ils se sont fait virer de la télé. Je n'ai rien fait pour ça, mais que voulez-vous, ce sont des imbéciles et des ânes...

Dans quelles circonstances est née cette chanson?

Avec une envie de faire l'amour. C'est tout simple. Pour l'instant, si je prends ma guitare, rien ne viendra, ça ne sert à rien de brusquer les choses. Mais peut-être que ce soir, je vais croiser un regard ou rencontrer une personne qui va faire que je vais prendre ma guitare et qu'il va se passer quelque chose. Disons que je suis un personnage vrai. Quand on m'emmerde, on me trouve, quand on m'aime, j'aime. Et quand on ne m'aime pas, je m'en fous totalement. Mais si on ne m'aime pas et qu'on est méchant, alors là, je vais donner des raisons d'être méchant.

Un petit mot sur votre station de radio, Music Box.

Elle existe toujours, je l'ai créée en 1981 tout seul, alors que les autres stations sont passées de mains en mains avec des gens qui se croyaient des indispensables parce qu'ils étaient devenus patrons d'une radio, etc... Elles ont toutes disparu, ces radios, à part NRJ. Et moi, j'existe toujours. En plus, ma station, elle est parallèle. Elle fait de la country et du rock. Elle marche bien. Et donc maintenant, comme je ne suis pas assez dans le système, j'attends que le téléviseur soit assez connecté pour envoyer de chez moi des images de la Country Music et d'avoir un public qui aime l'image et mon âme et qui regardera sur sa télévision les images que je lui proposerai. Ça, c'est pour demain, sans TF1, sans France 2 ou France 3. Le futur, c'est la télévision connectée. D'ailleurs, vous viendrez dans ma loge tout à l'heure et vous verrez des caméras autrement perfectionnées que celle qu'on peut voir partout.

Vous semblez très intéressé par les nouvelles technologies. Et les nouveaux réseaux de communication, comme Facebook et Twitter, vous intéressent-ils également?

Oui, ça m'intéresse. Vous savez, j'analyse les choses. Je ne suis jamais contre les choses qui se passent dans la vie. Donc, tout m'intéresse et j'analyse tout ce qui se passe. Je ne suis pas dedans pour l'instant, mais j'écoute, j'observe et j'analyse. Et à un moment donné, j'irai sur Facebook, Twitter ou un autre réseau social. C'est le futur. Aujourd'hui, je parle de télévision connectée parce les gens connectés pourront également se servir de Facebook ou Linkedin. Par contre, ce qu'il faut toujours garder, c'est le respect de soi-même et des autres.

On va, pour terminer cette interview, résumer toute votre actualité musicale.

Il y aura donc cet Olympia en 2015, une tournée en 2014. J'irai également chanter au Québec et en Allemagne, qui est mon marché préféré. Les gens m'y aiment pour ce que je suis...

Propos recueillis par IdolesMag le 7 juin 2013.
Photos : Luc Dehon / Idolesmag.com
Site web : http://www.musicboxtv.com/

 









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