Interview de OK Bonnie

Propos recueillis par IdolesMag.com le 16/05/2013.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.








Ok Bonnie © Marc Thirouin

Le premier album d’OK Bonnie, « On », sera dans les bacs le 10 juin prochain. Aux commandes, Justine Bonneville aka Bonnie et Benjamin Rippert (qui officie aux côtés de Laurent Garnier depuis quelques années). C’est Bonnie que nous avons rencontrée et qui nous expliquera comment ce projet électro a pris forme à Lourmarin, un petit village du sud de la France… Le nom du groupe fait clairement référence à Gainsbourg et Radiohead. Le décor est planté. Rencontre avec la mystérieuse Bonnie…

IdolesMag : Que s’est-il passé dans les grandes lignes dans ton parcours musical avant OK Bonnie ?

Justine de OK Bonnie : OK Bonnie, c’est Benjamin Rippert et moi. Ben est compositeur et producteur. Avant qu’on en arrive à OK Bonnie, ça faisait un petit moment qu’on travaillait ensemble. On a travaillé sur plusieurs projets. De mon côté, je viens d’une famille de musiciens, donc, j’ai baigné un peu dans la musique toute mon enfance. À l’adolescence, j’ai appris la guitare et puis j’ai rencontré Ben, je devais avoir 17 ans, quelque chose comme ça. On travaille ensemble depuis pas mal d’années finalement.

Vous êtes-vous rencontrés avec Ben dans le cadre d’un projet musical ?

Oui. Ben cherchait une auteure et une interprète. Ça s’est fait comme ça. De fil en aiguille, on a travaillé sur pas mal de choses et dans des univers bien différents les uns des autres. À force de recherche, on a eu vraiment envie de créer un projet avec un son particulier. Au fil de nos recherches et des années, on en est arrivés à OK Bonnie… On est assez contents d’être arrivés à ce son et cet univers sur un premier album. On se rapproche vraiment de ce dont on a envie.

OK Bonnie, OnAvez-vous changé votre manière de fonctionner sur cet album ?

On est partis dans une veine très électro dès le départ. On a travaillé un peu différemment de ce qu’on avait pu faire de par le passé. On avait eu l’habitude dans le passé de travailler sur des périodes assez longues, on prenait notre temps. S’il fallait prendre six mois pour finaliser et enregistrer un morceau, on les prenait. Alors que pour cet album, on s’est fixé une période extrêmement courte pour le faire. On a composé l’album en trois semaines. Dès le départ, on avait décidé qu’on allait prendre tel synthé et telle boîte à rythme, on savait qu’on allait traiter la batterie de cette façon-là. Donc, c’était un peu comme une recette de cuisine précise, on savait quels ingrédients on allait utiliser. Au final, on a composé tous les morceaux et produit l’album en un mois et demi. En six semaines, tout était fait. Ça a été très étrange pour nous de travailler sur une période aussi courte, mais en même temps très très riche. On n’a pas eu le temps de se poser trop de questions… ce qui a tendance parfois à bloquer les premiers jets. C’était donc très intense.

Vous vous connaissez depuis 2005.

Oui, ça fait un petit temps. On se connait donc plutôt bien. Il n’y a pas de souci au niveau du travail, on s’accorde plutôt bien !...

Pourquoi n’y a-t-il pas eu d’album avant ? Parce que c’est long depuis 2005, ça fait huit ans tout de même…

Oui, ça fait huit ans exactement, mais on a bossé sur d’autres projets… J’avoue que je débutais aussi, donc, j’ai eu envie de passer par la scène. J’ai fait mes premières scènes il y a 5/6 ans. J’avais pour ma part vraiment envie de me forger sur scène. On enregistrait beaucoup, mais on n’a pas forcément eu l’occasion de sortir un album. C’est aussi une longue route pour sortir un album ! (rires) Donc, voilà, c’était vraiment l’occasion pour moi de mûrir à travers le live avant de produire un album qui restera et qui marquera, j’espère !

Vous avez créé votre propre label, Greenwell. Était-ce une volonté de départ de garder une indépendance totale, ou bien avez-vous tout de même dans un premier temps démarché quelques autres labels ?

