Interview de Anaïs Delva

Propos recueillis par IdolesMag.com le 18/06/2013.
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Anaïs Delva © Bertrand Vacarisas

Après avoir campé de nombreux rôles au sein de différentes comédies musicales (on se souvient notamment de Lucie dans « Dracula » et Annie dans « Salut les Copains ! »), Anaïs Delva revient sur le devant de la scène avec un single à fleur de peau, « Toi », aux antipodes de ce à quoi on aurait pu s’attendre. Un EP, « 27 », est attendu pour l’automne. L’artiste dévoile pour la première fois ses propres textes. Séduits par l’authenticité de ce projet solo qu’elle publie en totale autoprod, nous avons été à sa rencontre afin d’en savoir un peu plus. Nous avions déjà rencontré Anaïs il y a un peu plus de deux ans, nous l’avons retrouvée épanouie et heureuse, avec le plus grand plaisir !

IdolesMag : Tu as longtemps évolué dans différentes troupes. Nourrissais-tu ce projet solo depuis longtemps ?

Anaïs Delva : C’est une envie qui a vu le jour il y a deux ans à peu près. Avant, je n’avais pas spécialement l’envie, du moins, je ne m’en sentais pas la maturité. Et puis, il y a deux ans, j’ai eu besoin de m’exprimer d’une autre manière qu’à travers les projets des autres. J’ai eu besoin de m’exprimer moi-même, avec ce que j’avais à dire. J’écris depuis que je suis toute petite, mais je n’avais jamais eu l’envie de partager ces textes. C’étaient plutôt des mots qui étaient thérapeutiques pour moi et qui restaient personnels. J’ai eu donc, à ce moment, besoin d’exister autrement qu’au travers d’un rôle et autrement qu’à travers des projets que les autres avaient créés.

Même si tu ne les montrais pas, étaient-ce tout de même des chansons que tu écrivais auparavant ?

Disons que j’écrivais aussi bien des poèmes que des chansons ou des nouvelles. Il y avait un peu de tout, mais tout restait dans ma bulle et mon intimité. Je ne voulais pas les partager parce que je ne me sentais pas assez mûre pour ça. Je n’avais pas la maturité artistique nécessaire.  Je me sentais capable de créer des personnages, j’en avais l’envie, et j’avais très peur de montrer ce que j’avais vraiment dans le ventre, moi.  C’est une vraie mise à nu de faire connaître ses chansons. En tout cas, à cette époque, je ne me sentais pas prête.

Tu me disais tout à l’heure que tu voulais garder tes textes dans ta bulle. Était-ce, d’une certaine façon, une manière de te construire ?

C’est complètement ça. Le EP va d’ailleurs s’appeler « 27 », parce que c’est un tournant dans ma vie. Là, je viens de fêter mes 27 ans, et ça a été l’occasion de remettre en questions plein de choses, de prendre conscience de là où j’ai vraiment envie d’aller et de me créer artistiquement, de devenir ce que j’ai envie d’être depuis pas mal de temps mais que j’avais un peu peur d’être. Là, j’ai vraiment laissé mes peurs derrière moi. Je me suis rendue compte que je m’éclatais à faire mes propres choses. C’est hyper excitant… et aussi excitant que flippant de mettre ses chansons en ligne. Mais j’adore ça. Pour moi, c’est une vraie naissance.

Au jour d’aujourd’hui, écris-tu toujours autant ?

Oui, j’écris tout le temps. Ce sont des flashs, des moments que je vis. Quand quelque chose vient, je prends mon IPhone, je mets le microphone en route et j’enregistre. Je me retrouve avec une mélodie par-ci et quelques mots par là. Ce sont tout de même toujours les mots qui viennent en premier. Parfois, je n’arrive pas à trouver le sommeil avant d’avoir trouvé les bons mots. C’est quelque chose de récurrent chez moi, j’ai besoin de coucher les choses sur papier.  J’écris sur ce que je connais et ce que je vis. C’est toujours très personnel. C’est pour ça que je pense qu’avant, j’avais du mal à les partager.

