Interview de Aleyssa

Propos recueillis par IdolesMag.com le 17/05/2013.
© Reproduction, même partielle, interdite sans autorisation écrite de IdolesMag.com.








Aleyssa © Franck Disegni

Nouvelle diva des dancefloors, Aleyssa débarque dans le milieu de la nuit avec un premier EP, « Live a million lives », plutôt pas mal fichu, dans une veine électro pop. Nous avons été à sa rencontre afin d’en savoir un peu plus sur son parcours, déjà très riche, et de comprendre comment elle en est venue à faire de la musique.  Notez qu’Aleyssa écrit et compose ses propres chansons. Elle a déjà vécu de nombreuses vies. Dans une précédente, elle était même dentiste ! Rencontre avec une véritable globetrotteuse qui aime avant tout faire la fête.

IdolesMag : J’aimerais si tu le veux bien retracer ton parcours dans les grandes lignes, parce que tu as eu… quelques vies différentes ! Tu es donc née en Afrique d’une mère brésilienne et d’un père français. C’est bien ça ?

Aleyssa : Oui, c’est ça. J’ai vraiment eu un parcours exotique ! (rires)

Aleyssa, Live a million LivesLa musique avait-elle de l’importance chez toi ?

Oui, j’ai toujours aimé la musique et on a toujours beaucoup écouté de musique à la maison puisque ma mère est brésilienne et que les Brésiliens adorent la musique ! Elle mettait toujours plein de musique, que ce soit de la musique brésilienne ou française. Ma mère chantait beaucoup aussi. Moi, par contre, je ne chantais pas trop quand j’étais enfant. J’ai commencé à chanter et à découvrir que j’avais une jolie voix à l’adolescence. On me le disait souvent en tout cas. Donc, à partir de là, j’ai commencé à chanter un peu, mais sans penser une seule seconde à faire carrière dans la musique.

Tu chantais juste pour ton plaisir.

C’est ça, exactement. Pour le plaisir. Ça fait à peine deux ans que je chante vraiment en tant que chanteuse. Jusque-là, c’était plus de l’amusement. Comme tu le vois, ce projet est encore tout récent…

Qu’est-ce que tu chantonnais à l’adolescence ? Qui écoutais-tu ?

J’ai toujours écouté de tout… de Céline Dion aux Spice Girls, en passant par Michael Jackson. J’écoutais aussi du Bob Marley. C’était très varié.

As-tu eu des idoles à cette époque ?

Ah oui, Michael Jackson !

Est-ce lui, quelques années après, qui t’a donné envie d’aller plus loin dans la musique ?

Non, je ne pense vraiment pas. Finalement ce que je fais aujourd’hui est très éloigné de ce que lui faisait. Je suis clairement dans un registre électro pop. C’est plus l’univers de la fête qui finalement m’a amenée vers la musique. C’est plus quand j’ai découvert Ibiza et ce genre de choses… Il faut savoir que je suis une grande fan d’Ibiza et que j’adore toutes les soirées qui se font là-bas ! Et aussi celles qui se font en Espagne et au Brésil.

Tu y as d’ailleurs vécu aussi au Brésil… Tu y as fait des études.

Tout à fait.

Et donc, tu es dentiste.

C’est vrai ! (rires)

Aleyssa © Fleuriac

Était-ce une réelle vocation ou histoire d’avoir un truc sérieux à mettre sur le CV ?

C’était pour faire quelque chose de sérieux ! Mon père est vétérinaire en faune sauvage, ma mère était infirmière et ma sœur est médecin. Comme on était tous dans une voie un peu scientifique, j’ai fait dentiste ! Finalement, je n’ai pas continué sur ce parcours-là. J’ai préféré écouter mon âme artistique et la laisser prendre le dessus. C’est elle qui a parlé plus fort que le reste…

Quel a été le déclic ?

Il y a eu deux déclics. Le premier c’est à une soirée à Ibiza où j’ai rencontré David Guetta. Je le connaissais un petit peu et il m’a fait venir aux platines avec lui. J’ai donc vécu cette soirée « F*** me I’m Famous » à côté de lui aux platines, j’ai vu cette foule en délire devant lui. C’était vraiment un moment incroyable qui m’a très sérieusement un peu perturbée. Là, je me suis dit que c’était génial de faire de la musique et de donner autant de joie à toute cette foule. J’ai trouvé ce métier vraiment merveilleux, mais très franchement, je ne voyais pas trop comment le faire… même si c’était à mes yeux le plus beau métier du monde. Un peu plus tard, je suis partie faire la fête au Brésil pour le Carnaval de Rio. Et là, il y a eu un deuxième déclic. Au cours de ce voyage dans l’avion, je n’arrivais pas à trouver le sommeil, j’avais envie de musique. J’ai commencé à chanter des chansons et à ce moment-là, une mélodie m’est venue en tête. C’est vraiment une mélodie que j’ai créée, ce n’était pas quelque chose que je connaissais. C’était un peu comme si un petit ange était venu me chanter cette mélodie dans l’oreille. Comme je l’ai trouvée très belle, je l’ai enregistrée sur mon IPhone. Le lendemain, je l’ai faite écouter à des gens pour être sûre qu’elle n’était pas connue. Tout le monde m’a rassurée en me disant que c’était vraiment inédit. Là, ça a été le déclic, j’ai découvert que j’avais un talent et que j’étais capable de composer.