Au début, on a démarché quelques labels, parce que nous n’avions pas forcément les outils pour nous développer. Et puis, c’est vrai qu’aujourd’hui quand on est un petit groupe pas très connu, ce n’est pas forcément évident de signer dans une maison de disques ou tout simplement trouver des partenaires. L’industrie de la musique et du disque est tout de même très fragilisée aujourd’hui et c’est rare de trouver des maisons de disques qui signent des projets en émergence. Et effectivement, les quelques propositions qu’on a pu avoir ne nous intéressaient pas vraiment. Donc, on a pris un peu notre destin en mains et on a créé notre propre structure pour faire les choses comme on les voyait. Et puis aussi, pour garder une main sur l’artistique. On n’avait pas vraiment envie de faire trop de compromis artistiquement parlant. Et en plus, ce qui est intéressant au sein de notre label, c’est que nous sommes plusieurs, et chacun apporte vraiment son savoir et ses envies. Il y a donc Ben, bien évidemment, Fred qui est notre agent et David Guionet qui est notre réalisateur. Ce label sert en musique pour essayer de construire quelque chose autour d’OK Bonnie, mais aussi dans le cinéma ou la vidéo… David a des projets de court-métrage. C’est lui qui nous a clippé « YNSL ». Donc, Greenwell, c’est un label de musique, mais pas uniquement, c’est une structure qui nous permet aussi de monter d’autres projets.

Ok Bonnie © Marc Thirouin

Pourquoi vous êtes-vous appelé OK Bonnie ? Faut-il y voir un clin d’œil à « Bonnie & Clyde » et à  Radiohead ?

(rires) Tu as bien ciblé le truc !! Avec Ben, nous sommes de grands fans de Gainsbourg et de Radiohead, donc quand on a pensé à ce nom, on a trouvé que ça sonnait plutôt bien et que c’était assez positif. Moi, Bonnie, c’est un prénom que j’affectionne particulièrement, je me fais même appeler Bonnie ! Je trouve que ça me va plutôt bien…

Comme tu me le disais tout à l’heure, tu as voulu te former et apprendre par la scène au départ. Quelle formation avez-vous sur scène aujourd’hui ? Ben n’est pas sur scène, lui ?

Non, il n’est pas sur scène. Aujourd’hui sur scène, c’est moi qui tiens le flambeau ! Je suis entourée d’Arthur Billiès à la batterie et de Bruno Van Calster à la guitare. Moi, je gère les machines, je joue de la guitare, je chante… J’ai mon petit poste de bidouille à côté de moi. En live, on a une vraie envie avec les musiciens d’apporter une autre interprétation de l’album. J’aime bien adapter les  morceaux pour le live. En live, on a envie de se rapprocher d’une autre énergie, de quelque chose de plus dynamique, de plus incisif, de quelque chose de peut-être moins doux que sur l’album. On est plutôt assez contents de ce qu’on a réussi à faire. On est pour l’instant en train de roder le spectacle et c’est vraiment super intéressant. Les musiciens donnent une énergie fabuleuse et c’est un réel bonheur de jouer à leurs côtés. J’essaye aussi de me servir de leur énergie pour proposer une autre vision de l’album.

Avec Ben, comment bossez-vous en amont ?

J’ai envie de te dire qu’on travaille ensemble, mais que généralement, c’est séparément !! Sur le papier ça ne veut rien dire, mais c’est pourtant ce qui se passe… (rires) Pour l’album, Ben avait une idée assez précise en tête, donc, il s’est enfermé dans le studio avec les machines qu’il avait choisies. Il a composé pratiquement tous les morceaux.  Et une fois que l’ossature des morceaux était vraiment là, je l’ai viré du studio et je l’ai occupé toute seule ! (rires) J’ai écrit les mélodies et les paroles. Je me suis vraiment approprié les morceaux qu’il avait composés. Quand j’ai eu fini, je l’ai appelé pour lui faire écouter ce que j’avais fait… pour voir si nous étions sur la même longueur d’ondes. Après, on a passé tout ça à notre ingé son, notre véritable acolyte depuis toujours. Donc voilà, on travaille vraiment à la fois en étroite collaboration et en même temps, on a chacun nos périodes en solo.

Depuis quand écris-tu ? Depuis l’enfance, l’adolescence ?

C’est venu plus tard. Ça fait peut-être trois / quatre ans. C’est tout récent.

Qu’est-ce qui t’a donné le déclic ?

En fait, j’ai acheté mon premier Moleskine… et à partir du moment où j’ai eu mon petit carnet, je me suis rendue compte que je pouvais y écrire tout ce qui me traversait l’esprit, tout ce que j’avais en moi et que j’avais envie d’exprimer et de faire sortir. C’est parti de ce moment-là. Je jette des idées dans ces petits carnets et une fois que je passe en studio, je les ressors. J’écris beaucoup tout de même… enfin, beaucoup… disons que j’écris instinctivement pas mal de choses. Et quand j’arrive en studio, je chante plutôt par instinct. En plus comme c’est en anglais, j’essaye de trouver la musicalité dans les mots. J’essaye de trouver des mots qui sonnent et qui résonnent dans mon oreille.

L’anglais, c’est vraiment un choix de musicalité ou bien est-ce plus naturel pour toi ?