Que s’est-il passé dans ta vie il y a deux ans pour que tu décides de montrer aux autres tes textes ?

J’ai fait une rencontre artistique capitale dans ma vie il y a deux ans. C’est d’ailleurs la personne avec laquelle je travaille encore aujourd’hui. Il s’appelle Florian Rossi.  Ça a été une vraie rencontre artistique. Florian est la personne pour laquelle cette pudeur que j’avais avant n’avait plus de sens. On est rentrés rapidement dans un mécanisme de création. Je n’ai plus eu peur de montrer mes textes. Je me suis retrouvée dans une petite bulle de bienveillance avec Florian. Ce duo m’a complètement donné confiance en moi. Ça a été un vrai déclic, je me suis dit « allez, on y va, on se lance ». Après, le problème, c’est que depuis deux ans, j’ai beaucoup travaillé en comédies musicales. Il me restait donc assez peu de temps à consacrer à ce projet solo, j’ai donc travaillé avec parcimonie. Ça a été difficile. On travaillait un peu, puis une autre fois un petit peu deux mois après…  Et aujourd’hui, je me retrouve avec un peu de temps devant moi cet été, donc, j’en profite et je saute sur l’occasion pour boucler cet EP. Florian est vraiment devenu mon binôme…

Composais-tu déjà avant de rencontrer Florian Rossi ?

Je co-compose avec lui parce qu’il est un excellentissime musicien et un très bon créateur. Du coup, je profite de son expérience et de ses compétences. Il a une maturité musicale au niveau de la création pure qui me bluffe. C’est un réel bonheur de travailler avec lui. Mais je composais déjà avant tout seule de mon côté. Par contre, là sur le EP, ce ne seront que des compos ou des co-compos qui auront été faites avec Flo parce qu’à deux, on arrive à créer un bel univers et quelque chose de bien.

Anaïs Delva, ToiCette première chanson, « Toi », dans quelles circonstances est-elle née ?

Cette chanson est née… (rires)… dans des circonstances très particulière ! Encore une fois, c’est une chanson très intime. Elle est née un soir où ça n’allait pas trop. Cette chanson, c’est une fois encore une thérapie ou en tout cas le deuil d’une relation. Je pense que c’est assez clair dans le texte. J’ai écrit ce texte en une demi-heure à peine, très rapidement. La mélodie est venue dans le même temps. Je suis allée voir Flo un peu plus tard en lui disant « voilà ce que j’ai, un texte et une mélodie, j’ai besoin que tu me la mettes en musique ». L’univers de la chanson était déjà déterminé, et là, je voulais la faire naître. Cette chanson, c’est une partie de ma vie, en fait…

Tu viens d’une discipline, la comédie musicale, où on en met plein la vue. L’image a donc, très certainement, beaucoup d’importance pour toi. A-t-il été rapidement question de faire un clip de cette chanson ? Qui a eu l’idée du clip ?

L’idée originale du clip est de moi. J’ai appelé mon ami Bertrand Vacarisas qui l’a réalisé. Je lui ai dit que j’avais envie d’un univers déglingué pour figurer cette relation. Les mûrs, d’ailleurs, représentent parfaitement pour moi cette relation que je vivais. J’avais envie de quelque chose de très vrai et de très brut. On n’a pas cherché à faire un clip dans lequel la fille chante, est belle et a le corps tout maquillé sans aucune imperfection. Je n’avais pas du tout envie de ça. J’avais envie que ce soit quelque chose de très vrai. Donc voilà, j’ai les jambes boudinée dedans et je voulais une vraie nana qui danse et pas un squelette comme on s’évertue à nous plaquer dans les magazines. Ce sont de fausses images de la vie qui moi, m’insupportent. J’avais envie d’un truc vrai et fort parce que de toute façon, ce que j’ai ressenti en écrivant cette chanson et en vivant cette histoire était très fort. Donc, ça c’était important pour moi.

Bertrand, tu l’as rencontré sur « Salut les Copains ! ».

