Interview de Chico

Propos recueillis par IdolesMag.com le 22/05/2013.
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Chico et les Gypsies, Fiesta

Alors que leur précédent opus, « Chico & les Gypsies… and Friends », un des gros succès discographiques de 2012, a été certifié platine, Chico & les Gypsies reviennent quelques semaines avant l’été avec un album qui sent une nouvelle fois bon le soleil, les embruns et la fête. C’est d’ailleurs cette fête si chère à leur cœur qui lui donne son nom, « Fiesta ». Nous avons été à la rencontre de Chico afin d’en savoir un peu plus sur ce nouveau projet. Ce sera l’occasion d’évoquer leur tournée qui les mènera à l’Olympia le 20 octobre prochain. Chico nous expliquera également que leur chanson n’a pas été retenue pour représenter la France à l’Eurovision cette année…

IdolesMag : Votre dernier album, « Chico et les Gypsies... and friends » s'est écoulé à plus de 100 000 copies et a été certifié diamant. Vous attendiez-vous à un tel succès en pleine crise du disque? Qu’est-ce que ça vous a fait?

Chico : Beaucoup de bonheur et beaucoup de plaisir. Ça voulait vraiment dire que les gens avaient envie de partager cet album avec nous. Pour nous, c'est vraiment une reconnaissance extraordinaire. C'est que du bonheur! En même temps, l'album était beau, les chansons étaient belles et les arrangements étaient extraordinaires. Il y avait une émotion et beaucoup de bonheur dans ce disque...

Je sais que vous n'avez pas la solution, mais quelle issue voyez-vous, vous, à cette crise du disque? Vous avez la chance de vendre encore du disque, mais vous en vendez tout de même moins qu'il y a quelques années...

C'est un peu compliqué. Je sais que les gens téléchargent beaucoup, mais quand ils ont vraiment envie d'acheter un album, ils ont tout de même la démarche d'aller au magasin. Je crois qu'il faut continuer et qu'il ne faut pas s'immobiliser. Il ne faut surtout pas se laisser freiner en se disant que de toute façon, ça ne marche plus. Non. Regardez notre album... peu de gens auraient cru à un projet comme le nôtre, et pourtant, il s'est bien vendu. Aujourd'hui, en plus, avec « Fiesta », ça confirme ce que je viens de vous dire... ça commence à bien marcher!

Justement, comment vous est venue cette idée de reprendre les grands standards de la chanson espagnole?

En fait, ce n'est même pas une idée. Ce sont des chansons que nous chantons régulièrement dans le cercle privé, entre amis et en famille, pour nous amuser. Cette fête, on la véhicule dans le monde entier. Alors, quelque part, je me suis dit que ce serait peut-être sympa un jour de l'immortaliser sur un disque. On a choisi des titres dans lesquels les gens se reconnaissent, ils font partie de l'inconscient collectif. Quelque part, on a concrétisé une invitation à la fête.

Avec le groupe, comment abordez-vous le studio vous qui êtes tout le temps sur scène? N'est-ce pas un peu difficile d'arriver en studio et de poser les chansons très précisément, avec un métronome?

Non, parce que sur scène, on le voit bien, on a l'impression qu'on a un métronome déjà ! Alors ce n'est pas la même chose, c'est un fait, mais même en studio, on garde cette démarche très spontanée. C'est pour ça que dans nos albums, il y a une espèce de fraîcheur et d'énergie. Nous, franchement, on se régale en studio. On sait que ce qu'on va faire en studio, on va l'immortaliser. Donc, ça se passe très très bien.

Il y deux duos sur cet album, le premier avec Lylloo, « La Chica de Cuba ». Comment en êtes-vous arrivé à chanter avec elle?

« La Chica de Cuba », pour moi, c'est une déclaration d'amour, d'ailleurs le texte dit bien ce qu'il veut dire. Et le jour où j'ai décidé d'inviter une fille sur ce titre, j'ai pensé à Lyllo. J'avais vu ce clip dans lequel elle chante avec Matt Houston et j'ai trouvé ça très sympathique. En plus, elle avait cette démarche un peu latine. Il se trouve que quand on a entendu le résultat, on a trouvé ça génial. C'était vraiment elle qu'il fallait sur ce titre.

