Interview de Valentin Marceau

Propos recueillis par IdolesMag.com le 25/06/2013.
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Valentin Marceau - DR

Après avoir évolué au sein du groupe BoXon, Valentin Marceau publie son premier album solo, « À nos amours », emmené par le très joli single « Dansons ». Nous avons été à la rencontre de Valentin quelques heures avant qu'il ne monte sur la scène de La Boule Noire pour présenter en live ce premier album. Au cours de cet entretien, nous en apprendrons plus sur le parcours déjà riche de ce jeune artiste très attaché aux mots, et sur la genèse de ce premier album, plutôt très bien ficelé.

IdolesMag : Le single « Dansons » est sorti il y a à peu près un an maintenant... Le temps t'a-t-il paru long jusqu'à la sortie de l'album?

Valentin Marceau : Pas spécialement parce que je suis quelqu'un de patient qui peut s'émerveiller un peu de n'importe quoi. J'ai continué à créer en attendant et je me suis baladé dans les rues des Lilas. Le temps est passé très très vite. Aujourd'hui, je me rends compte que c'était intéressant d'attendre finalement.

L'album était prêt depuis ce moment-là, j'imagine...

Oh oui, et même bien avant. Ça fait plus d'une bonne année qu'il est terminé.

On t'a connu au sein du groupe « BoXon ». Qu'est-ce qui t'a incité à prendre ton indépendance et te lancer dans un projet solo?

C'est d’un commun accord avec le groupe. On a tourné pas mal de temps ensemble et on sentait que c'était la fin.  Du coup, les gars sont partis faire leur route chacun de leur côté et moi, j'ai voulu continuer dans la musique. Je me suis donc un peu retrouvé face à moi-même et à ma vie. Et c'est comme ça que j'ai continué dans la musique.

Valentin Marceau, à nos amoursQue t'a appris l'expérience du groupe?

Ça m'a appris beaucoup de choses. Ça m'a déjà appris ce que c'était de travailler en maison de disques, travailler en studio et bosser sur un set pour le live. J'ai appris plein de choses. C'est avec le groupe qu'on a tout appris. On a fait pas mal de grandes scènes, etc... ça a été une expérience assez importante et formatrice dans ma jeune carrière.

Sur l'album, tu signes un titre, « Page Blanche », avec ton frère Timothée (ancien membre de BoXon également). Prenez-vous aujourd'hui toujours autant de plaisir à faire de la musique ensemble?

Oui, toujours. Là, ce soir, mon pote Marlon qui était avec nous dans le groupe est là, il était le batteur de BoXon. On est vraiment toujours en de bons termes. Mon frère, lui, il a continué à faire de la musique, plus dans l'électronique maintenant. Et quand on se retrouve, on se raconte chacun ce qu'on fait de notre côté. C'est très « Peace & Love ».

En parlant de « Page Blanche », l'as-tu connue? Et si oui, comment l'as-tu vécue?

Oh oui, je l'ai connue... et je l'ai très mal vécue! Là, en ce moment, j'ai un peu de mal à écrire parce qu'avec toute la promo, j'ai beaucoup de choses à faire. Et j'ai besoin d'une bulle créative pour écrire des chansons. Dès qu'il se passe plein de choses autour de moi, qu'il y a plein de mouvement, j'ai toujours énormément de mal à créer. Donc, en ce moment, c'est le cas, je suis un peu en page blanche. Je le vis assez difficilement et en même temps, je me dis que ça va revenir à un moment ou un autre.

Après l'aventure de BoXon, tu as fait les Rencontres d'Astaffort. Qu’est-ce qui t'a séduit dans ce concept? C'est un peu un laboratoire de création...

Oui, c'est un peu ça... Ce qui est génial dans les Rencontres d'Astaffort, c'est qu'on est un peu coupés du monde. On ne pense qu'à créer et rien d'autre. Je n'ai pas eu besoin de penser à faire le ménage, à faire la cuisine, etc... (rires) on se concentre juste sur le fait de créer, et c'est formidable. Ce sont finalement des moments assez rares. À côté de ça et de cette ambiance, ce que t'apportent les Rencontres d'Astaffort, ce sont des échanges avec d'autres artistes dont tu n'aurais pas forcément croisé le chemin, ou en tout cas pas à ce moment-là. Ça permet de bosser tous ensemble, de tester des choses, et de changer un peu d'horizon. C'est toujours important.

Tu viens de les refaire, je pense.

Oui, j'en reviens, ça fait à peine une semaine!

Sentais-tu que tu en avais encore besoin? Parce que ça ne faisait pas si longtemps que tu les avais faites.

Non, puisque je les avais faites en septembre dernier. Sur cette année scolaire, j'y suis allé deux fois, en fait... disons que la première fois, on m'a proposé d'y aller et j'y ai passé un super moment. Je suis revenu enrichi de partout avec plein de chansons dans le sac. Et on m'a proposé de revenir pour les « Rencontres Jeune Public », dans le but de créer un spectacle pour enfants en une semaine. Donc, j'y suis allé sans réfléchir plus que ça. Je me suis dit que ça m'avait apporté tellement la première fois que ce serait bien de retenter l'expérience... j'y suis donc retourné avec le plus grand plaisir.

