Interview de Tancrède

Propos recueillis par IdolesMag.com le 21/05/2013.
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Tancrède © Samuel Lugassy

Après un premier album éponyme sorti en 2005 et une comédie musicale en 2008, « Audimat », écrite avec son frère, Tancrède revient sur le plan discographique avec  un nouvel EP, « Saint Sébastien », composé de quatre titres, un remix et une version live. Séduits depuis ses débuts par l’univers et l’écriture de Tancrède, nous avons été sa rencontre afin d’en savoir un peu plus sur cet EP, qui explore de nouveaux terrains musicaux entre chanson française, électro pop et lyrique ; et sur son deuxième album, « Endorphine », qui est attendu pour le début de l’année prochaine. Rencontre avec un artiste sensible et authentique tour à tour malicieux, lucide ou angoissé, mais toujours sincère.

IdolesMag : Quand ce nouvel album a-t-il commencé à germer dans ta tête ?

Tancrède : ça a été un travail de longue haleine. J’ai commencé à écrire certaines chansons il y a assez longtemps. J’en ai d’ailleurs déjà chantées quelques-unes sur scène. Et puis, j’ai eu une petite pause dans mon parcours pour des problèmes de santé, des choses pas très amusantes. Une fois que j’ai été remis sur pied, que j’ai été d’attaque, j’ai repris le travail et j’ai donc terminé cet album et cet Ep par la même occasion. C’est ce qui explique qu’il y ait des chansons plus anciennes que d’autres.

Tancrède, Saint SébastienC’est Polérik Rouvière (aka Ulrich Forman) qui signe les arrangements. Qu’est-ce qui t’a donné envie de travailler avec lui ? Que t’a-t-il apporté musicalement ?

Pour mon premier album, j’avais eu l’immense honneur de travailler avec Roland Romanelli, qui était le musicien et le complice de Barbara. J’avais été très fier de travailler avec lui. Je m’étais lancé dans la chanson, du moins, j’avais attrapé le virus de la chanson à l’écoute de ces chanteurs : Barbara, Brel, etc… Et donc, évidemment, pour mon premier album, j’avais été on ne peut plus heureux et fier de pouvoir être accompagné par Roland Romanelli. Et pour ce deuxième album, j’ai eu envie de rencontrer quelqu’un qui, musicalement, apporterait à mes chansons quelque chose que je ne pouvais pas faire. Moi, j’ai une culture de musique assez classique, j’ai fait le Conservatoire de piano. Je m’y connais assez bien, je crois, en chanson française dans le sens propre du terme. En revanche, tout ce qui était son électronique et rock, c’était moins mon monde, mais j’étais attiré par ça. J’avais envie de colorer mes chansons de ces sonorités. Et puis, à l’occasion d’une émission télé, j’ai rencontré Polérik Rouvière qui y faisait une prestation avec une autre chanteuse. J’ai trouvé que ce qu’il faisait était vraiment chouette. On a donc parlé un peu ensemble, et on a fait des essais, lui à la guitare et moi au piano. On s’est vachement bien entendus et de fil en aiguille, on a décidé de se lancer ensemble dans un album.

Tu signes la totalité des textes. Depuis quand écris-tu ?