Oui, c’est ça ! Il travaille beaucoup sur le corps. Il fait de très belles vidéos sur l’image et la danse. Je savais qu’il serait le réalisateur idéal pour ce clip. Il a accepté de me suivre sur ce projet et je ne l’en remercierai jamais assez parce qu’il a fait un travail magnifique. Encore une fois, il y a beaucoup de moi dans ce clip. Et aussi beaucoup de choses que les gens ne voient pas forcément, beaucoup de petits symboles. C’est tout con, mais il y a un petit bouquet de roses jaunes et ces roses symbolisent la tromperie. Il y a des roses rouges qui sont arrachées, c’est un symbole de passion et d’amour arraché. La nudité, je pense que c’est très clair, ça symbolise la mise à nu dans une relation. Il y a donc plein de petits symboles qui sont ma signature en fait…

C’est un très beau clip qui illustre parfaitement la chanson… qui est, entre nous, très loin de ce qu’on aurait pu attendre de toi…

(rires) C’est vrai que je ne suis pas partie sur un format de single classique. Les gens s’attendaient peut-être à entendre une chanson up-tempo sur laquelle j’allais danser en minishort… Je ne sais pas ce qu’on attendait de moi, mais disons qu’on m’a connue sur « Un, deux, trois », et donc, on aurait pu s’attendre à un truc pop. Mais cet univers, ce n’est pas moi du tout. Que ce soit dans « Dracula » ou « Salut les copains ! », j’ai joué des rôles. Et c’était surtout très important pour moi avec cette première chanson et ce premier clip, de ne pas chercher le single type pour NRJ. Je n’avais pas envie de ça, j’avais juste envie d’être honnête envers moi et envers le public. C’était important pour moi d’aller vers quelque chose d’intime et de vrai.

Ça paye souvent l’authenticité…

Je l’espère ! Mais en tout cas, même si la chanson ne s’inscrit pas dans le schéma classique, je suis très contente parce qu’on a de très bons retours. Je sais que c’est un titre qui s’adresse principalement aux femmes, d’ailleurs, je suis une femme et j’écris principalement pour les femmes, parce que, encore une fois, je ne sais écrire que sur ce que je vis. Mais je suis très heureuse en tout cas parce que l’honnêteté du moment, de la chanson et du clip ont été vues par les gens et c’est tout ce que je voulais.

Toi qui sort de structures pour le moins costaudes, pourquoi as-tu choisi l’autoprod ? Un besoin de liberté ?

J’avais complètement besoin de liberté. Travailler avec de grosses structures comme tu dis, je trouvais absolument génial parce que ça ouvre plein de portes. Et en même temps, on ne peut pas faire exactement ce qu’on veut puisqu’il y a des enjeux commerciaux, un besoin de vendre, un besoin de réussite, etc… J’ai voulu faire ce projet en autoprod, parce que je ne voulais travailler qu’avec des gens que j’aimais et que je respectais. L’autoprod, c’est finalement la seule manière de faire ce qu’on désire vraiment. Alors, ça ne m’empêche pas de m’entourer de gens et de demander des aides extérieures. Je ne suis pas extralucide, je ne sais pas tout, j’ai besoin qu’on m’aide. C’est pour ça que j’ai appelé Bertrand pour réaliser le clip, c’est pour ça que j’ai fait appel à Florian pour le mix des chansons, c’est pour ça que je demande régulièrement l’avis des autres… Mais c’est quand même magnifique, en tant qu’artiste, de pouvoir dire « J’ai fait mon EP avec un de mes meilleurs amis, c’est un super pote qui a réalisé le clip, c’est ma meilleure amie qui joue dedans… » Dans le deuxième clip, il va y avoir quatre de mes meilleurs copains. Ils ont été extraordinaires parce qu’ils ont accepté tout de suite. Les gens aiment le projet, et donc, ils viennent dedans. C’est juste génial. Réussir à fédérer des gens quand on est en autoproduction, c’est un exploit. Ils le font juste parce qu’ils croient à ce projet. Donc, obligatoirement, il y a autour de ce projet une énergie qui est ultra positive. Du coup, ça fonctionne. Je n’avais absolument pas envie qu’on me dise « Ok, on te produit ton EP, mais tu vas prendre le texte de machin, les compos de trucs et ce sera bidule qui le réalisera… » Non ! Ça ne m’intéresse pas. En tout cas pas pour le moment, parce que j’ai envie de m’exprimer honnêtement.