En parlant de création, depuis quand écris-tu des chansons?

C'est venu très tôt. J'ai tout de suite écrit dès que j'ai composé. J'ai commencé à découvrir la guitare chez mes parents vers l'âge de 10 ans. Je grattais et au lieu d'essayer de jouer des classiques, j'essayais de composer des chansons. J'ai toujours fait ça. Bon, c'est sûr qu'à 10 ans, ça valait ce que ça valait, mais je le faisais avec tout mon cœur.

Valentin Marceau - DRAujourd'hui, tu as grandi, tu as mûri... mais ton rapport à la création est-il un peu resté le même? Écris-tu des chansons aujourd'hui pour les mêmes raisons que celles de quand tu avais 10 ans?

Aujourd'hui, franchement, c'est encore mieux... J'ai beaucoup d'idées, comme j'en avais à l'époque, mais maintenant, j'ai les moyens de les mettre en forme. Donc, c'est beaucoup plus sympa. Aujourd'hui, quand je crée une chanson, si j'ai envie de mettre un orchestre à tel endroit, je me fais plaisir et je le mets. J'ai la possibilité de créer avec plus de moyens. Je peux mettre beaucoup de mes attentes sur mes morceaux. Donc, je prends beaucoup plus de plaisir aujourd'hui.

Quand on écoute tes chansons, on sent que tu as un profond respect des mots et des mélodies. Quel genre de musique tes parents t'ont-ils fait écouter?

Franchement, je n'ai pas vraiment écouté la même chose que mes parents. Mon père était vachement branché sur tout ce qui était musique un peu dure. Il écoutait Rammstein et ce genre de choses. C'était donc rock et même très rock. Ma mère, elle, elle était peut-être un peu plus chanson. Disons que je sors d'une famille très très punk à la base. Je n'ai pas trop suivi le chemin musical de mes parents. Par contre, j'ai baigné dans un milieu littéraire et dans l'univers du livre. Ma mère était bibliothécaire. Mon père travaille dans la bande dessinée. J'ai toujours été entouré de mots. C'est probablement de là que vient mon attachement à la langue française. Je suis hyper attaché aux mots, comment ils sonnent, ce qu'ils veulent dire, à l'ambiance générale. J'ai beaucoup lu et aujourd'hui encore j'aime beaucoup lire. J'adore le talent qu'ont les écrivains de mettre en place tout un univers. C'est ce que j'essaye, à mon niveau, de faire à travers mes chansons.

Valentin Marceau, DansonsPasser à un format plus long, genre une nouvelle, un conte ou un roman, t'intéresserait-il?

Ah... j'adorerais! Franchement, j'adorerais. Mais je ne me sens pas encore capable de le faire. J'ai déjà essayé, mais j'ai du mal. Écrire des chansons ou des poèmes, c'est quelque chose que je sais plus ou moins faire. Par contre, écrire une nouvelle, ou pire un roman, je ne pense pas avoir encore la maturité pour le faire. Mais je le ferai un jour, j'en suis certain.

Tu cosignes « Les bulles de soleil » avec Jean Fauque. Le connais-tu depuis longtemps?

Oui, je le connais depuis un bon moment. On avait fait une date pour un festival à l'Olympia il y a quelques temps. Et nous étions rentrés ensemble en métro parce qu'on habitait plus ou moins dans le même coin. On donc eu le temps de parler un petit moment le temps de quelques stations. Et puis, nous nous sommes revus plus tard après ma signature en maison de disques. On me l'a représenté, mais on se connaissait déjà. Ça a été une re-rencontre en quelques sortes puisqu'on s'est tout de suite très bien réentendus. Je suis vraiment content de ce qu'il a écrit pour moi. C'est d'une beauté incroyable.

Il est l'un des auteurs emblématique de Bashung. Est-ce un artiste que tu as beaucoup écouté?

Je l'ai écouté, mais je n'ai pas vraiment accroché. Ce n'était pas trop dans mon domaine. Je l'ai toujours trouvé un peu dissonant. Et j'aime bien quand c'est très très mélodieux. Disons qu'il n'a pas été un artiste pilier pour ma construction. Mais par contre, respect total. Tout ce qu'il a fait au long de sa carrière est supra honorable. Je ne pourrais pas émettre une seule critique, mais ce n'est pas pour moi.

Et Kerredine Soltani, qu'est-ce qui t'a donné envie de travailler avec lui? Le connais-tu depuis longtemps aussi?

Non, pas trop. On me l'a présenté au moment de ma signature en maison de disques. Il avait déjà travaillé avec eux notamment sur Zaz et d'autres artistes. Il est réputé pour être un super hit maker, du coup, on a bossé ensemble sur la première chanson de l'album, « Qu'est-ce qu'on fait? ».