J’ai commencé très tôt. Je me rends compte maintenant assez rétrospectivement que petit déjà, à neuf/dix ans, j’écrivais des petits bouts de textes. Ce n’étaient pas vraiment des chansons, c’étaient plutôt des petites choses rigolotes sans prétention pour amuser mes potes. Ça n’avait aucune qualité évidemment. Après, ça m’est passé un temps. Mais j’avais toujours cette espèce de plume qui me titillait, cet appel et ce désir d’écrire quelques petites choses. J’ai commencé donc à écrire une petite chanson pour moi, une petite chanson très clandestine, puis une deuxième et une troisième… Le jour où j’en ai eu vingt, je me suis dit que j’allais les montrer à quelques amis. J’ai organisé un petit récital, le mot concert serait trop prétentieux. Il y avait une vingtaine d’amis qui m’avaient fait le plaisir de venir. Je leur avais bien évidemment dit qu’il y aurait un pot à la fin avec du kir et de la bière, conscient que ce que j’allais faire avec mon piano ne les intéresserait pas forcément !! (rires) À ma grande surprise, j’ai adoré faire ça. J’étais tétanisé, mais j’ai adoré chanter mes chansons sur scène. Et de leur côté, mes amis m’ont dit que c’était vraiment bien et qu’il fallait que je fasse ça un peu plus sérieusement… Alors, hop, j’avais des alliés grâce auxquels j’ai pu faire un deuxième concert. Cette fois-ci, il portait vraiment bien son nom puisqu’avec leur aide, on avait loué une salle… Ils ont fait venir leurs amis, des amis de ces amis sont venus aussi… du coup, j’ai eu ce qu’on appelle un public, un vrai public. Un public très bienveillant évidemment puisqu’il était constitué plus ou moins directement d’amis. Les amis de mes amis sont mes amis… enfin quoique ! (rires) Les choses ont un peu débuté ainsi. Mais pour répondre plus précisément à ta question, l’écriture, c’est quelque chose que j’ai en moi depuis assez longtemps. Je ne sais pas vraiment d’où ça vient ni d’où ça m’est tombé… J’ai un frère qui est écrivain, il y a donc peut-être dans la famille ce besoin d’écrire ? Je ne sais pas.

Y a-t-il des artistes ou des musiciens dans la famille ?

Non. Il y a beaucoup de mélomanes, mais pas de musiciens. Je suis le mouton noir… (rires)  Je viens d’une famille assez classique. D’ailleurs au départ quand je me suis engagé dans la chanson, dans ce métier de saltimbanque, ça n’a pas été forcément bien perçu. Mes parents ne comprenaient pas  trop pourquoi tout à coup je voulais embrasser ce métier bizarre. Ils avaient peur. Ça a été difficile pour moi, parce que j’avais une vocation très forte que je trouvais très saine, mais mes parents avaient peur de ce milieu qui était différent du leur. Ils avaient des craintes. Au départ, tout ça a constitué pas mal de difficultés.

Tu es tout de même un garçon sérieux… tu as fait des études de droit !

Voilà ! (éclats de rire) Et parallèlement à ces études de droit, j’ai fait le Conservatoire. J’écrivais des chansons la nuit ou dès que je pouvais entre deux cours. C’était pas mal parce que j’avais observé que le fait d’étudier et de m’ouvrir à d’autres choses nourrissait mes chansons. Pour écrire une chanson, il faut avoir une idée. Et les idées viennent de la vie. J’ai après exercé le métier d’avocat pendant quelques années. J’avais choisi une spécialité où j’étais vraiment à un poste d’observation, proche des gens et de la famille, le droit social et des choses comme ça. Souvent, ça m’a permis d’écrire des chansons. Je n’ai jamais écrit de chanson en reprenant un dossier, bien évidemment, mais je pense que c’était un poste d’observation très intéressant. J’observais les désirs, la violence, tout ce qu’on peut faire par amour…

Tancrède © Samuel LugassyTu joues beaucoup avec les mots, tes textes sont-ils très travaillés finalement ?

Je crois que je suis obligé de dire que je ne suis pas un génie… (rires) Et donc, mon écriture est assez travaillée. J’écris, je réécris, je rature, je déchire, je m’énerve, je reviens dessus… Et tout d’un coup, parfois, il y a une petite fulgurance. Là, c’est très agréable. C’est une petite fulgurance qui tombe du ciel, ou en tout cas de quelque part. Peut-être qu’elle est le fruit de tout ce travail aussi… Mais ce qui en revanche tombe du ciel, c’est l’idée, le démarrage d’une chanson, ce qui donne l’impulsion d’une chanson. C’est quelque chose de vraiment bizarre. Là, par exemple, je veux écrire une chanson. J’ai une vague idée, mais je n’arrive pas à trouver une accroche ni un début. Je n’arrive pas à trouver comment je vais traduire ça pour que ce soit joli ou en tout cas original. Donc, j’écris, je noircis, je barre, je rature… Je lis beaucoup aussi. J’essaye de lire beaucoup pour trouver le mot qui me manque et qui tout à coup va me permettre de sortir de mon blocage. Donc, effectivement, je suis obligé de travailler…