C’est un peu les deux. C’est vrai que l’anglais, par rapport au son duquel on essaye de se rapprocher avec Ben, est plus approprié. Le français ne passe pas partout, malheureusement… Mais on a essayé ! On avait vraiment envie de se rapprocher d’une couleur musicale précise, et pour y arriver, il fallait passer par l’anglais. Moi, j’avoue que naturellement, j’ai toujours écrit en anglais. Tu vas me demander pourquoi… et je te répondrai que je ne sais pas vraiment. C’est comme ça. Je n’ai jamais vraiment écrit naturellement en français. Les mots viennent en anglais. C’est bizarre, je sais, mais bon…

Quels thèmes abordes-tu dans tes chansons ?

C’est assez varié. J’étais dans une période un peu intense de ma vie quand j’ai écrit ces textes, ce sont des textes qui ont des petits messages positifs. « YNSL », c’est un peu un appel à aller mieux, à être positif et à s’ouvrir. Donc, il y a beaucoup de textes qui vont dans cette direction-là. Il faut lâcher certaines choses et essayer de positiver. Il faut essayer de se tirer un peu plus par le haut. L’album s’appelle « On », on a choisi ce titre dans cette optique-là. On voulait amener cette dimension dans l’album.

On a évoqué le clip de « YNSL » tout à l’heure. Qui a eu l’idée de ces deux jeunes filles faussement modèles ?...

Sur le scénario, ce sont les trois Greenwell : David, Fred et Ben. Ils sont partis sur cette idée de scénario. Après, c’est David, le réalisateur qui a livré son interprétation du morceau. Il avait envie de raconter une histoire entre fiction et un côté très réaliste.

C’est un véritable petit court-métrage finalement.

Oui, on peut dire ça. C’est vrai que David est réalisateur, donc, il a déjà fait pas mal de courts-métrages et il a plein d’idées à ce niveau. On avait envie de se rapprocher un petit peu de cette dimension cinématographique. On a utilisé du bon matériel. On avait envie d’une image très léchée, très esthétique.

En parlant d’image, je ne peux pas ne pas te demander la symbolique qu’il faut voir dans ce petit canard jaune sur la pochette…

(éclats de rires) Le canard… le canard… le vilain petit canard !! (rires) C’est venu comme ça. Comme Ben est un peu l’homme de l’ombre, on cherchait une façon de le représenter sans pour autant qu’il soit là physiquement… On cherchait dans les logos, etc… On avait trouvé une sorte de canard avec un air super méchant, mais ça n’allait pas. Mais du coup, l’idée du canard est restée. Et en fait, Camille, la femme de David, nous a proposé ce canard. L’image nous a marqués, ça nous a bien fait marrer et on est restés sur cette idée…

En tout cas, ça ne passe pas inaperçu.

(rires) En plus, il faut faire attention qu’il ne s’échappe ! Avec la petite clé qu’il a derrière, on peut le mettre sur « On » !! (rires)

Laurent Garnier est un peu votre « parrain », entre guillemets.

Ben collabore avec lui depuis plusieurs années. Il jouait en live avec lui, il était clavier. Il a fait plusieurs shows avec lui dont une tournée il y a quelques années. Et là, plus récemment, Laurent a formé le groupe « LBS » (Laurent Garnier, Benjamin Rippert et Scan X). Donc, Ben bosse depuis un petit moment avec lui. Et Laurent a toujours porté attention à notre projet « OK Bonnie ». Il nous a beaucoup soutenus. Ça fait quelques années qu’il suit le projet et qu’il nous apporte son soutien.

Vous lui faites écouter vos morceaux, vous lui demandez son avis…

Complètement. Et humainement, c’est quelqu’un qu’on aime beaucoup. On aime son esprit, ses idées… Et puis, quand on regarde tout ce qu’il a fait… on se dit que c’est une belle écoute pour nous ! C’est très enrichissant pour nous de pouvoir lui faire écouter nos titres et avoir son retour. C’est une belle relation.

L’album sort le 10 juin, dans quel état d’esprit es-tu aujourd’hui ?

(rires) Contente. Très contente. Pour nous, c’est une belle victoire d’avoir ce premier album qui sort et également en physique.

C’était important l’édition physique pour toi ?

Oui. Forcément, c’était un rêve de gamine. Même si le physique ne se vend plus top aujourd’hui, c’est toujours agréable de prendre son album dans les mains et de se dire que « voilà, on l’a fait ! » On en est très fiers en tout cas. J’espère que le public le recevra bien, qu’on aura un bon retour. Ça, ce n’est plus de notre ressort. En tout cas, on a exprimé pas mal de choses à travers cet album et donc, on est contents d’avoir pu le faire autant dans un premier temps. Après, si ça parle aux gens, c’est encore mieux…

Propos recueillis par IdolesMag le 16 mai 2013.
Photos : Marc Thirouin
Site web : http://www.OKbonnie.fr/ 

 









+ d'interviews
Vidéos




Retrouvez-nous sur Facebook
Retrouvez-nous sur Twitter
Concours
 
Retour en haut