Interview de ODyL

Propos recueillis par IdolesMag.com le 14/05/2013.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.








ODyL © Ange Della Maggiore

ODyL, que nous avions rencontrée il y a un peu plus d’un an à l’occasion de la sortie de son premier EP, s’apprête à sortir son album. De l’eau a coulé sous les ponts en un an, ODyL a notamment quitté sa maison de disques, elle nous expliquera comment elle a vécu le retour à la production en indé. Son premier album, « Petite », est attendu pour novembre, un premier single sera envoyé en radio avant l’été et un EP verra le jour en septembre. Nous avons pu écouter les trois premiers titres finalisés en primeur, autant vous le dire, ça sonne plutôt pas mal du tout ! Plus brut et probablement plus proche de ses vraies aspirations musicales, « Petite » sera sans aucun doute un des albums qui marquera les esprits cet automne.

IdolesMag : Ton premier album est attendu pour le mois de novembre. Où en es-tu concrètement ?

ODyL : On a finalisé trois titres. Un quatrième, « C’était l’hiver », est presque fini aussi, il est en cours de mix et de mastering. Ce sera le premier single qu’on va envoyer en radio.

Et les autres titres ?

On a fait les pré-prods, des espèces de maquettes améliorées. Et on va rentrer en studio pour la suite. Certains titres vont être enregistrés et mixés dans les deux semaines qui viennent.

Va-t-on retrouver des titres qui figuraient sur le premier EP ?

Non, pas du tout. Le EP existe en tant que tel. Les fans l’ont déjà et les gens qui ne connaissent pas ODyL pourront se le procurer s’ils le veulent. Là, il y a une vraie évolution pour plein de raisons, déjà parce que j’ai changé de maison de disques. Du coup, je me suis vraiment réattaquée au projet et j’ai eu envie de présenter autre chose. Comme j’ai eu du temps,  j’ai écrit beaucoup de chansons. Et j’ai eu envie que sur ce premier album il n’y ait que des nouvelles chansons.

ODyL © Ange Della Maggiore

Tu as quitté Sony et tu produis ton album en indé, comme à tes débuts. Lorsque nous nous étions croisés il y a un peu plus d’un an, tu me disais que tu étais contente d’avoir intégré une autre structure parce que tu te « perdais un peu artistiquement ». Qu’est-ce que ça te fait, le retour à l’autoprod ?

Écoute… Ce que je te disais à l’époque est toujours vrai aujourd’hui ! C’est vraiment difficile d’être seul parce qu’il faut tout faire. Et du coup, on a moins de temps pour la musique, même si j’ai une équipe qui travaille avec moi. On est quatre dans la prod, en fait. Mais c’est vrai que je dirige beaucoup de choses et que ça me prend énormément de temps en termes d’organisation, tout ce qui est marketing, promo, trouver les intermédiaires, les gens avec qui on va bosser, etc… tout ça prend beaucoup de temps. C’est effectivement la partie négative du fait de revenir en indé parce que je retrouve les mêmes difficultés que j’avais à l’époque. Et en même temps, maintenant, j’ai l’expérience des deux puisque j’ai été indé pendant longtemps avant de signer avec une maison de disques. J’ai connu les deux côtés. Alors, évidemment, c’est plus facile quand tu es dans une maison de disques où il y a plein de choses que tu n’as pas besoin de gérer toi-même, mais en fait, j’ai récupéré une liberté qui est hyper importante et qui est même essentielle. Ce n’était plus possible pour moi de continuer dans une grosse maison de disques comme celle-là où effectivement tu es aidé, mais en même temps, personne n’est passionné par ton projet. Donc, si tu ne prends pas les devants toi-même, tu n’aboutis à rien. Tu passes ton temps finalement à te battre avec ta maison de disques pour que les choses avancent. C’est frustrant parce que tu es seule chez toi à attendre que les choses se passent. Tu vois bien qu’en face, ils n’ont rien à te proposer et que quelque part ils s’en foutent… Là, c’est clair que j’ai beaucoup de boulot, mais tous les matins, je sais pourquoi je me lève. Je ne suis pas en train d’attendre désespérément qu’il se passe des choses. Je sais que les choses avancent quand je les fais avancer. Ça me fait positiver le truc. Et puis, artistiquement, je n’ai pas besoin qu’on me dise que ce serait mieux « plutôt comme ça ou comme ça »… Quand tu es dans une maison de disques, il faut toujours aller présenter tes maquettes, il faut que ça plaise à ton directeur artistique… Tu attends leur avis comme si c’était Dieu tout puissant ! (rires) Alors que maintenant, je peux avoir ma propre réflexion sur ce que je fais. En gros, je fais ce que je veux. Après, ça marche ou ça ne marche pas mais au moins je ne pourrai pas m’en vouloir parce que le disque me ressemblera à 100%.