Le deuxième duo, c'est avec Mélanie Fiona, « No Volvere ».

Mélanie Fiona, je l'ai découverte alors qu'elle chantait déjà cette chanson. Je suis resté franchement ébahi. J'étais en Turquie à l'époque et j'ai entendu ce titre sur une radio. J'ai fait des recherches et j'ai découvert que c'était une canadienne. Je lui ai donc proposé de venir chanter avec nous. Évidemment, elle a accepté. Et quelle bonheur et quelle joie d'avoir eu cette voix avec nous sur cet album!...

En parlant de la radio turque... Quel est l'endroit le plus insolite où vous avez entendu l'une de vos chansons?

Vous savez, partout où on va dans le monde, on entend nos chansons. Et j'en suis toujours le premier surpris. Même au japon et en Thaïlande, on écoute nos chansons. Mais moi, ce qui m’a fait plaisir, c'est quand des gens sont venus me dire « on est partis en voyage en Amérique du Sud, on a pris l'avion, après, on a pris un peu la voiture, puis un bateau, puis un petit sentier... et à l'arrivée, dans un petit village de 4000 habitants, on a entendu votre musique! » Je me dis que ce n'est pas possible. Ça, ça me fait toujours vibrer.

Dans le clip d' « 1, 2, 3, Maria », il y a un petit garçon qui danse. Il vous ressemble beaucoup... C'est votre fils Mario. L'encouragez-vous dans cette voie?

Bien sûr que je l'encourage! Je suis très fier qu'il soit avec moi. Vous imaginez quel bonheur? Et en même temps, il a une aura et il est extraordinaire. J'avais déjà eu l'occasion de l'inviter dans l'émission de Michel Drucker, « Vivement Dimanche » lorsqu'il nous avait consacré une spéciale. Il a fait un malheur! On a eu plein de retours. Mario a vraiment mis tout le monde sur le ***! (rires) Il est incroyable. Je n'en revenais pas. Et même chez Drucker, ils ont reçu des mails et des courriers qui parlaient de lui. C'est pour ça que sur ce clip, on s'est dit qu'on allait se faire un plaisir, à nous, au petit Mario, mais aussi et surtout au public en le prenant avec nous. C'est un vrai bonheur.

Est-ce qu'il chante aussi?

Oui, il chante aussi, mais il danse surtout. Et bientôt, je suis sûr qu'il va jouer de la guitare. Et surtout, surtout, il a une présence extraordinaire.

Serait-il question qu'il intègre le groupe?

Il est invité permanent! Quand il veut et quand il le peut, il vient avec nous faire la « Fiesta ». Là, il est tout de même encore tout petit, donc, il faut qu'il continue sa vie d'enfant et sa scolarité... mais il vient souvent avec nous. En plus, c'est vraiment un brave garçon, très intelligent et intéressant. Très sympathique aussi.

Vous retrouvez-vous en lui à son âge?

Il est beaucoup mieux que moi! Si je m'imagine en me regardant dans la glace, ça n'a rien à voir.

À son âge, étiez-vous déjà attiré par la musique?

Oui, oui. J'étais déjà attiré par la musique, mais j'ai démarré tout de même un peu plus tard. Mario, lui a grandi là-dedans, il est né dans la musique. Dans le biberon, on lui a mis de la musique... ça laisse des traces!!

Chez vous, quand vous étiez gamin, est-ce qu'on écoutait beaucoup de musique? Et quel genre de musique?

Oh oui, on écoutait beaucoup de musique. C'était plutôt des rumbas, des flamencos... ça c'était à la maison ou dans les roulottes, mais après, quand on sortait, on écoutait toute cette musique contemporaine qui nous entourait et nous influençait. C'est pour ça que je dis toujours que c'est la rencontre de ces deux cultures qui ont fait naître ce courant musical qu'on a créé et que moi j'appelle « Gipsy Rock ». Il y a le côté roots avec la guitare, ce flamenco et ces rumbas et à côté toute cette énergie rock. C'est ce mariage qui a donné toute sa force à ce courant musical.