Qu’est-ce qui te donne l’impulsion pour écrire une chanson en général ? Un mot, une idée ou quelques notes ?

Tu as très bien résumé, ce sont les trois. Ça peut être quelques notes que je joue quand je vagabonde sur le piano. Tout d’un coup, il y a trois note qui, je ne sais pas pourquoi, vont se marier avec trois mots. Ou alors, trois mots me viennent en tête et je vais essayer de broder une histoire autour d’eux. En revanche parfois, j’ai vraiment envie d’évoquer un thème précis. Alors, là, il faut trouver comment l’aborder parce que finalement, des thèmes de chanson, on n’en a pas des masses… On vit tous les mêmes choses. On peut parler d’amitié, d’amour, de mort, de la fuite du temps et puis des choses plus simples. Il n’y a pas tant de thèmes différents finalement. Donc, il faut trouver comment les évoquer à sa sauce, comment leur ajouter un peu de sel… Et le grand drame dans tout ça, c’est qu’il n’y a pas de recette.

Et heureusement !

Peut-être… mais c’est vrai que chaque chanson a un peu son histoire singulière. Parfois c’est un épisode de ma vie qui m’inspire la chanson directement, parfois c’est ce que va me raconter un ami, parfois c’est l’actualité, et parfois, finalement, on ne sait pas vraiment d’où ça vient. Et d’ailleurs la fameuse page blanche dont les auteurs et les écrivains parlent souvent, je la comprends très bien. C'est effrayant. Tout à coup, on se dit qu'on n'a plus rien à dire. Tout à coup, il y a une toute petite ouverture qui arrive. C'est un peu angoissant de réfléchir d'où tout ça vient. C'est très mystérieux. Et d'ailleurs je m'interroge souvent en me demandant d'où vient ce besoin d'écrire des chansons. Pourquoi ai-je ce besoin de m'exprimer? Et pourquoi ai-je ce besoin de dire des choses? Pourquoi  je ne les garde pas tout simplement pour moi? Il y a certes le plaisir de la scène et la rencontre avec le public, c'est indéniable. Mais au début, « at the very beginning » comme on dit en anglais, qu'est-ce qui fait que j'ai ce besoin de prendre un stylo et d'écrire un texte et composer trois notes de musique pour me dire que j'ai fait une chanson? Je suis souvent étonné de ça...

Je vais embrayer sur ce que tu viens de me dire, chaque chanson a son histoire. J'aimerais que tu me dises un mot sur chacune des quatre chansons qui figurent sur le EP.

D'accord!

Le premier titre, c'est « La Parenthèse ». Comment est-elle née?

C'est assez personnel et assez partagé à la fois... (rires) Je m'étais aperçu auprès de mes copains et copines qui faisaient des rencontres un peu furtives et festives que le matin ils ou elles ne voulaient plus en parler. Ces rencontres éphémères ont le droit d'exister. Ce n'est pas forcément parce qu'on s'est rencontrés et qu'on a partagé quelque chose qu'il faut se revoir. Je voulais vraiment évoquer cette rencontre éphémère qu'on n'est pas obligé de prolonger, même si ce moment a été bon. La faveur du moment résultait de sa fugacité. Un moment fugace peut être très bon, même si la suite n'est pas possible, alors mieux vaut ne pas l'abîmer et le laisser tel quel.

L’idée d’évoquer ces rencontres éphémères par le biais des signes de ponctuation est-il venu rapidement?