Sur le EP, il y avait eu d’autres intervenants, notamment Thomas Boulard de Luke. Ici, signes-tu tous les titres ?

Quand j’ai eu cette expérience en maison de disques, les personnes avec qui j’ai bossé m’avaient conseillé de travailler avec d’autres auteurs et compositeurs. Ce qui était bien, je l’ai toujours dit et je continue à le dire. Ça m’a permis de m’ouvrir musicalement, de voir comment d’autres personnes pouvaient travailler. Donc, ça a été une super expérience. Ça m’a permis après de me remettre à la composition. J’avais eu une période de doute pendant laquelle j’ai travaillé avec d’autres compositeurs. Je m’étais mis en tête que je ne composais pas bien… donc, je composais beaucoup moins. Et au fur et à mesure des mois, je me suis rendue compte que les fans aimaient mieux les chansons que j’avais écrites moi-même. Ce n’étaient peut-être pas des « tubes radio classiques », mais en tout cas, c’étaient des titres différents qui plaisaient au public finalement. Du coup, je me suis remise à énormément composer. L’écriture, c’est différent, j’ai toujours continué à beaucoup écrire. Du coup, il y a beaucoup de chansons que j’ai écrites sur cet album, pratiquement toutes d’ailleurs. Il y a juste deux chansons dont je ne signe pas les musiques.

Nous avons pu écouter les trois titres finalisés, j’aimerais qu’on les évoque un par un et que tu me parles un peu de l’histoire de ces chansons. Le premier, c’est « Petite », qui donnera d’ailleurs son nom à l’album.

Tout à fait. Ce sera le nom de l’album. C’est une chanson qui est très importante pour moi parce que justement dans toute cette période de doutes quand je travaillais avec cette maison de disques, j’ai écrit cette chanson qui est assez personnelle et autobiographique. Elle parle vraiment de mon expérience dans ce milieu de la musique,  tout ce que j’ai pu voir et tout ce qu’on a pu me dire dans ce métier. « Pour être une artiste, il faut être comme ceci ou comme cela, mais pas trop comme ci ni trop comme ça… » C’est donc un titre assez autobiographique et j’ai eu peur que ça ne parle pas plus que ça aux gens. Mais je me suis rendue compte que le texte était suffisamment vague pour qu’il puisse parler à tout le monde. C’est le titre qui a eu le plus de vues sur youtube. Il a énormément tourné. Les fans me le réclamaient et j’ai fini par le jouer en concert, puisqu’au début, je ne le jouais pas du tout. Quand j’ai commencé à le jouer, il a tout de suite beaucoup plus. C’est une chanson dont les fans me parlent beaucoup aujourd’hui. Elle s’est vraiment imposée au fur et à mesure d’elle-même, même aux gens qui ne l’aimaient pas trop au début parce qu’elle était un peu brute dans les mots. Finalement, maintenant, tout mon entourage et les gens qui travaillent avec moi l’adorent. C’est un vrai beau moment quand je la chante en concert, tout le monde la reprend avec moi. Donc, c’est une des chansons sur lesquelles il y a le plus d’échange entre les fans et moi. je pense qu’ils la ressentent autant que je la ressens, à différents niveaux, puisque nous n’avons pas tous vécu les mêmes choses. N’empêche qu’on se sent tous et toutes petits et petites vis-à-vis de certaines personnes. Je pense que cette chanson est importante pour le public, donc, c’était important pour moi de la mettre sur cet album. Je suis très contente qu’elle y soit et qu’elle donne son nom à l’album.