C’est un projet personnel et tu n’as pas envie que qui que ce soit t’impose quelque chose.

C’est ça. Tu sais, je me dis quand même qu’à la base quand tu es un artiste, le but est de s’exprimer. Aujourd’hui, je vois plein d’artistes qui se laissent embarquer sur des projets dans lesquels ils ne se retrouvent même plus. Je n’avais pas envie de ça aujourd’hui. J’ai besoin de montrer qui je suis, ce qui me plait, ce que j’aime faire… Après, si ça intéresse quelqu’un, je sais que je pourrai me permettre de dire « Ok ! Je vais travailler avec un label, mais c’est moi qui écrirai mes textes et qui co-composerai les titres. » Encore une fois, je ne sais chanter que ce que je vis et ce que je suis, donc, à un moment donné, chanter des choses qui ne sont pas de moi ou des histoires qui ne me parlent pas, je trouve çà inintéressant. Je ne comprends même pas la démarche en fait…

Quand tu vois des gens comme Florent Torrès, qui était dans la troupe de « Dracula » avec toi, ou Nuno Resende qui se présentent au casting de « The Voice », quel regard jettes-tu sur leur démarche ? Serais-tu tentée toi aussi par l’expérience ?

Ce sont deux artistes que j’aime beaucoup et que je trouve très talentueux. Leur démarche est très courageuse. Ce n’est pas facile, quand on est un professionnel du spectacle, d’aller se planter devant quatre fauteuils retournés et de se faire juger sur sa seule voix. Ça fait très peur. Je trouve qu’ils « en ont eu » de se présenter ! Nuno a donné une magnifique image des gens issus de la comédie musicale. Il a prouvé qu’un artiste qui a fait de la comédie musicale peut chanter autre chose que des airs de comédie musicale. Il a juste chanté du « Muse » comme un dingue. Il a été super. Je l’ai vu il y a quelques jours puisqu’on a enregistré ensemble un single pour l’association « Cœurs en scène ». On a beaucoup parlé tous les deux. Il a eu une très belle démarche qui va lui donner aujourd’hui plein de belles opportunités. Il faut aller là où on se sent bien. Si dans leurs parcours, c’est le moment de se présenter à « The Voice », qu’ils y aillent, si c’est le moment de monter un projet plus perso, qu’ils foncent. Aujourd’hui, Nuno s’éclate comme un fou sur la tournée de « The Voice » et le connaissant, je sais que c’est quelque chose qu’il mérite vraiment. Je suis super heureuse pour lui parce que du coup, on l’applaudit pour lui et pas pour un rôle qu’il tient dans une comédie musicale. Et ça, c’est quelque chose qui lui fait énormément de bien, de chanter des chansons juste en tant que Nuno Resende. C’est cool pour lui. Après, en ce qui me concerne, je suis partie sur cet EP en autoprod. « The Voice », je ne connais pas assez bien le programme pour avoir un avis dessus. Mais comme tout le monde m’en parle et me dit que c’est génial, peut-être que je vais m’y intéresser… (éclats de rires) Je me dis qu’il faut que je regarde ce que c’est ! J’étais en tournée quand ça a été diffusé, donc, je n’ai jamais vraiment pu regarder.

On va en revenir à l’EP… Où en est-il concrètement ?

Il est prévu pour fin septembre, début octobre. Les chansons sont terminées, on va poser les dernières voix, on va faire les mixes, on va faire les masters. Je suis quelqu’un d’assez chiant, on peut le dire… J’ai des envies assez précises et je sais ce que je veux. Du coup, tout met beaucoup de temps parce que j’ai envie de faire les choses comme j’ai envie de les faire. Je ne veux pas faire les choses dans l’urgence et les regretter plus tard. Octobre, c’est bien parce que ça me donne une échéance assez lointaine pour vraiment faire les mixes et les masters comme j’aimerais qu’ils soient. Et voilà !

