Interview de Jessé Garon'
Propos recueillis par IdolesMag.com le 06/07/2010.© Reproduction interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.

Rencontre avec un artiste atypique, "Le Prince du Rock'n'Roll" comme certains le surnomment, Bruno Jessé Garon' Fumard...
IdolesMag : Vous avez passé les premières années de votre vie à La Rochelle. Quels souvenirs vous reste-t-il de cette époque?
Jessé Garon' : Les souvenirs sont nombreux et très bons... J'y ai passé un peu plus de 18 ans. C'est une des plus belles villes de France, alors, vous savez...
Déjà gamin, étiez-vous attiré par la musique?
Oui, très tôt. Je crois même bien avant de marcher. Je me revois en train de taper sans cesse sur des casseroles à l’aide de cuillères en bois !
Étiez-vous aussi un ‘bébé chanteur’ ?
Oui, je chantais à tue-tête, m'a-t-on rapporté!
Vous souvenez-vous du moment où vous avez eu envie de chanter?
Chanter, c'est une chose. Maintenant, comprenez que je suis compositeur, musicien, multi- instrumentiste et, certes, auteur. Ceci est pour moi le principal. Chanter, c’est presque – d’un point de vue philosophique – ce que l’on pourrait nommer comme étant un ‘‘accident’’. Aussi, avant peut-être mes 18 ans, je ne me suis jamais dit que je voulais devenir chanteur professionnel. J'étais musicien. Mes envies premières étaient concentrées vers la musique classique et je songeais à être concertiste (ce qu’entre autres, je suis aujourd’hui). Mais en réalité, je n'ai jamais pensé devenir professionnel de la musique avant de vouloir être acteur.
Quand je suis allé à Paris pour la première fois, je me suis inscrit au cours Simon et, avec mon caractère habituel, je n'y suis pas resté longtemps. Je m’y trouvais ridicule. En fait, ce qui s'est passé, c'est que j'étais déjà poète, multi instrumentiste, philosophe, théologien et peintre très jeune, mais c'est tellement plus facile de prendre une guitare ou un harmonica et de chanter le Blues n’importe où et à n’importe quel moment, que de déclamer un tirade de Molière ou de Corneille, que c’est tout naturellement que je me suis mis à pousser la chansonnette... Certes, enfant, je faisais partie de la chorale de La Rochelle. Mais je me ressentais avant tout comme un musicien classique. Pianiste, principalement.
Aujourd'hui, professionnellement, je poursuis sans dispersion de multiples activités tant artistiques que scientifiques, mais, comme je l’expliquai au mois d’avril à votre confrère M Perraud sur France Culture, il est indéniable que ma notoriété première est venue par le fait de chanter mes compositions.
Vous me parliez de guitare. Vous avez commencé à jouer de la guitare à quel âge?
A 13 ans, j'ai réclamé une guitare, qu'on m'a offerte. J'avais déjà gratouillé un peu sur une mandoline auparavant. Cette guitare m'a été vendue par un gars de La Rochelle qui est d'ailleurs souvent venu me voir en concert. C'est à 16 ans et demi que j'ai voulu prendre des cours, là où j'avais acheté cette fameuse guitare. J'ai pris un premier cours, et à la fin du cours, le professeur me dit de venir le voir en aparté. Il me dit que c'est très bien, que je devrais revenir la semaine prochaine, mais cette fois au cours de l'année supérieure. Je fus évidemment surpris mais fier. Je reviens donc pour un deuxième cours et à la fin de ce deuxième cours, il me redit la même chose, qu'il fallait que je suive les cours de l'année supérieure. J'y suis ainsi allé quatre fois en tout... En quatre cours de quatre heures, j'en étais donc au niveau de quatre années de guitare. Puis choisi d'arrêter de prendre des cours et de m’améliorer simplement par moi-même.
Mais vous jouiez donc aussi d'autres instruments quand vous étiez jeune?
Oui da ! Je jouais du piano. J'ai pris des cours de piano avec un professeur que j'aimais beaucoup, Francis Polge. D’après ses dires, j'ai très vite été son meilleur élève. Au bout de six mois, j'en étais déjà aux sonates de Beethoven, vous allez me dire que j'y suis toujours, mais çà c'est par goût. Aussi, m’arrive-t-il souvent de repenser à cette époque quand moi-même je donne des cours de temps à autre.
Quand vous étiez ado, aviez-vous des idoles?
Oui. Enfin... pour parler communément parce que je n'aime guère le mot "idoles", mais admettons... Je pense que c'était d'abord Bruce Lee et puis Marlon Brando. Je pratiquais le combat depuis l'âge de 7 ans. Et Bruce Lee était un très bon acteur. J'aimais James Dean. Rien d'extraordinaire. Tout ceci est un peu banal.