L'idée est venue du fait que ce genre de relation est une parenthèse. Je suis parti là-dessus. Après, j'ai voulu un peu jouer avec la plume et l'écriture. J'ai eu deux trois idées et je me suis dit « tant qu'à faire, déclinons la chose! » J'ai donc décidé d'utiliser les différents signes de ponctuation pour décrire cette relation. Finalement, les ponctuations du langage écrit permettent de décrire la vie. La ponctuation sert à ça. Si on met un point à la place d'un point d'exclamation dans une phrase, l'émotion et l'intensité ne sont plus les mêmes. C'est pareil avec le point d'interrogation. C'était assez rigolo à faire. Je me suis bien amusé à écrire cette chanson. C'était ludique. Parfois, je souffre en écrivant, mais là, c'était vraiment ludique. Et finalement, cette chanson est sortie assez vite par rapport à d'autres. Le texte en tout cas, parce que pour la musique, j'ai eu plus de mal...

Tancrède © Lionel MoreauLa deuxième chanson, c'est « De ton côté du lit », qui vient d'être clippée. Elle évoque l'insomnie cette chanson...

Oui, un clip a été tourné, par contre, d'autres arriveront avant celui-là! Là, pour le coup, cette chanson, elle est tout à fait simple. Je suis insomniaque. Je passe mes nuits à me retourner, à allumer la télévision, à lire un bouquin, à attendre, à compter les moutons, à m'exaspérer... Et quand on entend quelqu'un à côté de soi dormir du sommeil du juste, on se dit que ce n'est pas possible. On se demande ce qu'on a bien pu faire au Bon Dieu ou au marchand de sable pour mériter un tel châtiment et ne pas réussir à fermer un œil. Le sommeil de l'autre est énervant, et du coup, je me suis obligé à un petit peu l'écouter pour calmer mes angoisses. Parce que finalement, ce qui t'empêche de dormir, ce sont des angoisses, de l'inquiétude ou tes pensées qui vagabondent... Je me suis donc dis « et si je me concentrais sur la respiration de l'autre, si je me concentrais sur ce repos et si j'en prenais une petite partie?... » (rires)

En troisième plage, on a « Saint Sébastien ». C'est une chanson qui explore les thèmes de la religion, de la sexualité et plus précisément de l'homosexualité. [Saint Sébastien est considéré par beaucoup comme le saint patron de la communauté LGBT, NDLR] Abordes-tu l'écriture de la même manière quand tu écris ce genre de chanson?

