Interview de Kadebostany

Propos recueillis par IdolesMag.com le 22/05/2013.
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Kadebostany © Yannick Maron & Arthur Lehmann

La géographie européenne est en pleine mutation. Un nouveau pays imaginaire commence à faire parler de lui depuis quelques années, la Kadebostany. Alors que son Président autoproclamé était en visite officielle à Paris en compagnie d’Amina, la chanteuse de la fanfare kadebostanienne, nous avons été à leur rencontre afin d’en savoir plus sur leur beau pays (qui est en pleine vague de naturalisation), mais aussi (et surtout), sur leur fanfare qui a déjà séduit les publics turc et grec. Rencontre avec le Président Kadebostan et Amina, deux kadebostaniens qui nous ont donné envie d’aller nous installer dans cette république coincée quelque part entre l’Italie, la Turquie et la Suisse.

IdolesMag : Pouvez-vous m’en dire un peu plus sur ce pays que nous connaissons encore très mal, la Kadebostany ?

Kadebostan : La Kadebostany est une république située au nord de l’Italie, à l’est de la Suisse et à l’ouest de la Turquie. C’est un petit pays dont je suis le Président autoproclamé. Nous avons décidé de faire parler de ce pays par le biais de la musique et de ce groupe que nous avons appelé Kadebostany.

Kadebostany, Walking with a GohstCe groupe est la fanfare nationale. Quand s’est-elle formée ?

Kadebostany : Il y a quelques années déjà… et nous avons sorti notre premier album, « Songs from Kadebostany »,  il y a deux ans. C’est un album complet qui reflète parfaitement le folklore de la Kadebostany avec plein de sons différents. Après la sortie de cet album, on a fait une vraie tournée. Nous avons été jouer au Mexique, aux États-Unis mais aussi en Europe. Et nous sommes aujourd’hui à Paris pour présenter notre nouvel album qui s’appelle « Pop Collection ».

Amina, faisais-tu déjà partie de la fanfare au moment de la sortie du premier album ?

Amina : Je ne peux te parler que de ce nouvel album. J’ai rencontré le Président alors que je chantais dans un club. On a commencé à travailler ensemble, d’abord sur un morceau, et puis pour finir on a travaillé sur tout l’album ensemble.

N’est-ce pas intimidant d’avoir un Président qui vient te demander d’intégrer la fanfare nationale de son pays ?

Amina : Ce n’est pas commun, mais ce n’était pas si intimidant que ça parce que je connaissais bien ce pays à la base. J’ai vu le Président en tant qu’artiste plutôt qu’en tant qu’homme politique. On a donc plus un rapport artistique.

Kadebostan : Je me souviens très bien de notre première rencontre. C’était dans un club de Kadebostany et le lundi, nous nous retrouvions déjà en studio pour créer « Walking with a Ghost ». Et à partir de là, on est vraiment parti dans la création de cet album et tout a découlé de manière super naturelle.

L’album s’appelle « Pop Collection ».

Kadebostan : Il faut vraiment voir le pop dans le sens « populaire », accessible.  On a affaire à différents courants musicaux qui vont du hip hop à l’électro en passant par la funk. C’est assez varié, très riche. Le fil conducteur, je dirais que c’est un style de composition, on utilise beaucoup les cuivres, et bien entendu la voix d’Amina qu’on retrouve tout au fil de l’album.

L’album est attendu pour le mois d’Octobre. Où en êtes-vous concrètement ?

Kadebostan : L’album est prêt et masterisé. On tourne déjà cet album en live depuis un certain temps, les gens ont accès aujourd’hui à ce disque en version live. Ceux qui viennent à nos concerts en connaissent déjà les titres. On se réjouit de le proposer au public dans sa version studio.

Comment bossez-vous tous les deux ?