Dédicace d'ODyl pour IdolesMag

Un clip va bientôt être réalisé.

En fait, il y a un petit changement de programme ! (rires) Finalement, on ne va pas tourner de clip pour ce titre-là pour l’instant. Comme c’est « C’était l’hiver » qu’on va envoyer en radio, on va plutôt tourner un clip pour celui-là. On a besoin d’une vidéo assez rapidement. Mais on garde tout de même l’idée pour le clip de « Petite », et j’espère qu’on tournera tout de même une vidéo sur ce titre-là.

ODyL, C'était l'hiverTu as fait du graphisme, ça doit te plaire tout ce rapport entre musique et image.

Oui bien sûr. Comme tu le dis, j’avais fait des études d’art graphique à la base, du dessin, de la peinture… tout ce qui concerne le graphisme, ça m’intéresse. C’est toujours moi qui me suis occupée de mes livrets, de mes pochettes d’album, mes affiches, etc… J’aime beaucoup tout ce qui est lié à l’image et à la créativité en général. Donc, pour les clips, c’est la même chose, j’aime bien me creuser la tête pour trouver des idées sympas.

Le deuxième titre qu’on a pu écouter, c’est « Salaud ». Il existe lui aussi depuis très longtemps, celui-là, mais là, il a subi un petit… lifting !

(rires) Oui, effectivement ! Il existe depuis pratiquement les débuts d’ODyL. Pour la petite histoire, c’est un titre que ma maison de disques et les gens avec qui je travaillais pour mon premier EP n’avaient pas voulu mettre sur le EP. Le titre existait déjà à l’époque. Il ne figurait donc pas sur le EP, ils avaient préférés d’autres titres à la place. C’était un peu dommage parce que, pareil, c’est un titre qui plait beaucoup au public et qui a eu pas mal de vues sur internet. Beaucoup de fans me le réclament depuis deux ans. Et donc, ça me tenait à cœur qu’il existe en version studio bien propre sur un album. En l’occurrence, cette version studio risque de surprendre les fans. Il figurera sur le EP qui sortira en septembre. Les gens qui vont lire cette interview ne pourront pas encore l’écouter, mais je peux déjà leur dire que ça va les surprendre. Je le joue guitare/voix depuis deux ans, et donc, on était un peu emmerdés pour en faire une version studio avec le groupe. Comment faire évoluer le guitare/voix ? Ça ne marchait pas. La chanson fonctionnait très bien en guitare/voix quand j’étais seule, mais pas trop autrement. On ne trouvait pas d’habillage. Finalement, à force de se prendre la tête dessus, un soir, je me suis demandé si on n’allait pas essayer de la jouer complètement différemment, juste pour voir. Elle est donc passée en ternaire et on lui a fait un habillage complètement différent. Finalement, j’ai trouvé que c’était très bien qu’elle reste en guitare/voix telle que je la joue en live (de toutes façons, cette version-là, elle existera toujours et je continuerai à la jouer comme ça quand je serai toute seule), et en version groupe dans laquelle on a voulu créer une ambiance un peu piano-bar un peu destroy que j’aime beaucoup.

ODyL © Ange Della Maggiore

Qu’est-ce qui est le plus facile finalement, faire une version studio d’un titre qui a été joué des centaines de fois en live, ou l’inverse ?