N'as-tu pas eu un peu peur que ton projet ne t'échappe quand on t'a proposé de travailler avec toutes ces autres personnes?

Non, je n'ai pas eu peur de ça. Je n'ai pas trop de soucis avec le mélange des genres. Zaz, par exemple, c'est une artiste que j'aimais beaucoup, déjà bien avant que je ne signe dans la même boîte qu'elle. Elle a fait deux albums somptueux. Si on écoute vraiment ses deux albums, et pas seulement les singles, il y a des choses vraiment superbes dedans. Elle a une super voix. Et comme je savais que Kerredine écrivait pour elle, je n'ai pas du tout eu peur de travailler avec lui. Au contraire, j'aime les collaborations. Quand on m'en propose une, je fonce toujours. Je pense que c'est un des meilleurs moyens d'apprendre et d'avancer, de travailler avec des autres. Je n'ai vraiment pas peur de ça...

C'est Dominique Blanc-Francard qui a réalisé l'album. Que t'a-t-il apporté musicalement? Pourquoi as-tu voulu travailler avec lui?

Tout simplement parce qu'il a réalisé beaucoup d'albums que j'admire. C'est un grand monsieur dans la chanson. Je ne vais pas dire que tout le monde est passé chez lui... mais presque!! C'était clairement un de mes objectifs depuis plusieurs années de travailler un jour avec Dominique. Donc, c'était vraiment super.

Valentin Marceau @ Ludovic Baron

C'est pas mal de déjà réaliser certains de ses objectifs sur un premier album...

C'est clair! (rires) Et il y a pas mal d'objectifs que je m'étais fixés qui sont en train de prendre forme. Je suis un peu comme sur un petit nuage. C'est super. Et pour en revenir à Dominique, quand tu entends sa créativité sur les arrangements, c'est vraiment chouette...

De toutes les chansons qui figurent sur l'album, y en a-t-il une pour laquelle tu as un peu plus de tendresse qu'une autre? Et quand je dis tendresse, je ne pense pas forcément à ce que la chanson raconte, mais plutôt quelque chose qui s'est passé autour de la chanson, pendant sa création, son enregistrement ou même sur scène...

J'en ai plusieurs, des chansons comme ça qui sont « de cœur ». Il y a « Page Blanche » que j'aime beaucoup de par son ambiance. Et j'affectionne vachement « Notre dernière nuit » parce qu'elle est complètement autobiographique. Donc, quand je la chante, je ne peux être que sincère...

Ce soir, tu joues à La Boule Noire, c'est la première représentation live de l'album... Plutôt stressé ou serein?

Plutôt serein, franchement. J'ai vécu beaucoup de belles choses pour en arriver là. Il y a aussi tellement de gens qui me soutiennent et qui seront là ce soir... que ça me rassure. J'ai un peu l'impression de venir jouer avec toute la famille. C'est trop bien! Je sais que je vais paniquer l'heure juste avant de monter sur scène, mais je suis hyper content de tout ce qui m'arrive...

Comment l'abordes-tu, la scène? Comme quelque chose de très écrit ou plutôt très spontané?

C'est plutôt quelque chose de spontané. Il se passe tellement plein de choses sur scène... Il y a des gens qui crient quelque chose dans la salle, et on rebondit dessus.

Une tournée se met-elle en place?

Oui, normalement. Une tournée se met en place pour la rentrée.

Tu es en pleine promo, tu prépares cette tournée pour la rentrée, mais on le sait tous, les artistes ont toujours un album d'avance, ou presque... Penses-tu déjà au deuxième album? Tu me disais tout à l'heure qu'en ce moment, c'était un peu la page blanche...

Oui, en ce moment, c'est le cas, mais ça ne l'a pas été avant!! (rires) J'ai de la matière pour au moins trois albums... Il n'y a aucun souci là-dessus. J'ai toujours beaucoup beaucoup de chansons dans les tiroirs.

Dans ce premier album, il est beaucoup question d'amour. Souhaiterais-tu dans un prochain aller un peu plus loin dans des sujets de société, sans pour autant prendre le statut d’artiste engagé?

(rires) Oui, je vais dans ce sens. Déjà sur les deux premiers titres de l'album, « Qu'est-ce qu'on fait? » et « Arrêtez Stop! », j'ai tâté le terrain. Il y a un peu de ça. Par contre, ce que je ne voudrais jamais, c'est me mettre dans la peau d'un donneur de leçons. Je préfère raconter des histoires. Je sais qu'il y a un ras-le-bol généralisé en ce moment... Peut-être que j'aborderai dans le futur des thèmes comme celui-ci d'un peu plus près...

Propos recueillis par IdolesMag le 25 juin 2013.
Photos : Ludovic Baron, Adrien Sicart, DR
Site web : http://www.valentinmarceau.com/









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