Mais si on va au-delà de votre question, et au-delà du mot "idoles", la première personnalité à m'avoir séduit totalement, c'est Jésus-Christ. Ce me fut un coup de foudre immense. Et la deuxième, Van Gogh, et la troisième Beethoven. Après, ce fut Bruce Lee, Marlon Brando, Dean puis Presley.

Pouvez-vous me raconter dans les grandes lignes votre parcours entre La Rochelle et Paris, où vous avez fait les premières parties de Nina Simone et Mouloudji au Palais des Glaces?
J'ai rapidement fait mon service militaire, à 18 ans, pour en être débarrassé. Je suis parti en Afrique. Je me retrouve à 19 ans avec une envie de tenter ma chance à Paris pour percer dans le monde de la comédie, voire, de la chanson populaire. Je n'ai donc pas décidé tout de suite d'être chanteur, bien que je le fusse déjà, mais j'avais simplement décidé de ‘percer’. Je suis venu m'installer au n°4 de la Rue Gabriel Péri à Mairie de Clichy dans un petit studio. Et là, j'ai passé environ 10 mois à galérer énormément. Je chantais dans le métro et dans les rues. Le destin a fait que j'ai rencontré mon premier manager, Al Dorsey, qui était formidable. C'était un vrai, lui... J'ai rencontré Al dans son cabaret, rue des Solitaires, et il m'a fait faire des concerts dans les camps Américains de l’Allemagne de l’Ouest, etc... Et puis, après, il fit venir Nina Simone à Paris. Il nous a présentés et l'a faite entre autres chanter au Palais des Glaces. A chaque fois, j'essuyais les plâtres. J'étais soit en première partie, soit en bouche-trou. J'ai fait mes « classes » de cette manière extraordinaire.
Ensuite, vous sortez ce premier 45 tours, "C'est Lundi", qui va faire un carton. Quand est née cette chanson?
Pendant cette fameuse année à Paris, malgré tout, personne ne voulait m'enregistrer. J'avais mis un peu d'argent de côté auparavant, mais ce n'était pas inépuisable. Je suis donc reparti à La Rochelle me disant que c'était foutu. J'en avais marre. J'avais 20 ans, et c'est à ce moment que j'ai composé "C'est Lundi". Ce devait être l'été 82. Je chantais beaucoup pour maman. Je la guettais quand elle rentrait du travail et lui préparais ses chaussons. Je l'attendais avec ma guitare pour lui chanter des ballades. Un matin, j'étais allé au jardin des plantes pour me reposer et un oiseau joua de son beau ramage. Cela m’a inspiré et je suis rentré rapidement à la maison pour écrire « C’est Lundi », il devait être 11 heures du matin. Quand maman est arrivée à midi, je voulais lui chanter cette chanson. J'ai fait tourner le riff de guitare (qui paraît simple mais qui ne l’est guère). J'ai écrit la mélodie principale et les paroles sont venues assez rapidement et naturellement. La chanson était donc prête quand maman est arrivée et je la lui ai chantée.
Et vous avez pu la signer rapidement, celle-là?
Quand j'habitais à Paris, j'avais déjà composé beaucoup de chansons. Toutes celles du premier album et même quelques unes des albums suivants. "C'est Lundi", je l'ai écrite après, comme je viens de vous l'expliquer. A La Rochelle, je suis d’abord devenu une sorte de vedette locale. Je chantais partout avec beaucoup de succès. Et au mois d'avril, on m'a donné une adresse d'un studio à Paris. J'y suis allé. J'ai rencontré mes futurs premiers musiciens. Et à partir de là, tout a été très vite. J'ai donc fait cette première maquette de 4 morceaux, titres figurant dans le coffret qui vient de sortir. Quelques semaines après, un producteur me contacta. Nous sommes l'été 83. De là, je suis rentré en studio et on a enregistré le 45 tours "C'est Lundi". Cet enregistrement ne me convenait pas. On l'a donc réenregistré un mois après au studio Ferber ce, à ma manière, c'est-à-dire entièrement en direct, comme sur scène. Le 45 tours fut pressé et distribué dans les bacs avec sa face B, « Boy Bop Boogie » ce, donc, avant même mon 1er album.
Le 45 tours a été un énorme succès, comment vivez-vous au centre de cette déferlante?
Très bien ! C'est un rêve d'adolescent qui se concrétise. C'est merveilleux.
Mais ce n'est pas le tube le plus important de ma carrière. Tous les disques qui ont suivi ont encore été plus importants. Vous savez, faire des chansons, c'est un de mes pains quotidiens. Ce qui est drôle, c'est que aujourd'hui, en France, on ne parle plus que de "C'est lundi", mais ça ne me vexe pas, au contraire, je trouve ça à la fois rigolo autant qu’intéressant. C'est une chanson un peu chamanique, j'ai l'impression. Beaucoup de gens m'ont dit que leur vie avait changé après avoir entendu cette chanson. Pourtant, le slow "Nous Deux" – mon 3e hit après « Lucky Dom Dom » –, a été un succès beaucoup plus important.