Combien de chansons figureront dessus ?

Ce sera un cinq titres. Il y aura quatre titres et une reprise de « Toi » en acoustique.

Quels thèmes vas-tu aborder dans les autres titres ?

Ça va parler d’amour et de ma façon de penser. J’ai une façon de penser qui fait que je vis au jour le jour. Il faut profiter de notre vie maintenant, il faut profiter de l’instant. Je vais donc évoquer le temps qui passe et l’idée de ne pas se laisser avoir par le temps, de vivre aujourd’hui, de passer à la suite quand il nous arrive des coups bas… tout passe dans la vie. Et puis, bien entendu, je vais parler d’amour, parce que c’est un des thèmes qui revient le plus dans ma vie…

Y aura-t-il d’autres collaborations, mis à part avec Florian Rossi ?

Il y aura une autre collaboration, je pense. Un duo. Mais j’ai envie de laisser un peu la surprise. J’ai invité un camarade à venir chanter sur un titre que j’ai écrit et j’ai très envie d’avoir sa voix dessus. Mais je n’ai pas envie de dire son nom pour le moment… (rires) Ce sera une surprise pour la rentrée.

Quelle est la suite ? Un deuxième single ?

Oui, un deuxième single à la rentrée. Le titre a été écrit dans des circonstances beaucoup beaucoup plus joyeuses. C’est un titre très drôle qui n’a rien à voir avec « Toi ». On ne va pas rester dans cette mélancolie et ces sentiments-là. On va être dans un truc très heureux qui encore une fois ne collera pas avec le format single-type !! Mais ce n’est pas grave ! Ce sera un beau moment de joie collective. Je pense que d’ici fin juillet / début août, le clip sera en ligne…

Qui dit single et EP, dit souvent album… Y penses-tu déjà ?

Franchement, je ne pense pas trop à l’album aujourd’hui. J’ai plein de choses, plein de chansons que je trouve, moi, très jolies mais pour le moment, je me focalise sur le EP. J’ai eu envie du format EP et pas du format album, ce n’est pas pour rien. Il y a des chansons que j’ai écrites il y a deux ans, et pour moi, elles sont déjà d’un autre temps et elles ne fonctionnent déjà plus dans ma vie aujourd’hui. Donc, si jamais je dois faire un album, il me faudra du temps et un peu de moyens puisqu’il faudra fédérer des gens sur un court terme pour qu’il soit cohérent. Donc, pour le moment, je n’y pense pas trop. J’ai envie de faire vivre cet EP. J’ai envie de voir ce que ça donne. J’ai envie d’avoir le retour du public et des professionnels. Après, j’aimerais aller voir des labels et voir ce que ça donne. Pour le moment, j’avais surtout besoin de m’exprimer et de lâcher plein de choses. J’ai fait énormément de choses dans ma vie ces trois/quatre dernières années. J’ai enchaîné les spectacles comme peu de gens ont la chance de les enchaîner. Sur ce coup-là, j’ai été vraiment chanceuse. Mais là, j’avais besoin d’accoucher. C’est vraiment cette sensation que j’ai… je vais accoucher en octobre de mon premier bébé ! ça va permettre aussi, je pense, de me donner du crédit parce que beaucoup de gens ont des préjugés sur les artistes qui viennent de la comédie musicale. Ils pensent qu'on est un peu chanteurs, un peu comédiens, mais pas vraiment l’un ou l’autre… Beaucoup ne se rendent pas compte que, pour certains, nous sommes aussi musiciens, auteurs… qu’on a des choses à dire ! Il était important de sortir un EP où les textes sont de moi et dont les musiques sont aussi, en partie, de moi. Il faut sortir des préjugés que les gens peuvent avoir de nous. Du moment où on a joué dans une comédie musicale, on pense souvent que nous n’avons pas le bagage nécessaire pour mener à bien notre propre projet. Ce n’est pas vrai… je connais plein de gens dans la comédie musicale qui écrivent magnifiquement bien, qui composent, qui jouent de la musique… C’est pour ça que j’essaye de me donner cette chance d’être vue pour moi-même et pas pour un rôle que je joue…

En parlant de comédie musicale, peux-tu m’en dire un peu plus sur « Les Amants d’un jour », le spectacle musical autour de Piaf dans lequel tu devais jouer à la rentrée à Bobino mais qui semble être au point mort ?