Kadebostan : Je m’occupe de la musique et Amina des paroles. On crée vraiment nos morceaux tout naturellement. Ce qui s’est passé sur cet album a vraiment été magique. On a eu la chance de ne pas avoir de moments de galère. Tout a vraiment été tellement naturel que tout a été très vite finalement. Ça a été un processus créatif assez fluide. Après, c’est vrai que le fait d’avoir ce concept de « Pop Collection » nous a donné un cadre et du coup, créer avec un but précis a été assez efficace. Amina est arrivée avec ses influences, moi avec les miennes et ces différentes influences se sont rencontrées.

Amina, tu t’occupes donc des paroles… Depuis quand écris-tu ?

Amina : J’ai toujours écrit, mais c’était plutôt des nouvelles ou des choses pour moi au départ. Après, petit à petit je me suis mise à écrire mes propres textes en français et en anglais. Au niveau de l’interprétation, il me semble qu’il y a quelque chose de plus intense qui se passe quand le texte vient de nos tripes tout simplement.

Que représentait l’écriture pour toi ? Un jeu ou un mode d’expression ?

Amina : ça a commencé par être un mode d’expression. Ensuite, j’ai commencé à apprivoiser l’écriture et j’ai envie de dire que c’est devenu presque un jeu. Les paroles viennent de moi et ont quelque chose de très personnel, mais finalement, quand on les écoute, il y a quelque chose de très universel dedans. Tout le monde peut s’y retrouver. Je joue sur les mots.

Quels sont les thèmes qui se détachent des chansons qui figurent sur l’album qui arrive ?

Amina : On aborde différents thèmes. Il y a notamment la mort sur un titre. J’ai essayé de voir la mort d’une façon un peu différente. Sur « Walking with a Ghost », c’était l’idée de pouvoir sortir d’une impasse assez difficile. Je n’écris pas finalement vraiment par thème, mais j’essaye plutôt de me laisser guider par ce que la musique me suggère.

Kadebostany © Supermafia

Vous avez déjà joué pas mal les chansons sur scène.

Kadebostan : Les chansons avaient été écrites et presque totalement enregistrées avant d’être jouées sur scène. Donc, quand les chansons ont été presque terminées, on les a spécialement adaptées à la scène. L’aspect scène est ultra important, c’est même primordial. Quand on regarde le clip de « Walkig with a Ghost », on a essayé de transposer tout cet univers sur scène. On a envie de proposer quelque chose d’immersif et de total, aussi bien au niveau audio que visuel.

Quelle formation avez-vous aujourd’hui sur scène ?

Kadebostan : On a une section cuivre trombone/saxophone. Moi je m’occupe de tout ce qui est claviers et toute la partie électronique. Il y a un bassiste/guitariste. Et Amina au chant. On se déplace toujours en général avec deux personnes qui s’occupent des visuels.  L’aspect visuel est très important pour nous. C’est un collectif suisse qui s’en occupe. Donc, tout ce qui englobe le visuel du groupe, les clips, etc… est géré par Supermafia.

L’aspect visuel a-t-il tout de suite été primordial à vos yeux ?

Kadebostan : Oui, il a fait partie de la création du pays. Donc, à chaque show, on emmène notre univers avec nous. C’est très important d’arriver costumé, ça permet à chaque artiste présent avec nous d’avoir une espèce de recul sur lui-même et d’être en rapport avec les valeurs défendues par la Kadebostany.

Quelles sont justement ces valeurs défendues par la Kadebostany ?

Kadebostan : S’il ne devait y en avoir qu’une, ce serait la sincérité. Ce groupe est vraiment le fruit d’une démarche complètement sincère. Là, « Walking with a Ghost » est sorti en Grèce et en Turquie un peu avant la France, et nous nous sommes directement retrouvés dans les charts. Pour nous, c’est une réelle fierté de pouvoir véhiculer un message sincère et de pouvoir côtoyer dans les charts des titres plus commerciaux…

La Grèce et la Turquie sont d’ailleurs toutes proches de la Kadebostany…

Kadebostan : Tout à fait. Ils ont une culture qui est aussi un peu la nôtre !

Comment s’est passé le tournage du clip de « Walkig with a Ghost » ? Avez-vous une anecdote à me raconter ?