Par ailleurs, mon domaine privilégié se trouvant être les planches, la scène, à cette époque j’y évoluais environ 265 jours par an. Je vivais de manière authentique et je le vivais très bien.
Vous ne l'expliquez pas, alors, que ce soit cette chanson qui soit devenue votre chanson la plus emblématique pour le public?
Non. Je ne l’explique pas. C'est le destin, voilà tout.

Deuxième single, "Lucky Dom Dom"...
"Lucky Dom Dom" a lui aussi très bien fonctionné. Si je me mets à part, en l’analysant avec le recul d’un point de vue strictement musicologique, c’est là, par la grâce de Dieu, tout comme d’ailleurs ‘‘C’est Lundi’’ et d’autres après, un style unique en son genre.
Vous avez été le premier artiste à tourner un clip en numérique avec votre chanson "Nous deux". Était-ce une expérience intéressante?
Oui. Parce que nous avions conscience que cette première mondiale s'était posée sur moi. C'était assez rigolo de se dire, à 23 ans, que j'avais été choisi face à Michael Jackson, Springsteen, Goldman et Hallyday ; ça m'a beaucoup rassuré. Quant au tournage, vous savez, c'était pour nous un tournage comme un autre. (J’ai toujours été à l'aise face à la caméra.) - --
Après, la chanson et le clip prirent beaucoup d'ampleur, ce fut plutôt jouissif. Il s'est retrouvé numéro 1 aux États-Unis et un peu partout dans le monde. L'été 1985, il y avait plus de Japonais et de New-Yorkais qui m'arrêtaient Place de Clichy que de Français, ce dont les Américains, en vacances à Paris, s’étonnaient. Chez eux, on n'entendait et on ne voyait ‘‘que moi’’ cet été là. Eux, ils me voyaient sortir du cinéma, et ils étaient affolés, ils touchaient mes vêtements, m’embrassaient etc. Il s'est passé beaucoup de choses avec ce titre. Y compris « A nous les garçons », le film de Michel Lang. Cependant, avec le temps (et les médias…), le grand public se souvient surtout de C’est Lundi, à part bien entendu les connaisseurs et les admirateurs. Mais je soupçonne cependant les Français, pour le moins, d’avoir fait pas mal de bébés au tant du slow ‘‘Nous Deux’’ (With You).
Je pense qu'à cette époque, vous rencontrez Barbara... Quels souvenirs gardez-vous d'elle?
C’était un peu avant, en 1984. Je venais de recevoir le Premier Prix Interpresse du meilleur album de l’année, les Victoires de la Musique n’existaient pas. Nous sommes devenus très vite amis. J'étais dans un immense rêve. Je planais complètement. Parce que tous ces gens, qui étaient, et sont toujours d'ailleurs, des gens énormes pour moi, m'accueillaient comme s'ils m'attendaient depuis toujours. Que ce soit Montand, Barbara, Guy Béart ou d'autres... Tous, autant que je m’en puisse souvenir, étaient fous de moi. C'était très étonnant, parce que j'avais connu la télévision en noir et blanc avec une chaîne et je voyais tous ces artistes sur mon petit écran quand j’étais gamin... Et qu’ils veuillent me connaître, ça me subjuguait et ça me subjugue encore. Cette admiration qu’ils me portaient était extraordinaire. Pour en revenir à Barbara... Elle avait fait toute une mise en scène pour me recevoir la première fois. C'est sa femme de maison qui m'avait ouvert, elle m'a dit de monter à l'étage par un très grand escalier : « Madame vous attend ». Barbara jouait à l'orgue une marche mortuaire ou quelque chose comme ça. J'ai grimpé les escaliers au son de cette marche et j'ai aperçu sa silhouette. Elle était toute en noire. J'arrive en haut, elle se lève brusquement, enjouée et radieuse, heureuse de me voir. Après, j'ai de suite été à l'aise. Il ne s'est jamais rien passé entre elle et moi, je le dis parce que c'est assez courant dans ce monde du spectacle. Par contre, il s'est créé une profonde amitié entre nous. Nous avons travaillé ensemble. Et elle a voulu me dire avant tout son admiration. Elle m'a pris les mains, et m'a dit : "Tu sais... Tu es formidable, tu es extraordinaire. Des gens comme toi, on en rencontre très peu. Il faut absolument que tu te protèges, parce que tu es rare." Et après, nous nous sommes mis au travail. Souvent, après, quand j'avais un coup de blues, je l'appelais. Elle me rassurait. C'est la seule qui a été sincère avec moi, jusqu'au bout. Les femmes sont en général plus sincères que les hommes. Bernadette Lafont a aussi été très sincère avec moi...