Chico © Charles Clément

Vous, vous êtes d'origine maghrébine.

Oui, mon père était marocain et ma mère algérienne.

Comment en êtes-vous arrivé à la musique gitane?

C'est parce que j'habitais dans un quartier où il y avait beaucoup de gitans, et notamment la famille Reyes. J'ai grandi avec eux. On allait à la même école. On est rapidement devenus inséparables avec la plupart des frères Reyes. Les gitans et les espagnols du quartier m'ont très rapidement appelé Chico, ce qui veut dire « petit garçon », parce que j'étais le plus jeune. Toute la journée, c'était « il est où le petit Chico?... » Du coup, c'est resté. C'était prédestiné, je crois... Il n'y pas de hasard.

Quand avez-vous commencé à écrire et composer des chansons?

Je ne sais plus bien... Je dirais entre 25 et 30 ans.

C'est donc venu bien plus tard.

Ah oui. Au début, on interprétait des chansons que le père Reyes chantait ou des morceaux de musique de Manitas de Plata. Après, c'est finalement quand on a commencé à découvrir la vie, que le reste est venu. On a appris à jouer, à chanter, à respirer... Je crois qu'il faut acquérir un peu de maturité avant de pouvoir écrire des chansons.

Vous avez écrit et composé de nombreux titres, dont le fameux « Bamboléo ». Vous souvenez-vous dans quelles circonstances c'était?

Bien sûr. On l'a composé à Saint-Tropez. Nous là-bas, on n'arrêtait pas de s'amuser et de faire la fête. On chantait dans de nombreuses soirées privées, on était un peu les rois de Saint-Tropez à l'époque. Ça a duré pendant des années. Pendant quinze ans, on y était tous les étés. Et à force de faire la fête, on a créé presque naturellement cette chanson qui finalement est une incitation à la fête. Franchement, on n'a jamais pensé qu'elle aurait un tel retentissement dans le monde. Quand on la chantait avec des guitares, on voyait bien que ça fonctionnait. Mais la surprise a été de taille. Et ça continue encore aujourd'hui. Et c'est ça qui est génial en musique.

C'est devenu un titre emblématique du répertoire gipsy. J'ai presque envie de dire un « classique ».

Je suis fier d'avoir co-écrit et co-composé ce titre-là. Et aussi « Djobi Djoba » et d'autres... et comme vous le dites, ce sont devenus des classiques, et dans le monde entier! C'est extraordinaire. En plus, ils ont été repris par de grands noms. C'est assez incroyable.

Est-ce que ça vous plaît toutes ces reprises?

À chaque fois, c'est un peu comme si on nous rendait hommage. J'en suis ravi. Si Iglesias reprend nos chansons, c'est que quelque part elles tiennent la route... (rires)

Chico & the gypsies - DR

Vous reprenez « 1, 2, 3, Maria » de Ricky Martin et le « Waka Waka » de Shakira. Quel regard jetez-vous sur toute cette scène latino qui fait un véritable carton depuis quelques années?

J'adore! Ce sont des chansons que j'ai toujours aimées. Shakira, c'est le top! Ricky Martin nous a régalés et nous a bien fait danser. Quelque part, ce sont des chansons coup de cœur qui mettent de l'ambiance. Mais on a voulu aussi montrer qu'on pouvait aller vers d'autres terrains, plus dans la difficulté, en reprenant notamment « Besame Mucho », « Quizas, quizas, quizas » ou « Malaguena Selerosa » qui sont des classiques espagnols. On pourrait croire que c'est facile de reprendre une chanson, mais réinterpréter une chanson en lui apportant une âme, une nouvelle émotion et un ressenti personnel, c'est là que se trouve le vrai challenge. On n'a pas voulu faire une bête compile comme un orchestre banal qui reprend des chansons. La démarche est différente. On a voulu donner une identité nouvelle à chaque titre. Et ce qui est génial, c'est la réaction de ceux qui l'écoutent. Même au niveau des professionnels. Je vois, parfois, je fais des radios et les mecs me disent que c'est génial. On amène les chansons presque dans une autre dimension. Comme vous pouvez le voir... on est très fiers de cet album! (rires)

Vous reprenez le « Chiquita » de Abba. Est-ce un groupe que vous avez beaucoup écouté?