Le spectacle, pour l’instant, ne se fera pas. On ne sait pas encore vraiment si le projet est annulé ou reporté. Tout ça est très mystérieux. Tout ce que je peux te dire, c’est qu’il ne verra pas le jour à la rentrée comme prévu. Du coup, la vie m’a donné du temps pour faire cet EP. Je le vois comme un signe. Je prends toutes les choses de la vie avec beaucoup de recul et de « spiritualité », entre guillemets. Et là, je me dis que c’est un signe… J’ai du temps pour sortir ce premier petit bébé… Et puis, ça me donne du temps pour me reposer et pour créer, un temps qui depuis quatre ans est assez rare. C’est vraiment chouette.

Tu as fait énormément de scène en groupe, as-tu l’expérience de la scène en solo ?

En fait, finalement, je ne peux pas dire que j’ai vraiment l’expérience de la scène en solo. J’ai l’expérience de soirées que j’ai pu faire il y a quelques années. Je faisais de l’évènementiel. Je chantais des reprises. C’est quelque chose que j’ai énormément fait puisque j’ai commencé à 14 ans. Je l’ai fait pendant des années et je connais donc ça par cœur. Mais chanter sur scène mes propres chansons, c’est quelque chose qui m’est arrivé tellement peu souvent… ça me fait tellement peur, mais j’ai tellement envie de le faire !... Là, ce que j’aimerais, c’est qu’après la sortie du EP, j’ai l’opportunité d’une première partie qui se mette en place. Ce serait très cohérent. J’ai toujours fait les choses piano piano, petit à petit… Dans la comédie musicale, j’ai commencé par être doublure avant d’être titulaire. J’ai fait des reprises avant de chanter des créations… J’ai donc envie de faire ça avant de me lancer sur scène toute seule. J’ai envie de faire les choses bien. Ce qui serait super, ce serait que l’année prochaine je me retrouve en première partie d’un autre artiste et que je puisse m’exprimer tranquillement, guitare à la main devant un public, en chantant cinq ou six chansons… En plus, quand tu fais une première partie, c’est un public qui n’est pas venu pour toi et qui n’est pas conquis d’avance. Et ça, c’est le genre de défi que j’adore ! Et puis ensuite, ça me permettrait de me construire aussi…

C’est un peu le parcours à l’ancienne…

J’adore ça ! Je dois avoir un côté un peu « old school ». Je trouve qu’il faut faire les choses bien, et chaque chose en son temps. De toute façon, dans notre métier, il ne faut jamais faire les choses à la va-vite. Il faut faire les choses bien pour pouvoir être fier de ce qu’on a fait. Je pense en tout cas qu’une première partie, ce serait la meilleure chose qui pourrait m’arriver…

En tout cas, ton projet est hyper intéressant, aux antipodes de ce à quoi on aurait pu s’attendre…

Je suis hyper heureuse d’entre ça parce que moi, je me connais. Et j’ai du mal à me rendre compte de comment les gens me voient. Et je me rends compte que finalement j’arrive où on ne m’attendait pas et j’en suis très heureuse. Ça veut dire que j’ai super bien joué mes rôles dans les différentes spectacles !! (éclats de rires) C’est hyper excitant de se dévoiler…

Propos recueillis par IdolesMag le 18 juin 2013.
Photos : Bertrand Vacarisas
Facebook : https://www.facebook.com/pages/Ana%C3%AFs-Delva-Officiel/128434343873406?fref=ts

 









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