C’est la toute première fois que ça t’arrivais.

Oui, tout à fait. C’est la toute première fois que j’inventais une chanson puisque jusque-là je chantais uniquement des chansons connues. Lorsque j’étais au Brésil, j’ai continué un peu à écrire des mélodies et je suis revenue chargée en bonnes énergies et en rythme.

C’était « Live a million lives » ?

Oui. En tout cas une partie. Quand je compose c’est comme un puzzle, je compose plein de petits morceaux et ensuite je les assemble. Je me suis donc mise en tête de composer d’autres parties. Et à partir de ce moment-là, je ne me suis plus arrêtée de composer. Mon IPhone est aujourd’hui rempli de centaines de compos et de mélodies. C’est comme si j’avais ouvert le robinet. C’est vraiment ce voyage qui a tout déclenché.

Écris-tu les textes aussi ?

Oui, j’écris toutes les paroles de mes chansons.

Aleyssa © Noemie Kadaner

Écris-tu depuis longtemps ?

Quand j’étais enfant, je tenais un journal intime, mais on ne peut pas dire que j’étais vraiment à fond dans l’écriture. C’est en composant mes chansons que j’ai eu envie d’écrire des paroles. J’écris en anglais et en brésilien.

Pourquoi pas en français ?

Parce que tout simplement ça correspond à mon parcours de vie. J’ai eu une vie très internationale. J’ai beaucoup voyagé. Tout à l’heure, on n’a pas évoqué tout mon passé. J’ai grandi en Afrique, j’ai passé mon adolescence au Brésil et un peu en France. Après, je suis partie vivre dans les Caraïbes et là, je suis de nouveau de retour en France. Donc, je voyage énormément. Et je veux continuer dans cette voie. C’est pour ça que je veux faire une musique qui peut toucher un public international. J’ai envie de pouvoir aller chanter un peu partout dans le monde et de pouvoir ainsi continuer à voyager.

Chez toi l’écriture s’apparente-t-elle plus au domaine du jeu ou du mode d’expression ?

C’est vraiment un mode d’expression. Quand j’écris, je suis sensible au rythme de ma musique, et à ce que je veux transmettre à mon public. Par exemple dans la mélodie de « Live a million lives », il y a quelque chose de magique. Comme je te disais tout à l’heure, c’est un peu comme si un ange me l’avait soufflée à l’oreille. Il y a quelque chose d’un peu spirituel là-dedans. Il y a quelque chose de mystérieux que je n’ai pas su expliquer. C’est pour ça que j’ai écrit ces paroles qui parlent de vivre des millions de vies, c’est pour rester dans ce côté spirituel. Je crois qu’on peut vivre plusieurs vies sur la terre, mais également dans l’au-delà. Je traduis donc cette idée dans ma musique. Je voulais que le titre reste dans ce contexte un peu spirituel et mystérieux.

Et pour les autres titres ?

Là, j’y ai mis plus de l’énergie positive, des paroles qui donnent envie d’aller de l’avant, qui peuvent booster les gens et leur donner du courage. « Regarde la vie droit devant toi, tu vas tout faire dans cette vie, tu vas te battre, tu vas t’amuser, tu vas rire… » Je me suis exprimée sur chaque titre par rapport à ce que le rythme et la mélodie me dictaient. J’ai des musiques très soleil et très gaies, d’autres qui sont un peu plus émouvantes avec un peu plus de sensibilité. J’adapte mes paroles aux mélodies.

Tu travailles avec Laurent Delage [DJ champion de France 2011-2012] et Hedayat [qui a notamment travaillé en tant qu’arrangeur pour la Star Ac]. Dans quelles circonstances les as-tu rencontrés ?

C’était un peu le hasard, bien que je ne croie pas vraiment au hasard. Je crois que chaque rencontre dans la vie fait partie du destin et n’arrive pas par hasard finalement. Hedayat, je l’ai rencontré sur internet. Quand il a travaillé sur mes mélodies, il s’est avéré que ça a été tout de suite ce que je voulais. Il s’est donc trouvé qu’il était pile poil l’arrangeur dont j’avais besoin. Lui, il est sur Paris, et on a bossé pendant plusieurs mois sur les quatre titres ensemble. Pour ce qui est de Laurent Delage, c’est un ami sur facebook qui nous a mis en contact. Et comme par hasard, Laurent habite à Perpignan, juste à côté de chez moi. Pareil, il a bossé sur mes morceaux, il a fait une partie des prods et c’était génial. Donc, les deux personnes que j’ai rencontrées et qui m’ont encadrée sur ce projet étaient vraiment idéales pour moi ! On a trouvé une bonne osmose entre nous trois. On a fait un beau travail pendant un an.