Kadebostan : On l’a tourné en trois nuits. C’était comme dans un rêve, tout était très fluide. Il y a eu la rencontre avec les danseuses du ballet de Kadebostany.

Finalement, ce deuxième album a-t-il été plus facile ou moins facile à mener à son terme que le premier ? Avez-vous eu une certaine pression ?

Kadebostan : Ce sont deux albums vraiment différents. Le premier album était un peu plus expérimental, un peu plus électro. Celui-ci est beaucoup plus pop et du coup, c’est difficile de faire une comparaison entre le premier et le deuxième. La démarche était vraiment différente. On n’a pas eu de pression sur le deuxième, on a vraiment travaillé sereinement. En tout cas, je n’ai pas eu l’impression d’avoir la pression. On a fait un beau premier album et une grosse tournée. Au deuxième album, changement de direction, on a mis la même voix tout au long de l’album. C’était différent.

Venez-vous l’un et l’autre d’une famille de musiciens ou d’artistes ?

Kadebostan : Pas du tout. Je ne viens pas d’une famille de musiciens, ce qui m’a vraiment permis de faire de la musique de manière très simple, sans avoir de pression particulière. On ne m’a pas fait faire de musique quand j’étais plus jeune, pas de Conservatoire… J’ai une approche de la musique très instinctive et c’est vraiment du domaine du plaisir uniquement.

Amina : Ma mère était chanteuse et elle était d’ailleurs très connue en Kadebostany. Elle m’a un peu tout enseigné. Je me suis lancée dans la musique avec ma mère comme exemple !

On va terminer cette interview en approfondissant un peu nos connaissances sur la Kadebostany, cet étrange pays… Comment vit-on la crise économique là-bas ?

Kadebostan : On a un système extrêmement libre. Du coup, on n’a pas vraiment été touchés par la crise. Et tous les gens qui veulent venir vivre dans notre pays sont les bienvenus. Nous sommes honorés d’accueillir tous ceux qui veulent vivre chez nous. Et quand on parle de crise, on ne la connait pas, bien au contraire…

Kadebostan, tu t’es autoproclamé Président… Peut-on parler de dictature ?

Kadebostan : Je me suis autoproclamé Président, mais je n’ai personne en face de moi qui veut reprendre les rênes de la république de Kadebostany ! Donc, je préfère appeler ça une république.

Amina : C’est une vraie république autonome.

Kadebostan : J’en suis le seul dirigeant, mais personne ne s’en plaint !

À l’heure actuelle, qui écoute-t-on sur les ondes kadebostaniennes ?

Kadebostan : Essentiellement la fanfare de Kadebostany. Notre nouvel album est en très forte rotation sur les radios kadebostaniennes. Après, il y a d’autres artistes qui passent, de la musique classique, du jazz, de la pop… On écoute avec Amina tout un tas de musique sans se poser de question de style ou de genre. On est très libres là-dessus une fois encore.

À quand la présence de la Kadebostany à l’Eurovision ?

Kadebostan : La question est vraiment d’actualité et notre ministre des affaires étrangères est en train de travailler sur ce grand projet. On a déjà été approchés par l’Eurovision, ils nous adorent ! Mais comme la république de Kadebostany ne fait pas partie de l’union européenne, les démarches ne sont pas si simples…

Quelque chose à ajouter, Monsieur le Président ?

Kadebostan : Oui ! Je tiens encore à préciser une chose, c’est que nous sommes en pleine campagne de naturalisation. Si les lecteurs d’IdolesMag veulent se tenir informés de l’actualité kadebostanienne, il leur suffit de se rendre sur notre page facebook. Et s’ils likent la page, ils recevront un passeport kadebostanien qui permet à tout le monde de s’installer dans notre beau pays…

Propos recueillis par IdolesMag le 22 mai 2013.
Photos : SuperMafia, Yannick Maron & Arthur Lehmann
Site web : https://www.facebook.com/Kadebostany

 









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