C’est compliqué. Ce qui est le plus naturel finalement, c’est quand j’arrive avec un guitare voix et qu’on travaille directement avec le groupe dessus. Du coup, on a tout de suite une version live en groupe. Comme on fait beaucoup de concerts, la chanson grandit et mûrit d’elle-même. Après, c’est bien pour enregistrer les chansons. Dans le cas d’un titre comme « Salaud » qu’on n’a jamais joué en groupe, c’est plus compliqué. On avait tellement en tête la version qui existait qu’on n’arrivait pas du tout à faire rentrer le groupe dessus. Quand un titre existe guitare/voix depuis longtemps, c’est dur de lui coller une batterie et tout le toutim pour en faire une version studio… Il y a une émotion différente, c’est comme pour « Petite » quand je la jouais en live toute seule. Certaines émotions sont très difficiles à retranscrire en studio. On a donc fait le choix de faire complètement autre chose, ce qui n’empêche pas aux versions live de continuer à exister avec leur propre émotion. Là, en version studio, c’est différent.

Et le troisième titre, c’est « Presque Parfait », que j’aime beaucoup personnellement.

Merci, moi aussi ! (rires) C’est une des dernières chansons que j’ai composées. C’est une chanson très récente en fait. J’étais contente parce qu’elle n’était pas prévue au départ sur l’album… On en parle depuis quelques mois tout de même, de cet album ! (rires) Quand j’ai fait la liste des chansons qui figureraient dessus, ce titre-là n’existait pas. Je l’ai composé il y a deux/trois mois et je me suis dit que l’album existerait sans lui… Et quand je l’ai fait écouter à mon équipe, tout le monde l’a tout de suite beaucoup aimé, aussi bien le texte que le riff que je jouais en guitare/voix. Du coup, on a décidé assez rapidement de le mettre sur l’album. Pour le coup, la version groupe est venue assez naturellement. On était très contents du résultat, et c’est pour cette raison qu’on a voulu qu’elle soit dans les trois premiers titres qu’on allait faire écouter aux professionnels. C’est une chanson importante de l’album qui montre bien la direction dans laquelle ODyL va, un truc plus brut, moins lissé dans le son et dans la couleur. On voit où va aller l’album par rapport à ce que j’ai pu faire sur mon EP.

À propos des thèmes que tu vas aborder, y a-t-il de grandes directions ou bien chaque titre aura-t-il  son propre sujet ?

Chaque chanson aura un peu son thème. Il y a des chansons de plusieurs époques puisqu’il y a pas mal de temps qui est passé. Depuis la sortie du EP, j’ai fait énormément de concerts, ensuite, il y a eu la rupture avec Sony. Après ça, il a fallu se relever. Donc, tout ceci fait qu’il y a eu pas mal d’époques, de sentiments et d’émotions différentes. Du coup, je pense qu’il n’y a pas un thème global. Il y a des chansons qui parlent de déception, de douleur, de mélancolie… et puis à côté de cela, il y a des choses qui vont plus vers la lumière et qui sont un peu plus lumineuses. J’essaye en tout cas qu’il y ait toujours un peu d’espoir dans ce que je dis.

J’ai été très surpris d’entendre « Gamine » sur le nouvel album de ZaZ, alors que tu chantes le titre sur scène depuis des mois, voire plus…

J’ai essayé d’expliquer sur mon facebook ce qui s’était passé. Ce métier est compliqué parce qu’on te demande souvent de fermer ta gu***. Et sur ce sujet, on m’a clairement fait comprendre qu’il ne fallait pas que j’en parle…

Propos recueillis par IdolesMag le 14 mai 2013.
Photos : Ange Della Maggiore, DR

Facebook : https://www.facebook.com/ODyLMUSiC
Site web :
http://www.odyl.fr/









+ d'interviews
Vidéos




Retrouvez-nous sur Facebook
Retrouvez-nous sur Twitter
Concours
 
Retour en haut