Interview de October Sky

Propos recueillis par IdolesMag.com le 07/05/2013.
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October Sky © Eric Rouleau

Le groupe canadien October Sky est venu présenter son deuxième album, « The Aphotic Season », au public français lors d’une tournée de dix dates. Ce fut l’occasion pour nous d’aller à leur rencontre afin d’en savoir un peu plus sur eux. C’est le leader du groupe, Karl Raymond que nous avons interviewé. Nous aurons l’occasion notamment d’évoquer le parcours du groupe, ce deuxième album qui est sorti l’année dernière et le troisième qui est déjà dans les starting-blocks.

IdolesMag : Comme tout le monde ne vous connaît pas encore bien ici en France, peux-tu me retracer dans les grandes lignes le parcours du groupe ? Dans quelles circonstances a-t-il été formé, etc…

Karl Raymond, leader d’October Sky : En fait, moi et Alexandre [Racine], le batteur, on s’est rencontrés dans le secondaire, au lycée en 2000. On a commencé à faire de la musique ensemble. Au début, c’était juste pour s’amuser, mais aux alentours de 2006, on a pris une courbe plus sérieuse. On a rencontré Yanik [Rouleau] par l’intermédiaire de nos connaissances.

Aviez-vous la même culture musicale avec Alexandre ?

Oui. Je dirais qu’on écoutait les mêmes groupes de rock.

Et avec Yanik ?

Non. Yanik a des influences musicales très différentes de nous. Donc, quand Yanik est entré dans le groupe, on a pris une autre tournure musicale. Ce qui donne aujourd’hui le son d’October Sky.

C’est donc quand Yanik vous a rejoints que vous avez vraiment trouvé le son du groupe.

Oui, exactement. C’est vraiment quand on a commencé à faire de la musique ensemble tous les trois.

October Sky © Eric Rouleau

Quand et comment avez-vous choisi le nom du groupe ?

C’est venu un peu plus tard. En fait, tous les trois, nous sommes nés au mois d’octobre. Alors, on a cherché un nom avec « october ». Et rapidement, on a trouvé « October Sky » qui sonnait très bien à nos oreilles, alors on l’a gardé.

Aujourd’hui, comment bossez-vous tous ensemble ?

Eh bien, chacun fait sa part des choses. Alexandre fait beaucoup de booking. Yanik s’occupe du web et moi, je m’occupe de tout ce qui est plus technologie, les vidéos, etc… On collabore ensemble pour les compositions et les spectacles.

Écrivez-vous les compos et les textes à trois ou chacun a-t-il un rôle prédéfini ?

En fait, on essaye de collaborer le plus possible. Le plus souvent, on arrive avec une tonne de démos et quand on arrive en studio avec un producteur, on retravaille les textes et les compositions.

C’est vraiment quand vous avez un projet précis que vous débroussaillez ce que vous avez pu faire auparavant ?

Ah, oui, toujours. On ne laisse jamais les choses à désirer. On finit toujours par être d’accord à la fin.

October Sky © Eric Rouleau

Vous êtes tous les trois francophones, pourquoi avoir fait le choix de chanter en anglais ?

En fait, ce sont nos influences musicales. Tous les trois, on écoutait de la musique anglophone. Les États-Unis et le Canada anglais, c’est juste à côté de chez nous. Je crois que c’est la raison principale qui fait que nous chantons en anglais, c’est que nous sommes au Québec sous l’influence des musiques anglophones.

Écrire en français vous tenterait-il ?

Je ne crois pas, non. Ça ne fait pas partie de nous malgré que nous sommes fans de différents artistes francophones. Il y a notamment quelques groupes québécois, là, qu’on apprécie beaucoup, mais je ne crois pas qu’on arriverait à écrire un morceau en français.

Quelles sont vos principales sources d’inspiration ?

Ouf… C’est vaste. Je crois qu’au départ ce sont nos expériences personnelles. On a fait beaucoup de sacrifices pour en être où nous en sommes aujourd’hui, donc, on puise là-dedans. Il y a aussi tous les endroits qu’on visite en tournée qui nous inspirent… Ce sont toutes les choses que nous vivons au quotidien qui nourrissent notre inspiration. Tout ce bagage qu’on acquiert au fur et à mesure.

Pensez-vous directement scène quand vous créez une chanson ?