Ah oui! Tout le monde aime Abba. On a grandi avec Abba! Nous, on est tombés amoureux avec Abba. En plus, « Chiquita », c'est une chanson qui paraît facile de prime abord. Mais je ne vous dit pas le travail qu'il y a derrière. Et je suis ravi du résultat parce qu'il y a une espèce de pureté dedans.  Il y a une âme. Et ça, il y en a une dans toutes les chansons.

On ne peut pas évoquer Abba sans évoquer l'Eurovision, et c'est d'ailleurs un peu d'actualité... Seriez-vous partant pour aller y représenter la France?

Franchement? Oui, avec grand plaisir... Je vais d'ailleurs vous raconter une anecdote. On a failli y participer cette année! On avait fait une chanson, qui d'ailleurs se retrouve dans l'album, c'est « Sabay Sabay ». On lui avait mis des couplets en français. Et en fait... je dois vous avouer qu'ils ont eu peur qu'on gagne! (rires) Et je vous dis ça sans déconner. C'est la vérité. Cette chanson a plu à tout le monde. Mais on nous a dit que c'était trop bon!... Ce n'est pas bien grave, mais ce que je ne comprends pas c'est qu'on participe à un concours avec l'espoir de perdre... Franchement, ce titre-là avec des paroles en français était génial. C'était tellement génial qu'on nous a dit que c'était trop génial. Du coup, ça nous fait une anecdote sympathique... L'autre jour, j'ai lu un article dans la presse d'un gars qui s'occupait il y a encore quelques temps de l'Eurovision en France qui racontait exactement ce que je vous disais. Ils veulent une présence, mais surtout pas gagner parce que le pays qui gagne doit organiser le concours l'année suivante. Et ça coûte tellement cher que certains pays ont peur. Certains pays ne participent même plus, de peur de devoir organiser le concours l'année d'après... C'est dingue franchement! Mais pour en revenir à notre histoire, nous, ça nous a fait plaisir d'être sélectionnés. On n'a pas été jusqu'au bout, mais ça nous a fait plaisir qu'on dise que notre chanson était très bien! Elle est terrible cette chanson. Je pense que si nous avions été à l'Eurovision, on aurait eu un autre palmarès... C'est dommage, mais bon, ce n'est pas bien grave, c'est passé maintenant.

Des seize titres qui figurent sur l'album, y en a-t-il un pour lequel vous avez un peu plus de tendresse qu'un autre? Et pourquoi?

Franchement, je les aime tous. Le titre qui me touche peut-être un peu plus que les autres, c'est « No Volvere » avec Mélanie Fiona parce que la voix de cette fille m'a ému. Et ensuite, le parcours que j'ai fait pour la retrouver, et d'avoir pu enregistrer ce titre, c'est formidable. C'est une très belle rencontre. Mais bon, tous les titres sont beaux...

La tournée continue et vous serez à l'Olympia le 20 octobre prochain. À quoi doit-on s'attendre? À un spectacle orienté « Fiesta » avec tous les grands classique?

Oui! Avant d'avoir sorti « Fiesta », c'était déjà la fête et une invitation à partager. Mais là, on va encore plus faire la fête. Et chaque jour, ça se passe super bien et le public nous montre qu'il est heureux.

Pour terminer cette interview et pour rester dans le thème de la fête, j'aimerais vous demander quel est votre plus beau souvenir de fête...

C'est celui que je vis tous les jours avec le public dans le monde entier. Ce qu'on a vécu au Zénith à Paris en avril, c'était magique. Je suis sûr que tous les concerts qui vont venir vont aussi être au top. Je me réjouis d'être à l'Olympia. C'est un petit pèlerinage qu'on vient faire à Paris régulièrement, et ça, ça me réjouit.

Propos recueillis par IdolesMag le 22 mai 2013.
Photos : Charles Clément, DR
Site web : http://www.chico.fr









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