C'est une chanson qui a une histoire assez jolie. J'étais en voyage à Rome. Et comme on le dit souvent, il y autant d'églises à Rome qu'il y a de plants de maïs dans un champ. Donc, je rentre  dans une église, et je tombe sur ce tableau du Sodoma, « Saint Sébastien », qui m'émeut. On pouvait acheter un bouquin avec tous les tableaux de Saint Sébastien. Je suis donc revenu avec ce bouquin à Paris et je le feuilletais souvent. Ce Saint a beaucoup inspiré les peintres de la Renaissance. Et du coup, il m'a aussi inspiré. Cette chanson est un peu partie comme ça. J'ai lu l'histoire de Saint Sébastien. Il a un parcours assez étonnant. C'était un militaire romain et chrétien. Évidemment, c'était très mal vu par les hautes autorités et il a été sagitté. Il a survécu à ses blessures en se faisant soigner par une sainte dotée de pouvoirs magiques. Trois jours après, il se pointe devant Dioclétien, l'Empereur qui avait ordonné sa mort, avec un sourire béat en disant qu'il n'avait même pas mal. Il avait tout de même un côté un peu maso... il venait de se prendre des flèches et il en redemandait... C'est une déformation, tout ça, c'est aussi mon imagination qui a fait un peu de travail... Mais je me suis demandé ce qui avait bien pu lui passer par la tête... [Tancrède réfléchit...] En fait, j'ai du mal à parler de cette chanson. Il y a plein de choses qui sont mêlées dedans... il y a ce tableau de Saint Sébastien et cette espèce d'observation que j'ai faite où dans la vie amoureuse, il y a des rapports un peu sado-maso. Je ne parle pas d'actes, mais bien de sentiments. Celui ou celle qu'on aime nous fait mal... et on aime avoir mal. Je ne m'exprime pas bien, mais je ne sais pas comment m'exprimer mieux... il y a quelque chose de sadique dans l'amour. L'amour se transforme souvent en possession de l'autre. Et on se réconforte dans cette possession. Dans un couple, souvent on joue ce jeu un peu sado-maso dans les sentiments. Je ne m'exprime pas bien, et la seule façon dont j'ai réussi à l'exprimer, c'est précisément en écrivant cette chanson. Il y en a un qui fait mal et l'autre aime ça. En déclinant l'idée plus loin, j'ai trouvé que que ça décrivait aussi la relation entre une victime et son bourreau, où la victime finit par aimer son bourreau. J'avais lu ça dans un dossier d'avocat de femmes dont je m'occupais du divorce qui étaient victimes de violences vraiment infâmes et qui me disaient « Ah non, on ne va tout de même pas aller porter plainte, c'est mon mari... » N’empêche que leurs maris les battaient et les violaient. Mais il n'y avait rien à faire, c'était leur mari... Comme tu vois, il y a une espèce de mélange qui s'est fait sur cette chanson qui raconte finalement un peu la violence qu'il peut y avoir dans les sentiments d'amour. L'amour, ce n'est pas que des fleurs bleues et la petite maison dans la prairie. L'amour c'est violent. Et d'ailleurs, le versant de l'amour, c'est la haine qui n'est finalement jamais très loin. Selon Freud, l'amour et la haine sont les deux faces d'une même pièce. C'est un peu tout ça que j'ai voulu exprimer à ma façon dans cette chanson...

Et la dernière chanson, c'est « Dépendance », qui reprend cette idée de dépendance dans l'amour, c'est un peu la suite logique...

C’est exactement ça... On en arrive là, à la dépendance...

Tancrède © Samuel Lugassy

« Endorphine », l'album arrive bientôt. Où en es-tu finalement?

L'album est prévu pour début 2014. Les chansons sont pour la plupart écrites. Il m'en reste une et demi à enregistrer parce que je n'en suis pas tout à fait content et donc, je vais remédier à ça. Ce sont des petits détails, mais comme j'ai un peu de temps devant moi, j'en profite pour être assez méticuleux. Mais dans sa grande majorité, l'album est écrit et sera bientôt en boîte.

Quels sont les autres thèmes que tu vas aborder dans tes chansons?

C'est assez varié... Il y a une chanson qui s'appelle « Le Petit Chien » dans laquelle je raconte une relation où la personne avec qui j'étais a acheté un chien et a finalement tellement aimé le chien que j'ai fini par être jaloux d'un chien... C'est une chanson assez rigolote que j'ai déjà chantée sur scène et qui marche très bien. Je m'étais dit que c'était une petite chanson rigolote qui ne méritait pas d'être sur un album, et puis finalement, on m'a dit qu'il fallait que je la mette dessus. Le public me disait qu'il avait envie d'entendre cette chanson. Il y a une autre chanson qui s'appelle « Les Boîtes ». C'est une chanson qui m'a donné beaucoup de mal parce que j'ai essayé dans cette chanson de raconter la vie avec la métaphore des boîtes. Tout commence avec une boîte à musique, ensuite on a sa boîte à bac, puis sa boîte de nuit, puis sa boîte de vitesse, puis on monte sa boîte pour bosser et au final, on finit tous dans une boîte au cimetière. C'est une chanson dans laquelle je raconte une vie au travers des boîtes. Qu'est qu'on a d'autre?... Il y a la chanson « Endorphine », évidemment.