On y pense souvent dans un deuxième temps. Mais quand on a fini une chanson, on se demande tout de même ce qu’elle va donner en live. Le live nous donne souvent le goût de pousser la chanson plus loin. En live, il y a une énergie qu’on n’aura jamais sur un CD ou un album. Il y a quelque chose de très différent. Et c’est justement cette petite touche de live que les gens vont apprécier quand nous jouons tous ensemble.

October Sky © Eric Rouleau

Vous êtes actuellement en tournée en France. Quelle image avez-vous de la France et du public français ?

Bonne question ! (rires) C’est un très bon public, le public français. C’est un public intense. Quand ils aiment, ils aiment vraiment. Et quand ils n’aiment pas, on le ressent très vite aussi. Ce sont des gens super accueillants. Je crois que tout ceci décrit bien le public français.

Y a-t-il une différence avec les autres publics, et notamment le public canadien ?

Je crois que oui. Pour les canadiens, je pense que ce qui change, c’est que pour eux, ce n’est plus spécial de nous voir. C’est plus normal. Mais à chaque fois qu’on voyage, on est très bien reçus où qu’on aille, que ce soit en France, en Belgique ou en Suisse.

En France, vous jouez dans des salles nettement plus petites qu’au Canada. Est-ce stimulant de se retrouver un peu comme des débutants ?

Oui. C’est un nouveau défi. Le public français est un nouveau public. De jouer dans de petites salles et d’essayer de faire connaître notre musique, ça nous pousse à aller plus loin pour impressionner les gens. On en donne encore plus, je pense, justement pour aller chercher ces nouveaux fans. Ça nous lance un nouveau défi.

Du Canada, quel regard jetez-vous sur la production musicale française actuelle ?

C’est très varié ce que vous faites en France… Il y a un vrai combat des chansons françaises versus ce qui se passe à l’international. Nous, au Québec, malheureusement, on n’entend pas beaucoup parler des jeunes artistes qui viennent de la France. Nous sommes vraiment sous l’influence des États-Unis dans ce qui passe à la radio. Donc, ce qu’on entend de la France, c’est Johnny Hallyday ou David Guetta ! Les jeunes artistes français, malheureusement, on n’en entend aucunement parler.

October Sky © Eric Rouleau

Y a-t-il un artiste ou un français avec lequel le groupe rêverait de faire un duo ou une collaboration ?

Oui. Il y a le groupe Phœnix. On aimerait beaucoup faire un spectacle avec eux.

Vous avez toujours fait beaucoup de scène. Est-ce l’endroit où vous vous sentez le plus dans votre élément ? Où vous êtes à la maison ?

Oh oui. Totalement. Être en tournée, ça nous permet de voyager et ça nous permet d’être sur scène. C’est tout ce qu’on aime ! Autant on aime le studio et travailler sur de nouvelles chansons, c’est vraiment l’énergie d’un spectacle qui nous rend la pareille par rapport aux heures de travail qu’on met. C’est vraiment sur la scène qu’on prend notre pied.

October Sky - The Aphotic SeasonTu me disais que vos voyages et vos tournées vous inspiraient beaucoup. Avez-vous déjà posé les bases d’un nouveau titre depuis que vous êtes arrivés en France ?

Non, pas du tout. Par contre, on a noté quelques idées pour notre prochaine tournée. Mais pour la composition, on n’a pas eu le temps. On est vraiment très occupés depuis qu’on a atterri à Paris ! On a eu des entrevues et des spectacles tous les jours. Hier, c’était notre première journée de congé, donc, non, on n’a pas eu le temps de toucher à nos instruments pour une composition quelconque. Pas encore en tout cas !

Vous êtes ici en France pour présenter votre deuxième album, « The Aphotic Season ». Quand a-t-il commencé à mûrir dans vos têtes ?

Il est sorti en 2012. Je crois qu’on a commencé à travailler dessus vers 2009/2010. Pendant notre tournée, on a essayé de trouver les mots. Ça a été deux ans de travail à temps partiel. Il y a donc beaucoup de chansons qu’on a créées et qu’on ne voulait pas forcément sortir sur cet album. Elles seront peut-être sur le prochain. On a pris en tout cas ce qu’on avait de plus solide à l’époque et on est rentrés en studio avec ça.

October Sky © Eric Rouleau

Quels thèmes abordez-vous dans les titres de ce nouvel album ?

Une chanson comme « Green and Beautiful » parle de l’environnement. « Dark Vision » est dans cette optique aussi, mais parle également de notre société. Sinon, il est beaucoup question de nos expériences personnelles, notamment sur « Angel Dark » ou « Fall Back Down ».