« Live a million lives » a bénéficié d’un clip. Qui a écrit le scenario ? Qui a eu l’idée de ce vampire ?

C’est moi qui en ai eu l’idée. La seule personne qui pouvait vivre des millions de vies sur la terre ne pouvait être qu’un vampire.

Où l’avez-vous tourné ?

On a tourné dans la région, ici, dans le sud, vers Perpignan. C’était dans les gorges de Galamus. C’est d’ailleurs dans un village de cette région que se sont réunis tous les gens qui voulaient échapper à la fin du monde l’année dernière, à Bugarach ! (éclats de rire)

On retrouve encore cette dimension mystique !

Tout à fait. Mais on s’est bien amusés à tourner ce clip là-bas, au milieu des cascades, etc… Quelques scènes ont été aussi réalisées en studio à Paris. C’est un travail qui aura demandé beaucoup d’heures de répétitions, de recherche et de créativité. Mais finalement, c’est ludique. Je suis ma propre patronne, je fais la musique que je veux… je vis un vrai rêve en fait ! Je suis libre tout en travaillant.

Aujourd’hui, écris-tu encore beaucoup de chansons ?

Non, pas trop aujourd’hui. Ça m’a demandé tout de même beaucoup de travail de faire ces quatre titres. Donc, là, je m’investis beaucoup dans la promo et les futurs déplacements. Je viens d’être contactée par la Chine. Ils ont été très réceptifs à ma musique et ils m’ont contactée pour une tournée clubbing de 25 dates au mois d’août. Là, je travaille énormément sur cette tournée. On prépare ça avec mes danseurs, je n’ai plus trop le temps d’écrire en ce moment… Je compte aussi aller chanter au Brésil, et en France, bien évidemment. Mais il faut que je me remette à l’écriture. Par contre, je n’arrête pas de composer. Je compose toujours autant. J’ai beaucoup de nouvelles mélodies. Je les enregistres toutes et je me réjouis de me remettre à la prod.

Pour la scène, travailles-tu avec un chorégraphe ?

Aleyssa © Franck Disegni

Oui. Je viens de trouver deux danseurs, Desty et David qui ont travaillé avec pas mal de gens connus comme Céline Dion, Amel Bent, etc… on va bientôt commencer à bosser sur les chorés pour la tournée en Chine.

As-tu l’expérience de la scène ?

Non, je commence. C’est tout nouveau pour moi. J’en ai fait quelques-unes ici dans le sud, mais très peu. Là, je vais vraiment faire mes débuts sur scène avec cette tournée en Chine.

Est-ce que ça te fait peur ?

Non. Pour moi, c’est juste de l’amusement. Je n’ai pas du tout le trac. Quand je suis sur scène, c’est comme quand je suis dans la fête en train de m’éclater. Tant que je chante et que je danse, je suis dans mon élément. Ce qui est important, c’est de sentir de bonnes vibrations du public. Quand tout est en osmose et que l’énergie est bonne, c’est que du bonheur…

Aimerais-tu dans le futur adapter tes chansons dans une version acoustique, avec juste une guitare ou un clavier ?

J’aimerais, mais c’est encore un travail différent ! Et puis, je suis un peu limitée parce que je ne joue pas d’un instrument. Mais pourquoi pas ? Ce serait peut-être une bonne idée.

Penses-tu déjà à un album ou bien chaque chose en son temps ?

Pour l’instant, c’est vraiment chaque chose en son temps. Je vais déjà essayer de faire connaître mon premier EP. Les choses viendront vers moi dès que ça aura pris un peu plus d’ampleur. Pour l’instant, j’ouvre les portes les unes après les autres et je profite de chaque opportunité au fur et à mesure qu’elle se présente. Je ne veux surtout pas brûler les étapes.

Pour résumer cette interview, comment vis-tu tout ce qui t’arrive aujourd’hui ? C’est vraiment une toute nouvelle vie.

C’est assez bouleversant. C’est beaucoup de nouveautés d’un coup. J’apprends chaque jour de nouvelles choses de ce métier. C’est surprenant. C’est un nouveau métier, c’est une nouvelle vie. Au niveau social, je rencontre beaucoup plus de gens qu’avant. C’est un milieu où il faut faire beaucoup de rencontres en espérant faire la rencontre qui va accélérer le tout… Donc, oui, c’est bouleversant, mais c’est très sympa ! C’est excitant. C’est un vrai challenge aussi parce qu’on a un objectif à atteindre. Et en même temps, ce n’est pas facile. Il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. Donc, c’est un gros challenge et je suis très heureuse de vivre cette expérience. Je le vis plus comme une expérience que comme un objectif à atteindre finalement. C’est une expérience riche et je suis curieuse de voir où elle va me mener…

Propos recueillis par IdolesMag le 17 mai 2013.
Photos : Franck Disegni, Fleuriac, Noemie Kadaner
Site web : http://www.aleyssa.com/









+ d'interviews
Vidéos




Retrouvez-nous sur Facebook
Retrouvez-nous sur Twitter
Concours
 
Retour en haut