Au début des années 90, vous modifiez votre nom, Jesse Garon, devient Jessé Garon'. Pourquoi cette modification?
Pour plusieurs raisons. D'abord, j'en avais marre qu'on écrive "Jesse" n'importe comment. On l'écrivait parfois avec "y" à la fin, ou "ie"... ça a fini par m'agacer. Ensuite, j'avais envie de franciser mon nom parce que j'estime que les Américains n'ont plus rien à nous apprendre depuis longtemps. Je suis Français, donc c'est Jessé. Et puis, j'ai ajouté une apostrophe après le n de Garon' pour bien signifier que ça se prononce "onne" comme il y a quelques siècles. Mais ça, personne ne le comprend, pas même les journalistes ou alors très peu! Il ne faut pas trop en demander tout de même. Qui, de nos jours, connaît la poésie et sait à quoi sert l'apostrophe en fin de mot et de vers ? Voilà pourquoi, entre autres, cette partie de mon nom est devenu « Jessé Garon' ». Cela étant – et en raccourci – je suis Bruno Jessé Garon’ Fumard, et il n’y en a qu’un.
Jessé, en 2005, vous sortez un très bel album, "Je crois en la vie"? Comment en êtes-vous arrivé à ce CD?
Il était temps de faire un nouvel album. Celui-ci fut en fait mon 6e en moins de 25 années de carrières musicale. Mais ce qui est différent, c'est le chemin de vie professionnel que j'avais pris. Aujourd'hui, il n'y a qu'une seule personne qui décide de ce que je vais faire, c'est moi. Donc, pour cet album, j'ai fait ce que j'ai voulu, comme je l’ai voulu, quand je l'ai voulu et avec qui j'ai voulu. J'ai fait cet album tout seul. Je me suis tout de même fait seconder par Christian Cravero, un ami professionnel qui suivait mes directives. On a fait ça tous les deux. Hormis, les saxophones et le violons, j’ai fait toutes les voix et tous les autres instruments moi-même. Seul un titre est joué par quelques musiciens alors inconnus et à qui j’avais souhaité donner un coup de pouce. A l'heure actuelle, c'est mon album préféré. J'en suis ravi. Ce qui est rare chez moi tant je suis souvent relativement mécontent de mon travail. Bien évidemment, on pourra toujours trouver quelque chose à redire, mais globalement, j'en suis content. Fier du travail accompli et fier de la façon dont le travail a été accompli. De plus, FGL et Sony m’ont demandé la permission d’y insérer cinq de me succès antérieurs, ce que j’acceptai. De surcroît, outre la majeure partie de nouvelles chansons miennes, je me suis fait plaisir avec quelques adaptations dont « La Ballade Irlandaise ». Pour moi, ce disque est en effet comme du bon pain. Et, si ce n’est un pain de campagne, c’est pour le moins un pain complet. Aussi, semble-t-il que le titre qui en ressorte le plus soit ‘‘Je suis un Bohème’’.

Enfin, j'ai une dernière question à vous poser : quand peut-on espérer un nouvel album de Bruno Jessé Garon’ Fumard ?
Mon dernier album, le 7e, ‘‘D’un Commun Accord’’, est sortit en 2006-2007. Maintenant, vous savez, j'ai beaucoup de travaux en cours... La musique, certes, mais aussi la peinture, de même que mes recherches scientifiques, tout cela me prend énormément de temps. Par ailleurs, je donne de plus en plus de conférences et les concerts ne sont pas en reste.
Actuellement, musicalement parlant, je me prépare pour de futurs proches concerts de piano classique. Aussi, il ne serait pas impossible que le prochain album soit un disque de piano classique ce qui, semble-t-il, serait unique pour un chanteur de rock’n’roll, non ? Mais faire un disque pour faire un disque n’est pas en ce moment dans mes projets. Je travaille sur de la musique sacrée, sur mes sonates. Mais le plus gros morceau, si je puis dire, c’est mon travail sur la Messe Rock’n’roll chantée en latin. Aussi, mon ami, je ne puis encore vous dire exactement à quel moment cette œuvre verra le jour.
Mais en attendant, le magnifique coffret de 77 titres qui va sortir d’ici quelques semaines, si ce n’est déjà le cas, devrait amplement satisfaire le public et le faire patienter jusqu’à la prochaine nouveauté, d’autant plus que de nombreux inédits jalonnent ces 4h30 d’écoute !
Propos recueillis par IdolesMag le 06 juillet 2010.
Propos revus et corrigés par Monsieur Bruno Jessé Garon' Fumard le 24 juillet 2010.
-> Plus d'infos sur Jessé Garon': http://www.bruno-jessegaron-fumard.com
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