Dirais-tu que ce deuxième album a été plus facile ou plus difficile à réaliser que le premier ?

Je crois qu’il a été plus facile en termes de production parce qu’on avait plus d’expérience et qu’on a travaillé avec un producteur tandis que le premier, on l’a autoproduit et on a fait beaucoup de choses nous-même.  Au niveau des chansons, on a eu le souci de ramener tout sur un même thème parce que les chansons sont différentes les unes des autres. On a quand même du rock puissant et du soft rock sur « The Aphotic Season ». Essayer de ramener tout sur le même thème a été la plus grande difficulté. Donc, dans ce sens, le deuxième a été plus difficile à mener à bien. Mais on est  vraiment fiers de ce qu’on a fait.

De toutes les chansons de « The Aphotic Season », y en a-t-il une pour laquelle tu as un peu plus de tendresse qu’une autre ?

Je crois que je vais te parler d’ « Angel One ». C’est un clin d’œil, si on veut, à une expérience personnelle. C’est par rapport à ma mère qui a mené une grande bataille contre le cancer.

J’aimerais évoquer un instant le clip de « Green and Beautiful », avec des images d’animation.

L’histoire c’est qu’on est fans d’un groupe de Toronto mais qui n’existe plus malheureusement aujourd’hui. Quelqu’un leur avait fait un clip en animation. On a vraiment apprécié son clip et on l’a contacté. Et c’est lui qui a écrit le script du clip. C’est Alexandre qui tenait vraiment à ce clip avec des images d’animation.

Tout ce travail de l’image autour de la musique vous intéresse-t-il ?

Oui, beaucoup. Tout ce qui touche au groupe nous importe et nous intéresse ! On ne laisse rien à désirer. L’image est devenue presque aussi importante que le son aujourd’hui. L’un ne va pas sans l’autre. C’est important que les images aillent dans le même sens que nos textes.

Êtes-vous déjà repartis sur de nouvelles chansons et un nouvel album ?

Oui. En fait, c’est ce qu’on va faire cet été. Jusqu’en 2014, on va avoir une tournée intensive. Mais cet été, on va travailler sur de nouvelles démos et de nouvelles chansons. On va vraiment passer l’été à ça. On va se laisser inspirer. On repart sur la route à la fin septembre avec un nouveau spectacle en support au même album. Mais je pense qu’on va distiller quelques nouvelles chansons. Donc cet été, on va essayer de finaliser quelques démos du prochain album.

C’est important pour vous d’inclure ces nouvelles chansons dans le set, histoire de les « tester » sur le public ?

Oui, totalement. C’est difficile parfois de savoir si une chanson tient vraiment la route si tu ne l’as jouée qu’en studio. On essaye toujours dans la mesure du possible de jouer nos chansons une ou deux fois devant notre public. Ça passe bien quand le public nous connait déjà. Comme ça, on leur joue les chansons qu’ils connaissent et les nouvelles, et on peut voir leur réaction. Là, en ce moment, on est dans le sud de la France, le public ne nous connait pas du tout, donc, on essaye de faire les chansons qui vont chercher le public plus facilement. Les chansons qui sont plus planantes, on les réserve plutôt à notre public canadien. On peut mieux les tester sur eux. Mais c’est toujours bien de les tester un peu partout. Les gens viennent souvent nous donner leurs impressions après le spectacle. Ça nous aide beaucoup.

Le troisième album va-t-il rester dans la couleur musicale de « The Aphotic Season » ou bien aller explorer d’autres chemins ?

Je crois que ce sera un peu un mix des deux premiers. Dans le sens où sur le deuxième album, les chansons sont souvent plus courtes. Sur le premier, on avait des titres de plus de 6 minutes.

Aller vers un format plus classique avec des chansons plus susceptibles de passer en radio, était-ce une volonté de départ ?

Oui. En fait, c’est vraiment ce qu’on a voulu faire avec « The Aphotic Season ». On a voulu le rendre plus accessible au grand public. Ça nous a beaucoup aidés. Mais les anciennes chansons plus longues qu’on joue toujours en live, marchent toujours très bien. On ne peut pas se débarrasser de ces chansons-là. Elles s’intègrent super bien dans un spectacle. C’est pour ça que ça nous paraît important de mixer les deux sur le prochain album.

Propos recueillis par IdolesMag le 7 mai 2013.
Photos : Eric Rouleau
Site web : http://www.octobersky.ca/

 









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