Peut-on dire qu'elle est plus importante qu'une autre puisqu'elle donne son nom à l'album?

Disons qu'elle est importante. Musicalement, je l'aime beaucoup... J'ai essayé d'aller piocher des thèmes assez variés et colorés. Il y a aussi une chanson qui s'appelle « Dolorida », dont le texte est en espagnol. C'est un poème d'Alfred de Vigny que j'ai mis en musique. Je l'ai un peu arrangé pour qu'il rentre dans les cases d'une chanson et je l'ai mis en musique. C'est l'histoire d'une espagnole donc là, pour le coup, j'ai fait appel à un ténor espagnol pour les chœurs. Il va donner une âme à la chanson. Il y a aussi une chanson qui s'appelle « Humain trop humain », dont le titre fait référence à une œuvre de Nietzsche. J'ai eu beaucoup de mal aussi à l'écrire. Je me suis demandé à quoi je m'engageais et à quoi je m'attaquais finalement!... j'ai dit des choses que j'avais envie de dire. C'est une chanson qui m'émeut beaucoup, alors que je ne suis pas habituellement ému par mes propres chansons. Même jamais. Mais celle-ci m'émeut un peu...

Tancrède © Lionel MoreauOn a un peu évoqué ton premier album réalisé avec Roland Romanelli tout à l'heure, on ne va pas revenir dessus. Après, tu as enchaîné avec une comédie musicale, « Audimat ». Est-ce un projet qui te tenait à cœur depuis longtemps?

Oh oui ! Ça me tenait à cœur depuis très longtemps. C’est un projet monstrueux qui m’a demandé beaucoup de temps. Il y a tout de même 18 chansons dans l’album et dans le spectacle. J’ai écrit le livret avec le frère dont je te parlais tout à l’heure et qui est écrivain. Ça a été un très gros boulot, mais c’était génial à faire. J’ai écrit pour d’autres. J’ai pu écrire pour une vieille fille, pour un gros monsieur, pour trois midinettes… C’est toujours assez marrant d’écrire pour des personnages. C’était léger. Et pour le coup, j’avais voulu quelque chose de musicalement parlant très jazzy et très Broadway. Et donc, je me suis régalé, puisque j’aime beaucoup ça, travailler avec des musiciens de jazz pour donner ce côté très comédie musicale à l’américaine. J’ai adoré être spectateur puisque je ne jouais pas dedans. Je ne suis pas comme tous ces comédiens chanteurs et danseurs qui jouaient dedans, je danse comme un pied et je ne suis pas comédien. Donc, j’ai eu le plaisir d’être le spectateur de ce spectacle que j’avais imaginé… et miracle, il ressemblait à celui que j’avais imaginé. C’était merveilleux. J’avais commencé  tout seul à écrire mon petit machin des années auparavant. Et puis j’en ai parlé à mon frère puis à d’autres personnes… Et trois ans après (ça a pris tout de même beaucoup de temps), on était au Trianon avec 2000 personnes dans la salle, neuf comédiens sur scène et une cinquantaine de personnes qui ont travaillé sur ce spectacle. J’étais super fier. Et émotionnellement, ça a été un choc aussi.

Aimerais-tu travailler avec ton frère sur un autre projet, plus personnel cette fois-ci ?

Oui… j’aimerais beaucoup. Lui a un bouquin qui sort bientôt chez Lattès, en janvier. C’est un roman assez génial que j’ai eu la primeur de lire. Et on a effectivement après, le projet de refaire quelque chose ensemble. On ne sait pas encore trop quoi. Disons pour être honnête que nous avons quelques idées, mais qu’elles ne sont pas assez précises pour que je puisse t’en parler aujourd’hui… C’est un projet qui va nous occuper dès que « Endorphine » et son bouquin seront sortis.

Propos recueillis par IdolesMag le 21 mai 2013.
Photos : Samuel Lugassy, Lionel Moreau, DR
Site web : http://www.tancrede.com









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